Retraites (3) : comment manipuler les chiffres

Troisième partie de notre volet consacré à l’analyse de la réforme des retraites. Aujourd’hui : comment manipuler les chiffres.

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Retraites (3) : comment manipuler les chiffres

Publié le 21 août 2019
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Par Gérard Maudrux.

La réforme des retraites proposée, à recettes identiques, promet un résultat magique où tout le monde gagne. Le taux de remplacement passe pour beaucoup de 50 à 70 % ; les fonctionnaires et régimes spéciaux voient leur cotisation passer de 75 à 28 % et toucheront également plus. Pour mieux comprendre ce qui peut se cacher derrière une bonne présentation, voici quelques trucs pour manipuler les chiffres.

Premier exemple : prendre les chiffres à l’endroit ou à l’envers, comme cela nous arrange. Je l’ai pratiqué pendant longtemps pour la compensation nationale. Chez les libéraux, quand on encaisse 100 dans le régime de base, on reverse 37,5 au titre de la compensation. Première présentation, celle des autorités : la compensation représente 37,5 % de la cotisation. Je présente cela autrement : quand je verse 62,5 à mes retraités, je verse 37,5 aux autres régimes, soit 60 % du montant des retraites. En passant de 37,5 % à 60 %, la première présentation décrit une situation presque acceptable, la seconde une situation inacceptable, et pourtant les chiffres sont les mêmes.

La retraite abracadabra

Autre exemple pour masquer une augmentation de cotisation ou une baisse de retraite : le taux d’appel. Comme dans beaucoup de caisses, les cotisations Agirc-Arcco sont « appelées à 125 % ». Quand j’ai une cotisation à 10 %, que je n’ai pas le courage de vous dire que je l’augmente de 25%, je garde le taux de 10 %, et « j’appelle à 125 % », soit une augmentation de la cotisation qui reste pourtant à 10 %. Vous pouvez le voir comme une augmentation de cotisation, d’autres peuvent le présenter comme une baisse des retraites : à cotisation égale, j’ai moins de points, donc moins de retraite.

Autre manière plus subtile pour en même temps augmenter les cotisations et baisser les retraites : modifier le plafond. Exemple, pour 100 000 euros de revenu, 10 % de taux de cotisation, vous avez droit à 10 points. Je porte ce plafond à 110 000 euros, je garde le même taux de cotisation. Avec le même revenu, 100 000 euros, je n’ai plus que 9 points, et celui qui est à 50 000 euros n’a plus que 4,5 points au lieu de 5. Ainsi je taxe un peu plus les plus hauts revenus, mais surtout je baisse l’ensemble des futures retraites de 10 %, sans que cela se voie de suite. Augmentez le plafond de la Sécurité sociale supérieur à l’inflation, et le tour est joué.

L’allongement de la durée de cotisation, je vous l’ai montré, a peu d’effet sur l’équilibre, ne faisant que repousser le problème tant que l’espérance de vie augmente. C’est en fait une baisse des retraites qui ne porte pas son nom. En effet, augmenter cet âge change peu ou pas les comportements. Chez les libéraux, le passage de 65 à 67 ans n’a pas changé l’âge moyen de départ. Dans le rapport, les prévisions COR donnent à peu près le même résultat, avec une stagnation en dessous de 65 ans. En augmentant l’âge du taux plein, les gens partant toujours à 65 ans, de moins en moins auront le taux plein, ce qui fera baisser la retraite moyenne servie.

