Et si on remplaçait Rebsamen par Peter Hartz ?

François Rebsamen (Crédits Mathieu Delmestre-Solfé Communications, licence Creative Commons)

Et si le gouvernement choisissait un réformateur socialiste allemand ?

Par le Parisien Libéral.

François Rebsamen (Crédits Mathieu Delmestre-Solfé Communications, licence Creative Commons)
François Rebsamen (Crédits Mathieu Delmestre-Solfé Communications, licence Creative Commons)

Alors comme ça, François Rebsamen, l’ex-sénateur maire (socialiste) de Dijon, et ancien administrateur de la banque Dexia, préfère redevenir maire de Dijon plutôt que de poursuivre sa mission d’inversion de la courbe du chômage à la tête du ministère de l’Emploi ?

Notons donc que, contrairement à l’engagement présidentiel : « moi Président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu’ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche », Rebsamen gardait un pied au conseil municipal de Dijon, à l’instar d’ailleurs, de son supérieur hiérarchique à Evry, puisque, évidemment, pour être élu maire, il faut être conseiller municipal.

Se pose donc la question du remplacement de François Rebsamen, futur ex-ministre de l’inversion de la courbe promise par Hollande mais qui n’arrive pas. Et là, le microcosme politico-médiatique s’interroge : Valls va-t-il nommer un socialiste hollandais pur jus ? Va-t-il au contraire donner la parole aux frondeurs en nommant un aubryste ? Montebourg signera-t-il son retour au gouvernement ? Voire, pourquoi pas, l’ouverture façon Sarkozy, en nommant un élu Les Républicains ? Xavier Bertrand, par exemple. Mais ce faisant, cela illustre le retard de plusieurs dizaines d’années accumulées par la sphère politique.

La forme que prend cette quête d’un successeur à François Rebsamen est quand même critiquable, car elle omet de penser un peu plus large que les frontières de l’hexagone. À aucun moment, les politiciens français ne se disent que de nombreux pays européens faisant mieux que nous en termes de chômage, peut-être pourrions-nous nous inspirer de recettes venues d’ailleurs, voire recruter les personnes ayant eu des résultats positifs dans le domaine.

Après tout, les entreprises françaises ne comportent-elles pas de nombreux cadres étrangers, et inversement, de grands groupes mondiaux ne sont-ils pas dirigés par des Français ? De plus, l’Europe, l’État supranational que la France a choisi de rejoindre, n’a-t-elle pas aussi pour but de favoriser la mobilité professionnelle ?

Au jeu des candidats, un CV se distingue. C’est celui de Peter Hartz. Né le 9 août 1941 à Saint-Ingbert (Sarre), Peter Hartz est un dirigeant industriel allemand, membre du parti socialiste allemand (SPD) et un ancien ministre de Schröder. Il est à l’origine des réformes Hartz qui ont remanié le marché du travail allemand pendant les années 2000.

Vous direz qu’il a été condamné par la justice pour corruption ! « Oui, et alors ? », aurait-on envie de répondre malicieusement. Quand on voit le CV judiciaire des politiciens français, tant à l’UMP / les Républicains qu’au Parti Socialiste (Andrieux, Guérini, Dalongeville) sans même évoquer les anciennes affaires (Urba Graco, Pechiney Triangle, sang contaminé, MNEF, etc.) on se dit que Hartz doit un peu être français.

En tout cas, lui a su s’attaquer aux rigidités du marché du travail allemand.

Évidemment, la meilleure solution serait de supprimer le ministère du Travail, et de faire en sorte que le gouvernement se concentre sur un objectif et un seul : créer un environnement favorable aux entrepreneurs, et laisser tomber l’objectif formel de lutte contre le chômage, au profit de la lutte pour l’employabilité.

Sur le web