La crise des Gilets jaunes ou les défis d’une société duale

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Gilets jaunes à Avignon by Sébastien Huette (CC BY-NC-ND 2.0)

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La crise des Gilets jaunes ou les défis d’une société duale

Publié le 26 avril 2019
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Par Florent Ly-Machabert. 

En limitant notre analyse aux deux dernières décennies, le début des années 2000 semble marquer un tournant décisif dans le fonctionnement de la société française. Comme l’avait déjà observé le sociologue Louis Chauvel en 1998, pour la première fois depuis 1945, « la situation de la génération qui suit est plus difficile que celle de ses parents. »

L’évolution du seul taux de chômage dans les deux années qui suivent la fin des études se passe de commentaires : de 4 à 5 % au sortir des Trente Glorieuses, il bondit à 20 % pour les jeunes actifs du début du deuxième millénaire.

Or, les premières enquêtes sociologiques font état d’un âge moyen des militants des Gilets jaunes de 45 ans1, ce qui coïncide avec une entrée sur le marché du travail entre le milieu des années 90, et, précisément, le début des années 2000. Mais à l’avènement déjà très documenté d’un chômage de masse, s’est ajoutée l’aggravation d’un phénomène décrit par Piore et Doeringer2 dans leurs analyses séminales de 1971 qui permet de rendre compte de la recrudescence des inégalités en France : la partition du marché du travail entre des segments de marché entre lesquels la mobilité des travailleurs est très réduite voire inexistante.

Marché primaire et secondaire

Dans sa version minimale, cette segmentation prend la forme d’un dualisme entre un marché primaire, où tant le niveau des salaires que la sécurité d’emploi sont élevés, et un marché secondaire présentant les spécificités inverses. Les auteurs expliquent alors cette situation non par des caractéristiques propres aux travailleurs, notamment en termes de « capital humain » (leur niveau de qualification par exemple), mais par des logiques collectives reflétant des différences entre des emplois fortement polarisés par des modes de gestion de la main d’œuvre très contrastés, entre certains secteurs pourvoyant leurs emplois vacants via des marchés internes, c’est-à-dire en promouvant leurs propres employés, bénéficiaires dès lors d’une grande stabilité de leur emploi, tandis que d’autres recourent à un marché externe.

Là encore, les premiers résultats d’enquêtes font sans surprise apparaître que les Gilets jaunes, dont plus du tiers appartient au groupe socio-professionnel des employés (presque 45 % si l’on ne prend en compte que les actifs), sont des outsiders3, c’est-à-dire des travailleurs vulnérables, parfois très modestes4, salariés pour la plupart au sein de marchés secondaires externes extrêmement flexibles et fortement malmenés par la mondialisation.

Les Gilets jaunes sont finalement ces « perdants de la mondialisation » décrits par Anne-Catherine Wagner5, ce que confirme la conclusion d’une étude du Centre pour la recherche économique et ses applications (CEPREMAP) publiée le 19 avril dernier qui fait état d’une accélération du déclin des emplois de la classe moyenne (professions intermédiaires, employés de bureau…) depuis la crise bancaire et financière de 2008-2011, notamment sous l’effet des nouvelles technologies qui ont concomitamment entraîné la hausse des emplois des classes supérieures et inférieures notoirement absentes des rangs des Gilets jaunes.

Le choc de l’économie mondiale

Il s’agit en réalité d’une tendance de long terme marquée par les progrès de l’automatisation et l’essor des délocalisations que la Grande Récession a contribué à accentuer. Les chocs subis par l’économie mondiale ont ainsi accéléré le passage, plus ancien, d’une société « en toupie6«  – modélisation qui rend compte de l’homogénéisation des comportements autour d’une vaste constellation centrale et d’une tendance à la moyennisation de la société française, dont Henri Mendras lui-même, son auteur, fait cesser les effets au milieu des années 80, soit précisément au début de la « seconde mondialisation7 »  – à une société « en sablier8 », qui reflète, selon le politologue américain Charles Murray9, un écartèlement des classes moyennes entre une frange basse, constituée de petits patrons, d’employés et de professions intermédiaires – nos Gilets jaunes  – qui se paupérise et bascule dans les classes populaires, et une frange supérieure beaucoup plus diplômée, dont les ressources économiques, culturelles voire résidentielles, du seul fait qu’elles la protègent de la relégation sociale, l’aspire dans un mouvement ascensionnel.

