La fable de la bière

Une réponse au mythe selon lequel ce serait toujours les mêmes qui payent : les moins aisés.

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bières by David Taquin(CC BY 2.0)

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La fable de la bière

Publié le 22 octobre 2019
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Par Johan Rivalland.

J’ai hésité, mais ai fini par considérer qu’il serait intéressant de vous présenter cette fable à l’origine incertaine et que j’ai découverte lors de ma lecture de l’ouvrage de Pierre Robert présenté récemment, Fâché comme un Français avec l’économie.

Sans doute êtes-vous déjà un certain nombre à la connaître, mais si vous êtes dans mon cas, alors probablement allez-vous la découvrir à cette occasion.

Toujours est-il que cette fable qui circule depuis apparemment une douzaine d’années sur Internet et les réseaux sociaux, donne lieu comme souvent à beaucoup d’incompréhension, de confusion, voire de fantasmes : lire par exemple cette réponse en retour, qui la dénature quelque peu en présumant que ledit « riche » est un héritier et profiteur lui-même, selon une vision marxisante bien connue.

Mais venons-en à sa lecture pour savoir de quoi il en retourne, avant de finir par deux ou trois petits commentaires.

La fable de la bière

Imaginons que tous les jours, dix amis se retrouvent pour boire une bière et que l’addition totale se monte à 100 euros. Normalement, cela ferait 10 euros par personne.

Mais nos dix amis décidèrent de payer cette facture selon une répartition s’inspirant du calcul de l’impôt sur le revenu, ce qui donna ceci :

  • les quatre premiers les plus « pauvres », ne payent rien
  • le cinquième paye 1 euro
  • le sixième paye 3 euros
  • le septième paye 7 euros
  • le huitième paye 12 euros
  • le neuvième paye 18 euros
  • le dernier et le plus « riche » paye 59 euros

Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour en fin de journée pour boire leur bière et semblaient assez contents de leur arrangement.

Jusqu’au jour où le tenancier décida de leur faire une remise de fidélité !

« Comme vous êtes de bons clients, j’ai décidé de vous faire une remise de 20 euros sur la facture totale. Vous ne payerez donc désormais vos 10 bières que 80 euros. »

Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement.

Mais comment les six autres (les clients payants), allaient-ils diviser les 20 euros de remise de façon équitable ?

Ils réalisèrent que 20 euros divisés par 6 faisaient 3,33 euros. Mais s’ils soustrayaient cette somme de leur partage, alors le cinquième et le sixième homme devraient être payés pour boire leur bière.

Le tenancier du bar suggéra qu’il serait plus équitable de réduire l’addition de chacun d’un pourcentage du même ordre, il fit donc les calculs.

Ce qui donna ceci :

  • le cinquième homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien : un « pauvre » de plus
  • le sixième paya 2 euros au lieu de 3 : 33 % de réduction
  • le septième paya 5 euros au lieu de 7 : 28 % de réduction
  • le huitième paya 9 euros au lieu de 12 : 25 % de réduction
  • le neuvième paya 14 euros au lieu de 18 : 22 % de réduction
  • le dixième paya 50 euros au lieu de 59 euros : 16 % de réduction

Chacun des six « payants » paya moins qu’avant et les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement, rejoints par le cinquième.

Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie :

  • « j’ai seulement eu 1 euro sur les 20 euros de remise », dit le sixième. Il désigna le dixième : « lui, il a eu 9 euros. »
  • « ouais ! dit le cinquième, j’ai seulement eu 1 euro d’économie moi aussi. »
  • « c’est vrai ! » s’exclama le septième, « pourquoi le dixième aurait-il 9 euros d’économie alors que je n’en ai eu que 2 ? Il est anormal que ce soit le plus riche qui bénéficie de la plus importante réduction. »
  • « attendez une minute » cria le premier homme, « nous quatre n’avons rien eu du tout. Le système exploite les pauvres. Il ne faut pas se laisser faire ! »

Les neuf hommes cernèrent le dixième et l’insultèrent.

Le lendemain ce dixième homme (le plus riche) choisit de ne plus venir.

Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer leur note, ils découvrirent quelque chose d’important : ils n’avaient pas assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition ! […]

Des réactions contrastées

On connait bien le style du pamphlet, très utilisé notamment au XIXe siècle, en tant que procédé satirique bien commode pour dénoncer certains abus, généralement dans le domaine politique. Frédéric Bastiat, entre autres, en était un utilisateur talentueux et réputé. Il semblerait qu’aujourd’hui certains appellent cela un hoax, autrement dit un canular. C’est bien la qualification qui en est faite sur le site La Toupie dont je communiquais le lien en haut de cet article. Le problème est que cette qualification dénature le procédé, en tentant ainsi de le décrédibiliser.

L’intention de départ est ici de dénoncer les idées reçues en matière d’impôt et les malentendus ou abus auxquels elles conduisent. Le sentiment d’injustice fiscale éprouvé par exemple par un certain nombre de Français, et parmi eux, de Gilets jaunes en est un reflet évident.

Certains, très mal informés, sont persuadés que les mieux lotis payent peu d’impôts et que « ce sont toujours les mêmes qui trinquent ». Ignorant à la fois, d’une part que seuls 47 % des Français payent l’impôt sur le revenu et que 2 % d’entre eux en assurent près de la moitié des recettes, d’autre part que les prestations dont ils bénéficient en proviennent en partie (car l’impôt sur le revenu est, bien entendu, loin d’être le seul impôt). Sans compter que ceux qui payent cet impôt ne sont pas toujours aussi riches et aisés qu’ils peuvent éventuellement l’imaginer ; s’ils en prennent même la peine.

Beaucoup de malentendus et de confusion, donc, qui ont pu conduire certains à commettre des violences à l’égard par exemple de commerçants bien désemparés.

Je me souviens encore de cette scène filmée en décembre 2018 où l’on voyait un commerçant désespéré assistant impuissant à la destruction de son petit magasin indépendant et implorant les casseurs (Gilets jaunes, et non Black blocs ou jeunes venus de banlieues) de le laisser vivre, lui dont les fins de mois n’étaient pas forcément faciles et qui avait tout simplement du mal à assurer la survie de son commerce face au montant des loyers et l’imposition dont il devait forcément être l’objet. Réaction de l’un des casseurs : « Tu es un riche, puisque tu vis à Paris contrairement à moi. Et de toute façon les assurances te rembourseront. »

Voici comment se conclut la fable de la bière

Et cela, mes chers amis, est le strict reflet de notre système d’imposition.

Les gens qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d’une réduction des impôts.

Taxez les plus forts, accusez-les d’être riches, et ils risquent de ne plus se montrer désormais.

En fait, ils vont boire à l’étranger…

Pour ceux qui ont compris, aucune explication n’est nécessaire. Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible.

Des réactions motivées par l’envie

Cette conclusion ressemble bien à ce qui se passe non seulement dans le roman visionnaire d’Ayn Rand La grève, mais aussi parfois de manière bien réelle. À force de fermer les yeux, le sens des réalités disparait et on ne voit pas ce qui se profile ou risque de se profiler. Et ce quoi qu’en dise un auteur de Libération dont l’argumentation, malgré sa cohérence, n’intègre pas assez ce fait fondamental.

L’envie est une forme de perversion qui finit par nuire à ceux-là même qui l’éprouvent et y font appel à mauvais escient. C’est pourquoi il est préoccupant de constater à quel point cette fable de la bière est mal comprise et mal interprétée par de nombreux lecteurs qui ne la lisent qu’au premier degré. À ce titre, je vous engage à lire les réactions que l’on peut trouver sous cette présentation d’Agoravox. On y trouve les visions caricaturales habituelles, mais malheureusement très répandues et symptomatiques de cette incompréhension des mécanismes de bases de l’économie que dénonçait Pierre Robert dans son ouvrage cité en préambule. Confusions totales entre argent privé et argent public et idées reçues en tous genres, qui pullulent ici de manière désolante.

À tel point qu’un des lecteurs croit pouvoir attribuer la paternité de cette fable à un grand méchant site libéral du nom de… Contrepoints, dont il met le lien en référence. Coup d’épée dans l’eau car il ne met aucun lien précis. Mais surtout, après avoir cherché moi-même sur le site, je n’ai trouvé qu’un seul article faisant référence à cette fable. Un intéressant article d’Yves Buchsenshutz datant du 15 février 2019. Donc bien postérieur à cette réaction datant elle du 30 août 2011. Preuve que lorsqu’on entend dénoncer des complots, mieux vaut vérifier ses sources…

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  • « Certains, très mal informés, sont persuadés que les mieux lotis payent peu d’impôts et que « ce sont toujours les mêmes qui trinquent » »

    D’autres, tout aussi nombreux, estiment qu’il est aberrant que les moins bien lotis ne paient pas d’impôts et que « ce sont toujours les mêmes qui trinquent ».

