Il faut rallumer la confiance des Français dans l’innovation scientifique

Les Français doutent des bénéfices de l’innovation et du progrès : il est temps que cela change.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Frankenstein by Björn Daniel Weissberg(CC BY-ND 2.0)

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Il faut rallumer la confiance des Français dans l’innovation scientifique

Publié le 2 septembre 2019
- A +

Par Bill Wirtz.

Une étude récente a démontré que les Français sont parmi les plus sceptiques envers les innovations scientifiques et technologiques. Un fait qui a des conséquences sérieuses sur la performance économique, le commerce international et le débat public.

L’étude Fondapol du 19 mai 2019 montre que les Français sont les moins convaincus par l’avantage des innovations. Dans une autre étude Wellcome Global Monitor de 2018, 55 % des Français pensent que la science et la technologie sont dangereux pour l’emploi.

Le scepticisme des Français n’est pas dirigé contre la nouvelle fusée de SpaceX, mais à la fois contre l’automatisation, le développement de l’Intelligence Artificielle ainsi que les innovations agricoles. Vu la croissance démographique mondiale, trouver des solutions pour nourrir la population est pourtant indispensable.

Beaucoup d’ONG et de politiques s’opposent aux néonicotinoïdes, au glyphosate (qu’il est déjà impossible d’acheter en France pour les particuliers, et bientôt pour les professionnels) et aux cultures génétiquement modifiées. Bien souvent, le discours montre un manque flagrant d’information et une certaine nostalgie pour un bon vieux temps fantasmé, d’avant le développement de l’agriculture intensive.

On a tendance à oublier le fait que cette agriculture intensive a éliminé la mortalité infantile par sous-nutrition et qu’elle a enrichi les classes les moins favorisées tout en permettant de réduire graduellement les heures de travail de 60 à 50 heures par semaine.

La plupart de ces avancées technologiques agricoles sont pourtant sans danger pour l’Homme. Des études nombreuses, dont celles à long terme et avec des milliers de participants, nous l’expliquent depuis longtemps.

L’existence de plusieurs labels, dont les labels bio bien connus et ceux qui indiquent qu’un produit est non-OGM, donne même la possibilité aux consommateurs de choisir de ne pas consommer certains produits. Mais pour les activistes anti-science qui préfèrent tout interdire, ce n’est pas assez.

Risques et dangers, une nuance importante

Au niveau du commerce international, cela pose également un sérieux problème. Seize pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dont les États-Unis, critiquent les pratiques de l’Union européenne dans le domaine de l’agriculture.

Le reproche porte principalement sur l’approche particulière de l’UE, qui consiste non pas à porter ses interdictions sur les risques mais à adopter une approche hazard-based (basée sur les dangers). La différence est notable : le danger (hazard) doit être quantifié par le risque (risk), donc sur le degré d’exposition au danger.

Nous savons par exemple que le glyphosate présent dans la bière est mauvais pour la santé… si nous en buvons 1000 litres par jour. Le danger est présent mais le risque d’y être exposé est absolument nul. C’est donc une histoire d’excès, pas de risque inhérent.

La poursuite de l’Union européenne et de la France pour la suppression de tout danger est utopique. Si cette politique du risque zéro est maintenue, l’Europe signe un arrêt net de son développement technologique. Les effets sont déjà très visibles actuellement.

Il est important de remarquer que parmi les pays signataires de cet appel à l’OMC contre ce genre de politique, il y a également des pays du Mercosur (Amérique du Sud), qui essaient de ratifier un traité de libre-échange avec l’Union européenne.

Les 16 pays signataires affirment que :

« Le choix de nos agriculteurs en matière de technologie est de plus en plus réduit par des obstacles réglementaires qui ne sont pas fondés sur des principes d’analyse des risques convenus à l’échelle internationale et qui ne tiennent pas compte d’autres approches pour atteindre les objectifs réglementaires. »

Les disputes au niveau de l’OMC vont continuer et s’éterniser, surtout si l’Union européenne et ses pays membres continuent de restreindre ces innovations agricoles.

Il est temps de se réconcilier avec le progrès scientifique et technologique

Il faudrait rallumer la confiance des Français envers l’innovation… et particulièrement l’innovation agricole. Cela signifie également d’avoir le courage d’affronter des activistes anti-science qui vont toujours argumenter avec véhémence contre chaque innovation.

Les technologies du génie génétique peuvent pourtant avoir un impact énorme sur la réduction du nombre de décès dus à des maladies telles que la dengue, la fièvre jaune et le virus Zika. Il est peu probable que les citoyens français soient prêts à accepter la prolifération de telles maladies juste pour plaire aux écologistes.

Pendant que la Chine, l’Inde, le Brésil ou les États-Unis innovent dans ce domaine, l’Europe ne peut pas se permettre de s’enfermer dans un conservatisme restrictif. Dans le domaine du nucléaire, ou dans celui de l’aviation avec Airbus, la France a su montrer que le mot « innovation » s’écrit également en français.

Croire au progrès scientifique et technologique est un acte humaniste mais aussi un premier pas vers le succès.

Pour plus d’informations, c’est ici.

Voir les commentaires (16)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (16)
  • Quelqu’un a t il calculé le moment où l’europe subira une penurie alimentaire si elle continue a empecher le progres de son agriculture puisque en parallele elle interdit les importations non conformes a sa reglementation et encourage l’immigration massive pour augmenter sa population ?