On ne saurait mieux décrire ce phénomène de dualisation de la société française qu’avec Baudelot qui le qualifie en 2010 de « repatrimonialisation » des classes moyennes, euphémisme pour évoquer en réalité un véritablement évidement des strates intermédiaires, frappées par la précarisation croissante du contrat de travail, le dynamitage du compromis fordiste et, pour ainsi dire, la fin de la « société salariale10 », qui aboutit à l’explosion des inégalités socio-économiques que nous avons évoquée : le travail ne paye plus, le travail ne protège plus, le travail ne permet plus d’être reconnu et ce, nonobstant un niveau croissant de prélèvements obligatoires11, ce qui accentue la défiance des perdants vis-à-vis de l’État collecteur d’impôts dont l’efficacité et, partant, la légitimité sont ainsi remises en cause12 : c’est cet aspect de la lutte des Gilets jaunes, dont un détonateur a en effet été la hausse annoncée puis abrogée des taxes sur le diesel, qui a incité certains commentateurs à parler d’une « révolution de droite13 », voire d’une dérive poujadiste.

La nature de la crise des Gilets jaunes

Mais ce rejet de l’État – non consensuel toutefois au sein d’un mouvement qui réclame à certains égards plus de services publics en zone rurale ou péri-urbaine – apparaît comme un point de cristallisation permettant d’appréhender la nature profonde de la crise pourtant polymorphe des Gilets jaunes : elle se situe à mi-chemin entre un mouvement social traditionnel14 à la fois porteur d’un contre-projet de société et au moins partiellement motivé par la question du pouvoir d’achat des classes moyennes inférieures15 et un Nouveau Mouvement Social (NMS) « relativement désorganisé16 », caractéristique des sociétés post-matérialistes17 et portant à ce titre des revendications d’ordre politique ou institutionnel, à l’instar du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC). 60 % des Gilets Jaunes rejettent ainsi le clivage gauche-droite, alimentant probablement une abstention électorale de type « hors jeu18 » fondée sur l’incompétence politique.

À l’heure donc où la société moyenne n’est plus qu’un mirage qui relègue plus que jamais les Trente Glorieuses au rang de parenthèse historique et le projet de « civilisation de classe moyenne » de Koyré au rayon des utopies, remplacé en cela par des théories alternatives comme celle de la « stagnation séculaire19 », il semble que la crise des Gilets jaunes se fasse, à travers le paradoxe d’une individuation de la mobilisation collective, le miroir du reflux massif de l’identité collective, sans que l’État n’apparaisse plus comme l’instance de prédilection pour agréger l’individu à la société.

L’identité fragile

Comme le diagnostiquait dès 2006 l’essayiste Claude Arnaud dans Qui dit je en nous ?, reflétant tout à la fois les préoccupations d’une société post-industrielle et les dégâts des transformations multi-échelles qu’elle engendre et qui bousculent la vie quotidienne dans de nombreux domaines : « Jamais on n’a eu autant le souci de sa personne, et jamais l’identité n’a paru aussi fragile. »

Au cœur même du mouvement des Gilets jaunes qui, s’il tend à s’effriter progressivement, est encore loin d’être éteint et que pourraient raviver les annonces du président Macron à l’issue du Grand Débat national, se trouve donc l’angoisse identitaire, presque existentielle, de citoyens socialement, économiquement et politiquement invisibles20, victimes a minima d’une forme rampante de déclassement qui conduit, quand tout avance, à faire reculer les immobiles.

Fondamentalement duale, la société française a en réalité connu une polarisation accélérée de son marché du travail, beaucoup plus intense qu’aux États-Unis ou au Royaume-Uni (pourtant réputés plus inégalitaires) qui a contribué à la formation du fort niveau d’inégalités que nous connaissons et que les Gilets jaunes ont tenté de dénoncer, une fois devenu intolérable l’écart entre la satisfaction attendue du travail fourni et des prélèvements versés et leur satisfaction réelle21. Aussi importe-t-il de tirer parti tant de l’essor technologique que de la mondialisation dont on a montré combien ils menacent d’abord les emplois traditionnels ou requérant un faible niveau de formation qu’occupe la majeure partie des militants des Gilets jaunes.

