Sortir du grand débat, enfin !

Les personnages clefs de la société sont désormais le maire et l’entrepreneur.

Par Xavier Fontanet.

Le Grand débat, c’était très bien… Il a permis à beaucoup de Français de se rencontrer et de vider leur sac, mais il faut déboucher sur de bonnes décisions, et la méthodologie adoptée n’est pas exempte de risques quant aux solutions proposées. Ce sont surtout les difficultés rencontrées par les citoyens qui ont été exprimées, sachant que soulager les effets sans s’attaquer aux causes peut aboutir à des mesures qui augmentent les problèmes.

Un exemple : pour atténuer les douleurs du chômage, on décide d’augmenter les indemnités ; le chômage continuera à s’étendre parce que les charges supplémentaires feront perdre de la compétitivité aux entreprises et parce que les incitations à la reprise du travail auront été réduites. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut moins d’impôt, et que moins d’impôt signifie moins de dépenses publiques.

Très bien, mais soyons clairs avec les mots : la dépense publique, c’est pour 60 % des dépenses sociales. Le moyen évident pour la diminuer est de partir plus tard à la retraite et de réduire la durée des indemnités chômage, puisque partout où cela a été fait ce dernier a diminué, comme en Grande-Bretagne et en Allemagne. Quant au domaine régalien, il est essoré depuis vingt ans à l’exemple de l’armée ; son rôle éminent est reconnu par les Français, en particulier celui de la police en cette période de violences urbaines.

La leçon que l’État doit en revanche retirer du Grand débat, c’est d’arrêter d’épuiser l’ensemble du corps social sous l’avalanche de ses normes. Il doit aussi lutter contre la déshumanisation que facilite l’application aveugle d’une loi allant trop dans le détail. En fait, le seul endroit où les dépenses ont augmenté, c’est dans les régions avec leurs coûteux millefeuilles.

Les trois domaines où faire les efforts sont donc tout désignés ! Le fond des choses est notre conception de l’État-providence et le colbertisme sur lesquels il faut impérativement revenir. L’État doit désormais se concentrer sur le domaine régalien, à savoir assurer aux citoyens un cadre permettant de tous nous épanouir dans le respect des autres. Les personnages clefs de la société sont désormais le maire et l’entrepreneur. En guise de devise, on pourrait proposer : « À chacun un métier et un clocher ! »

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