Les chiffres vs la réalité

Chaque exemple pratique cité par le rapport peut avoir sa propre technique pour arriver à un faux résultat. Prenons le premier, David (p 19). Il touche depuis toujours 1,5 SMIC. Avec la réforme, il va toucher à la retraite 70 % de son dernier salaire, or aujourd’hui, pour une cotisation inchangée (28,12 %) le taux de remplacement est de 50 % (p 136). Il va donc percevoir 40 % de plus ! Cherchez l’erreur. Pas évident. Pour le calcul de sa pension, c’est le dernier Smic, qui a été multiplié par 43 années de cotisations, or en 1976 (première année d’activité), le Smic était exactement 6,5 fois inférieur à aujourd’hui. On me répondra que l’on fait le calcul en euros constants, on peut donc les faire en « Smic constant ». C’est vrai. Pour les projections retraites on ne tient pas compte de l’inflation : quand on dit que si vous avez 1000 aujourd’hui, et que dans 20 ans les projections vous donnent 1000, ces 1000 seront peut-être 1200 avec l’inflation, mais équivalant à 1000 d’aujourd’hui. Le truc ici est que depuis 1976, le Smic a grimpé plus vite que l’inflation — cette dernière, multipliée par 4,3, contre 6,5 pour le Smic. Dans l’exemple, le nombre de points acquis par David en 1976 a été gonflé de 50 %. Il aurait fallu prendre le SMIC moyen sur 43 ans pour calculer la vraie retraite, le taux de remplacement tomberait alors de 70 à 50 %, plus crédible.

Pour Céline (p 27), on majore l’avenir et donc le calcul de sa future retraite, en augmentant son revenu de 300 euros l’an, soit deux fois plus que les meilleures conventions collectives. Tout ceci n’est pas crédible. Pas étonnant que tout le monde gagne. Pour les fonctionnaires, une partie du résultat est obtenue en les faisant cotiser plus longtemps, mais avec une cotisation divisée par 3. Nous sommes loin du compte. De plus, avec les dérogations prévues, l’alignement de la durée de cotisation n’est pas pour demain, les décisions d’aujourd’hui seront remises en question demain avec un autre gouvernement et quelques grèves.

Le gros de l’entourloupe est ailleurs, je pense l’avoir déniché — vous en avez la primeur car je n’ai pas vu ces constatations dans la presse ou venant de spécialistes (je n’ai peut-être pas tout lu). Il ne faut pas prendre les bons chiffres ou les sortir d’un chapeau.

Premièrement, Monsieur Delevoye annonce partout que pour 10 euros cotisés on a 1 point et qu’avec un rendement de 5,5 %, ce point vaudra 0,55 euros (si on est au taux plein, sinon c’est moins). Faux. Tout d’abord la cotisation sera de 28,12 %, décomposée en 2 parties : une cotisation de 25,32 % (plafonnée à 3 PSS) donnant droit à des points et une cotisation de 2,80 % (sans plafond). Dans tous ses exemples, on oublie simplement que la cotisation versée au régime n’est pas de 25,32 % mais de 28,12 %. 

Ainsi si je gagne 100, pour lui je cotise 25,32, j’ai donc 2,53 points. Or la cotisation retraite est de 28,12 %. La réalité : je gagne 100, je cotise 28,12 et non 25,32, par contre je n’ai pas 2,81 points, mais toujours 2,53 points. Ce ne sont pas 10 euros cotisés qui donnent un point, mais 11,11 euros cotisés qui donnent un point ! Et pour 10 euros cotisés on n’a pas 10 points mais 0,9 points, et si on a 0,9 points pour 10 euros au lieu de un, le rendement n’est plus de 5,5 % mais de 4,95 % ! Je n’ai vu personne relever cette « erreur » depuis deux mois. Signalons au passage que lors des premières réunions de « concertation », le rendement annoncé était de 5 %. Ensuite 4,95 % est-il le bon rendement ? N’est-il pas gonflé ? Impossible de le savoir sans projections, toujours refusées à chaque demande. Un comble car chaque fois qu’une caisse veut apporter des modifications à un régime, la première chose que demande le ministère ce sont des projections, pour savoir si c’est équilibré et combien de temps. C’est le B.A.ba de toute réforme.

