Retraites SNCF : le référendum ou les grèves ?

Par Robert Devos et François Garçon.
Un article d’Entrepreneurs pour la France

Les Français s’apprêtent à entrer dans une zone de tempête. Le gouvernement a en effet décidé de réformer le système des retraites, et notamment celui des régimes dits spéciaux. Les concernés, les syndicats de cheminots notamment, mais pas seulement, en ont décidé autrement. Nul ne sait ce qui sortira de l’affrontement annoncé, ni même s’il y aura affrontement. Une chose est cependant certaine : les Français sont tous concernés par cette réforme car les retraites des régimes spéciaux sont financées par l’État et donc par tous les Français, et aussi par les chocs sociaux qui, on peut le craindre, l’accompagneront.

Justement, et si, parce que concernés, il était donné aux Français, à tous les Français, le pouvoir de s’exprimer ?

Un débat confisqué

Opposés à ces réformes, les syndicats de cheminots font valoir que les fameux  avantages dont bénéficient les intéressés ont été conquis par leurs ainés, suite à des luttes sociales dures et coûteuses. Et, répondant à la critique portant sur les privilèges dont ils bénéficieraient (âge de départ à la retraite notamment), les cheminots repoussent l’argument selon lequel il s’agirait là d’un traitement de faveur, et répondent que, plutôt que de le supprimer, mieux vaudrait aligner tous les Français sur leur statut.

De leur côté, les partisans de la réforme que porte le gouvernement d’Édouard Philippe, répondent que les conditions de travail qui justifiaient ces aménagements favorables ont radicalement changé, que ces avantages sont devenus des abus criants, et qu’en outre, il est économiquement insoutenable d’envisager d’aligner tous les régimes de retraite des Français sur les conditions cadres de la SNCF.

Dans notre immense majorité, nous sommes actuellement spectateurs du duel que se livrent les deux parties. Et nous souhaiterions pouvoir donner notre avis.

Solliciter l’avis de tous les Français

Partisans de la démocratie directe, nous militons pour que les Français tranchent et aient le dernier mot. Pour qu’au terme d’un débat public, au cours duquel chacune des parties développerait ses arguments, les citoyens fassent connaître leurs points de vue.

Après que partisans et adversaires de la réforme telle que proposée par le gouvernement (syndicats hostiles à la refonte du régime de retraite, exécutif qui y est favorable) aient eu le temps de formuler leurs positions par écrit, le débat pourrait s’étendre sur une période de trois mois. Une brochure explicative d’une vingtaine de pages (10 pages pour chacune des parties, rédigées par les intéressés eux-mêmes) serait expédiée au domicile de chaque électeur. Pendant trois mois, les deux camps pourraient organiser des meetings, participer à des débats, faire valoir leurs arguments. Le CSA aurait charge de veiller à un juste équilibre des prises de parole dans les grands médias. Il n’y aurait pas de débat contradictoire, ce genre d’exercice n’apportant rien à la connaissance du dossier.

Au terme de la période de trois mois et sous la responsabilité des pouvoirs publics, un référendum serait organisé où les citoyens, bien informés, exprimeraient leur choix. La volonté des Français, autrement dit leur choix impératif, trouverait dans les semaines qui suivent une formulation légale. Ainsi, le régime actuel des retraites serait-il conservé ou bien serait modifié.

Étendre le referendum

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Ce mode d’expression référendaire est appelé à être généralisé. Il ne devrait pas se limiter à trancher entre des parties inconciliables mais, au contraire, à se généraliser sur des questions de société, de pouvoir d’achat, etc. Il faut que les autorités cessent de redouter les référendums où les citoyens ont la capacité de s’exprimer directement, sans intermédiaires, dont on a trop souvent noté l’effacement ou la pusillanimité face à l’exécutif dans les assemblées élues. Le vote est un droit fondamental des citoyens en démocratie. Il est non seulement regrettable mais dommageable que notre droit de vote ne serve qu’à élire nos représentants.

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