Hommage à István Markó (1956-2017)

L’hommage de Drieu Godefridi à István Markó, esprit libre et grand scientifique qui s’est attaché à donner ses titres de noblesse à la science du climat.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
István Markó

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Hommage à István Markó (1956-2017)

Publié le 1 août 2017
- A +

Par Drieu Godefridi.

István Markó était une force de la nature, un être gargantuesque à l’appétit féroce. Mangeur de viande, mangeur de science, mangeur de projets, mangeur d’amitié. C’est une personne que l’on ne pouvait pas côtoyer sans éprouver une sorte de joie de vivre, tant son humeur volontiers guillerette contrastait avec son physique de bête humaine.

Il savait alterner les considérations les plus légères, mêlées d’anecdotes tirées de sa formidable carrière académique, avec des jugements plus sombres sur l’état de la science, tout en tirant parti de chaque opportunité pour aider son interlocuteur ignare en science — moi, par exemple — à comprendre le fonctionnement de la nature.

De la chimie à la science du climat

Extirpé de l’horreur communiste par ses parents hongrois alors qu’il n’avait pas un an, István — il tenait à l’accent — entame de brillantes études qui le menèrent au firmament de son art, la chimie organique. Quand je fis sa connaissance, il y a une dizaine d’années, Istvan avait commencé de s’intéresser à la science du climat.

Il était, c’est le moins que l’on puisse dire, peiné par la prise de pouvoir politique dans ce qui aurait dû, à ses yeux, rester l’un des royaumes de la science. Aussi vrai que, de prime abord, on ne voit pas trop ce que le politique vient fabriquer dans la science du climat.

C’était oublier que le politique possède cette formidable plasticité — qui n’est pas sans évoquer l’art contemporain — qui lui permet d’investir chaque jour de nouveaux domaines, y compris ceux qui lui sont le plus étrangers, par exemple pour trouver de nouvelles sources de légitimité.

Contre la politique dans le domaine de la science

De ce point de vue, la science fait évidemment un candidat extrêmement séduisant : quoi de plus noble, en effet, qu’une politique qui se justifie du beau nom de la science ?

Sauf, bien sûr, lorsque cette science finit elle-même frelatée par le politique, ne concluant que ce que le politique voulait entendre. Ce qui était la conviction, non seulement intime mais factuelle, du professeur István Markó.

Après qu’il l’eut compris, István n’eut de cesse de combattre cette prise de pouvoir du politique en science, dont il lui semblait que la science avait tout à perdre.

Un combat sans haine

C’est dans ce combat que j’ai eu l’honneur d’accompagner Istvan durant toutes ces années. Combien de textes, combien de mails ne nous sommes-nous pas échangés, moi polissant son style, lui s’amusant de mon incapacité à calculer correctement un pourcentage.

J’ai été impressionné et séduit par la capacité d’Istvan à ferrailler sans relâche, mais sans haine ; et à ne se dérober à aucun débat ni défi, quand ses adversaires refusaient volontiers la confrontation d’arguments rationnels.

Spectacle inoubliable que celui de ce plateau de la RTBF (service public belge) qui voulait un débat entre István et l’alors vice-président du GIEC — groupe d’experts onusiens sur le climat — van Ypersele. István était en plateau, attendant van Ypersele ; mais van Ypersele ne vint pas, se réfugiant dans la coulisse.

István Markó était l’une de ces fortes personnalités vibrantes d’intelligence, toujours en projet, que détestent les régimes autoritaires et les médiocres, comme Margaret Thatcher le diagnostiquait si justement dans ses Mémoires.

Un Gargantua génial, qui ne s’en laissait pas compter ; un serviteur impeccable et inlassable de la science dans ce qu’elle a de plus beau, de civilisationnel ; un homme extraordinaire.

Il nous manquera cruellement, mais ses idéaux de liberté et de raison sont immortels. En les servant, sans faillir et sans désemparer, nous rendons hommage à la mémoire du grand István Markó.

 

 

 

Voir les commentaires (4)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (4)
  • Mourir si jeune, quel malheur pour l’humanité de perdre un grand scientifique!

  • J’aimerais transmettre à sa famille un peu du réconfort qu’il m’a donné. Le remercier encore et l’admirer, bien sûr.
    Condoléance.

  • Dans cette conférence, il était au sommet de son art. Orateur exceptionnel, fin pédagogue à l’ humour très subtil. C’est effectivement une grande perte pour l’humanité et pour le combat de la vérité scientifique contre les mensonges éhontés du giec et de ses thuriféraires.

  • C’est une grande perte pour la science, pour l’éthique scientifique, pour la recherche de la vérité et la lutte contre l’idéologie onusienne destructrice, pour nous autres climato-réalistes, et pour ses proches.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
pesticides
1
Sauvegarder cet article

https://twitter.com/INRAE_France/status/1522237719799382018

 

L'Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement (INRAE) et l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (IFREMER) ont organisé une conférence de presse – à moins que ce ne fut un « colloque de restitution » d'à peine une demi-journée – le 5 mai 2022 pour présenter les principales conclusions de leur expertise scientifique collective relative à l’impact des produits phytopharmaceutiques (« pesticides ») sur ... Poursuivre la lecture

La campagne de vaccination impérative visant à réduire la transmission du virus a un petit défaut, en sus d’avoir un peu piétiné droits et libertés de se déplacer, prendre un café, ou travailler : elle s’appuie sur des bases médicales très minces.

"Je me vaccine pour ne pas contaminer papy." "Les réfractaires sont des monstres, des bombes ambulantes, des fumiers, voire, pire, des anti-Science."

Tel est, depuis l'homologation des vaccins contre le Covid il y a treize mois, le message martelé dans la plupart des pays occidentaux, ... Poursuivre la lecture

crise sanitaire fin servitude volontaire covid pouvoir
1
Sauvegarder cet article

À l’aube de cette année 2022, les temps sont plus que jamais incertains. L’ambiance générale est morose, et le pays peine à retrouver ses repères mis à mal par une crise sanitaire qui n’en finit pas. Sur fond de désenchantement, pourtant, jamais les clivages suscités par les évènements et exprimés tant sur la scène publique que dans le domaine privé, ne l’ont été avec autant de violence sinon de haine.

Excès de toutes sortes voire même déraison ont envahi les lieux d’information, favorisant une dérive des esprits abreuvés quotidienneme... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles