Lubrizol : quels risques pour la santé des individus ?

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Lubrizol : quels risques pour la santé des individus ?

Publié le 15 octobre 2019
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Par Christophe de Brouwer.

Étant toujours référencé sur le site de l’Université libre de Bruxelles comme un référent en toxicologie industrielle, j’ai été sollicité pour essayer de comprendre les démarches que pourraient réaliser ceux qui s’estimaient exposés au nuage de fumée dégagée par l’incendie de Lubrizol à Rouen en France.
Il s’en est suivi des échanges de correspondance fort intéressants avec des personnes ayant des choses à partager et se sentant démunies et délaissées.

Je n’ai pas de mode d’emploi, mais cela me fait penser aux nombreuses réunions et discussions auxquelles j’ai participé durant une période plus active de ma vie professionnelle, avec toujours la même question : comment déterminer le risque sur la santé d’un individu potentiellement exposé à un mélange de toxiques ? Ces expériences m’ont appris que la participation des personnes qui vivent et subissent le problème au quotidien est essentielle.

Car la question est compliquée. De façon assez systématique, les autorités vont proposer de rechercher des contaminants cibles dans le milieu et selon des voies de contamination qu’elles estiment possibles, afin de décider d’un niveau de dangerosité et de risque. C’est une manière de conserver le contrôle de la situation. Et on le voit bien dans ce cas-ci : les autorités nous disent que les niveaux de contamination de l’air sont tellement bas qu’ils sont inférieurs au niveau de quantification, sinon de détection.

D’ailleurs on nous explique qu’avant la qualité de l’air n’était déjà pas fameuse, et elle ne s’est pas dégradée outre mesure ! Les mesures dans le lait, les fruits, les légumes, le fourrage ne montrent pas de risque d’exposition significative, notamment à la dioxine. Pour ce qui est de l’amiante, là aussi tout est inférieur aux normes. Et de toute façon, s’il s’agissait d’une entreprise Seveso, ce n’est qu’un « petit Seveso » (sic) !

Quelques données techniques simples

L’incendie met en mouvement divers composés et transforme ce qu’il brûle. Dans ce cas-ci beaucoup d’hydrocarbures dont des aromatiques pour une partie significative.
Il y a également les contenants qui sont en général des plastiques. Puis l’environnement du bâtiment, dont une toiture faite en partie en amiante-ciment.

Dans les produits de transformation liés à la chaleur, nous devrions trouver classiquement du monoxyde de carbone, des acryliques, des fluors, des acides comme l’HCL ou l’HCN, des oxydes de soufre, des métaux, etc. Mais aussi dans les fumées, lors du refroidissement, un risque d’apparition de dioxine en quantité toujours faible.

Cependant, certaines substances comme la dioxine se concentrent dans la chaîne trophique de telle sorte que leur présence, anodine ou parfois non détectable au départ, pourraient néanmoins être préoccupante en bout de chaîne.

L’autorité fournit ici assez bien de renseignements sur son site.

On peut donc, en première approximation, estimer que nous sommes confrontés à une pollution comportant :

  • des produits brûlés dans les poussières (suies) et gaz (selon la direction du vent) ;
  • des produits imparfaitement brûlés dans les poussières (suies) et gaz (selon la direction du vent) ;
  • des produits intacts emportés par la convection de l’air (selon la direction du vent) ;
  • l’exposition à des produits, plus ou moins solubles (déterminant la distance parcourue), emportés par les eaux : on a bien montré que les habitants sont exposés aux émanations des égouts par où transitent les eaux utilisées pour éteindre un incendie.

Une situation complexe

Ceci est donc très complexe. La diversité des produits d’intoxication potentielle est importante et leur capacité d’ « immission » variée. Il y a dès lors lieu de faire des choix dans les analyses car tout ne peut pas être analysé, ce qui devrait se faire en concertation avec la population et non uniquement selon des décisions d’experts plus ou moins indépendants.

Et puis, il y a les voies de contamination. Nous respirons, nous mangeons des fruits, de la viande, buvons du lait, etc. Notre peau laisse passer certains composés. Là aussi, il existe des modèles qui permettent une estimation de risque, mais seulement une estimation soumise à la critique.

