Retraites SNCF : le référendum ou les grèves ?

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Retraites SNCF : le référendum ou les grèves ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 15 novembre 2019
- A +

Par Robert Devos et François Garçon.
Un article d’Entrepreneurs pour la France

Les Français s’apprêtent à entrer dans une zone de tempête. Le gouvernement a en effet décidé de réformer le système des retraites, et notamment celui des régimes dits spéciaux. Les concernés, les syndicats de cheminots notamment, mais pas seulement, en ont décidé autrement. Nul ne sait ce qui sortira de l’affrontement annoncé, ni même s’il y aura affrontement. Une chose est cependant certaine : les Français sont tous concernés par cette réforme car les retraites des régimes spéciaux sont financées par l’État et donc par tous les Français, et aussi par les chocs sociaux qui, on peut le craindre, l’accompagneront.

Justement, et si, parce que concernés, il était donné aux Français, à tous les Français, le pouvoir de s’exprimer ?

Un débat confisqué

Opposés à ces réformes, les syndicats de cheminots font valoir que les fameux  avantages dont bénéficient les intéressés ont été conquis par leurs ainés, suite à des luttes sociales dures et coûteuses. Et, répondant à la critique portant sur les privilèges dont ils bénéficieraient (âge de départ à la retraite notamment), les cheminots repoussent l’argument selon lequel il s’agirait là d’un traitement de faveur, et répondent que, plutôt que de le supprimer, mieux vaudrait aligner tous les Français sur leur statut.

De leur côté, les partisans de la réforme que porte le gouvernement d’Édouard Philippe, répondent que les conditions de travail qui justifiaient ces aménagements favorables ont radicalement changé, que ces avantages sont devenus des abus criants, et qu’en outre, il est économiquement insoutenable d’envisager d’aligner tous les régimes de retraite des Français sur les conditions cadres de la SNCF.

Dans notre immense majorité, nous sommes actuellement spectateurs du duel que se livrent les deux parties. Et nous souhaiterions pouvoir donner notre avis.

Solliciter l’avis de tous les Français

Partisans de la démocratie directe, nous militons pour que les Français tranchent et aient le dernier mot. Pour qu’au terme d’un débat public, au cours duquel chacune des parties développerait ses arguments, les citoyens fassent connaître leurs points de vue.

Après que partisans et adversaires de la réforme telle que proposée par le gouvernement (syndicats hostiles à la refonte du régime de retraite, exécutif qui y est favorable) aient eu le temps de formuler leurs positions par écrit, le débat pourrait s’étendre sur une période de trois mois. Une brochure explicative d’une vingtaine de pages (10 pages pour chacune des parties, rédigées par les intéressés eux-mêmes) serait expédiée au domicile de chaque électeur. Pendant trois mois, les deux camps pourraient organiser des meetings, participer à des débats, faire valoir leurs arguments. Le CSA aurait charge de veiller à un juste équilibre des prises de parole dans les grands médias. Il n’y aurait pas de débat contradictoire, ce genre d’exercice n’apportant rien à la connaissance du dossier.

Au terme de la période de trois mois et sous la responsabilité des pouvoirs publics, un référendum serait organisé où les citoyens, bien informés, exprimeraient leur choix. La volonté des Français, autrement dit leur choix impératif, trouverait dans les semaines qui suivent une formulation légale. Ainsi, le régime actuel des retraites serait-il conservé ou bien serait modifié.

Étendre le referendum

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Ce mode d’expression référendaire est appelé à être généralisé. Il ne devrait pas se limiter à trancher entre des parties inconciliables mais, au contraire, à se généraliser sur des questions de société, de pouvoir d’achat, etc. Il faut que les autorités cessent de redouter les référendums où les citoyens ont la capacité de s’exprimer directement, sans intermédiaires, dont on a trop souvent noté l’effacement ou la pusillanimité face à l’exécutif dans les assemblées élues. Le vote est un droit fondamental des citoyens en démocratie. Il est non seulement regrettable mais dommageable que notre droit de vote ne serve qu’à élire nos représentants.