Dans ce combat, plusieurs réformes du modèle français sont assurément prioritaires pour tenter de consolider le rôle des classes moyennes, et ce d’autant plus urgemment que la peur de chuter qui les habite est en train de se muer en peur des autres, comme en témoigne la multiplication des dérives en marge des manifestations : d’abord, abaisser la pression fiscale qui pèse sur elles, ce qui suppose de repenser les transferts sociaux auxquelles elles contribuent ; ensuite, revenir à une action publique moins ciblée pour recréer de la continuité entre école et emploi, entre emploi et chômage, entre activité et retraite ; enfin, investir massivement dans l’éducation, afin de saisir les opportunités qu’offrent notamment la robotique et l’intelligence artificielle qui constituent des gisements d’emplois amenés à prendre le relais des emplois intermédiaires, pas ou peu qualifiés, dont les Gilets jaunes ont bien appréhendé l’inéluctable disparition.

 

  1. Donnée issue de l’enquête d’un collectif de 70 chercheurs dont les principaux résultats ont été publiés le 11 décembre 2018 dans une tribune au « Monde ».
  2. Piore et Doeringer (1971), Internal labour markets and manpower analysis.
  3. Lindbeck et Snower (1989), The Insider-Outsider Theory of Employment and Unemployment.
  4. Qu’on appelle parfois les « working poor » ; voir Denis Clerc (2011), La France des travailleurs pauvres.
  5. Anne-Catherine Wagner (2007), Les classes sociales dans la mondialisation.
  6. Henri Mendras (1988), La seconde Révolution française 1965-1984.
  7. Au sens de Suzanne Berger (2013), Made in Monde. Les nouvelles frontières de l’économie mondiale.
  8. Alain Lipietz (1996), La Société en sablier. Le partage du travail contre la déchirure sociale.
  9. Charles Murray (2012), Coming apart: the state of the white America, 1960-2010.
  10. Voir Robert Castel (2013), La Montée des incertitudes. Travail, protections, statut de l’individu.
  11. 47,9 % du PIB en 2015 (source : INSEE, 2018) contre 34,9 % en 1975.
  12. Voir Pierre Rosanvallon (2015), La crise de l’État-providence.
  13. C’est le cas notamment de l’économiste et entrepreneur Charles Gave.
  14. Répondant au triple principe d’identité, d’opposition et de totalité ; voir Alain Touraine (2012), Sociologie de l’action.
  15. Rejointes sur ce front par les retraités et les chômeurs qui constituent plus de 25 % des Gilets jaunes.
  16. Paul Byrne (1997).
  17. Ronald Inglehart (1997), Modernization and postmodernization.
  18. Anne Muxel distingue une abstention électorale protestataire dite « dans le jeu » d’une version fondée sur l’autocensure dite « hors jeu ».
  19. Popularisée par A. Hansen, L. Summers ou R. Gordon.
  20. Stéphane Beaud (2008), La France invisible.
  21. Voir le modèle psychosociologique de Davies.
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  • Article intéressant qui termine cependant par deux poncifs : celui de « l’investissement massif », ici dans l’éducation (donc plus tarte à la crème que poncif) et celui du « raidissement identitaire » sous entendu des petits blancs déclassés.
    Or de deux choses l’une : « l’investissement massif » est une expression vide de sens qui cache ou paresse intellectuelle ou incompréhension du problème (un yaka faukon exprimé de manière soutenue) ; le « raidissement identitaire » est surtout celui des immigrés qui refusent l’assimilation (par le prénom des enfants par exemple) et voilent filles et femmes (avant de désormais s’en prendre à celles des autochtones) à rebours d’un mouvement d’intégration dans la société hôte.
    Pour faire simple, un article finalement sans beaucoup de profondeur malgré une longue liste de références.

  • claude henry de chasne
    26 avril 2019 at 5 h 29 min

     » « la situation de la génération qui suit est plus difficile que celle de ses parents. » »

    normal generation mitterand et le socialisme
    35h
    RTT
    5 eme semaine de congés payés
    temps de travail le plus bas d’Europe
    niveau de prelevement le plus élevé du monde
    la redistribution d’aides sociales la plus élevée du monde

    alors forcement…
    annulez ces paramètres et vous vous retrouvez aux 30 glorieuses
    4 semaines de congés
    40h hebdomadaire
    pas d’aide au logement , pas de rsa,
    pas d’aides a l’énergie , de primes a ceci cela etc..

