Oxfam : faut-il s’offusquer de toutes les inégalités ?

Golden calf at Occupy Wall Street By: Timothy Krause - CC BY 2.0

Au nom des inégalités, Oxfam propose de taxer les plus riches au niveau mondial. Tout cela est-il une bonne mesure pour juger de la justice de la répartition des richesses dans le monde ?

Par Hadrien Gournay.

Ce sont les chiffres mis en avant par le dernier rapport d’Oxfam :

  • les richesses des 1 % les plus riches de la planète correspondent à plus de deux fois la richesse de 90 % de la population (6,9 milliards de personnes).
  • les milliardaires du monde entier, c’est-à-dire seulement 2 153 personnes, possèdent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes, soit 60 % de la population mondiale.
  • en France, 7 milliardaires possèdent plus que les 30 % les plus pauvres et les 10% les plus riches possèdent 50 % des richesses.

Comme à chaque fois, il sera abondamment diffusé et les commentateurs unanimes pour dénoncer des inégalités mondiales inacceptables et appeler à les réduire. Ces réactions médiatiques aboutissent néanmoins rarement à proposer une méthode très précise en vue de cette réduction. La proposition politique la plus en rapport avec les conclusions d’Oxfam est une augmentation de la taxation des plus riches. L’idée d’une taxe spécifique sur les plus riches pour financer l’aide au développement est parfois avancée.

Le chiffre cité semble si éloquent par lui-même que la conclusion ne semble souffrir aucune contestation. Est-il possible de s’y opposer ?

Nous tenterons pour le savoir, de répondre à quatre questions.

  1. Les inégalités sont-elles scandaleuses en soi ?
  2. Les inégalités de patrimoine sont-elles une bonne manière de mesurer les inégalités économiques ?
  3. La dénonciation de la richesse des milliardaires est-elle juste ?
  4. Quelles conclusions pratiques tirer du rapport ?

Les inégalités sont-elles scandaleuses en soi ?

Les inégalités ne sont scandaleuses en général qu’à la condition de penser que la quête de l’égalité économique doit structurer l’organisation sociale. Or, non seulement l’égalité économique n’est pas la seule conception de la justice mais toutes les théories d’organisations sociales ne s’appuient pas sur la justice.

La distinction, élaborée par Aristote entre justice distributive et justice corrective ou commutative illustre la première affirmation.

— La justice distributive consiste à donner à chacun en fonction de son mérite. L’auxiliaire de ce principe est de donner à chacun au départ les mêmes chances de mériter de la société.

— La justice corrective permet de rétablir un équilibre en réparant une atteinte. Indirectement, elle suppose la prohibition de l’atteinte en question. Elle est de ce fait voisine du principe moderne de non-coercition et de la conception selon laquelle la liberté « consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ».

La principale différence entre ces conceptions modernes et de celle d’Aristote est la reconnaissance chez ce dernier de la possibilité d’une coercition dans l’intérêt de la personne pour laquelle il s’exerce.

L’utilitarisme est la plus fameuse doctrine d’organisation sociale non fondée sur l’idée de justice. Ses partisans affirment que la société doit faire « le plus grand bonheur du plus grand nombre ». Ce projet qui n’implique pas en tant que tel un bonheur ou des possessions égales pour tous est susceptible de s’opposer à l’égalitarisme.

Il existe et il a existé bien d’autres critères d’évaluation des sociétés humaines que l’égalité des revenus. Ainsi, l’opinion selon laquelle les inégalités sont scandaleuses ne relève plus de l’évidence. L‘interprétation des données d’Oxfam est-elle dès lors aussi claire qu’on ne le prétend ?

À cela, une personne modérée et raisonnable – et non un socialiste fanatique – répondrait que l’hésitation peut se justifier pour des différences limitées mais pas lorsque les écarts de richesses atteignent une telle ampleur.