Exemple pratique : mon cas, je suis monsieur Moyen. Je cotise 100 euros par an. Cela me donne donc 10 points, selon tous les exemples du rapport. Je cotise 44 ans, j’ai donc acquis 44 x 10 = 440 points, qui me donneraient une retraite de 440 x 0,55 = 242 euros, toujours selon les exemples du rapport. Maintenant, qui me donne ces 242 euros ? Les cotisants. Combien cotisent-ils ? 100 euros en moyenne, comme je l’ai fait. Combien sont-ils ? 1,75 aujourd’hui (1,75 cotisants/1 retraité). Donc le régime universel encaisse 175 euros, et me verse 242 euros ? Où trouve-t-on la différence que l’on prétend pouvoir me donner ?

En corrigeant la première manipulation, contrairement à ce qui est dit et écrit, pour 100 euros cotisés je n’ai que 9 points, ce qui porte ma retraite pour 44 ans à 212 euros, toujours pour 175 euros disponibles. Nous sommes encore loin du compte. Ces 5,5 % de rendement sont sortis d’un chapeau de magicien, ils ne semblent pas issus d’un calcul.

Qui a tort, qui a raison ? Je ne suis pas actuaire. Notons au passage que ces 100 de cotisation correspondent à un revenu de 355 euros avec une cotisation de 28,12 %. Avec 175 euros de recettes du régime, cela correspond exactement au taux de remplacement de 50 % actuel, confirmant que mon raisonnement n’est peut-être pas faux.

Pour avoir la vérité, il faut des projections, que nous n’avons pas. Sans projections on ne sait pas si le régime est équilibré (dépenses = recettes) avec 5,5 %, même 5 %. Ces projections doivent être faites par des personnes totalement indépendantes, ce ne peut donc être le HCRR, le COR, ou la Cour des comptes. Les caisses de retraite actuelles doivent s’associer pour financer un gros cabinet d’actuaires afin de déterminer le vrai taux et avoir un calcul crédible de nos futures retraites.

Pour terminer, le pire est à venir, car demain, quand je serai à la retraite et qu’il y aura 1,3 cotisant pour un retraité, que la recette sera de 130 euros au lieu de 175 euros, comment vais-je toucher mes 242 euros, voire même mes 175 euros ? Cette notion ne semble pas inscrite dans les exemples de futures retraites. Promesse de dupes ?

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Gérard Maudrux analyse la réforme des retraites pour Contrepoints. Retrouvez l’épisode 1 et l’épisode 2.

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  • Superbe article, qui mériterait une illustration plus adaptée que la photo du petit bonheur quotidien d’un couple de retraités 🙂 !

    • Désormais l’art de gouverner (politicaillons) comporte une étude approfondie de la manipulation générale et des chiffres (statistiques par exemple)

  • la retraite va baisser pour les actifs d’aujourd’hui.. çà c’est certain..
    car la répartition est une connerie empruntée au idéaux communistes.. çà ne pourra jamais marcher démographiquement c’est impossible
    la répartition n’a aucun avenir .. le fait est que la retraite véritable se fera sur des comptes privés, comme (l’agirc et l’arcoo mais par capitalisation…) mais ce ne sera pas en franchise d’impôts comme on pourrait le souhaiter , ainsi vous payerez deux fois l’impôt en cotisant , et ensuite en touchant votre retraite..
    c’est çà le vrai plan

    • la Repartition a ete choisie car c etait la seule facon de faire partir a la retraite en 45 des gens qui n avaient pas cotisé. Et de toute facon l inflation avait reduit a 0 les retraites par capitalistaion d avant guerre

      Le Probleme n est pas tant capitalisation/Repartition (un autre article de contrepoint explique bien que c est la Demographie qui commande.). Le Probleme c est qu en 45 les retraites partaient quand ils ne POUVAIENT plus travailler, touchaient une misere et mourraient rapidement (et tous n arrivaient pas a 65 ans)
      En 2019, nos retraites partent a 60, en pleine forme et vont vivre encore 30 ans en touchant des retraites elevees (a tel point que les retraités ont un niveau de vie superieur aux actifs !)
      Donc forcement ca ne peut pas marcher avec un grand nombre de retraités (les baby boomers) et un nombre d actif Reduit (qui plus est avec une partie au chomage ou s expatriant pour trouver du travail)

      • C’est ailleurs que la démographie que la capi va chercher sa supériorité sur la répartition. D’ailleurs depuis des décennies, on assiste à un fort déclin de la répartition parallèle à démographie. Ses rendements ont été divisés par 2 ou 3, alors qu’à l’inverse, avec la même chute démographique, les indices boursiers et l’immobilier croissent régulièrement. Ouvrez les yeux.

        • Attention : correlation ne veut pas dire causalite. Les indices boursiers et l immobilier montent car la FED et la BCE ouvrent a fond les vannes du credit.
          Pas grand chose a voir avec la Demographie
          Si un jour les taux augmentent de nouveaux, les indices vont baisser et l immobilier s effondrer (vu qu on ne pourra plus s endetter sur 25 ans)

      • Le problème c’est que la répartition était un choix logique en 45, et que la situation dans laquelle l’absence d’ouverture sur des alternatives plus capitalisation pendant les 75 années qui suivent nous met dans une impasse. Ce que personne ne veut admettre. Nous allons dans le mur, on le sent confusément, mais qu’importe si c’est une fois que les gens au pouvoir auront pris la leur, de retraite — avec quelques passe-droits !
        Il faudrait agir exactement à l’inverse de ce qui est fait : crier haut et fort que le problème est crucial et quasi-insoluble sans des sacrifices significatifs de tous. Le rôle de l’Etat devrait être de faire tous les efforts afin que bien que significatifs, ces sacrifices soient supportables. Et là on nous sort des rapports décrivant une prétendue amélioration pour tous sans le moindre sacrifice !

      • oui et travaillant peu (le temps de travail le plus bas de l’OCDE)

  • Macron a dupé les Français dès son élection. Comment penser qu’il serait devenu honnête?
    Même si M. Delevoye (dont l’honnêteté est mise en cause également depuis la pétition de la Wmàif pour tous) porte le chapeau, on sait bien que cette réforme (et les autres) est voulue par l’Elysée.

    • Et alors ? Ne nous demandons pas qui la veut, demandons-nous qui la refuse, et pourquoi ces derniers sont si peu nombreux et si peu écoutés !

  • Liberté, égalité, fraternité ; OUI, mais surtout pas pour les retraites. Les politiques avancent à reculons sur ce sujet. La réforme des retraites a entre 40 ans de retard. Mes cotisations, comme d’ailleurs celles de tous les travailleurs, sont alors reversées aux retraités du moment au fur et à mesure que les caisses de retraite les perçoivent (de mon employeur ou de moi-même). Je ne peux donc pas compter sur mes propres cotisations pour obtenir une pension quand le moment sera venu, que ce soit dans trente, vingt, dix ans ou d’ici quelques mois. Ma retraite proviendra des cotisations des plus jeunes, de ceux qui travailleront au moment où moi-même je m’arrêterai. Encore faudra-t-il qu’à ce moment-là il y ait suffisamment de jeunes pour assurer les pensions des retraités. En effet, le principe d’un régime par répartition est que l’ensemble des cotisations salariales et patronales sont versées à une caisse. Dans le cadre du régime général, il s’agit de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Travailleurs Salariés. La caisse perçoit les cotisations et ces cotisations servent à payer les retraités d’aujourd’hui. Dans le cas de l’Etat patron, ni les cotisations des agents, ni celles de l’Etat, qui sont énormes, ne sont versées à une caisse. Les retraites des fonctionnaires sont directement payées par le budget de l’Etat. Les cotisations, qu’elles soient salariales ou patronales restent fictives, car non versées.Il en résulte une conséquence importante : il est alors facile de dissimuler la charge à la collectivité et aux fonctionnaires eux-mêmes qui restent persuadés qu’ils financent leurs retraites.