    • 1) C est pas de la faute de cette generation si leur parents ont vote Mitterrand et Chirac. Ils etaienttrop jeune pour voter (voir pas ne en 81)

      2) le monde a changé depuis 1960. Penser qu on va concurrencer la chine en revenant aux 40 h me semble utopiste. Surtout que creer/recreer un tissus industriel demande plus que des bas salaires

      3) l article explique bien qu une partie des changement est irreversible et est liee a la technologie. On a moins besoin d executants : des ordinateurs/robots peuvent faire le job. Donc l economie n a simplement plus besoin de ces gens, meme avec un salaire inferieur

      4) nous avons certes un Probleme de depense soicales. Elles sont trop elevees. Mais il faut etre logique, il faut reduire avant tout celle qui sont les plus importantes (les pension de retraites = 25 % des depenses, 4 % du PIB de plus qu en RFA) avant de se concentrer sur le subsidiaire (aide a l Energie). N oublions pas qu en 1960 les gens partaient a la retraite avec une pension de misere a 65 ans et avait le bon gout de mourir a 70 !

      • C’est trop facile de dire que les changements nécessaires, que nombre de pays ont faits, seraient utopistes. Le problème de cette génération est surtout que les éléments qui permettent de passer du statut d’assisté à celui où l’on entrevoit l’aisance au moins quelques fois par an sont ignorés et peu défendus.
        Les salaires ne sont pas bas, ils sont ultra-chargés en France. Les robots ne font pas le job, ils rendent le job moins pénible, mais toujours à la portée de ceux qui n’ont pas la chance de disposer de plus que leur bon sens « paysan ». Les dépenses sociales sont faciles à réduire, il suffit de laisser une part de capitalisation entrer dans les retraites et de laisser le privé rationaliser une grosse part des dépenses.
        Notre problème est un problème d’Etat. L’Etat, pour des raisons électorales et idéologiques, aide continuellement les « plus défavorisés ». C’est une forte incitation fiscale ! Et si malgré tout vous voulez sortir de ce statut, vous vous heurtez à la décorrélation organisée entre votre attitude, vos efforts, et le gain que vous devriez normalement en recevoir. Vous ne recevez guère plus en tant que travailleur pauvre au salaire chargé qu’en tant que « plus défavorisé ». Pourquoi dans ces conditions travailler et accepter de se prêter au comportement que cela demande ? Comment, surtout, si vous le faites, admettre que votre situation ne s’améliore pas significativement, parce que tout effort voit sa récompense confisquée par l’Etat pour financer l’aide aux plus défavorisés, les retraites du système par répartition que le monde nous envie, et les lubies écologiques ?

        • @MichelO
          « Les salaires ne sont pas bas, ils sont ultra-chargés en France. »
          Oui et non. Le salaire au smic est assez peu taxé mais ca grimpe en effet rapidement apres
          Pour une personne peu qualifiee, le salaire est de quelque centaines d euros en bulgarie/roumaine, plus de 1000 en France

          On peut en effet militer pour que le salaire brut soit approximantivement le net. Mais il faut etre clair, ca veut dire une explosion des couts pour les retraités (qui devront payer au prix fort leurs soins ou voir leurs primes d assurance s envoler) alors que leur retraite sera egale a 0 (Systeme par Repartition -> plus de ponction sur les actifs = plus de pension).

          « Les robots ne font pas le job, ils rendent le job moins pénible »

          Pas vraiment. Quand on remplace une caissier de supermarche par un robot, c est un poste de moins. Si un jour on arrive a faire des vehicule autonomes, on supprimera les taxis et chauffeurs routiers. Meme si le robot ou l IA est juste une aide, il permet d etre plus productif et donc de reduire le personnel. En soit c est pas negatif si les gens arrivent a se reemployer ailleurs. Le Probleme c est justement que les emplois restant sont soit hors de porte pour eux (passer de caissiere de supermarche a data scientist est impossible) soit trop mal paye pour en vivre (livrer des pizza a Velo et autre petit boulots)

          • Et les marchands de chandelles, vous en faites quoi ? Même sans voitures autonomes, les taxis sont voués à disparaître à cause des VTC et autres systèmes de covoiturage.
            Le gros problème de ce pays est le blocage de son économie dans des schémas planifiés et figés par des décideurs en décalage avec leur temps. Pays communiste, quoi…
            Pour ce qui est des Bulgarie/Roumanie, vous oubliez que les charges ne sont pas les mêmes ici et là-bas, à commencer par le prix du logement. Ainsi que, bien sûr, les coûts du « modèle social » français que le monde nous envie et personne ne veut copier.
            Le problème de formation énoncé par l’auteur est un problème majeur, mais je n’ai pas l’impression qu’il en a vraiment compris les tenants et les aboutissants, vu sa volonté d’investir « massivement ». C’est l’évolution de la société qui va demander des individus qualifiés, il faut vivre avec son temps…

          • La caissière de supermarché… A celui où j’étais ce matin, j’ai perdu bien plus de temps pour passer deux articles à la caisse automatique (5 postes) que s’il y avait eu deux caisses moins de 10 articles servies par les deux caissières qui débloquaient les 5 postes. Je suis sûr que le commerçant aussi en est de sa poche. Le taxi, le chauffeur routier auront un métier moins dur, mais l’intelligence artificielle ne les fera pas plus disparaître que les métiers à tisser n’ont créé de chômage. Ces prédictions catastrophiques valent ce que valent les autres prédictions : elles sont incertaines, et même surprenantes alors que tous ceux qui cherchent à embaucher restent non pourvus.