Comme dans nombre de questions philosophiques, le raisonnable semble s’opposer au rationnel. Là où logique et pure raison nous orientent vers une réponse tranchée et univoque, la majorité des hommes prudents et diligents se satisfait d’un compromis entre les principes. Une attitude cohérente est plutôt l’apanage des fanatiques. L’homme doit-il se conduire en ayant pour guide le bonheur ou la vertu ? Toute tentative de conciliation semble difficilement défendable devant le tribunal de la raison. Le bonheur dans le vice, ou la vertu dans le malheur devraient lui être préférés. Pourtant, peu d’individus et très peu de sociétés adoptent ces solutions extrêmes.

Pour notre part nous accepterons l’opinion de l’homme modéré et raisonnable sans le discuter davantage.

Pourtant Oxfam a-t-il raison de prendre les inégalités de patrimoine comme critère des inégalités économiques ?

Les inégalités de patrimoine sont-elles une bonne mesure des inégalités ?

Les origines de l’inégalité de patrimoine

Les inégalités de patrimoine procèdent de trois voire quatre facteurs principaux :

  • l’inégalité liée à l’âge : à revenu et taux d’épargne égaux au long de la vie, une personne plus âgée aura eu le temps d’accumuler un patrimoine plus conséquent qu’une personne plus jeune
  • l’inégalité expliquée par le taux d’épargne : une personne épargnant une plus grande part de ses revenus constituera à âge et revenu égaux un patrimoine plus important qu’une personne plus dépensière
  • les revenus : à âge et propension à épargner égaux, le patrimoine de ceux dont les revenus sont plus importants est supérieur
  • l’héritage : qui peut également être assimilé à un revenu exceptionnel.

Ajoutons que le taux d’épargne a tendance à augmenter avec les revenus.

Parmi tous ces facteurs et à condition de rejeter les inégalités économiques, au moins excessives, lesquels sont contraires à l’équité ?

L’inégalité de patrimoine entre personnes d’âges différents est un mal tout relatif si chacun est amené au cours de sa vie à acquérir le montant de patrimoine qu’un autre possède pour le moment. Revendiquer le contraire reviendrait à abandonner la notion d’acquisition par ses efforts patients.

L’inégalité expliquée par l’épargne est-elle plus critiquable ? En quoi y aurait-il une injustice à voir celui qui consomme davantage avoir un plus petit patrimoine ? L’un a choisi de consommer tout de suite et l’autre plus tard. Annuler l’inégalité de patrimoine permettrait au premier de consommer davantage que le second.

Appliquons la question à une république socialiste ayant pour credo l’égalité économique. Elle attribue à chacun des revenus égaux et notamment à Pierre et à Paul. Pierre choisit avec une somme donnée d’acquérir une automobile. Paul choisit de passer des vacances dans un palace. Faut-il opérer un transfert de Pierre à Paul pour compenser leur inégalité de patrimoine ? Mais qui donnera à Pierre la jouissance du palace où il n’est pas allé ?

En revanche, les inégalités de revenus sont plus suspectes. Encore faut-il faire une distinction parmi les inégalités de revenus mondiales. Certaines sont internes à une nation donnée, les autres sont internationales. Concernant les inégalités entre pays ne faut-il pas s’intéresser à ce qui a permis à certains pays de réussir mieux que d’autres pour généraliser les bonnes pratiques plutôt que de vouloir les rendre égaux ? Le plus souvent, le combat contre les inégalités mondiales se confond avec ou s’accompagne de la dénonciation du système économique mondial. Pourtant, y a-t-il réellement un système économique mondial ou autant de systèmes que de législations propres à chaque pays ? Si la seconde interprétation domine, la question la plus urgente est celle de la reproduction par les pays pauvres des méthodes qui ont assuré le succès des pays riches.

Quoi qu’il en soit, les inégalités de revenus forment la partie la plus contestable des inégalités de patrimoine. Aussi, ne faut-il pas s’attaquer spécifiquement à elles ? Oxfam n’aurait-elle pas du présenter des inégalités mondiales, nécessairement moins spectaculaires, de revenus et non de patrimoines ?

Inégalité de revenu contre inégalité de patrimoine

Qui doit l’emporter dans une perspective d’égalité économique : l’égalité de revenu ou l’égalité de patrimoine ? Ou sont-elles complémentaires ?

Une réponse décisive exige de déterminer ce qu’implique spécifiquement chaque type d’inégalité du point de vue de la justice. Pour isoler leur influence respective, nous devrons analyser une égalité de patrimoine avec inégalités de revenus et une égalité de revenus avec inégalité de patrimoine.

