Les décès liés au climat se situent à des niveaux historiquement bas

Climate 2 by Brett Davis(CC BY-NC 2.0) — Brett Davis, CC-BY

Les rapports bénéfices-coûts des politiques de suppression du carbone sont catastrophiques.

Par Marlo Lewis Jr.
Un article de Foundation for Economic Education

Depuis les années 20, les concentrations atmosphériques de CO2 sont passées d’environ 305 ppm (parties par million) à plus de 400 ppm.

Le dernier argument des politiciens, experts et activistes progressistes est que les États-Unis ne peuvent pas faire l’économie des billions de dollars nécessaires pour « résoudre la crise climatique » parce que le réchauffement climatique est une menace existentielle. Comme l’a dit le sénateur Bernie Sanders, « on ne peut pas aller trop loin sur la question du changement climatique. L’avenir de la planète est en jeu, OK ? »

Rapport bénéfices-coûts abyssal

Même si les changements climatiques étaient aussi terrifiants que le sénateur Sanders l’imagine, cette posture n’est qu’une mascarade. Les décideurs publics et privés disposent de ressources limitées. Celles qui sont allouées à l’action pour le climat ne sont plus disponibles pour honorer des versements hypothécaires, financer les frais de scolarité, la recherche médicale, produire de la nourriture, ou construire une flotte navale.

Les décideurs prudents ne se contentent donc pas d’examiner les coûts des propositions des politiques, mais comparent également les différents rapports bénéfices-coûts des dépenses concurrentes. Il se trouve que ces rapports bénéfices-coûts des politiques de suppression du carbone sont catastrophiques.

Par exemple, selon l’économiste Benjamin Zycher, de l’American Enterprise Institute, selon une estimation prudente, les seules dépenses directes du secteur de l’électricité dans le cadre du Green New Deal coûteraient 490,5 milliards de dollars annuels, soit 3 845 dollars par ménage et par an.

Pourtant, même l’élimination complète des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis n’éviterait que de 0,083 à 0,173 °C du réchauffement planétaire dans 70 ans ; un impact politique trop faible pour affecter de façon perceptible les régimes météorologiques, le rendement des cultures, les populations d’ours blancs ou toute autre condition environnementale dont les gens se préoccupent.

Le « bénéfice » climatique au cours des 10 prochaines années serait encore plus faible. Pourtant, au cours de cette période, Zycher estime que le coût économique annuel du programme du secteur de l’électricité du Green New Deal serait d’environ 9 billions de dollars. Il n’est pas sage de dépenser autant pour un résultat aussi dérisoire.

Pas d’urgence planétaire

L’interprétation apocalyptique du changement climatique est une doctrine politique et non une découverte scientifique, comme le démontrent l’économiste danois Bjorn Lomborg dans une récente série de tweets, et John Christy, spécialiste de l’atmosphère à l’Université de l’Alabama, dans un nouvel article intitulé « Falsifying Climate Alarm ».

Dans ses tweets, Lomborg critique un éditorial du prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, qui préconise de dépenser des billions de dollars chaque année pour combattre le changement climatique, qu’il désigne comme « notre Troisième Guerre mondiale ». À titre de preuve, Stiglitz affirme qu’au cours des dernières années, les dommages causés par les intempéries ont coûté à l’économie américaine 2 % du PIB, un chiffre non étayé.

Lomborg remet les pendules à l’heure. Les assurances Aon Benfield estiment qu’entre 2000 et 2017, les dommages liés aux intempéries ont coûté aux États-Unis environ 88 milliards de dollars par an, soit 0,48 % du PIB, et non 2 %. Plus important encore, les phénomènes météorologiques extrêmes sont une caractéristique naturelle du système climatique de la Terre. La grande majorité de ces dommages aurait eu lieu avec ou sans changements climatiques. « Stiglitz croit-il qu’il n’y a pas de mauvais temps sans changement climatique ? » interroge Lomborg.

Aux États-Unis, les ouragans sont la principale cause des dommages causés par les intempéries. Ils ont généré des dépenses plus importantes au cours des 120 dernières années mais pas en raison d’un changement à long terme des conditions météorologiques. Une fois les pertes historiques ajustées pour tenir compte de l’augmentation de la population, de la richesse et de l’indice des prix à la consommation, les dommages causés par les ouragans aux États-Unis ne montrent aucun changement depuis 1900.

On s’accorde généralement à dire que les trois dernières décennies ont été les plus chaudes que l’on a mesuré historiquement. Pourtant, au cours de cette période, les dommages causés par tous les phénomènes météorologiques extrêmes ont diminué en pourcentage du PIB mondial. En d’autres termes, bien que la population ait augmenté, et que beaucoup plus de choses soient exposées au danger, l’impact économique relatif des conditions météorologiques extrêmes diminue. Il est difficile de concilier cette tendance avec l’affirmation que notre civilisation est une civilisation « précaire ».