  • Les français pensent ce que les médias leur déversent tous les jours a la television..
    Les Français ont peur de leur ombre , et çà ne date pas d’hier

    • La peur est une méthode de gouvernement, elle permet de dominer les esprits. Le problème, c’est que le manque de confiance en l’avenir devient une seconde nature.
      Quand les politiciens induisent la panique sur le climat et qu’ensuite, ils viennent se plaindre que certains partis instrumentalisent les peurs, se rendent-ils compte de leur responsabilité?

  • ma foi…non…
    « les français » ont le droit d’etre stupides..craintif ou ignorants..
    j’aimerais par contre que la diffamation cesse.
    je n’ai aucun problème de principe à ce que l ‘ue se saborde en s’imposant des lois absurdes, j’ai un problèmes avec les raisons données pour mettre en place ces lois..
    je vais accepter l’obligation vaccinale , les limitations de vitesses toussa…mais discuter ferme en rappelant qu’il s’agit avant tout de considérations arbitraires.

    si une personne me dit qu’elle ne mange que du bio, je dis grand bien vous fasse..si elle me dit qu’elle le fait pour sa santé..je ne peux pas m’empêcher de lui dire qu’alors il est possible qu’elle se trompe et que en outre elle diffame le non bio…

    vous faites le pas ( constructiviste) de trop…au moins dans le titre..

    on a laissé passer le principe de précaution énième avatar de la déconstruction du langage..
    le principe de précaution n’est pas le principe de prendre des précautions…

  • Déclin est pourtant un mot bien français, chéri par les écolos-bobos-socialos :mrgreen:

    • Le mot ‘déclin’, pour moi représente le coucher de soleil, la baisse de température, une phase de la lune, une étape naturelle d’un cycle.

      Pour notre société, je préfère le mot ‘dé-civilisation’

      Le retour à la barbarie…

    • Et l’Europe est déjà en déclin, comme le montre le fait qu’il n’y a aucun équivalent des GAFA en Europe.

  • Il faut rallumer la confiance des Français dans l’innovation scientifique au bénéfice d’un état prédateur, inconséquent, gaspilleur, favorisant les copains coquins, qui ne jure que par le socialisme über alles, dont la culture est précisément a-scientifique et a-technologique (y compris a-industriellle et a-agronomique) qui ne jure que par la gadgetocratie et porte aux nue le gfsyelgu (je ne me souvient plus du sigle). Rien dans le comportement de cet état nous rappelle la liberté d’entreprendre, de considérer les forces productives en tant que moteur et non taillables et corvéables à merci, cet état qui toise du haut de son plus profond mépris ceux qui remuent le cambouis ou la bouse de vache, cet état ne risque pas de mériter la confiance de ses citoyens avant longtemps.

  • Le GIEC est l’organisme purement politique qui rejette la consultation et la compétence de tout chercheur scientifique par tout organisme de décision politique. Il n’obéit qu’à Greenpeace dont Mitterrand a tenté vainement de faire détruire le bateau à la bombe! Ce rejet de la science par le GIEC date de 1992 et est concrétisé par l’Appel d’Heidelberg, à l’occasion du Congrès de Rio; voir l’article de Wikipédia. 4000 scientifiques, dont 72 prix Nobel, y avait prévu 19 ans à l’avance, le mouvement de révolte sociale des gilets jaunes. Mouvement qui devrait reprendre à la suite des erreurs et mensonges et rejet de l’électricité nucléaire qui a déjà sauvé 2 millions de vies de travailleurs. Énergie à laquelle les Chinois font faire des progrès considérables pour servir notamment à de moteurs pour voyager dans l’espace…

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Une greffe du rein d'un porc génétiquement modifié, mais pour un seul caractère, m'a donné envie de musarder et de faire remonter des expériences du passé. Le site Freethink a publié une information extraordinaire (en français sur mon blog).

 

Une assistance cardiaque mécanique, puis une greffe de rein et de thymus de porc

Mme Lisa Pisano était dans une situation que les anglophones appellent un catch 22. Elle souffrait d'insuffisance cardiaque, et ne pouvait pas bénéficier d'une transplantation parce qu'elle était sous dia... Poursuivre la lecture

Il y a 120 ans, par une froide matinée d’hiver, les frères Wright font décoller l’avion sur lequel ils travaillent depuis des mois. C’est une machine très complexe à piloter. Ce jour-là, ils réussissent à effectuer quatre vols de seulement 30 à 260 mètres qui se terminent chaque fois assez brutalement. Mais la boîte de Pandore est ouverte.

On peut tirer au moins cinq leçons de cet épisode.

 

Il est difficile d’estimer la portée d’une invention sur le long terme

Le 17 décembre 1903, personne n’imagine ce que d... Poursuivre la lecture

Sommes-nous heureux ? Qu’allons-nous devenir ? Pourquoi j’existe ?

Des questions bien trop nébuleuses pour le penseur de l’économie, des questions qu’il préférera résumer en une seule : quel PIB par habitant ? Un indicateur critiquable, mais quantifiable.

Le PIB par habitant reste l’indicateur le plus utilisé pour évaluer nos progrès, notre rang, notre niveau de vie. Or, c’est justement sa mesure qui inquiète aujourd’hui. Le PIB par habitant croît toujours, mais de moins en moins vite, et l’horizon pourrait s’assombrir davantage... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles