Amazon, ce succès que certains Français adorent détester

Emballages Amazon (Crédits , licence Creative Commons BY SA 2.0)

Par h16

Alors que les fêtes de fin d’année approchent et avec elles, les achats de cadeaux rituels, c’est avec une synchronicité qui tient quasiment de la magie noire que plusieurs clowns tragiques se réveillent pour dénoncer les méfaits d’Amazon, la cible idéale des apparatchiks français.

Et c’est donc sans surprise qu’on retrouve parmi ces derniers un certain Mahjoubi.

Le petit Mounir, c’est cet ex-secrétaire d’État au Numérique et député LREM de Paris qui tente d’exister encore un peu et qui vient de faire fuiter vers la presse une note d’analyse dans laquelle il estime, tous calculs faits, que 7900 emplois ont été détruits en France en 2018 par Amazon.

Il est comme ça, le Mounir : dès qu’une échéance électorale se rapproche, il saisit son gros crayon, ses petits papiers brouillon, et il se tape une méga-analyse avec des calculs complexes, des règles de trois finement ouvragées et des divisions à un chiffre après la virgule (au moins !) pour aboutir à une conclusion qui, si elle est évidemment complètement fausse, permet de faire un maximum de barouf auprès des journalistes dont la conscience professionnelle rikiki et les connaissances mathématiques encore plus microscopiques autorisent toutes les audaces.

Pour Mounir (et ses équipes – ne nous leurrons pas, la tâche est un peu trop ingrate pour notre seul député), pas de doute, Amazon détruit de l’emploi comme d’autres grignotent des cacahuètes à la buvette de l’Assemblée Nationale : très précisément, « pour un emploi créé chez Amazon, le commerce de proximité a perdu 2,2 emplois ».

Sapristi, voilà qui est choquant ! Outre la précision diabolique (un chiffre après la virgule, qu’on vous dit !), on ne peut s’empêcher de s’interroger sur la méthode de calcul pour parvenir à ce résultat. Heureusement, Mounir l’explique bien vite : tout est une histoire de productivité. En réalité, les employés d’Amazon sont salement productifs ! Là où un employé du commerce traditionnel représente un chiffre d’affaire de 270 000 euros en moyenne, celui d’Amazon permet, lui, de réaliser autour de 600 000 euros !

C’est honteux ! C’est scandaleux ! C’est insupportable !

D’autant que, comme Mounir le dit très explicitement, ce chiffre n’est obtenu que grâce à « des pratiques managériales contestées », depuis un minutage de leur temps de travail (comme tous les salariés de toutes les chaînes logistiques, de montage ou d’autres, du reste), jusqu’à l’utilisation extensive et intensive de robots. Oui, vous avez bien lu : Amazon va jusqu’à utiliser des robots partout où ils peuvent l’être, multipliant par un peu plus de deux (2,2 si on s’arrête à un chiffre après la virgule) la productivité de chacun de ses employés, le tout dans le respect strict du droit du travail particulièrement touffu en France, respect qui montre ici une forme d’insolence vicieuse de la firme américaine, c’est évident.

Et ça, en France, pays où le travail est lourdement sanctionné, c’est plus qu’un crime, c’est une faute.

Comment Mounir a-t-il tenu compte de l’exposition de milliers de commerçants au travers de la vitrine d’Amazon et du chiffre d’affaires que ceux-ci ont donc gagné par le site, on ne saura pas. Comment Mounir a-t-il évalué les gains de productivité pour toutes les entreprises qui bénéficient directement ou indirectement, en tant que fournisseurs ou en tant que clients, de la logistique impeccable du géant américain, on n’en saura pas davantage. Comment Mounir a-t-il calculé le nombre d’emplois impactés par le surcroît de livraisons, par l’optimisation et donc la baisse des coûts logistiques qui ont pu être répercutés sur les produits ou sur les salaires, par l’augmentation de richesse directe provoquée par ces améliorations par ailleurs plébiscités par les Français eux-mêmes, gros consommateurs des services Amazon ?

Mystère et boule de gomme.

