Les limites de la logique de Keynes

John Maynard Keynes

Dans un monde concurrentiel, la logique de Keynes si elle n’est pas cantonnée à des interventions temporaires, ravage les industries.

Par Xavier Fontanet.

L’économiste Claude Sicard vient de publier une étude montrant, graphiques à l’appui, que la politique française visant à corriger les inégalités a pour effet de plomber l’industrie et de réduire le PIB par habitant.

La réduction n’est pas l’épaisseur du trait, c’est un facteur de 1 à 2 sur cinquante ans si on observe les parcours relatifs de la France et de la Suisse.

Quand on entend nos ministres proclamer leur volonté de défendre l’industrie, comme Bruno Le Maire vient de le faire cette semaine avec le « pacte productif », et laisser au même moment passer un budget en déficit (malgré le niveau d’impôts le plus élevé au monde), on est tenté de leur conseiller de prendre une feuille blanche et de faire eux-mêmes les calculs qui suivent.

Exercice

Soit deux pays dont les sphères publiques ont le même périmètre et occupent 57 % du PIB pour le premier et pour le second 44 %.

Calculons le prix de revient complet de deux industriels situés chacun dans un de ces deux pays en supposant que leur coût hors taxes est de 43 euros.

Charges sociales et impôt seront de 57 euros pour le premier, soit un total de 100 et 43 × (44/56) soit 34 euros pour le second donc un coût chargé de 77 euros.

Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que, même si nous sommes dans les ordres de grandeur, l’industriel qui a la malchance d’être tombé dans le mauvais pays se fera laminer à l’exportation sur la durée à moins de délocaliser ses productions.

Un calcul accessible aux élèves de sixième (100 (1+57/43) ) / (100 (1+44/56) ) = 56 / 43) montre que les prix de revient relatifs sont dans le rapport inverse des parts des sphères privées dans l’économie.

Mauvaise note

Ce raisonnement ne s’applique qu’à l’industrie et non aux services où les concurrents portent les mêmes charges du fait de la nature locale de l’activité.

Il démontre aussi que, dans un monde concurrentiel, la logique keynésienne ravage les industries si elle n’est pas cantonnée à des interventions temporaires.

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