Bernie Sanders, le Mélenchon américain ?

En proposant un Medicare for All, ressemblant fortement la Sécurité sociale française, Bernie Sanders continue à vouloir étatiser la santé des Américains.

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Bernie Sanders painting by DonkeyHotey(CC BY 2.0)

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Bernie Sanders, le Mélenchon américain ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 2 octobre 2017
- A +

Par Nick Gillespie et Paul Detrick.

Bernie Sanders, le sénateur indépendant du Vermont, ne cesse de parler de Medicare for All (régime d’assurance maladie pour tous) qui, selon lui, réglera enfin tous les problèmes d’assurance maladie des États-Unis.

En fait, la création d’un régime national avec payeur unique est une idée vraiment lamentable, qui risque de ruiner le pays, de faire baisser le taux d’innovation en matière de soins ET de ne pas améliorer les résultats en matière de santé.

Fondé à la fin des années 1960, Medicare est le régime d’assurance maladie pour les personnes de 65 ans et plus. Il s’agit d’un système à payeur unique – le gouvernement paie les fournisseurs de services – qui est aussi le principal responsable de la dette nationale. Les impôts prélevés pour financer le programme ne couvrent pas ses coûts alors que le nombre de bénéficiaires devrait augmenter massivement au cours de la prochaine décennie. Les charges sociales et les primes payées par les bénéficiaires couvrent moins de la moitié des coûts du programme, qui devraient doubler, passant de 700 milliards de dollars par an à près de 1,4 billion de dollars.

Sanders a proposé un impôt de 7,5% sur les salaires et un nouvel impôt de 4% sur le revenu pour financer ce programme, mais il n’est pas du tout certain que de tels impôts couvriraient ses coûts, qui sont inconnus. En revanche ce qui est sûr, c’est que son État, le Vermont, a mis fin à un régime universel pourtant moins généreux quand il s’est avéré qu’un impôt de 11,5% sur les salaires et un impôt de 9% sur le revenu ne couvriraient pas les coûts.

Malgré tous les inconvénients du système de santé américain, il est un modèle en matière d’innovation et de nouvelles perspectives de traitements, comme aucun système à payeur unique au monde. Cela s’explique par le fait que les chercheurs peuvent compter sur le remboursement du coût de la mise au point de nouveaux traitements, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des systèmes à un seul payeur, dans lesquels inévitablement toutes sortes de contrôles des prix freinent l’arrivée de nouveaux produits et de services ; quant au rationnement, il réduit l’accès à ces produits et ou à ces services.

Est-ce que le fait d’avoir une assurance maladie vous permettra d’être en meilleure santé ? C’est la promesse implicite du programme Medicare For All de Bernie Sanders, et de l’Obamacare aussi. Mais, chose surprenante, les preuves sont plus minces que vous ne le pensez. Les deux grandes études sur le lien entre l’assurance et la santé – l’une menée par la Rand Corporation et l’autre par l’État de l’Oregon – suggèrent que le simple fait d’avoir une assurance ne donne pas forcément de meilleurs résultats. L’assurance peut soulager le stress financier et émotionnel, mais il n’est pas tout à fait certain qu’elle vous permettra d’aller mieux.

Tous ces arguments s’opposent à la généralisation de Medicare à tous. Si le principe d’un payeur unique a échoué même dans le Vermont, État de Sanders, il n’y a aucune raison de l’essayer dans le reste de l’Amérique.

Traduction par Contrepoints de Why Bernie Sanders’ Medicare for All Is a Bad Idea.

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  • Oui quand on est gauchiste, c’est à dire prêt à dépenser sans compter l’argent des autres, on persiste à appliquer sa doctrine même quand on sait qu’elle est vouée à l’échec.

  • Je travaille dans le domaine de la santé, notamment aux Etats-Unis, et peux vous affirmer que leur organisation est percluse de rigidités depuis longtemps et pas si innovante que cela en pratique clinique quotidienne. C’est notamment causé par le système de cotation à l’acte (« reimbursement ») absolument bureaucratique et géré en dépit du bon sens. Les présidents Bush et Obama ont essayé de changer la donne, sans grands résultats. Il est triste que la France ait adopté cette tarification à l’acte génératrice de surcoûts et tuant l’innovation, même dans le public.

  • Les commentaires sont fermés.

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