    Tout cela est irréfutable, et pourtant nos gouvernants continuent à nous faire croire que nous préparons nos propres retraites en payant celles de nos aînés alors qu’il nous faudrait plutôt financer les études et l’entretien de nos cadets ! Ce mythe est particulièrement bien enraciné dans nos institutions et dans nos têtes alors qu’aucun économiste ne peut le prendre au sérieux. De plus, il est vrai qu’aujourd’hui le sous-emploi est la cause n° 1 du déficit de la sécurité sociale, et de l’absence d’excédent des caisses de retraite dans leur ensemble, demain le vieillissement de la population sera un facteur de déficit si puissant que le plein emploi ne suffira pas à le compenser.

    La condition pour que les retraités aient des pensions convenables en 2040, c’est que davantage de résidents aient à cette date un emploi productif. Le qualificatif « productif » est important : il faut bien prendre conscience que les emplois-bidon, payés par nos impôts, ne servent à rien. Chers responsables des fonctionnaires territoriaux arrêtez d’augmenter vos effectifs de 6 % par an. Une baisse du taux de chômage obtenue par des artifices tels que retraites anticipées, préretraites, réduction du temps de travail, emplois bidon…n’est pas la solution au problème de l’avenir des retraites. La preuve est ainsi faite, qu’en matière de retraite, nous ne pourrons pas, à l’instar de nos partenaires européens, faire l’économie d’une réforme structurelle. Notre situation démographique est telle que de simples aménagements apportés au système en vigueur s’avèrent insuffisants et souvent stériles.

  • Merci pour tous ces chiffres.

    Je m’en tiens à une approche plus simple : maintenir constant le rapport cotisant–pensionnés en augmentant progressivement l’âge de la retraite.

    Ce n’est pas un manquement au contrat, ce n’est au contraire que justice : la médecine a transformé une partie des vieux en jeunes, il n’y a pas de raison que ces nouveaux jeunes (une bonne partie des sexagénaires, et un peu au-delà) vivent aux dépens des vrais jeunes qui s’épuiseraient à cotiser.

    Dans le cas d’un système par capitalisation, le lien est moins mathématique mais tout aussi puissant puisqu’il faudra bien que suffisamment de gens travaillent pour payer les intérêts des dividendes et le remboursement du capital.

    Sur la réforme des retraites, voir notamment : https://www.yvesmontenay.fr/2019/07/22/retraites-la-reforme-va-se-heurter-aux-privileges/

    • le Probleme c est que le Systeme est deja desequilibre. Vous allez demander a des retraites de reprendre le travail ?
      Ou en cas de crise economique, vu que le chomage flambe (-> moins de cotisants) vous allez devoir reculer l age de la retraite

      Comme le dit l article, dans les fait l age de la retraite change peu, meme si vous reculez l age officiel. Tout simplement parce que soit les retraités en ont marre de travailler et preferent rester chez eux (quitte a gagner un peu moins) ou plus prosaiquement ils sont au chomage et etre retraite est plus interessant

    • Il serait bien plus efficace d’avancer l’âge de l’entrée dans la vie active que de retarder l’âge de la retraite. Et les travailleurs débutants, qui n’ont que bien peu de chances de toucher quoi que ce soit de la répartition un jour, seraient des pionniers tout indiqués pour une part de capitalisation bien conçue.

    • Bon défenseur de la répartition et pourfendeur de la capitalisation, je constate que vous défendez logiquement l’allongement de la durée de cotisation. Le rapport, comme vous l’avez fait dans d’autres commentaires, le fait également, de manière logique : 3 ans de longévité gagné, on met 2 ans en durée de cotisations supplémentaires, 1 an en retraite supplémentaire. C’est intelligent sur le plan comptable et équilibre des retraites, comme vous le dites aussi, mais moi j’aime souvent rappeler que derrière les chiffres, il y a des hommes, et sur le plan humain, c’est une erreur.
      Pourquoi ? Oui, avec l’allongement de la vie je vais profiter de 20 ans de retraite au lieu de 10, mais de quelle manière ? Si je passe d’âge de départ de 65 à 70 en raison de l’allongement de l’espérance de vie, mon état physique qui me permet de profiter de la retraite reste le même, à 70 ans, je n’ai pas 65 ans parce mon espérance a augmenté. ce qu’ignore ce raisonnement comptable. A continuer ainsi il n’y aura que des grabataires à la retraite ! Même s’ils le sont plus longtemps !