Prélèvements sur zone

Pour faire court et de façon caricaturale, mon expérience est que dans les prélèvements effectués sur le terrain, si on ne veut rien trouver, on ne trouve rien, et si on veut trouver, on trouve. Les conditions de prélèvements sont essentielles au résultat : un résultat sans le descriptif précis du prélèvement n’a pas beaucoup de valeur, même si le laboratoire est accrédité et/ou agréé.

Prenons l’exemple de l’amiante : le résultat du prélèvement peut varier selon le type de filtre utilisé, l’aspect statique ou dynamique de la pompe et le flux d’air passant par le filtre, son orientation, sa calibration, la direction de la plume (le nuage toxique provenant de l’accident) au moment du prélèvement, l’endroit et la hauteur du placement (sommes-nous dans un courant d’air ou un air stagnant, un air respiré ou en hauteur, etc.), non seulement la quantité d’air filtré mais aussi le moment et le laps de temps consacré au prélèvement : prélève-t-on pendant une minute, cinq minutes, une heure, quatre heures ?

Et je n’aborde pas les conditions de l’analyse au labo. Bref, selon les conditions du prélèvement, vous trouvez ou vous ne trouvez pas.

C’est vraiment une question d’expérience et de rigueur. Le retour d’observation des riverains chez lesquels le prélèvement a été pratiqué est souvent un bon indicateur du sérieux de la campagne de ces prélèvements. Ils ont des choses à raconter.
De façon similaire, les prélèvements de surface peuvent être interrogés.
Et ce que j’ai lu à propos de la campagne de prélèvements suite à cet incendie ne m’a pas convaincu. Cela ne veut pas dire que les choses n’aient pas été faites honnêtement et selon les règles de l’art, mais simplement que ce n’est pas suffisamment renseigné. De plus, apparemment, les premiers intéressés n’ont pas été consultés, on leur impose une vérité extérieure.

Prèlèvements corporels

Une autre méthode, rarement choisie en première intention par les autorités, parce que non maîtrisable, consiste à tout simplement examiner les niveaux de contamination à partir des fluides corporels (sang, urine, etc.) des personnes exposées.

Cela peut être utile car des actes médicaux peuvent être posés si nécessaires, mais ils sont redoutables en termes d’interprétation. La relation de cause à effet est toujours difficile à établir : lorsque des dépassements toxicologiques sont constatés, comment la personne a-t-elle été exposée ? Si dépassement il y a, la question ne peut plus être évacuée.

N’oublions pas que chacun passe en général plus de 80 % de son temps à l’intérieur, au travail ou chez soi ; nous sommes également exposés par la nourriture, les hobbies, les habitudes, le tabagisme actif et passif, les médicaments, etc. Est-ce l’événement dont nous redoutons les atteintes ou autre chose qui est la cause principale de ce qui a été observé ? Une analyse individuelle de risque est alors nécessaire et doit être bien menée.

Là aussi, il existe des guides de bonne pratique. Mais nous ne sommes pas au bout du chemin,  il reste le choix de l’analyse et l’interprétation de ce qu’on observe : il faudra tenir compte des demi-vies du composé dans les différents organes et donc rechercher un ou plusieurs composés de longue demi-vie dans le sang et/ou dans les urines ou des « proxy », en sachant que le comportement du composé peut varier d’un individu à l’autre, selon le sexe, l’âge, l’état des reins, etc.

En général, c’est décevant. Non pas que des résultats négatifs d’une exploration biologique bien menée nient définitivement l’exposition, mais parce que les chemins et les types de l’exposition humaine, les demi-vies dans les organes par lesquels le toxique transite, les voies d’excrétion et leur importance du moment, sont toujours complexes et confondus.