Des revenus inégaux aboutissant à une égalité de patrimoine ne peuvent en aucun cas être synonyme d’égalité. Que Neymar Jr ait à force de dépenses somptuaires, le même patrimoine que vous et moi, faudrait-il affirmer qu’il n’y a rien à dire du point de vue de l’égalité ? Néanmoins, l’argument n’est pas totalement décisif. Il prouve que l’inégalité de revenu ne peut être étrangère à l’équation voire qu’elle est prépondérante mais pas que le patrimoine ne joue aucun rôle dans l’appréciation des inégalités. En l’occurrence, notre exemple neutralise les effets du patrimoine.

Aussi observons l’inégalité de patrimoine dans l’égalité de revenus. Reprenons l’exemple élaboré plus haut. De deux personnes aux mêmes revenus, la première choisit de les épargner ou d’acquérir des biens durables (maison, voiture) s’ajoutant à son patrimoine, la seconde préfère se payer des vacances de rêve dans des palaces. Faut-il privilégier l’analyse en termes de revenus et juger la situation égalitaire ou la déclarer inégalitaire en raison de la différence de patrimoine ? Rien ne vient justifier que dépenser son argent de façon différente soit synonyme d’inégalité. Donner au plus dépensier le même patrimoine qu’au premier serait au contraire inégalitaire. Le fait qu’une personne ayant eu les mêmes revenus qu’une autre choisisse d’en épargner une plus grande partie ne peut être vu comme injuste.

Un communiste de bonne foi devrait préférer l’égalité des revenus à l’égalité des patrimoines.

Mesure des inégalités de revenus

Il reste à savoir comment mesurer ces inégalités de revenus ? Et notamment sur quelle période ? Un jour ? Une semaine ?

L’absurdité de telles propositions saute aux yeux. Un simple décalage dans le versement du salaire deviendrait une inégalité abyssale. En pratique, la période prise en compte pour les inégalités de revenus est l’année. Personne ne remet ce choix en cause. Mais supposons l’inégalité entre deux personnes de l’année N inversée l’année N+1. La critique s’évanouirait d’elle-même. Les revenus étant bien plus mobiles qu’on ne le pense souvent, les inégalités s’estomperaient (sans bien sûr disparaître) avec la prise en compte d’une plus longue période. Comparer les revenus sur la totalité de l’existence n’est pas nécessairement le choix adéquat mais l’étude des inégalités sur une période plus longue que l’année apparaît indispensable.

Le critère le plus pertinent pour rendre compte des inégalités est donc bien moins impressionnant que celui qu’Oxfam a mis en avant. L’ONG aurait-elle voulu afficher un chiffre spectaculaire dans un but politique ?

Revenons toutefois au point de vue de notre homme modéré et raisonnable. Il reconnaîtrait qu’avec la méthode que nous préconisons l’écart entre les milliardaires et le milliard du plus démuni se réduit considérablement. Pourtant, ferait-il observer, le nouvel écart reste toujours un gouffre.

Pourtant, même en acceptant cette conclusion, la dénonciation de l’écart entre les milliardaires et les plus pauvres est-elle entièrement juste ?

La dénonciation est-elle impartiale ?

La quête de l’égalité des richesses n’est pas le seul idéal social à défendre et la méthode utilisée pour mesurer leur écart est contestable. Néanmoins, ces deux faits n’ont pas paru suffisants à un homme modéré et raisonnable pour infléchir la conclusion imposée par les chiffres mis en évidence par Oxfam. Ajoutons deux critiques. Non seulement, la comparaison est arbitraire mais elle néglige un fait très important.

Une comparaison arbitraire

Oxfam compare la fortune des milliardaires et celle des habitants les plus pauvres de la planète. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Du point de vue d’un misérable, les conditions de vie de l’Occidental moyen voire modeste tiennent du rêve éveillé.

