Les limites de la logique de Keynes

Dans un monde concurrentiel, la logique de Keynes si elle n’est pas cantonnée à des interventions temporaires, ravage les industries.
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John Maynard Keynes

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Les limites de la logique de Keynes

Publié le 19 octobre 2019
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Par Xavier Fontanet.

L’économiste Claude Sicard vient de publier une étude montrant, graphiques à l’appui, que la politique française visant à corriger les inégalités a pour effet de plomber l’industrie et de réduire le PIB par habitant.

La réduction n’est pas l’épaisseur du trait, c’est un facteur de 1 à 2 sur cinquante ans si on observe les parcours relatifs de la France et de la Suisse.

Quand on entend nos ministres proclamer leur volonté de défendre l’industrie, comme Bruno Le Maire vient de le faire cette semaine avec le « pacte productif », et laisser au même moment passer un budget en déficit (malgré le niveau d’impôts le plus élevé au monde), on est tenté de leur conseiller de prendre une feuille blanche et de faire eux-mêmes les calculs qui suivent.

Exercice

Soit deux pays dont les sphères publiques ont le même périmètre et occupent 57 % du PIB pour le premier et pour le second 44 %.

Calculons le prix de revient complet de deux industriels situés chacun dans un de ces deux pays en supposant que leur coût hors taxes est de 43 euros.

Charges sociales et impôt seront de 57 euros pour le premier, soit un total de 100 et 43 × (44/56) soit 34 euros pour le second donc un coût chargé de 77 euros.

Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que, même si nous sommes dans les ordres de grandeur, l’industriel qui a la malchance d’être tombé dans le mauvais pays se fera laminer à l’exportation sur la durée à moins de délocaliser ses productions.

Un calcul accessible aux élèves de sixième (100 (1+57/43) ) / (100 (1+44/56) ) = 56 / 43) montre que les prix de revient relatifs sont dans le rapport inverse des parts des sphères privées dans l’économie.

Mauvaise note

Ce raisonnement ne s’applique qu’à l’industrie et non aux services où les concurrents portent les mêmes charges du fait de la nature locale de l’activité.

Il démontre aussi que, dans un monde concurrentiel, la logique keynésienne ravage les industries si elle n’est pas cantonnée à des interventions temporaires.

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  • Remarquons tout de même que Keynes n’aurait pas été « keynesien » tel qu’on l’entend aujourd’hui. En simplifiant, Keynes pensait qu’il était bon de stimuler la demande au Royaume Uni parce que cela stimulerait la production AU Royaume Uni. Et c’est bien ce qu’il s’est passé car le R.U. pouvait produire une grande partie de ce qu’il consommait, donc le chômage a pu régresser et la croissance être relancée… au Royaume Uni.
    Dans la France d’aujourd’hui qui ne produit plus grand chose, une relance soit-disant Keynesienne ne favorise que le déficit commercial…
    C’est le problème des économistes. D’un cas particulier valable dans des conditions particulières, ils en font une théorie générale, trouvent toujours des politiques pour les appliquer, se plantent avec une régularité de métronome mais recommencent avec une remarquable constance.

    • En effet l’idée de Keynes était d’intervenir avec des dépenses déficitaires (déficit de plein emploi) lors d’une récession, puis lors d’une expansion d’imposer plus et de dépenser moins (remplir les caisses et dégonfler les euphories). A remettre dans le contexte des années 20 et de la crise qui suivit. Depuis la théorie de Keynes est sortie de son contexte et utilisée à tort et à travers : la dépense remède miracle.

      • Et avec un endettement étatique inférieur à 25 % (au delà il tenait ça pour une hérésie). Mais maintenant, nous en sommes au QE et aux taux négatifs….

      • Stanislas Kowalski
        21 octobre 2019 at 4 h 04 min

        Le raisonnement est intéressant, mais Friedman a fait remarquer que les gouvernements jouent toujours avec un coup de retard. L’interventionnisme keynésien suppose que l’on sache à quel moment intervenir.
        Il y a encore d’autres problèmes, mais celui-ci est critique.

  • claude henry de chasne
    19 octobre 2019 at 8 h 25 min

    La politique keynésienne a un avantage.. c’est un avantage électoral
    point.
    Car c’est plus facile de proposer une politique ou ceux qui payent sont moins nombreux que ceux qui profitent du systeme , pour peu qu’on les dédouane en parlant de ‘solidarité »..

    La france qui pratique cette idéologie depuis plus de 40 ans peut en constater les résultats..
    Les français qui profitent de la redistribution sociale la plus importante de la planete sont ils plus heureux?
    non , ils sont aussi les premiers consommateurs d’anti dépresseurs..
    Evidemment , car depuis César on sait que le probleme de la redistribution dans un camp , c’est « toujours plus » jusqu’à la rupture..

    Avouons que hollande aurait fait un louis XVI plus présentable , que le Robespierre qu’il a enfanté ..
    cette histoire va mal se terminer

    • tout politique qui permet au groupe majoritaire d’exploiter légalement un groupe minoritaire est populaire.

      la démocratie a toujours raison… en fait …raison des minorités..

  • ou si vous voulez réduire les inégalités par la contrainte , vous aurez l’appauvrissement..
    ou les riches CRÉENT beaucoup de richesse..

    si les socialistes ne promettent pas la prospérité..pas de problème.. un peu comme les écologistes d’ailleurs..
    et comme ils ne savent pas non plus à quel niveau de pauvreté l’adoption de leur idéologie conduit..

    c’est bel et bien préférez vous avoir une saucisse tous les midis comme maintenant ou que tout le monde en ait moins ou beaucoup moins..

    en outre le simple désir de réduire les inégalités de richesses à une exigence ; fliquer tout le monde…

    les socialistes qui se déclarent pragmatique ne diront pas qu’ils veulent l’égalité..mais la réduction des inégalités.. ( comme les écolos quand ils râlent contre la « sur »consommation).
    et je répète encore une fois…vouloir réduire les inégalités de richesses ne fait pas sens si vous n’êtes pas capable de dire quelle distribution ( au sens statistique) de richesse est acceptable…

    donc combien doit gagner ce terrassier..et combien doit gagner ce prof… et bordel pourquoi?????

    c’est normalement ce qu’une personne qui souhaite la réduction des inégalités doit être capable de dire..
    la stratégie est différente évidemment on montre un cas de différence qui choque l’opinion.. et on « conclut » ce qui prouve que le marché ne marche pas..

    en réalité ce qui énerve les intellos qui se pensent plus utiles que les autres à la société est que dans le secteur concurrentielle hors connivence , les vrais méritants ceux qui rendent le plus de services sont bel et bien récompensés..
    car toute personne tenant une position favorable est indue tend à être remplacée par un concurrent.

    • claude henry de chasne
      19 octobre 2019 at 18 h 31 min

      le probleme est simple… tout ce qui est rare est cher..
      et ce qui est rare c’est la capacité de créer de la richesse

  • C’est court. Et simpliste.

  • Keynes etait un imposteur ,certes génial , mais qui a détourné les concepts de Wicksell parce qu’il avait un agenda politique socialiste. Les principaux bénéficiaires de ses théories sont d’ailleurs ceux qui sont les plus près du pouvoir : les banquiers et les politiques.

  • C’est bien pour cela que l’économie n’est pas administrée par des élèves de sixième, mais par des docteurs en économie.

    On risquerait de ne pas avoir les conclusions souhaitées.

    M’enfin !

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