Lomborg fournit un argument encore plus révélateur dans un tweet précédent. Depuis les années 1920, les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone (CO2) sont passées d’environ 305 ppm à plus de 400 ppm, et les températures moyennes mondiales ont augmenté d’environ 1°C. Pourtant, à l’échelle mondiale, le risque individuel de mourir des suites de catastrophes liées aux intempéries a diminué de 99 %.

Stiglitz affirme que nous ne pouvons pas nous permettre d’économiser des billions de dollars pour atténuer les changements climatiques car « nos vies et notre civilisation telles que nous les connaissons sont en jeu, tout comme elles l’étaient pendant la Seconde Guerre mondiale ». Lomborg note que dans la littérature scientifique, on estime que le changement climatique non contrôlé coûtera entre 2 et 4 % du PIB mondial en 2100. Ce n’est pas la fin du monde, surtout si l’on considère que malgré le changement climatique le revenu mondial par habitant en 2100 devrait être 5 à 10 fois plus élevé qu’aujourd’hui.

Ironiquement, dans la littérature sur les parcours socio-économiques (SSP), le plus riche est celui qui dispose du libre marché et des combustibles fossiles.

Source : Keywan Rhiahi et al. 2017. « Ce monde[SSP5] fait de plus en plus confiance aux marchés concurrentiels, à l’innovation et aux sociétés participatives pour produire un progrès technologique rapide et le développement du capital humain comme la voie du développement durable… Dans le même temps, la poussée en faveur du développement économique et social s’accompagne de l’exploitation d’abondantes ressources en combustibles fossiles et de l’adoption de modes de vie à forte intensité de ressources et d’énergie dans le monde entier ».

Quid du réchauffement ?

Le nouvel article de John Christy, publié par la Global Warming Policy Foundation, résume deux de ses récentes études évaluées par des pairs. En 2017, Christy et son collègue spécialiste de l’atmosphère Richard McKnider ont examiné 37,5 années de données satellitaires dans la troposphère mondiale (atmosphère globale). Christy et McNider ont tenu compte des effets de réchauffement d’El Ninõ et des effets de refroidissement des émissions d’aérosols volcaniques.

La tendance sous-jacente au réchauffement de l’effet de serre – la ligne noire (e) de la figure ci-dessous – est de 0,095 °C par décennie, soit environ le quart du taux prévu par l’ancien scientifique de la NASA James Hansen, dont le témoignage au Congrès a lancé le mouvement du réchauffement planétaire en 1988.

Christy et McNider estiment que lorsque les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone doubleront, le réchauffement de la planète atteindra 1,1 °C – une quantité appelée « réponse climatique transitoire ». Christy commente à ce sujet :

« Ce chiffre n’est pas très alarmant. Si l’on effectue le même calcul sur les modèles climatiques, on obtient un chiffre de 2,31°C, ce qui est très différent. La réaction des modèles au dioxyde de carbone est deux fois plus forte que dans le monde réel. Les données indiquent donc que la fourchette consensuelle de la sensibilité climatique est incorrecte. »

En 2018, Christy et l’économiste Ross McKitrick ont entrepris de tester l’exactitude des modèles climatiques. Ils ont examiné les projections des modèles dans l’atmosphère entre 9000 et 12 000 mètres, sous les tropiques de 20°N à 20°S. L’atmosphère se réchauffe le plus rapidement dans cette partie de l’atmosphère dans presque tous les modèles utilisés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat comme le modèle du Centre climatique canadien, présenté ci-dessous.

En 102 simulations, le réchauffement moyen dans la partie « point chaud » de l’atmosphère tropicale est de 0,44°C par décennie, soit 2°C sur la période 1979-2017. « Cependant, le réchauffement du monde réel est beaucoup plus faible ; environ un tiers de la moyenne du modèle », rapporte Christy.

Christy résume les résultats des tests :

« Vous pouvez aussi facilement voir la différence dans les taux de réchauffement : les modèles se réchauffent trop vite. L’exception est le modèle russe, qui est beaucoup moins sensible au dioxyde de carbone et qui donne donc des projections pour la fin du siècle qui sont loin d’être alarmantes. Les autres sont déjà faux, et leurs prévisions pour 2100 ne sont pas fiables. Si un ingénieur construisait un avion et disait qu’il pouvait voler sur 600 milles, qu’il manquait de carburant à 200 milles et qu’il s’écrasait, il ne dirait pas : « Hé, j’étais quand même à un tiers de la fin ». On ne fait pas ça en ingénierie et en vraie science. Un facteur de trois est énorme dans le système du bilan énergétique. C’est pourtant ce que nous voyons dans les modèles climatiques. »

Des déclarations comme celles qui suivent sont de plus en plus courantes dans les médias populaires, les revues universitaires et le discours politique : « La preuve que le changement climatique anthropique est une menace existentielle pour notre mode de vie est incontestable ». Ce n’est pas du tout le cas.

Traduction par Aurélien Chartier pour Contrepoints de Climate-Related Deaths Are at Historic Lows, Data Show