Coronavirus : les tests sérologiques sont notre meilleure arme

State Public Health Laboratory in Exton Tests for COVID-19 BY Governor Tom Wolf (CC BY 2.0) — Tom Wolf, CC-BY

Et il n’est pas trop tard.

Par Ronald Bailey, depuis les États-Unis.
Un article de Reason

À ce jour (20 mars) et dans le monde, le coronavirus a atteint 304 000 personnes dont 14 000 en France et 25 000 aux États-Unis ; il a causé 13 000 morts dont 233 aux États-Unis. Dans un effort pour arrêter la marée montante de l’épidémie, tout l’État de Californie a été placé en confinement.

Après une approche gouvernementale ratée, les tests sur des patients atteints d’affections respiratoires s’accélèrent aux États-Unis. Nous sommes cependant toujours fort à la traîne ; d’autres pays utilisent massivement les tests combinés avec le traçage des contacts, afin d’aplatir la courbe de l’épidémie. Les chercheurs soupçonnent que pour chaque cas identifié il en existe cinq ou dix à symptomes faibles ou asymptomatiques, non testés et non détectés.

L’heure a sonné de lancer à grande échelle une campagne de tests sérologiques ayant pour objectif une meilleure prise sur l’étendue réelle de l’épidémie.

Le système immunitaire produit des anticorps pour attaquer et éliminer les agents pathogènes, bactéries et virus. Chaque anticorps reconnait un antigène, c’est-à-dire une molécule, détectée par des anticorps ou des cellules du système immunitaire d’un organisme, capable de déclencher une réponse immunitaire. Dans ce cas, les tests seraient mis au point pour détecter dans le sang les anticorps distinctifs produits en réponse à ce nouveau coronavirus. Ce dépistage massif de la population donnerait des informations vitales permettant des prévisions plus judicieuses de l’évolution probable de l’épidémie ainsi qu’une meilleure compréhension de sa virulence.

Une telle mise en place des tests faciliterait pour les chercheurs un chiffrage plus juste du taux de mortalité du COVID-19 ou le pourcentage de personnes infectées décédant de cette maladie. Pour le moment, les estimations révèlent une mortalité à des taux élevés, bien pires que ceux de l’épidémie de grippe espagnole de 1918. Connaître ce taux aiderait à évaluer plus judicieusement la pertinence, ou non, des mesures de confinement, comme en Californie.

De plus, le développement de tels tests est nécessaire pour contrôler l’efficacité des vaccins qui seront élaborés.

C’est une bonne nouvelle que l’Agence de l’Alimentation et des Médicaments (Food and Drugs Administration) ait allégé cette semaine les contraintes pesant sur le développement et le déploiement des tests. La FDA a annoncé qu’environ 80 entreprises lui ont proposé leurs services pour les concevoir et les distribuer.

Par exemple, la startup Scanwell basée à Los Angeles a conçu un test réalisable en 15 minutes à effectuer chez soi. Malgré une réglementation plus souple, cette entreprise s’attend à ce que l’administration prenne 6 à 8 semaines pour approuver son test.

BioMedomics une entreprise de Caroline du Nord attend elle aussi une approbation de la FDA pour son test sérologique réalisable en 15 minutes, en hôpital et clinique. Il est à noter que sa compagnie sœur chinoise a déjà vendu 500 000 de ces tests maintenant largement disponibles en Europe.

Comme la plupart des experts estime que la ré-infection au COVID-19 est improbable, les tests sérologiques identifieraient les malades guéris qui pourraient retourner en toute sécurité dans la vie active après leur quarantaine.

Traduction par Charles Boyer et Dominique pour Contrepoints de Our Best Weapon Against Coronavirus Is to Test Everybody.

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