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  • oui un referendum sur le statut des agents de l’etat hors régaliens (armée police justice) et sur le droit de greve des statutaires serait la bonne voie

    • Ce serait la bonne voie si le résultat correspond à vos préférences ?

      • au moins, les français auront pu s’exprimer !!! Alors que c’est de moins en moins le cas.

        concernant la SNCF, je crains qu’elle ne soit pas réformable : il faut ouvrir à la concurrence (pour avoir une offre alternative) et couper toute subvention.

      • Comme ces retraites profitent à une minorité qui engraisse sur le dos des autres, on peut sans problème prédire le résultat:
        Réformer la retraite des fonctionnaires? Les Français sont pour à 75%
        http://www.challenges.fr/patrimoine/20130607.CHA0508/retraite-des-fonctionnaires-75-des-francais-favorables-a-la-reforme.html
        .
        Ce que la bureaucratie politico-soviétoïde peut (et va) faire, c’est manipuler le referendum en liant cette question à d’autres beaucoup plus généraliste. Ne restera plus qu’a faire une bonne campagne de la Pravda presse pour montrer ce que « chacun » y perdrait et ne surtout pas aborder la question des fonctionnaires et le tour est joué.
        La France n’est pas la Suisse, ils ont tous les pouvoirs.
        Mais la Suisse n’a pas non plus 4200 milliards de dette « hors bilan » en augmentation de 360 milliards chaque année. cpef !

    • Oui cela devrait être théoriquement la meilleure solution…
      Pourquoi je dis théoriquement ?
      Parce que le résultat peut être « pollué » par les votes protestataires des personnes qui sont pour le projet mais qui votent contre pour de multiples raisons : antagonisme avec les personnes qui présentent le projet ou avec le gouvernement, avec les partis politiques qui soutiennent le projet, etc…
      Des exemples d’incohérence politique :
      On ne veut pas voter pour les partis traditionnels aux élections européennes on vote pour les verts ou autres partis « exotiques ».
      Juste pour continuer d’exister, la présence de certains gilets jaunes dans la manifestation contre l’islamophobie.
      Alors que 75 % des Français seraient pour la réforme des régimes spéciaux, comme ils sont contre le gouvernement et doutent de la réforme à venir pour leur propre régime, ils commencent à se joindre aux grévistes de la SNCF/RATP

  • Quand vous ouvrez une poire et que vous trouvez qu’elle est pourrie à l’intérieur, vous la jetez, tout en pestant contre le marchand qui vous l’a vendue.
    Faisons de même avec ce fruit pourri qu’est devenu la SNCF (notez qu’il y a 60 ans c’était encore des gens à peu près sérieux) et appliquons la méthode Reagan avec les contrôleurs aériens: on vire tout le monde et on ré-embauche ceux qui acceptent les nouvelles conditions, dont pas de droit de grève et retraite comme tout le monde.

  • Tout à fait d’accord pour une expression directe des citoyens, votre procédure semble tenir la route si, du moins, elle est jugée constitutionnelle.
    Pour autant, ne rêvez pas, rien ne dit que les bénéficiaires des régimes spéciaux respecteraient le résultat d’un référendum s’il leur est défavorable, je suis même persuadé du contraire; aussi je crois que la solution de « Breizh » privatisation serait plus efficace.

  • Tout à fait d’accord, mais le gouvernement ne se risquera pas à demander l’avis des Français.
    Il préfère prendre le risque d’un conflit dont l’issue sera que les non bénéficiaires des régimes spéciaux, excédés par les grèves, finiront par approuver une réforme qui pourtant les pénalise fortement.

  • Qui peut s’imaginer que si les français décidaient par référendum de supprimer les régimes spéciaux, dont celui de la SNCF, les cheminots accepterons le verdict sans faire grève ?

    Sérieusement ?

  • Les commentaires sont fermés.

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