    • Ouai Jeannot, une belle discutions de comptoir hein… Pas trop déçu de la chute un peu trop prévisible ?

    • En réalité, le 10e a toutes les raisons de s’en cogner car même sans réduction, son revenu augmente bien plus vite que sa contribution, alors que le 1e stagne ou dimininue. Et puis, si on prend maintenant tous les impôts bout à bout, on est loin d’un truc progressif. Se sont Ceux du milieu qui payent proportionnellement davantage.

  • « Les gens qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d’une réduction des impôts »

    Les gens qui paient le moins d’impôt sont les plus pénalisés par une augmentation des taxes. Et eux, contrairement aux premiers, n’ont pas la possibilité d’aller vivre à l’étranger.

  • Pour ceux qui ont compris, aucune explication n’est nécessaire. Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible.

  • Enfin, j’ajoute que cette fable reste… une fable. Car dans la vraie vie, seul un estaminet sur trois fonctionne selon ce principe. Les 2/3 restants font payer le même prix à tous les clients.
    Et les clients, même les moins fortunés, sont obligés, par la loi, à fréquenter ceux-ci tout autant que ceux-là !

    • sachant que l’impôt mobilise 56% de la substance , le choix de l’estaminet n’est pas une option

    • LE bistrot de la fable fait exactement ce que font tous les bistrots : il donne au groupe de clients une addition qui fait le total de ce qu’ils doivent, et les laisse se débrouiller entre eux pour la régler.
      Plus tard, vu que ce sont des clients fidèles, il propose une ristourne sur leur addition totale.
      Si vous n’avez pas compris ça, effectivement, vous risquez d’avoir un problème pour comprendre l’histoire.

  • Comme quoi l’abus d’alcool…bla bla bla bla…
    Je n’ai rien compris , si un systeme est inegalitaire ,il doit le rester. Donc la ristourne doit etre uniquement utilisée pour rendre gratuit la biere des premiers qui paient ,aucune raison d’en faire une redistribution egalitaire , le riche paie toujours plein pot..et comme le cafetier n’a aucune raison de faire de cadeaux cette fable n’a aucun sens sauf a prouver qu’un systeme inegalitaire stable devient instable lorqu’on y ajoute de l’egalitarisme…ou plus d’inégalité .comme la suppression de l’isf ou l’inverse une augmentation de l’isf .

    • c’est pourtant limpide , le sport consiste a vivre au crochets de son voisin tout en le stigmatisant parce qu’il paye ..
      je rappelle que ceux qui payent l’IR payent aussi les taxes..

  • Certes, ce n’est qu’une fable bien commode. Détaillant comment dix personnes ont conclu librement un arrangement entre elles (un contrat :-). Supposer qu’elles ne sont pas capables de s’arranger entre elles une fois que les données changent suppose que le libéralisme ne peut pas exister sereinement :-).
    (oui, je me moque de cet article).

    • L’auteur pourrait-il nous faire une fable expliquant que quand il y a augmentation de la richesse (comme c’est le cas depuis des décennies), la richesse se fait de manière inéquitable et que les riches sont bien plus riches et que les pauvres ne sont qu’un peu moins pauvres ?

  • un impôt est supposé financer un projet d’intérêt commun…
    il me semble que donner de l’argent aux plus pauvres en le prenant au riche présente l’avantage théorique de les moins inciter au vol..ou à la rébellion.. sinon je ne vois pas..
    la charité c’est autre chose..
    l’idée la pire dans la redistribution reste une des ses justification
    ce serait la « juste » compensation d’une spoliation commise par les riches..

    avec la redistribution..on ne sait jamais où s’arrêter..la justification semble être toujours valide..

