Hidalgo a ruiné Paris

Dettes, pertes et trottinettes. Un rapport de l’IFRAP pointe du doigt la gestion d’Anne Hidalgo, maire de Paris.

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Hidalgo a ruiné Paris

Publié le 16 août 2019
- A +

Par h16.

En 2014, le programme du Parti socialiste pour la mairie de Paris s’intitulait « Paris qui ose » et annonçait donc clairement la couleur : le mandat d’Anne Hidalgo serait placé sous le signe de l’audace, budgétaire notamment. Cinq ans plus tard, le constat est sans appel : la mairie a effectivement osé, l’audace fut au rendez-vous et Paris est en ruine.

C’est à la faveur d’une récente étude de l’IFRAP que les plus naïfs d’entre nous (dont, il semble, la presse francophone fait largement partie) découvriront l’ampleur des dégâts.

Pour ceux qui lisent ces colonnes en revanche, la surprise sera fort modérée.

D’une part, il est maintenant de notoriété publique que différents projets se sont soldés par des fiascos et des ratages mémorables, entraînant de lourdes pertes pour le contribuable parisien (est-il besoin de revenir en détail sur Autolib, Velib et les manifestations aussi festives que déficitaires que la mairie de Paris enchaîne dans un tourbillon de flonflons coûteux ?).

D’autre part, les choix culturels et sociétaux de cette même mairie amènent de façon visible et rapide la capitale française à découvrir des plaies qu’on croyait disparues depuis longtemps : poubelles pleines, insécurité galopante, rats grouillants et autres nuisibles, parasites divers et variés, la liste des problèmes que la mairie semble décidée à traiter par-dessus la jambe continue de grossir à mesure que le temps passe.

Dans ce contexte, l’étude de l’IFRAP constitue surtout une confirmation de ce qu’on savait déjà, et permet de brosser un tableau complet là où chacun des points précédents ne constitue qu’une touche d’un désastreux ensemble plus vaste.

C’est ainsi qu’on prend la mesure de l’accroissement de la dette sous le mandat d’Anne Hidalgo. Si cette dernière s’évaluait à 507 euros par habitant en 2001 pour atteindre 1636 euros par habitant en 2013 (soit 94 euros par habitant et par an sur cette période), elle atteint maintenant 2835 euros par habitant en 2018, après avoir subi une augmentation annuelle de 239 euros par habitant. Pas de doute : les boosters à dette ont été utilisés par l’équipe de la mairie de Paris qui n’ont donc lésiné sur aucune dépense…

Malheureusement, cet accroissement des dépenses et de la dette de la mairie de Paris, qui atteint maintenant la coquette somme de 5,7 milliards d’euros, ne se traduit absolument pas en une capitale plus propre, plus facile à vivre pour les Parisiens, plus agréable à visiter pour les touristes et globalement plus sûre pour ceux qui y vivent ou y travaillent.

En fait, c’est même parfaitement l’inverse.

C’est l’explosion du nombre de chantiers, qui rendent la vie impossible aux piétons, cyclistes, motards, automobilistes, chauffeurs de bus et autres trottinetteurs métrosexuels. On compte ainsi plus de 7000 chantiers ouverts dans la capitale, et si une part d’entre eux sont des travaux de ravalement de façade ou d’autres dépendant de tiers, 3219 dépendent d’opérateurs de réseau (gaz, électricité, infrastructure de communication) et 643 relèvent de la Ville de Paris.

La lutte contre les nuisibles (notamment les rats) ne semble guère porter ses fruits : les riverains des parcs inondent internet de vidéos pas toujours amusantes où des groupes de rongeurs s’égaillent joyeusement à la recherche de nourriture ; sur la promenade Barbès-Chapelle-Stalingrad, les rats grouillent.

Il faut dire que ces charmants mammifères sont largement aidés par d’autres qui produisent un nombre assez phénoménal de détritus alimentaires, et d’autres encore qui « oublient » de les ramasser : entre la diminution des effectifs affectés à la propreté, l’absentéisme qui mine les rangs des éboueurs et une gestion de plus en plus discutable des services, l’état sanitaire de la capitale française est catastrophique, au point que les touristes ne manquent pas de le remarquer

Quant à la sécurité, elle n’est plus qu’un vaste souvenir pour les habitants de certains quartiers maintenant à peu près laissés à l’abandon des forces publiques. Les camps de fortune, véritable cloaques à ciel ouvert pour lesquels tant la mairie de Paris que chacune des mairies d’arrondissement semblent complètement dépassés, recueillent aussi bien les immigrants que la pire des racailles, les zones où règnent des faunes interlopes qui profitent de méchants trottoirs trop étroits pour harceler les habitants ou pratiquer le trafic de drogues en toute impunité.