Mais il n’en reste pas moins que la conclusion est implacable, et écrite avant même que l’étude soit pondue : Amazon a, forcément, détruit de l’emploi, comme la voiture a détruit des milliers d’emplois de maréchal-ferrant ou de palefrenier, comme l’électricité a fait disparaître celui de charbonnier, comme Gutemberg a réduit à portion congrue l’importance des moines-copistes…

Le plus grotesque dans les affirmations de la députaillerie gauchiste qui se vautre encore une fois dans le populisme le plus basique, c’est qu’elle rejoint avec un beau timing les petits couinements aigris de ces indispensables Organisations Non Gouvernables mais Très Subventionnées qui, à la faveur d’un rapport sur l’impact social et environnemental d’Amazon, reviennent à la charge avec leur marronnier, à savoir la méchante optimisation fiscale du géant américain.

Pour faire original, ces groupuscules d’extrême gauche (ATTAC, les « Amis de la Terre » et l’Union syndicale Solidaires ne pouvant décemment pas être classés ni comme neutres, ni comme niaisement socialistes) ont donc évalué l’impact environnemental d’Amazon pour arriver à la conclusion aussi pré-établie que celle du brave Mounir que, catastrophe et fourchette en plastique non recyclable, la firme américaine émet du dioxyde de carbone comme pas deux et que son modèle d’affaire n’est pas viable sur le plan écologique.

À cet angle d’attaque d’une originalité fulgurante (utiliser le message écolo pour distribuer de la moraline frelatée à bas coûts, c’est du jamais vu, n’est-ce pas), on y ajoutera le saupoudrage maintenant traditionnel d’antilogique étatiste selon laquelle toute optimisation fiscale est une fraude, et, mieux encore, entraîne un surcroît d’impôts pour les autres.

Ce monceau d’âneries ne doit sa publicité dans nos médias et sa place prépondérante dans les conversations de machine à café qu’à l’incroyable inculture moyenne des gens qui le relaient ; tout comme Mounir qui se fend de divisions avec des chiffres à virgule mais oublie généreusement la plupart des effets bénéfiques pour ne conserver que les destructions d’emplois visibles et aboutir à sa conclusion moisie, les phalanges gauchistes de l’approximation intellectuelle se gardent bien de tout calcul précis pour aboutir à leur constat frelaté d’une facture carbone explosive.

Combien de trajets longs et pénibles Amazon aura-t-elle évités à des millions de consommateurs pour aller dans ces magasins éparpillés partout sur le territoire ? Combien de tonnes d’hydrocarbures n’ont pas été brûlées pour distribuer dans ces milliers de magasins, puis dans chaque foyer de ces millions de consommateurs, ces milliards d’articles divers et variés ? Combien de litres de carburant ont été économisés par ces livraisons optimisées qui desservent des centaines de points de chute en un trajet, au lieu de centaines de trajets pour chacun de ces clients ?

On n’en saura rien parce que faire ce calcul, outre la difficulté qu’il représente, ruinerait complètement la conclusion de la bande de clowns dont le but n’a jamais été de fournir une étude réaliste, mais bien de trouver un angle pour attaquer Amazon et tout ce qu’il représente, à savoir une entreprise à succès qui rapporte des monceaux d’argent à ceux qui participent à son succès. Dans un pays où la richesse est une tare qu’il convient de cacher, c’est évidemment une faute morale impardonnable. Pire encore, c’est surtout une entreprise américaine, c’est-à-dire parée des mille-et-un vices du capitalisme débridé sans foi ni loi et qui n’aura jamais gain de cause chez ceux qui font de l’anti-américanisme leur fonds de commerce depuis plus de cinquante ans.

En réalité, le populisme du député Mahjoubi et de ces ONG se base entièrement sur la jalousie (ce succès d’Amazon ne pourra jamais être le leur) et l’envie (ces richesses produites et amassées ne pourront pas tomber dans leurs poches), ressentiments poisseux qui ne sont jamais que le credo du socialisme le plus habituel dont l’hypocrisie n’échappera qu’à ceux qui ne veulent pas la voir tant le succès d’Amazon auprès des Français ne fait aucun doute.

Amazon en France, c’est exactement comme McDo : une entreprise que certains Français adorent détester, lui cracher dessus, s’en moquer et la conspuer, ce qui n’empêche personne de se ruer chez elle pour bénéficier de ses services.
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