Crise de confiance

Alors, pouvons-nous être rassurés ? Les questions que j’ai reçues m’ont fait penser au nuage de Tchernobyl qui s’était arrêté aux frontières françaises. Sommes-nous dans le même type de communication ? Les citoyens ont le droit de se poser la question et d’essayer d’y répondre, d’autant qu’ils ont sous les yeux, dans leur nez et leur bouche, sur la peau, les fumées, la suie et les odeurs d’un incendie ; « circuler il n’y a rien à voir » passe difficilement.

L’image des expériences passées n’ayant servi à rien est persistante. La réaction quasi-pavlovienne des autorités et des responsables industriels tend généralement à minimiser immédiatement les conséquences sanitaires de ce genre d’événements, sorte de must de la communication automatique.

Procès d’intention de ma part ? Sans doute, sauf que les dégâts sociétaux apparaissent assez vite : les personnes exposées et donc concernées acquièrent rapidement la conviction qu’elles sont seules, qu’on leur cache des choses, et peut-être ont-elles raison. Est-ce vraiment cette société du vernis, de la belle et brillante coquille assez vide que nous souhaitons ?

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  • Ceux qui ont la conviction qu’on leur cache des choses ne peuvent être convaincus par la rationalité, il ont souvent la phobie du chimique alors qu’ils absorbent quotidiennement des tas de pesticides naturels avec les légumes et les fruits.
    Les habituelles ONG catastrophistes trouveront toujours une pico-dose d’une substance au nom effrayant.
    Le « mensonge du nuage de Tchernobyl » est un mythe ceci dit et la cancérologie ne montre absolument aucune anomalie dans les zones touchées par le nuage de Tchernobyl.
    https://www.lepoint.fr/societe/l-increvable-mythe-du-nuage-de-tchernobyl-03-10-2019-2339144_23.php

    • Demandez aux médecins s’il n’y a pas eu augmentation des problèmes de thyroïde dans les années qui ont suivi… On me dira que cela ne prouve pas le lien de causalité, mais tout de même devrait pousser à s’interroger.
      La vérité ne sort pas du Point, ni d’ailleurs d’aucun autre média à lui tout seul, surtout sur des sujets complexes.

    • Ce qui est un mythe d’après le Point, c’est que les autorités françaises (représentées par le fameux Pellerin) auraient affirmé que le nuage se serait arrêté à la frontière. Ce ne sont pas elles qui ont dit ça.
      La France a bien été touchée par le nuage de Tchernobyl, surtout sud et Corse, mais dans des proportions si faibles, semble-t-il, que l’impact aurait été sans dommage. On avait quand même recommandé dans regions d’éviter les cueillettes de thym, de champignons et autres produits du sol.
      On retrouvait là les mêmes ingrédients classiques de communication dont la France se fait la mauvaise championne : « circulez, y a rien à voir mais soyez très prudents quand même » ! Une injonction contradictoire qui laisse croire que l’Etat nous ment.

    • dans certaines régions

  • claude henry de chasne
    15 octobre 2019 at 7 h 18 min

    la question est plus simple… pourquoi maintenir des industrie seveso a proximité de villes très peuplées alors qu’il existe des zones non occupées en france

    • Sans doute pour ….avoir du personnel ..la campagne , c’est bon l’ete mais pas trop longtemps..

    • histoire et les population se concentrent autour des centres de travail.. et imaginez que vous soyez une personne qui se pose la question de déplacer une usine…en france…ou pas…

      • claude henry de chasne
        15 octobre 2019 at 7 h 56 min

        un jour il faudra comprendre qu’internet çà existe

        • Il faudra aussi comprendre qu’on ne peut faire par internet qu’un nombre très limité de boulots, que les déplacements quotidiens domicile-boulot sont vite bien longs, et que laisser ses enfants seuls devant internet à la maison pour aller travailler loin, ça ne pèse pas lourd devant habiter à quelques centaines de mètres de son boulot.