En quelques années, Paris est devenue une ville plus dangereuse qu’elle ne l’était avant : cambriolages en hausse fulgurante, hausse des vols, vols avec violence…

Si l’on y ajoute les choix idéologiques de faire une guerre constante aux automobilistes (par exemple en fermant les voies sur berge, ce qui a provoqué une hausse de la pollution), force est de constater que ces 5,7 milliards d’euros de dette semblent s’être évaporés avant d’avoir irrigué les services compétents pour résoudre tous ces problèmes

Mais où est donc parti l’argent ?

C’est là que les travaux de l’IFRAP éclairent la situation : il apparaît que pour la seule année 2018, les dépenses de la Ville atteignent la coquette somme de 9,4 milliards d’euros, dont 7,8 milliards de dépenses de fonctionnement (en hausse de 35 % depuis 2010). Or, les plus importants coûts de fonctionnement sont les charges du personnel ce qui est logique puisqu’en l’espace de 20 ans, le nombre d’agents employés par la ville est passé de 40 300 à 52 000, pendant que la population, elle, diminue depuis le début des années 2010, permettant à Paris de compter un agent pour 43 habitants. Par comparaison, Rome n’en compte qu’un pour 95 et Londres un pour 107. À ce constat effarant s’ajoute celui des primes, avantages et indemnités qui ont augmenté de 7 % entre 2007 et 2015.

En somme, la mairie de Paris emploie beaucoup trop d’agents aux avantages trop importants et les indemnise de façon trop large, pendant que le service rendu diminue de façon affolante en quantité et en qualité.

De façon intéressante, l’étude de l’IFRAP estime qu’une partie de ces problèmes de gestion provient d’une dilution des compétences et des responsabilités dans le millefeuille administratif municipal, départemental, régional et national. On ne peut pas leur donner tort tant il est réputé que les guerres picrocholines agitent régulièrement ces différentes administrations pour savoir qui évitera avec le plus de brio de faire un travail pourtant de sa compétence.

La solution préconisée par le think-tank spécialisé sur la recherche et l’efficacité des politiques publiques est intéressante puisqu’elle consiste, in fine, à supprimer purement et simplement la mairie de Paris en s’inspirant de l’organisation territoriale du Grand Londres…

On le comprend, une telle révolution ne risque pas d’arriver, d’autant plus qu’approchent les élections municipales : compte-tenu de la brochette de semi-habiles qui se présentent en face d’Anne Hidalgo, aussi pourri soit son bilan, il lui reste une chance non négligeable de reprendre la queue du Mickey pour refaire un tour gratuit. Autrement dit, Anne Hidalgo a ruiné Paris et va fort probablement continuer à le faire.


—-
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  • Merci, hélas, pour cet article.
    je retiens 2 choses parmi la ribambelle de points, tous justes, évoqués ci-dessus :
    – il devrait en toute logique être facile à un candidat d’opposition de trouver le succès en dénonçant la gabegie d’argent et en bâtissant un programme basé sur l’assainissement des finances publiques par, entre autres, l’amaigrissement des troupes. Mais cela n’arrivera pas.
    – Il est effrayant de se dire, comme l’écrit H16, que face à un bilan si pourrave et à un candidat sortant si minable, il sera aisé à tout nouvel entrant de briller et de donner envie. Et là, comment dire sans être blessant ? non, je ne vois pas …

  • Même pas capable de photocopier les billets de banque, l’Ânne :mrgreen:

  • Si les Parisiens sont assez stupides pour élire à nouveau Annie Dalgo, il faudra écrire non sur Paris, mais sur la stupidité de ses habitants.

    • Mais l’élection du maire se fait au suffrage indirect, les parisiens votent pour leur mairie d’arrondissement et pas pour un maire global.

    • @Filouthai

      Vous avez tort de penser que les Parisiens vont résoudre ce problème en allant voter « intelligemment ». Les candidats qui se présenteront seront de la même pointure et préfèreront acheter leurs électeurs avec un accroissement de la dette.
      Le scrutin ne va faire qu’amplifier le phénomène.

  • Il semble que la situation se soit particulièrement aggravée depuis deux ans…
    Serait-ce l’effet de la conjonction des « idées » de l’équipe Macron (salle de shoot, politique migratoire…) avec les délires hidalguesques?