    en fait en vérité tout le monde sait pourtant que le travail des gens à leur enrichissement..mais bien sûr la spoliation existe aussi…

    la question de la part d’une personne que l’on veut spolier doit être toujours la m^me..prouvez moi la spoliation…

    il existe aussi des gens qui pense que tout le monde doit avoir la même quantité de richesse à disposition..parce que tout être humain se vaut… à ceux qui pensent cela..on peut leur demander de la mettre en pratique dans un groupe quelconque..ils verront que cela implique avant tout de créer un état policier… pour que tout le monde fasses son possible pour contribuer à peu près pareil…les tire-au-flanc seront repérés et exclus du groupe… ce mode de pensée égalitaire est possible si justement la richesse est un manne..
    un groupe d’enfant qui reçoit peut adop^ter ce principe..
    un groupe qui doit travailler imposera aussi de travailler tous pareil..rendant l’égale richesse comme…normale..

    • L’éternel secret des politiques, c’est « vote pour moi, j’irai voler le riche à ta place »…

    • Vous n’avez pas tort sur la cause de la naissance de l’IRPP. Il y a bien l’idée de l’achat de la paix sociale, qu’on peut voir confirmée par le profil de ceux qui l’ont promue et votée : des politiques et des élus plutôt aisés. Ne laissons pas cependant croire qu’ils n’étaient animés que par le seul cynisme, ils oeuvraient aussi, de leur point de vue, pour la justice sociale.
      Enfin, il y a une dernière raison que le temps nous a fait oublier : l’IRPP a été voté à la veille du déclenchement de la première guerre mondiale, car le pays avait besoin de nouvelles ressources pour armer le pays et se préparer au conflit qui s’annonçait. Et du point de vue du rendement, quoi de plus naturel que de demander plus à ceux qui ont plus.

  • La conclusion est évidente : il faut empêcher les riches de partir, que ce soit par des mesures confiscatoires en cas de départ ( propositions Hollande ), en fermant les frontières ( mur de Berlin ) ou en limitant la convertibilité de la monnaie ( Vénézuéla ) ; toutes solutions qui ne peuvent qu’appauvrir l’ensemble de la population

  • Le niveau arithmétique des commentateurs est surprenant!
    Il me semble évident qu’en cas de remise sur le prix des 10 bières, il serait normal que ceux qui ne paient rien reçoivent une subvention…. pour se joindre au groupe d’amis!
    Il existe même de mauvais esprits qui affirment que les communistes veulent bien partager à condition que ce soit le bien des autres… des amis quoi.

    • Tout le problème est dans la remise. C’ est bien l’ instabilité des prix et la perte de repère du juste prix qui vient mettre le bazar. Le patron s’ il voulait récompenser leur fidélité n’ avait qu’ à offrir la tournée, riches et pauvres se seraient forcément entendus.

      • Mais, la tournée générale du patron, pratiquée de façon systématique, épuiserait la marge bénéficiaire dont l’essentiel sert à payer impôts et taxes…

        • il n’est pas faux que si le patron avait proposé de faire une tournée « gratuite » toutes les 5 rencontres, le bilan aurait été le même pour lui et les 10 amis le seraient restés.
          Comme quoi, tout dépend de la manière dont on présente la réduction.

          • Heureusement le patron garde sous le comptoir une bouteille de pastis au black, justement pour pouvoir offrir sa tournée à moindre coût !

    • @Stéphane, « riches et pauvres se seraient forcément entendus » : dès lors que l’envie est de la partie et que répondre à la revendication des envieux est considéré comme légitime, alors non, ils ne se seraient pas forcément entendus : le pauvre dit « normal que j’aie ma bière gratuite, puisque je l’ai toujours, alors que le riche s’il a une bière gratuite ça lui donne de la marge pour payer une tournée de plus à son tour »…
      Bref, je pense qu’il n’y a aucune limite à la revendication d’un droit sur le bien d’autrui si la spoliation est légitimée au départ.

      • J’ajoute que la perte de repère du juste prix, ce n’est pas la tournée ou la remise proposée par le patron, mais bien la répartition initiale, qui l’a instaurée.

  • « « Tu es un riche, puisque tu vis à Paris contrairement à moi. Et de toute façon les assurances te rembourseront. » »

    Et la phrase d’un président « C’est pas cher, c’est l’état qui paie ! », c’est d’un Gilet Jaune ? Pourquoi accuser ce mouvement alors que quasiment toutes les personnes que je peux croiser ont ce genre d’opinion ? L’auteur oublierait-il le prix de l’essence et la taxe carbone, promu par probablement une bonne partie de ses connaissances ?