Si une organisation opposait la fortune des Juifs à celle des plus pauvres de la planète, le caractère arbitraire du procédé sauterait immédiatement aux yeux. Pourquoi les Juifs et pas les autres ? Tout le monde verrait que l’hostilité à l’égard des Juifs y a plus de part que la générosité à l’égard des pauvres. Les choses sont-elles si différentes avec l’attitude d’Oxfam à l’égard des milliardaires ?

Il est aisé de comprendre la raison pour laquelle Oxfam les cible spécifiquement : opposer les plus pauvres aux Occidentaux en général deviendrait assez vite impopulaire et priverait le message de la fondation de son soutien. Il n’y a pas de doute que le choix de la cible est efficace, mais est-il légitime ?

La négligence d’un fait primordial…

De plus, en opposant les plus riches et les plus pauvres Oxfam omet un fait très important qui peut les unir : les sommes consacrées par les premiers en faveur des seconds. Le Giving Pledge, créé à l’instigation de Warren Buffet et de Bill Gates, invite les milliardaires américains à s’engager à donner la majorité de leur fortune en faveur de causes philanthropiques.

Le 28 avril 2011, 69 milliardaires américains avaient rejoint la campagne. Les 40 premiers donateurs ont promis un minimum de 125 milliards de dollars. Marc Zuckerberg avait quant à lui fait le choix de donner 99 % de ses actions Facebook.

La démagogie du procédé est manifeste. Il consiste à jeter en pâture à l’opinion publique les ultra-riches en comparant leur patrimoine à celui des plus pauvres. Or, ces ultra-riches donnent une part importante de leur fortune aux plus pauvres. De l’autre côté, cette opinion publique est majoritairement composée de ménages très aisés en comparaison des plus pauvres en question et de la qualité de vie de la majorité des personnes au cours de l’histoire. Or, cette majorité préfère affecter une part plus grande de son argent à devenir très riche en jouant à la loterie qu’à soulager les plus pauvres.

Il est temps d’interroger à nouveau notre homme raisonnable et modéré. Perplexe, il admettra le caractère arbitraire d’une comparaison limitée aux milliardaires et aux plus pauvres. Et pourtant, si les inégalités économiques (au moins au-delà d’un certain seuil), sont injustes, l’écart entre les milliardaires et les plus pauvres est bien une injustice. Et bien sûr c’est entre ces deux catégories que la différence de revenus est la plus grande.

Enfin, s’il est heureux que les milliardaires apportent un soutien aux plus démunis, pourquoi ne pas faire plus ? Et si la propagande d’Oxfam, avec ses limites et ses omissions le permet, n’aura-t-elle pas fait beaucoup de bien ? Examinons ce point.

Que faire ? Quelles conclusions pratiques tirer du rapport ?

Des faits présentés par Oxfam, deux programmes d’action principaux émergent. La redistribution de l’argent des milliardaires vers les plus pauvres de la planète s’accorde le plus facilement avec les rapports de l’ONG. Vient ensuite la taxation confiscatoire des hauts revenus ou patrimoine.

Que penser de chacune de ces solutions ? Et laquelle aurait le plus de chance d’aboutir ?

Redistribution mondiale ?

La redistribution de l’argent des milliardaires vers les pauvres concorderait parfaitement avec l’objectif de réduction des inégalités. Cependant toute théorie de la justice connaît une limite raisonnable. Son application ne doit pas se faire au détriment de ceux au profit de qui elle est conçue. À première vue, il n’y a pas de risque. L’écart de richesse entre les protagonistes est tel qu’on voit mal comment cela pourrait ne pas bénéficier aux plus pauvres.

Et pourtant l’initiative présenterait de nombreux inconvénients, à commencer par le risque de dilapidation d’argent public. Comment faire pour que cette manne tombée du ciel ne soit pas captée par des politiciens corrompus et des affairistes ? À l’image des ressources naturelles, les ressources ne nécessitant pas un effort préalable sont souvent une malédiction. Le remède à ce risque de dérive est un droit de regard occidental sur l’affectation et l’utilisation des sommes. Au-delà d’un certain seuil, le don impliquerait contrôle. Alors nous verrions une forme plus ou moins larvée de colonisation.

