Non, ce n’était pas mieux avant, de Johan Norberg

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Non, ce n’était pas mieux avant, de Johan Norberg

Publié le 1 août 2017
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Par Johan Rivalland.

Un article tout récent de Patrick Aulnas sur le déclinisme, qui a beaucoup fait couler d’encre, montre les multiples raisons que l’on a de penser (et de constater) que le monde va « mieux » (certains commentateurs ont fait mine de lire « bien »).

Dans un ouvrage paru en mai dernier, l’écrivain, journaliste et conférencier suédois Johan Norberg, va dans le même sens et justifie à travers une argumentation convaincante et étayée par de nombreux éléments factuels, que l’on a toutes les raisons de penser qu’en effet le monde va mieux.

Même si rien n’est jamais parfait et que l’on aimerait bien entendu qu’il continue d’aller mieux encore.

L’influence trompeuse de l’information en continu

Dès le titre de l’introduction, la couleur est annoncée (à l’instar de la vive couleur jaune du livre) : « Le bon vieux temps, c’est maintenant ». Bien plus évocateur, optimiste et factuel qu’un certain slogan de campagne au goût désormais amer qui sonnait un peu pareil, sans que l’on ait pu constater la validité de sa promesse.

À force d’avoir l’œil rivé sur l’information en continu et les mauvaises nouvelles ou catastrophes en tout genre, nous dit à juste titre Johan Norberg, on en oublie, comme y insiste également Mathieu Laine dans sa préface, tous les bienfaits et les progrès considérables dont le monde a bénéficié, et de manière accélérée au cours de ces deux derniers siècles (voir aussi le fondamental La prospérité de masse d’Edmund Phelps, présenté ici récemment).

L’esprit humain a, en effet, cette tendance naturelle à amplifier ce qui ne va pas plutôt qu’à voir ce qui va bien. Et donc à s’enfermer dans une sorte de pessimisme ou de nostalgie qui l’amène à développer une certaine myopie à l’égard du quotidien.

Des progrès spectaculaires et indéniables

Comment, pourtant, ne pas voir que sur de nombreux plans, et nonobstant bien sûr les accidents de parcours inévitables et heurts permanents de l’histoire, les progrès sont spectaculaires ?

Sans nier, bien évidemment, les situations malheureuses qui perdurent hélas ici et là et en nombre toujours trop important, les faits sont là, et personne ne peut les contester :

– Recul spectaculaire de la sous-alimentation,

– Progrès extraordinaires dans l’hygiène et l’assainissement de l’eau,

– Une espérance de vie qui a prodigieusement progressé (plus que doublé au cours des deux derniers siècles),

– Une pauvreté en recul permanent (quoi qu’en disent ceux qui refusent de regarder la réalité des faits au niveau historique et planétaire),

– Une intensité des violences et des guerres en nombre considérablement moins grand qu’auparavant (et quelles que puissent être, encore une fois, notre sentiment en fréquentant à longueur de journées nos médias),

– Des taux de pollution qui n’ont plus rien à voir avec ce que l’on a connu dans le passé (n’en déplaise à nos écolos en tous genres),

– Un analphabétisme en chute libre,

– Un progrès indéniable des libertés (même si l’esclavage existe hélas encore),

– Une plus grande égalité (que l’on n’oublie pas toutes les avancées en matière de droits des femmes, des enfants, des homosexuels, etc., même si là encore on peut déplorer que de trop nombreux droits sont encore bafoués et inégalités constatées),

– et de nombreux autres progrès encore pour l’humanité, répertoriés par Johan Norberg, mais que je ne développe pas ici, vous renvoyant à l’ouvrage pour en découvrir les détails.

Un syndrome bien répandu…

Or, nous devons bien convenir que, à un titre ou à un autre, nous sommes tous plus ou moins touchés par ce type de syndrome qui veut que nous pensions que, sur tel ou tel plan, c’était mieux avant.

Même Johan Norberg, l’auteur, reconnait que lui-même a longtemps partagé cet état d’esprit, avant de prendre conscience, en se plongeant dans l’histoire, de l’intensité prodigieuse des progrès accomplis en de nombreux domaines.