    Cette fable de la bière est parfaitement fallacieuse, le genre d’histoire où on omet tous les tenants et aboutissant qui alourdirait le texte mais gâcherait la belle conclusion.

    Et encore un article qui se base sur un point de vue de consommateur.

    • il n’y a pas de consentement a l’impôt en france, sauf de la part de ceux qui en vivent

    • C’est le commentaire le plus drôle lu ici depuis un moment. Aller s’étonner qu’on s’intéresse au point de vue du consommateur sur un site libéral.

    • Trop d’impôt tue l’impôt. Cette phrase se veut une application de la courbe de Laffer. Autrement dit le rendement de l’impôt décroît avec son taux à partir d’un certain seuil (que personne ne connaît vraiment, mais peu importe pour la suite).
      Mais avec la taxe carbone, dont la trajectoire a été voulue par le gvt actuel plus forte que prévue, et dont l’excès a engendré, avec le 80 km/h, les Gilets jaunes, c’est la première fois qu’on tue réellement un impôt. Ou a minima placé en coma profond. Car hélas cette taxe a la peau dure !
      La taxe carbone n’aurait pas posé de problème si elle avait rempli trois conditions :
      – une montée en puissance lente
      – une recette affectée à la tranformation énergétique (au lieu de servir à financer le CICE)
      – une taxe compensée par la baisse d’un autre impôt (ou taxe) payé par les particuliers
      C’est ce qu’a fait la Suède, avec succès.

      • On voit bien la différence entre une politique pragmatique cherchant à atteindre un objectif, et une gestion bassement budgétaire.

        Et c’est pas comme si l’humanité n’avait pas accumulé des siècles d’expérience sur le sujet…

      • … Sauf que la taxe carbone ne sert à rien ! Décarboner l’économie est une stupidité, vu que le réchauffement anthropique par addition de CO2 dans l’atmosphère est une absurdité.
        De plus, en principe on taxe une production (Cf. la TVA). Ici, on taxe les émissions d’un gaz qui n’a aucune valeur marchande, donc on prélève une taxe sur la production d’activités qui génèrent le CO2 et donc sans moyen de faire des gains de productivité pour tenter de compenser le coût de ladite taxe.

        • On ne taxe pas quelque chose qui n’a aucune valeur marchande, on taxe des produits dont l’usage présente des externalités négatives. Autrement dit, on rétablit le vrai coût d’un produit. Il s’agit d’une taxe pigouvienne.
          On peut toujours compenser cette augmentation du coût par un moindre usage, ce qui n’est possible que dans le temps long. Par exemple, réduction de la consommation des voitures, renouvellement du mode de chauffage…

  • Margaret Thatcher faisait remarquer qu’il n’y a PAS d’argent public! Il n’y a que l’argent des contribuables, donc celui de ceux qui payent des impôts!

  • Je rappelle que si 47% ne payent pas l’IR 100% des français recevant un revenu payent la CSG

  • Je trouve cette fable limpide et j’encourage les envieux à souhaiter beaucoup de riches au lieu de vouloir les appauvrir par des taxes et impôts divers car ils seraient les premiers à en subir les conséquences néfastes!

    • Petit hic : les « envieux » n’y croient pas une seule seconde ! Pas prêts à renoncer à un « tiens » pour deux « tu l’auras », à une taxation des riches pour un hypothétique ruissellement.
      A votre avis, pourquoi ?

  • @Luther:
    Il ne vous ait pas venu à l’esprit qu’éventuellement si les riches s’étaient enrichis proportionnellement plus vite que les pauvres, ce serait peut-être parce qu’ils ont contribué proportionnellement beaucoup plus à la création des richesses.

    Vous aurez aussi remarqué une tendance ces dernières décennies à toujours travailler moins pour gagner plus.

    J’avance une thérorie: et si les pauvres étaient devenu seulement un peu moins pauvres parce qu’au lieu de travailler à leur richesse future, ils ont préféré l’échanger en temps de glande?

    • Attention sur le « travailler moins pour gagner plus », ce n’est pas une tendance, c’est justement le but. L’essence même du capitalisme.
      Autrement appelé « Augmentation de la productivité ».

      Par l’expérience, l’innovation, on arrive à produire beaucoup plus avec beaucoup moins d’efforts.

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