      • « Donc l economie n a simplement plus besoin de ces gens, meme avec un salaire inférieur »
        Et pourtant nous allons « faire » toujours plus d’enfants et dans de plus en plus mauvaises conditions et dans les mauvais endroits.

      • Les Suisses concurrencent bien les Chinois avec les 40 h (ou plus), et la retraite à 65 ans (ou plus)
        Et leur économie a besoin d’exécutants, dont plus de 300’000 frontaliers…
        Bien sûr le monde a changé, mais pas pareil pour tout le monde;
        les règles qui existaient à l’époque d’une embauche en Suisse sont restées inchangées au jour de la retraite 40 ans plus tard (fiche de paye en 5 lignes, système des 3 piliers, entre autres).
        Pouvons nous en dire autant, qui changeons les règles tous les 6 mois ?

        • Non la Suisse ne concurrence pas la chine ! Ils font justement des produits que les chinois ne sont pas capable de faire (au moins pour l instant). La suisse c est la pharmacie, les services financiers et l industrie de precision.

          Le Probleme c est qu en France on est assez peu sur les crenaux haute valeur ajoutee (execpetion fait luxe (LVMH) ou aeronautique). Donc on
          subit la concurrence de pays bien moins cher qui arrive a afire quasiment aussi bien que nous. ET on subit aussi le choix des annees 90-2000 d abandonner l industrie pour aller vers les services (cf Alcatel)

    • Arrêtez svp avec vos poncifs.
      L’explosion du nombre de fonctionnaires qui ne foutent rien de leurs journées (emplois fictifs en réalité) n’a strictement aucun rapport avec les 35h (dont les RTT en sont la conséquence, pas autre chose) ou la 5me semaine de congés.
      L’évolution des prélèvements obligatoires de 35% à 57% non plus.
      De plus, cdg dit vrai : ce ne sont pas ceux de la génération des rond-points (les 45 ans) qui ont voté ces aberrations.

  • Bonne analyse de l evolution des societes occidentales (le phenomene n est pas specifique a la France).
    Il me semble qu un autre parametre oublie par l auteur a mit le feu au poudre: la bulle immobiliere.
    Le prix du logement a explosé ces 15 dernieres annees. Ca a ete une bonne chose pour une partie de la population (qui peut encaisser des loyers plus eleves, qui a pu vendre et faire une grosse plus value) mais pour les jeunes Generations qui constitue les GJ ca a ete une catastrophe. Ils doivent soit engloutir la moitie de leur revenus pour se loger soit habiter tres loin (et donc depenser plus en transport sans compter la perte de temps).
    A mon avis il n est pas etonnant qu une des place forte de GJ soit Bordeaux, la ou l immobilier a flambe recemment

    • la crise immobilière est une réalité importante effectivement. Mais elle a été créée par les pouvoirs publics (loi ALUR et autres).

      • Il y certes une part du a l etat francais (pas que Duflot, ca a commence avec la subvention massive sous Chirac (Scellier))
        Mais le phenomene est General: on a une envole des prix en France, en GB, aux USA et meme en chine ! Et on peut pas dire que c est grace a l Etat francais (ou alors ils sont tres fort pour avoir un impact sur le marche immobilier de Shanghai !)

  • La petite bête
    26 avril 2019 at 9 h 26 min

    Il me semble que l’investissement dans l’éducation ne doit pas avoir un objectif uniquement économique, ais doit viser à faire des hommes libres et responsables, armés d’une bonne culture générale.
    C’est justement parce qu’on a rabaissé le système éducatif à une vision utilitariste qu’on en est là aujourd’hui. On a copié, sciemment ou pas, le « modèle » américain, alors que nos ingénieurs étaient reconnus dans le monde entier pour leur polyvalence. Quand on n’a comme objectif que la lecture d’un article de journal, on se retrouve avec des gens incapables de lire un mode d’emploi !