 

Je rêvais d’une société qui nous aurait ramené quelques siècles en arrière, d’une société en harmonie avec la nature. Je n’avais pas réfléchi à la manière dont les gens vivaient réellement avant la révolution industrielle, sans médicaments ni antibiotiques, sans eau potable, sans nourriture en quantité suffisante, sans électricité ni système sanitaire. J’espérais plutôt cette vie comme une excursion à la campagne.
Un des pays sur lesquels je me suis concentré voyait sa population souffrir de sous-alimentation chronique : par rapport à la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne, il était plus pauvre, avait une espérance de vie moindre et une mortalité infantile supérieure. Ce pays, c’était la Suède de mes ancêtres, il y a cent cinquante ans. La vérité, si nous voulions remonter dans le passé, c’est que le bon vieux temps était épouvantable.

Des bienfaits bien réels, mais fragiles

D’où les bienfaits, pourtant si contestés aujourd’hui, du libéralisme, de la révolution industrielle, puis des avancées technologiques, ou encore de la mondialisation, dont Johan Norberg avait déjà eu l’occasion de montrer de manière très convaincante les côtés nettement positifs dans un ouvrage précédent que nous avions déjà présenté ici-même, et toujours en se référant à des éléments factuels et statistiques tout à fait officiels.

Ce qui ne l’empêche pas de mettre en garde contre la fragilité de ces mécanismes, tant leurs ennemis (terrorisme, conservatismes, protectionnisme, anti-mondialisme, etc.) sont nombreux et risquent de mettre à mal toutes ces évolutions spontanées issues de millions d’initiatives qui ont eu pour ressort essentiel la liberté.

L’ouvrage de Johan Norberg regorge de faits, de narrations, d’anecdotes et de statistiques incontestables, tous plus évocateurs et significatifs les uns que les autres.

Un ouvrage une nouvelle fois fondamental, à même de nous réconcilier avec notre présent et poser les bases d’une détermination intacte à vouloir continuer à construire positivement l’avenir, en mesurant plus que jamais le caractère impérieux de la défense des libertés, pour le bien du plus grand nombre.

Johan Norberg, Non, ce nétait pas mieux avant, Plon, mai 2017, 272 pages.

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  • Merci Keynes !

  • je regrette seulement que les avancées technologiques est pu permettre le fabrication d’armes de destructions massives ; nous avons de quoi faire péter 100 fois la planête sachant que de telles armes sont entres les mains d’individus dont les tares ne sont plus à démontrer ;

    • La folie humaine n’a pas besoin de technologie avancée : déjà sous les Tang et avec les moyens de l’époque, la révolte d’An Lushan pourrait avoir supprimé dans les 10% de la population du globe. Donc il faut faire attention à ne pas refuser les progrès technologiques au prétexte que certains essaieront de les employer à des fins criminelles, mais simplement soutenir et renforcer le pouvoir de ceux qui les utiliseront pour le bien.

    • En fait la perméabilité des armes (leur circulation) ce n’est pas si mal que ça, ça met à l’abri de la tentation totalitaire : quand vous savez que votre ennemi peut vous en renvoyer autant sur la gueule que vous… vous réfléchissez avant.
      N’oubliez pas que la première mesure prise dans les états totalitaires est de supprimer les armes.

    • Quand les japonais ont supprimé 18 millions de chinois il n’y avait pas d’arbres de destruction massive. Idem pour les Khmers.

  • Notre monde présent est mieux que le monde passé.
    Le monde futur, personne ne le connaît, il sera simplement ce que nous en ferons.
    Si les totalitaires prennent le pouvoir et nous interdisent de plus en plus d’actions, nous reviendrons vers le passé. Sinon, le progrès est inévitable.

  • Comme quoi, Hollande avait raison : « ça va mieux » !

    —-> []

  • Si le progrès est indéniable, continuera-t-il dans le futur, je vous invite à une présentation sur le futur des ressources minérales.

  • Les commentaires sont fermés.

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