          • claude henry de chasne
            15 octobre 2019 at 10 h 02 min

            Déjà 90% des fonctionnaires pourraient travailler de chez eux a pondre des formulaires..
            Combien de gens habitent a 400m de leur boulot en ville?
            et en ce qui concerne le trajet travail domicile , il serait judicieux de le calculer en temps plutôt qu’en kilomètres..
            vu que dans certaines villes on peut mettre 1h a faire 5 kilomètres et a la campagne çà coûte 10 minutes de fonctionnement automobile

            • Bien des fonctionnaires pourraient rester chez eux, et de grâce, ne pas pondre de formulaires ni recevoir de traitement !
              C’est vrai qu’il faudrait calculer en temps, mais on retombe toujours sur la même chose : là où il y a un centre industriel, il y a des travailleurs qui vont vouloir domicile et commodités à proximité, donc urbaniser. Quel que soient les risques, parce que les choix de la vie courante prennent le pas sur des risques faibles, qu’on cherche à réduire, et qui de toute façon remettraient tout en cause s’ils se réalisaient.

    • Si j’ai bien compris les explications sur le sujet, ce sont les villes qui ce sont agrandies et sont arrivées à entourer ces lieux. Certes, c’est un argument assez pauvre (car il aurait fallu anticiper), mais cela peut expliquer cela.

    • Quand on construit des zones d’activités loin des villes, on gèle de bonnes terres et ça donne des NDDL et des ZAD !
      Par analogie avec Nantes qui voulait bien son aéroport mais de préférence chez les autres, je considère que les usines sont là où elles doivent être : en zone urbaine ou peri-urbaine. Les habitants des villes bénéficient de l’avantage de cette proximité au niveau économique, il est donc normal qu’ils en récupèrent aussi de temps en temps les inconvénients !

    • En cause, effectivement, la politique de métropolisation de la France qui au lieu de faciliter l’essor des villes petites et moyennes renforce démographiquement celles déjà trop peuplées.

    • Construire ou reconstruire les usines à la campagne? Excellente idée… Mais, outre les objections déjà émises par d’autres commentateurs, il faut constater qu’il y a toujours des opposants qui trouvent tout prétexte de défense de telle ou telle bestiole ou plante protégée, tel ou tel risque de pollution de ruisseau ou de nappe d’eau, pour s’y opposer. Même construire un bâtiment d’élevage, porcherie ou autre, loin des habitations devient quasi impossible!

    • ces usine étaient isolées lors de leur construction, c’est la ville qui est venu autour.
      Qui va payer le déménagement? la construction de la nouvelle usine? sachant que l’emplacement restant ne sera probablement jamais vendu.
      Autre problème, ces usines ne peuvent pas être hors de tout les circuits d’approvisionnement et de fourniture (matière première, électricité, gaz…)
      Enfin cela fait longtemps que plus personne ne construit de site industriel classé en France parce que personne n’en veut et que les normes associé sont si touffu que le cout de construction est prohibitif, détruisant dès le départ toute notion de rentabilité.

  • on sait p

    • pourquoi les gens ne savent pas dire on ne sait pas..on se demande bien d’ailleurs ce qu’on peut faire pour ce qui a éventuellement respiré..
      reste les contaminations..

      les responsables dépensent une partie de leur énergie à « prouver » que ils ne sont pas responsables…

      si vous ne voulez pas d’accidents dans des usines chimiques..supprimez les usines chimiques…

      la seule chose qu’on peut éventuellement reprocher à une personne est d’avoir dit que les risques sont nuls..

      Tout le monde SAIT qu’une usine seveso présente un risque, l’accident est inévitable à terme…et les conséquences essentiellement imprévisibles dans le détail.
      QUI ACCEPTE UNE USINE SEVESO ACCEPTE LES VICTIMES… QUI ACCPET UNE ROUTE ACCEPTE LES ACCIDENTS DE LA ROUTE…
      le débat ne peut porter pour le propriétaire que sur le respect des règles de sécurité.

      Nous assistons donc à une tragi comedie humaine…avec mouvement de menton et froncement de sourcil..

      si il n’y a aucun aux règles de sécurité imputable aux propriétaires de l’usine e qui n’a pas exigé auparavant la fermeture des usines seveso en france..n’est pas en position de se plaindre ..

      l’acceptation de l’usine va de pair avec la probabilité non nulle d’accident..

      comme la fermeture des usines seveso en france n’est pas souhaitée par la population..on prendra des mesures après coup.. parfois inutiles ..ou vaines car incapables de réduire à zéro le risque d’accident et de victimes…

      et les victimes seront ce qu’elles sont…

      Avec un cynisme que je sais intolérable je dirais, je vois peu de parents dont les enfants sont morts sur la route exiger la fin de la circulation routière… on voit cela comme une fatalité…m^me les parents continuent de prendre leur voiture..car il faut vivre..
      qu’est ce qui est différent avec une usine?
      ayons donc le débat..dois on fermer les usines seveso?
      a combien chiffrons nous ce risque?

      • en comme classe ton les usines seveso dans ces choses dont on peut se passer…

      • Il y a des procédures strictes d’alerte à respecter en cas d’incendie, il semblerait qu’elles ne l’aient pas été.

      • Il ne s’agit pas de classer les risques, mais de les réduire et de les gérer intelligemment. Cet « intelligemment » est difficilement compatible avec les méthodes de gestion des populations concernées, et guère plus avec les habitudes des dirigeants politiques. Ce qu’il faut éviter, ce sont les dirigeants soviétiques demandant des essais déraisonnables comme les actes insensés de provocation de voyous. C’est là que résident l’essentiel des risques aujourd’hui, pas dans l’exploitation normale. Alors, comment procéder ?

        • là je ne suis pas d’accord avec la formulation..

          personne ne peut avancer qu’il ne faille pas gérer le risque intelligemment.. et je ne pense pas qu’on puisse donner une définition claire ou une procédure claire pour le faire…

          ce qui choque est l’idée que les industriels n’en ont jamais rein à foutre et ne pensent qu’au profit…

          il y aura TOUJOURS des accidents industriel ce que je ne veux pas c’est le lynchage systématique des industriels en cas d’accidents..

          on a des procédures qui ne sont pas parfaites, perfectibles, les industriels ne doivent être jugés que sur cette base …ils ont respectés les règles ou pas…car des règles il y en a et la sécurité ils y pensent dans la grande généralité..
          la petite bête dit que les règles relatives aux incendie n’ont pas été respectée..sanction si c’est le cas..

          on ne peut pas continuer à avoir une société de lynchage..

          s

          • La fiabilité est quasiment une science, et sa traduction dans les règles se passe bien quand elle est faite par une profession, et mal quand elle est faite par l’Etat. La gestion intelligente assure la séparation entre certification et assurance. L’obligation étatique se limite à être assuré, et l’assureur prend les précautions qu’il faut pour ne pas faire faillite en cas d’accident. Donc tous ont intérêt à réduire le risque, et plus personne ne peut affirmer ce qui vous choque (à juste titre), que le profit et le risque seraient antagonistes. En revanche, l’état se moque de réduire les risques, il veut simplement ne pas apparaître comme n’ayant pas fait « tout » pour éviter l’accident et ses conséquences. Et le meilleur moyen de s’innocenter est de prendre des protections excessives et de faire des procès d’intention aux industriels et d’organiser leur lynchage.

            • la encore tout est dans le quasiment..mais on peut se contenter de dire que dans le secteur privé la compétence est reconnue..pas en politique.
              donc en général les industriels et les ingénieurs savent faire quand on leur précise les objectifs.

              • le piège est de tomber dans l’illusion du zéro risque …et c’est surtout le fait des politiques..

                les ingénieurs vont analyser l’accident… et prendront des mesures..
                les politiques vont remuer les bras prendre des décisions stupides et dire grâce à moi c’est fini..plus jamais ça…

                les écologiste diront il faut fermer les usines chimiques..et parleront de scandale sanitaire avant d’avoir vu une seule victime hors peut être asthmatique ou insuffisant respiratoire.. gageons que nous aurons au moins 20 000 personnes dont l’espérance de vie sera diminuée de 1 mois et quatre jours..

                les gens sensés diront on fermera les usines seveso quand le bénéfice des produits chimiques ne compensera pas les risques..