  • On ne devrait plus parler de Paris intra muros! La ville c’est maintenant le grand Paris avec toute sa couronne et donc l’élection municipale devrait concerner tout ce monde et non des privilégiés du centre ville. Et là, plus de domination des bobos.

    • Ah bon ? Montrouge, Issy, Puteaux, Levallois et Neuilly, Vincennes, Palaiseau, Versailles… Le règne des bobos ne s’arrête jamais.

  • le socialisme a ruiné la france paris vote a gauche que cette ville en profite me parait juste

  • Si à la gestion Hidalgo s’ajoute un effondrement des prix, les lendemains vont chanter (des marches militaires ?) à Paris.

  • Perso je trouve assez coherent qu’un pays capable de se voter le Roy Faineant ait une capitale capable de se voter une Chavez, pas une, mais deux foIs. Well played comrade. Des lors cpef. L’argent des autres se tarit. Vite, plus de socialisme!

  • C’est trop mignon de lire les commentaires de gens sous les divers articles qui ne trouvent pas la ville trop sale, quand tu reviens du japon et que tu as vu des commerçant nettoyer le trottoir avec un chiffon en plein centre tokyo. Au japon tu prends des photos des toilettes du métro en guise de souvenir culturel… A méditer.

    • Au japon ,les japonais nettoient pour les japonais , là est la différence, car le japonais est propre par defaut ..ici le pays a une brosse a dent pour 1000 h ,la proprete est un defaut

      • Très juste, les étrangers trouvent que les français sont sales, il suffit d’entrer dans des WC publics!

        • au japon celui qui nettoie les WC , veut etre le meilleur nettoyeur de WC du pays
          en france celui qui nettoie les wc fait çà pour faire plaisir a pole emploi
          la conscience professionnelle a disparu.. il en reste quelques traces en alzace

    • Comme le dit Réactitude, le Japon est la terre d’un peuple uni.
      Ici nous ne sommes plus un peuple depuis que le progressisme des libre-penseurs est aux commandes. Les plus courageux et les plus talentueux fuient (LePoint).
      On se décarcasse pour les siens, ses proches, sa famille. Quand au contraire, rien ne vous lie aux ‘autres’ la société part en vrille. CPEF

      • Tout à fait breizh06 le drame absolu (et masqué par nos penseurs socialistes…) c’est la fuite massive des talents depuis 30 ans… et le phénomène s’accélère…

  • Explosion de la masse salariale corrélée à la diminution de la qualité des services, augmentation de la dette, projets mal conduits.. les recettes classiques de la gestion socialiste, Paris et France confondus..

  • Le socialisme serait un excellent désherbant. Là où il passe, même l’herbe ne repousserait pas.

  • Si c’est sur, ça s’arrose !

  • Et c’est grave de ruiner Paris ?
    Non , les parisiens s’en foutent comme de l’an 40 .

  • pourquoi vouloir une ville « propre »?

    pour moi la question centrale est celle de la légitimité d’un élu à endetter une ville sur plus longtemps que son mandant…

    elle est maire..désignée démocratiquement.

    • Le probleme est que ce sont des elus et qu’ils decident de leurs ressources et de leur dépenses….servant a se faire reelire…. d’où des dettes et des montagnes de dettes

  • Comme l’Etat et beaucoup d’autres municipalités, ils usent et abusent d’artifices comptables qu’aucun commissaires aux comptes ne signerait pour une PME,et surtout les parisiens s’en foutent et avec la carte électorale mitonnée aux petits oignons par son prédécesseur qui se la coule douce au-delà de la méditerranée où lui sont versés ses retraites d’ex élu et qui irriguent l’économie de ces pays elle risque fort d’être réélue.

    • Aucun commissaire aux comptes ne signeraient quel que bilan que ce soit pour l’Etat lui-même ! alors pourquoi Mme Hidalgo se gênerait-elle ? Théoriquement l’exemple doit venir d’en haut ! Depuis plus de trente ans l’Etat gère par la dette, et nous voyons le résultat. Les Régions suivent. Les grosses mairies s’y essayent. Il n’y a que les petits villages qui comptent leurs sous et tâchent de boucler leur budget ! C’est le monde à l’envers !
      Bravo H16 toujours aussi percutant ! Si vous n’existiez pas il faudrait vous inventer, et je déposerai illico un brevet ! Ce serait une aimable source de revenus ! Bravo encore.

  • Merci H16 pour ce nouveau super article !! Venez dans le nord si vous voulez vous consoler… Des villes atroces comme Maubeuge, ou mieux encore Dunkerque… Prenez votre gilet par balles après 21h… Et faites vous vacciner contre la leptospirose…

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