  • « Les Gilets jaunes sont finalement ces « perdants de la mondialisation » »

    Oui, la France a de toute évidence trop mondialisé, contrairement aux autres pays comme la Chine, les USA ou l’Allemagne, qui n’ont pas de GJ car ils n’ont pas mondialisé.

    Ou alors, c’est moi qui n’ai pas tout compris au film ?

    (Mais je ne fais pas partie des zélites, donc c’est probablement moi qui ne comprend pas …)

    • La France a le cul entre deux chaises, entre collectivisme profond et libre-échange de surface. Une anti-Chine, en un sens.

      • @Pangazi
        Je suppose que vous connaissez pas la chine. Parce que dire que la chine est libre echangiste et individualiste est vraiment n importe quoi

        La chine est libre echangiste quand ca l arrange (par ex devoir faire un partenariat avec une entreprise chinoise locale pour etre present sur le marche c est pas tres libre echange).
        Quand au liberalisme en chine, je rappellerait simplement que la chine est une dictature COMMUNISTE (avec d ailleurs un raidissement ideologique depuis l arrivee au pouvoir de leur nouveau chef)

        • Que ce soit par dictature est à la limite mieux que d’être par choix « démocratique ».
          Au moins, en Chine, les dirigeants doivent veiller à améliorer le bien-être matériel du peuple sous peine d’être renversés. En France, ils peuvent en faire fi, de toute façon le peuple est anti-capital et anti-libéral intrinsèquement.

    • les pouvoirs publics ont refusé de voir la mondialisation et ont empêché le pays de s’y préparer et de s’y adapter (refus de la réalité).

    • @alan
      les gilets jaunes sont francais mais par ex les electeurs de trump sont aussi les perdants de la mondialisation. Simplement ca se manifeste differement.

      il n y aurait pas eut de GJ en France si notre premier ministre n aurait pas eut l idee geniale de passer la vitesse max a 80 puis d augmenter les taxes sur l essence au moment ou le petrole augmentait aussi. Ca ne veut pas dire que les causes profondes du mouvement GJ n existaient pas avant. La taxe sur le diesel a juste ete l etincelle qui a mit le feu aux poudres

  • Une des causes de la disparition des classes moyennes , pas trop évoquée ici, est la tertiairisation de la société française. L’emploi industriel et agricole s’est effondré depuis 20 ans ( de 20 à 12 % si je ne me trompe pas), faute à une perte de compétitivité dont il est question et aussi, de choix stratégiques désastreux (entreprises sans usines, voir Alcatel), qui ont vidé les territoires et campagnes français.
    Le pire, est que la volonté de transition énergétique va accentuer cette fracture par sa volonté de taxer toute production de carbone donc en premier lieu, l’industrie.
    Trump, que l’on considère comme un demeuré, a bien saisi qu’en renchérissant l’accès à l’énergie, on pénalisait d’abord les classes les plus fragiles, notamment, celles de la périphérie. Et c’est pourtant la voie que choisit notre pays.

  • Article intéressant, mais qui fait l’impasse sur les problématiques essentielles.
    Par exemple sur l’identité qualifiée de « raidissement » alors qu’elle devient le cri de ralliement de ceux qui croient encore en la permanence de NOS valeurs …je n’aurai pas l’impudence de rappeler lesquelles ici.
    Sur l’UE et du débâcle qui attend le « libéralisme  » économique mais surtout social.
    Sur la pression de l’immigration et de l’islamisation.
    Sur la crise environnementale et démographique venue de la surpopulation humaine en particulier dans certains pays Africains ET musulmans
    La crise que nous vivons EST systémique, locale et globale, et s’il est bon de parler d’éducation et de socialisation, c’est bien par cette entrée qu’il nous faut commencer ; encore faudrait il que nos dirigeants aient au moins une idée sur ce qu’est une approche systémique de nos problématiques et sur les processus à utiliser pour les résoudre « ensemble » et nos pas séparément.

  • Depuis que l’homme existe il ya des PAUVRES et des RICHES et malgré tous les commentaires cela ne changera jamais, qu’ils s’appellent Gilets jaunes ou autrement.

  • Quand l’auteur écrit « investir massivement dans l’éducation », je ne sais pas s’il se réfère à un investissement financier (plus d’argent) ou à un investissement intellectuel (rétablir les principes d’une instruction exigeante).

    L’exemple de nos voisins montre qu’à coût moindre on obtient de meilleurs résultats si on met au placard les dérives pédagogistes qui ont déjà massacré deux générations françaises.

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