Coronavirus : l’État de New York et la Californie adoptent des mesures de restriction

California by Doug Kerr(CC BY-SA 2.0) — Doug Kerr, CC-BY

La Californie et l’État de New York viennent d’adopter des mesures restrictives qui les isolent du monde.

Par Daniel Girard.

Les deux États viennent d’adopter des mesures restrictives qui les isolent du monde. L’État de New York souffre. De jeudi à vendredi, il a ajouté 2950 cas à son total déjà élevé de 4152 infections, dont 1936 nouveaux dans la ville de New York.

Les infections au coronavirus dans l’État de New York se chiffrent maintenant à 7102, ce qui en fait l’État le plus touché aux États-Unis, bien avant celui de Washington et ses 1376 cas et la Californie qui compte 1001 infections.

Le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, a décidé qu’il n’avait d’autre choix que de décréter l’arrêt des activités non essentielles et d’interdire les rassemblements.

Les courses dans les épiceries et les pharmacies seront permises ; les promenades seront acceptées, les contacts avec autrui seront autorisés, mais uniquement dans un contexte de distanciation sociale.

Les restaurants pourront faire des livraisons et les transports publics seront maintenus. Toutes ces mesures entreraient en vigueur dimanche.

Le gouverneur de l’État de New York emboîte ainsi le pas à son homologue de Californie, Gavin Newsom, qui a placé jeudi en quarantaine la totalité de son État de 40 millions d’habitants.

Le gouverneur Newsom dit avoir pris cette décision pour contredire la prévision selon laquelle 25 millions de Californiens allaient être infectés du coronavirus d’ici la fin des deux prochains mois.

Le confinement global, pas nécessaire pour Trump

Ce sentiment de nécessité de confinement pour l’entièreté du pays n’est pas partagé par Donald Trump. Le président appuie les initiatives des deux gouverneurs qui se trouvent dans des coins chauds mais il estime que la réalité est bien différente dans plusieurs régions des États-Unis, comme le Midwest par exemple, qui vivent davantage cette crise à la télévision.

Peut-être, mais ce que nous voyons à la télévision sur la crise du coronavirus n’est guère réjouissant et est même, parfois, plutôt inquiétant.

Jeudi, la chaîne de télévision américaine CNN a interviewé deux femmes d’une famille d’origine italienne du New Jersey, qui a été décimée par le coronavirus. On y apprenait que la grand-mère de la famille, âgée de 73 ans, avait péri du coronavirus tout comme l’un de ses garçons et deux de ses filles. Cette famille compte encore 19 membres en quarantaine dans l’attente des résultats de tests de dépistage.

L’histoire ne dit pas si des membres de cette famille ou leurs amis ou connaissances s’étaient rendus récemment en Italie, mais s’il y a un pays dont l’histoire récente n’est pas une source d’inspiration, c’est bien l’Italie.

793 personnes sont mortes du coronavirus vendredi en Italie, un record pour une seule journée, portant le nombre des morts en Italie à 4825, en première place dans le monde.

L’Italie n’est pas parvenue à aplanir la courbe. La similarité avec la situation américaine provoque une inquiétude bien légitime.

Pour éviter d’être victime d’une courbe à l’italienne, les États-Unis doivent continuer de multiplier les efforts pour construire des hôpitaux et doter ceux qui existent déjà de lits pour soins intensifs avec des respirateurs artificiels. Il faut aussi munir les professionnels de la santé de l’équipement nécessaire pour le travail sécuritaire : vêtements, masques, écouvillons.

Une fois tout cela accompli, il sera peut-être possible de penser de façon réaliste à la célébration éventuelle d’un lendemain de crise.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.