              • Oui, tout est dans le « quasiment » et dans les objectifs que se donnent les acteurs privés ou qu’on leur impose. Le « quasiment » correspond dans mon intention au fait que n’étant pas reconnue en tant que telle, la fiabilité rassemble des sciences différentes parmi lesquelles peuvent se glisser des impostures. Les objectifs se définissent d’eux-mêmes, ils conduisent à des progrès inégalables en sécurité … si on laisse la responsabilité aux acteurs. Il faut être conscient qu’industriels et ingénieurs ont d’eux-mêmes la motivation et le discernement pour améliorer les choses, si l’état se contente de contrôler que les responsabilités sont bien assumées. Mais nos états n’ont pas du tout l’intention d’en rester à ce niveau.

  • Comme toujours ,en cas de catastrophe les mediocres nous montrent vite leur incompetence…interdire le lait pour ca , faut vraiment avoir un petit pois dans la tete !

    • Mais il y a pire !
      L’interdiction du lait vient d’être levée ce lundi. Par contre pommes de terre et betteraves sont toujours sous embargo alors que pour des tubercules et des racines qui sont en terre, donc hors contact avec la pollution, celui ci n’est toujours pas levé !

  • « Comment déterminer le risque sur la santé d’un individu potentiellement exposé à un mélange de toxiques ? »

    Formuler ainsi la question ferme pratiquement la porte à la possibilité de trouver une réponse! On arrive à peine à mesurer le risque dans les cas les plus directs de relation de cause à effet. Lorsqu’il n’y a pas de relation de cause à effet connue, lorsque le mot « santé » n’est pas défini (s’agit-il d’absence de cancer , de grippe ou de perturbation endocrinienne), lorsque l’exposition est potentielle (sic!) : je ne vois pas comment on peut répondre de manière sérieuse à cette question.
    Mettre les usines dangereuses à la campagne? Cela veut dit détruire une zone naturelle, rapprocher les risques de nuisance des zones où sont produites les denrées alimentaires. Cela veut dire développement ultérieur d’agglomérations autour,comme se sont créées toutes les villes du monde.
    La pollution par les fumées se propage loin du point de l’émission ; d’aucuns ont demandé si les nuages avaient atteint la Belgique!
    Je pense tout simplement que les autorités et les responsables de l’usine auraient du simplement se concerter et de demander d’abord aux populations de bien laver les légumes jusqu’à la prochaine pluie, avant de les consommer. La décision de rejeter les productions de lait dans les champs devait être basée sur une analyse des principaux polluants connus. On n’a pas eu de communication à ce sujet.
    Comme l’ont rappelé plusieurs commentateurs, le simple fait de classer « Seveso » implique que les risques sont connus et acceptés. Il semble que l’ignorance domine, surtout chez les responsables publics.

    • si on ne veut pas être angoissé.on relativise….notez une chose EN GROS 5000 tonnes d’hydrocarbure on plus ou mal brulé.. produit donc des suies et des substance organiques complexes..je ne suis pas chimiste..
      combien de suies émet la ville de rouen en hiver avec le chauffage par exemple?

      pourquoi y aurait il un impact différent de la pollution normale urbaine type anticyclone hivernal?

      bon bien sur la réponse juste est pourtant..on ne sait pas..angoissez si vous voulez prenez les précautions que vous voulez..

  • A ce qu’il me semble, personne n’a pu voir le résultat des enquêtes/tests effectués après la catastrophe d’AZF à Toulouse. Ni ceux d’Achères, cette année, qui a précédé Rouen. Et pas grand-chose, à part par des associations locales, sur les résidus radioactifs des retombées de Tchernobyl, en particulier dans l’Est et le Sud-Est.
    Donc ce n’est même pas de ne pas trouver en cherchant mal mais de ne pas chercher du tout.

  • Franchement, cet article n’apporte pas grand chose ! Je suis de plus très surpris de voir que l’auteur continue d’entretenir le mythe du nuage de Tchernobyl. La communication des autorités a été comme d’habitude maladroite, mais le mythe du nuage qui s’est arrêté à la frontière a été l’œuvre des activistes anti nucléaires de l’époque, comme Noël Mamère.

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