      • Il y a effectivement un problème majeur entre l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé, problème qu’aucune réforme de la répartition ne pourra jamais résoudre. Tant qu’on en restera à la répartition, dans un système collectiviste pervers où les anciens sont mis en situation de rentiers parasitant les jeunes, il n’y aura pas de solution. Un mauvais système (socialo-collectiviste) n’a que de mauvaises solutions.

        Ce problème, spécifique à la répartition, est évacué par la retraite par capitalisation qui nous permet, tous, de rester pleinement productifs, peu importe notre âge ou notre état de santé. La capitalisation élimine simplement et avec élégance la question brûlante du ratio actifs/inactifs puisque, grâce à elle, il n’y a plus que des actifs, heureux de contribuer à la prospérité collective jusqu’à leur dernier souffle.

        Le temps est venu d’abandonner sans regret la retraite par répartition et de généraliser rapidement la retraite par capitalisation.

      • « profiter de la retraite » : n’est-ce pas là l’erreur fondamentale ?
        Il est légitime de profiter de ce que l’on possède légitimement, pas de l’argent des autres extorquée par la force (fusse-t-elle légale).

        Quelle légitimité (morale) à être payé 20 ans sans travailler ??? « Que celui qui ne travaille pas, ne mange pas non plus » (Saint Paul).

        Toutefois, encore faut-il que le cadre législatif et administratif ne décourage pas le travail comme c’est le cas aujourd’hui en France.
        Certes, beaucoup de retraités bénévoles compensent ce manque de « travail » (création de richesse), mais c’est un pis aller contre l’appauvrissement.

  • Une « arnaque » de ce type à déjà été utilisée en 1993 par la loi Balladur sur les retraites.
    L’indexation du calcul de la retraite de base sur le coût de la vie au lieu de l’augmentation du plafond de cotisation.
    Des années de cotisation au plafond de l’époque ont été valorisées bien en dessous du plafond de l’année du départ en raison du décalage inflation augmentation de plafond de cotisation.
    Un exemple personnel pour le calcul de ma retraite cram : année 76 travaillée en totalité et cotisée au plafond : plafond de l’année de départ environ 33000 € montant retenu pour le moyenne de mes 25 années 23000 € au lieu de 33000€ avant la loi Balladur.

  • Excellent article.
    Qui pourrait m’éclairer sur ce qu’il en est d’une retraite française si l’on a cotisé 2 ans en France, et près de 40 ans à l’étranger.

    • Vos 2 années de droits sont acquis. Lorsque vous prenez votre retraite 40 ans plus tard, vous écrivez à la caisse (CNAV + Agirc-Arco si salaire) qui calcule et vous verse la retraite correspondante. Pour les petits montant, souvent c’est un capital qui est versé plutôt qu’une rente. Demandez si possibilités de validations (service,..) et rachats pour améliorer le total. Attention, faites bien vos calculs : les rachats sont chers, à éviter si non déductibles fiscalement.

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Candidat déclaré depuis peu, Emmanuel Macron a commencé à divulguer son programme en vue d’un second mandat présidentiel. Au menu, une réforme des retraites qui passerait par le recul de l’âge légal de 62 à 65 ans. Interrogé à ce sujet dans Marianne, l’économiste atterré Henri Sterdyniak a expliqué que ce projet revenait ni plus ni moins à « faire payer le quoi qu’il en coûte aux travailleurs ».

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