L’essentiel des livres d’Ayn Rand : La Grève

La Grève CGT (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

À l’approche des fêtes de fin d’année, une bonne idée cadeau : les romans d’Ayn Rand. Aujourd’hui, quatrième et dernier volet, avec une présentation de « La Grève », un roman paru pour la première fois en 1957.

Par Johan Rivalland.

La GrèveLa Grève est le grand roman de la crise. D’une étonnante actualité, il a été vendu, à ce jour, à plus de dix millions d’exemplaires et est d’une très grande richesse en termes de réflexion sur le fonctionnement de nos sociétés contemporaines, en particulier démocratiques, en en faisant particulièrement bien ressortir les maux intrinsèques.

Je me bornerai ici à une présentation très courte. Je ne pouvais, en effet, faire l’impasse sur ce très important ouvrage d’Ayn Rand dans ma présentation de ses romans, mais il a été déjà largement présenté sur Contrepoints, avec des analyses de très grande qualité, auxquelles je ne saurais apporter rien de mieux.

Mais qui est John Galt ? Et qu’est-ce que l’intérêt général ? Ce roman est plus qu’un simple roman. Il s’agit du livre le plus influent aux États-Unis après la Bible, nous précise Alain Laurent, qui est à l’origine de la traduction d’Atlas Shrugged en français… et pour cause.

À l’heure où nous sommes empêtrés dans une crise profonde et très probablement durable, fruit des errements du passé (et du présent), aucun ouvrage ne me semble mieux à même d’expliquer les ressorts de celle-ci. Cette fresque romanesque constitue une excellente représentation de l’état d’esprit qui règne dans le monde occidental, notamment en temps de crise, avec tous ses simplismes et ses visions caricaturales. Un monde de conformité et d’apparences, avec ses mondanités et ses postures faussement humanistes ou empruntes de générosité. Un monde d’opposition entre des intellectuels doctrinaires, représentants d’associations prétendument « altruistes », du type « les Amis du Progrès mondial », en réalité des médiocres et des lâches et, à l’inverse, les méchants capitalistes, souvent en réalité des êtres ingénieux et créatifs, accusés de tous les maux, au premier rang desquels l’égoïsme, concept abstrait et caricatural, bien pratique pour exprimer l’envie suscitée par ceux qui, s’achetant une bonne conscience à bon compte, y opposent de beaux concepts dits « progressistes », qui ne valent généralement que pour les autres et impliquent bien peu leurs initiateurs.

imgscan contrepoints 2013-2474 la grèveUn roman extrêmement captivant, qui vous prend littéralement aux tripes. Absolument bouleversant, comme peut l’être un concerto de Rachmaninov (les deux vont d’ailleurs particulièrement bien ensemble). Une histoire qui suscite tour à tour l’enthousiasme, l’espérance, la rage, le sentiment de révolte et le désespoir, mais aussi l’admiration face au courage, à la volonté, à la détermination et à l’action. Une analyse implacable de l’esprit humain, de la société, de la cupidité et la méchanceté humaine, du mal qui se cache non pas là où on le croit, mais tout au contraire là où on prétend créer le Bien, sous les apparences de la générosité, l’altruisme affiché, le prétendu intérêt général ou bien commun. Une véritable destruction de tout bon sens et de toute créativité ou intelligence. Un roman à la fois éminemment philosophique et une leçon d’économie incomparable.

— Ayn Rand, La Grève : Atlas Shrugged, Belles Lettres, septembre 2011, 1170 pages.

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