Surtaxation des milliardaires

Revenons sur le conflit, évoqué plus haut, entre la recherche de l’égalité et de l’utilité. En admettant sa validité, le principe d’égalité des revenus, entendu comme principe de justice, ne doit-il pas trouver sa limite lorsqu’une augmentation de revenus ne nuit à personne ? Autrement dit, pouvons-nous considérer un bien comme un mal ? Manifestement, tout principe de justice n’est valable que si son application améliore la condition de celui qui serait sans cela la victime supposée d’une injustice. Par exemple, dans la mesure où il n’est pas possible de guérir la maladie ou le handicap d’une personne, il n’y a pas de raison d’en affliger les personnes saines pour rétablir une égalité de l’état de santé. Le raisonnement est encore plus évident lorsque les bénéficiaires supposés d’un principe de justice en pâtissent. Tout principe de justice doit manifestement être abandonné lorsqu’il conduit à empirer la situation de celui qu’il est censé protéger.

Comment pourrions-nous nous retrouver dans l’une ou l’autre de ces situations ?

Avec la surtaxation des milliardaires, leur fortune est affectée aux programmes de dépenses publiques traditionnelle des pays riches. Autrement dit, elle ne bénéficiera pas aux populations les plus pauvres de la planète. Dans l’hypothèse précédente, nous avions un transfert des plus riches vers les plus pauvres. L’écart entre les plus riches et les plus pauvres aura diminué sans profit pour les seconds.
Il en sera de même entre le milliardaire occidental et l’Occidental moyen. Pourtant, ce n’était pas l’objectif affiché au départ. En outre, une fois adopté le principe égalitariste, même sans profit pour les pauvres, il faudrait aussitôt l’adapter au rapport de l’Occidental moyen et des personnes gagnant moins de un dollar par jour. Bref, il faudrait appauvrir les Occidentaux.

Cependant l’hypothèse de la neutralité de la taxation des milliardaires pour les plus pauvres est trop optimiste. Comme nous l’avons indiqué, la fortune des milliardaires bénéficie d’ores et déjà pour une grande partie aux plus pauvres par des donations. En définitive, nous favoriserions le détournement d’une bonne partie des sommes taxées des plus pauvres au profit du riche occidental moyen.

Insuffisance des deux solutions

Quelle que soit la solution envisagée, il restera sur la base de l’argumentation d’Oxfam, une insuffisance fondamentale. L’écart entre le patrimoine de l’Occidental moyen et celui des petits paysans ou ouvriers des pays pauvres sera trop important pour ne pas légitimer un appareil de redistribution international. Ce n’est pas exactement le souhait des Occidentaux qui se scandalisent de la publication des rapports. Une telle bureaucratie serait-elle bénéfique ? Un État fonctionne correctement s’il existe un minimum de contrôle citoyen sur ses activités, contrôle synonyme de discussions et débats. Que de telles conditions puissent être réunies à l’égard d’une bureaucratie mondiale est rien moins que certain.

Il reste à savoir de la redistribution ou de la surtaxation laquelle est la plus probable.

Quel est le plus probable ?

Les politiques des pays occidentaux auront envie de satisfaire leurs électeurs. Et ceux-ci seront plus sensibles à des avantages directs qu’à une réduction de la pauvreté à des milliers de kilomètres. Leur comportement présent l’atteste déjà. Ils dépensent davantage pour jouer au loto que pour faire des dons à des associations caritatives. L’hostilité de plus en plus accentuée de l’opinion publique occidentale à une immigration permettant à des personnes souvent très pauvres d’accéder au même niveau de vie le confirme, s’il en était besoin.

Si les rapports d’Oxfam devaient avoir un effet politique important, ce serait d’augmenter la fiscalité sur les milliardaires au profit des programmes classiques de dépense publique nationaux. Il s’agirait in fine d’une redistribution des humains les plus riches et les plus pauvres vers l’Occidental moyen, un humain riche à l’échelon planétaire. Pour les plus pauvres, le solde de l’opération serait globalement négatif. Certes, on peut tout à fait soutenir que les politiques sociales doivent privilégier les nationaux plutôt que de se complaire dans l’objectif utopique de faire disparaître la misère à l’autre bout du monde. Mais n’est-il pas hypocrite de s’appuyer sur cette misère pour arriver à cette conclusion ?

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