Sortie du grand débat : que peut faire Macron ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
By: Chris Griffith - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Sortie du grand débat : que peut faire Macron ?

Publié le 19 avril 2019
- A +

Par Erwan Le Noan.
Un article de Trop Libre

Dans La Cité de la peur, film culte de 1994, un assassin tente d’expliquer qu’« on peut tromper une fois mille personnes, mais on ne peut pas tromper mille fois une personne ». C’est en quelque sorte le défi du gouvernement maintenant que s’achève le Grand débat : il n’a pas le droit à l’erreur.

Les premières étapes de la restitution ont pu laisser sceptique : de grandes banalités ont été présentées comme des révélations. On y apprend (ô surprise !) que les Français sont excédés par la fiscalité et en colère devant les échecs du marché du travail. Et pour cause : les recettes publiques dépassent de façon quasi permanente 50 % du PIB depuis 1995 ; même constat pour les dépenses publiques depuis 1982 (trente-sept ans !). Quant au chômage des jeunes (15-24 ans), il est supérieur à 9 % depuis quarante-deux ans, dont trente-sept années au-dessus de 15 %. Le dernier actif de 15 ans à avoir connu un chômage pour son âge inférieur à 9 % arrive aujourd’hui à la retraite !

Le gouvernement se retrouve ainsi face au même impératif que ses prédécesseurs : délivrer ce qu’il avait promis pour rétablir le pays. L’enjeu est de savoir s’il peut y parvenir dans le contexte politique, social et économique actuel. Le défi est énorme.

Proposer un projet collectif

D’un point de vue politique, les comparaisons historiques et internationales indiquent que pour réussir une réforme, il faut avoir préparé l’opinion, lui proposer un projet collectif, bénéficier d’un mandat clair et disposer d’une majorité robuste (Le Noan, Montjotin, Gouverner pour réformer, Fondapol). Ces conditions sont délicates à réunir et se consolident généralement au moment des élections nationales, qui permettent aux électeurs d’exprimer un choix. Le Grand débat s’est inscrit dans une logique différente, de réaction et de consultation. Le gouvernement n’en tire qu’une légitimité restreinte pour agir.

Dans le même temps, la société se gangrène progressivement. Les signaux faibles de délitement du corps social se multiplient, d’incivilités malveillantes en violences gratuites. Ces blessures, longtemps ignorées, remontent soudainement, submergeant ceux qui les portent et confrontant ceux qui les reçoivent à un déferlement irrationnel. Une fois la soupape ouverte, la vapeur brûlante ne s’arrête pas : le gouvernement devra être prudent.

Le contexte économique est inquiétant lui aussi : les dettes publiques croissent, l’inflation revient. Dit autrement, l’action politique perd des marges de manœuvre – qui étaient déjà faibles – alors que le pouvoir d’achat des consommateurs va se réduire ! En conséquence, les tensions sociales vont croître. Le gouvernement avancera sans filet.

La voie semble donc très étroite pour l’exécutif : l’économie lui impose d’agir vite et fort, la société lui demande de l’attention alors qu’il en avait mal mesuré les blessures, la politique le laisse sur une ligne de crête qui s’effrite. Ni un homme ni un parti ne peuvent suffire à relever ce défi. La voie d’une coalition de forces politiques (non d’individus, ni de fonctionnaires) pourrait être explorée.

La priorité de la majorité devrait être de permettre les conditions de ce rassemblement de tous les réformateurs – en ayant la modestie d’écouter les avis divergents. Celle de l’opposition parlementaire de se donner pour objectif de reconstruire la France, plutôt que ses ambitions propres. Malheureusement, ni l’une ni l’autre ne le souhaite.

Sur le web

Voir les commentaires (26)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (26)
  • le Président va inscrire dans la constitution .
    qu’un budget de la nation ne peut être déficitaire !!! Petite remarque chaque budget est insincere , le 15 novembre au plus tard de l’année en cours , il n’y a plus d’argent en caisse le pays est en cessation de paiement , il doit empreinté !!!
    Osera t-il !!!

    • J’ai demandé lors du Grand débat, l’interdiction du vote d’un budget en déséquilibre, sauf événement exceptionnel, sous peine de destitution immédiate des parlementaires en cause et du gouvernement avec inéligibilité à vie.

  • claude henry de chasne
    19 avril 2019 at 7 h 29 min

     » il n’a pas le droit à l’erreur. »
    arfff il s’en tape de l’erreur , l’erreur c’est d’avoir été contraints de voter pour lui
    ceci dit c’est la deriere fois

    • A claude henry de chasne
      « … l’erreur c’est d’avoir été contraints de voter pour lui. »
      Non, l’erreur c’est d’avoir voté pour lui, mais nullement contraint. Personnellement je n’ai pas voté pour cet « égosilleur » dont le « programme » consistait à « pensez printemps ». Choix il y avait, certes peu enthousiasment, mais le choix était présent. Voter blanc fut le miens, plutôt que de cautionner un blanc bec immature se dandinant et jouant son numéro de cirque… qui ne faisait même pas rire !!!

  • notre pays a besoin d’un dirigeant et d’un gouvernement qui aime la France , du fond du cœur ,sans arrière pensée ( réélection par exemple ) ….manque de pot , nous héritons à chaque fois d’individus sorti du même moule qui travaille dans leur intérêt , rarement dans celui de la France ; on voit le résultat ;

    • Ils sont assez imbus d’eux-mêmes pour considérer que l’intérêt de la France est leur intérêt. Et c’est la le principal problème.

  • Faut pas trop lui en demander ,ce n’est pas un surhomme.
    Et de toute facon il n’a aucune raison d’etre meilleur que les autres dirigeants despotes ou pas de la planete.
    En attendant un miracle n’oubliez pas de remplir votre derniere declaration de revenus messieurs dames les pauvres.

  • La petite bête
    19 avril 2019 at 8 h 50 min

    La faible légitimité de Macron par les urnes ne peut évidemment pas être rattrapée par la pseudo légitimité d’un « débat » qui a réuni moins de 2% des citoyens…
    Quant à la vision collective, il n’a que celle de ses mentors mondialistes qui ne peut être exposée clairement aux Français.

  • La compilation du grand débat pour en tirer quelque chose est absurde.
    On n’a pas besoin de l’avis du grand nombre, qui a tendance à répéter ce qui a déjà été entendu. D’un grand débat ne peut sortir que l’air du temps, sans originalité. Ne peut sortir que ce qui a déjà été fait, sans succès apparemment.

    Il nous faut des idées neuves, surprenantes, disgressives. Par définition, celles-là ne peuvent sortir de la compilation de milliers d’heures de débat, puisque par définition, elles sont uniques. Elles sont donc inclassables dans les grandes rubriques qu’il aura fallu désigner. Elles demandent une attention particulière.

    On ne demande pas à nos dirigeants de faire des sondages d’opinion, mais d’avoir des convictions fortes, des idées sur la manière de les mettre en oeuvre, de savoir s’entourer et écouter ceux qui en ont. En prenant le temps, pas en laissant un logiciel faire le tri pour eux…
    C’est un travail de fourmi qui doit être fait AVANT une campagne électorale. Et c’est le résultat de ce travail, et les convictions qui en sortent, qui doivent justifier de se présenter à un poste de pouvoir.
    Pas le contraire.

  • Pour être plus claire à propos de mes doutes quant au Grand Débat : un peu comme en sciences, ce sont les idées neuves qui font les bonds technologiques. Ce n’est pas en améliorant la bougie qu’on a inventé l’électricité.
    Et les porteurs d’idées neuves ne passent pas dans la foule, leurs idées mettent du temps à percer.
    Prétendre trouver des solutions aux problèmes de notre pays en compilant par logiciel des heures de débat, ça ne peut rien donner d’intéressant.

  • Comme d’habitude ceux qui payent des impôts vont payer pour ceux qui n’en payent pas. C’est ça la méthode Macron. Qu’ils soient de Gauche ou de Droite rien ne change. Il n’y a vraiment rien à débattre. Arrêtons de prendre les Français pour des cons.

    • « ne pas prendre les gens pour des cons mais ne pas oublier qu’ils le sont »

      « C’est l’homme qui rassemble la droite et la gauche dans une nouvelle tendance politique […]. Donc, ça nous donnerait: la droiche! »

      (Les publicitaires – les inconnus)

      Macron nous fait un mauvais « reboot ».

  • quant il mesure la bêtise de certains français; y’a de quoi se foutre de leur dogme.
    j’espère, moi qui n’est pas voté pour lui, qu’il aille jusqu’au bout des réformes nécessaires.

    • il n’a pas vraiment commencé de réformes… et au bout de 2 ans c’est un peu tard pour se réveiller (mais il n’est pas interdit d’espérer).

      • Que ce soit de Macron ou d’un grand débat, il ne peut sortir que des ajustements paramétriques. Il ne suffit pas de se réveiller pour avoir une idée de bonne réforme ! Il faut l’avoir nourrie, cajolée, construite, pendant des mois, voire des années. En secret ou en public, ça n’a pas d’importance, mais elle doit représenter quelque chose de radicalement irréalisable par de simples ajustements de curseurs. Si elle a été émise au cours du grand débat, il faut la chercher dans ce qui n’apparaît que dans très peu de contributions, une tâche impossible car c’est aussi la caractéristique des idées les pires !

  • un peu tard pour réformer, les futurs élections arrivent …

  • Suite à cet article, deux remarques s’imposent.
    La première : il n’y avait pas de grand débat, mais un monologue interminable, face à un public trié sur le volet, donc acquis au blablateur.
    La deuxième : il semblerait que l’auteur de cet article sur-estime les capacités de « jupiter ». Ce dernier, étant tellement imbu de sa petite personne et persuadé de son « génie » rénovateur, qu’il ne peut concevoir une alternative différente, donc un changement de politique.

    • J’ai participé à quatre réunions locales du Grand débat, dans quatre villes différentes, qui n’en était pas un puisque organisé par les conseils municipaux qui prêtaient les salles et monopolisait la distribution du micro (qui ne sont pas leur propriété, quoique ?), sous conditions de timing et de présenter une doléance; et la médiocrité involontaire des participants, plutôt âgés et un tantinet ex agents publics en retraite, qui souhaiteraient avoir la plupart du temps des retraites plus élevées et surtout une réduction des inégalités à leur profit; pour le climat ils sont tous d’accord il faut faire quelque chose : interdire les voitures, rendre le co-voiturage obligatoire et le vélo, planter aussi des petites fleurs sur le trottoir « juste devant chez moi », mais aucune intelligence quant au CO2 qui est à abattre alors qu’il est source de vie! Leurs expressions étaient des redites du « VU (entendu » A LA TV » mais aucune préparation sourcée, aucune recherche, aucune remarque qui ne puisse être prise en compte. Les chiffres ne les intéressent pas, ils veulent partager, non pas le « vivre ensemble », mais l’argent des autres (qui n’est jamais quantifié sinon ils auraient peur qu’il n’y a pas grand chose à partager) promis par toute la gauche et très au-delà.

      • oui et un peu comme ceux qui votent blanc , rien que par votre présence , vous avez validé un faux débat et rendu plus forte la propagande d’Etat et de MAcron, je ne vous félicite pas.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Ce 19 janvier, Emmanuel Macron a pris la parole au parlement européen pour faire un discours dans le cadre de la présidence européenne de la France.

Arrivé de Macron au parlement... pic.twitter.com/rBEkIdJfG6

— Esposito Corinne (@coconuts1315) January 19, 2022

Le propos s’est concentré sur les valeurs qu'il souhaite défendre. Il a été critiqué par les représentants français des groupes européens de l’opposition comme Jordan Bardella du RN, Yannick Jadot d'Europe Ecologie les Verts, François-Xa... Poursuivre la lecture

À l’heure où la Guadeloupe connait de nouvelles restrictions sanitaires, on peut se demander si ses habitants ne sont pas perçus par le gouvernement comme des citoyens de seconde zone. Les propos de Macron de la semaine dernière mettent en avant la volonté d’une société discriminant les non-vaccinés qui ne seraient plus des citoyens. Une discrimination qui se veut sanitaire. Mais quand on regarde qui sont les populations non-vaccinées, on s’aperçoit que le discours du président Macron va avoir un impact sur des catégories de populations bien ... Poursuivre la lecture

L’intérêt pour Emmanuel Macron de choquer par ses propos sur les non-vaccinés est évident. Il en va même de sa survie politique. Profitant de la visibilité de sa fonction, il a provoqué un séisme politico-médiatique lui évitant que les résultats de son mandat s’invitent dans la campagne.

Difficile en effet de trouver quelque chose de positif dans son bilan. Certes, la suppression de l’ISF et le lent démarrage de la baisse des impôts des entreprises sont des mesures tout à fait bénéfiques, de nature libérale. Mais comment les considérer... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles