Des Gilets jaunes au grand débat : quels enjeux institutionnels ?

Le défi majeur des démocraties occidentales est d’améliorer en couverture, en qualité de service, en réactivité, leurs organisations représentatives pour les rendre compatibles avec un rythme de réformes qui ne saurait ralentir.

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Paris manif gilets jaunes By: Jeanne Menjoulet - CC BY 2.0

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Des Gilets jaunes au grand débat : quels enjeux institutionnels ?

Publié le 9 janvier 2019
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Par Olivier Bomsel.
Un article de The Conversation

La saga des Gilets jaunes et les pillages de décembre relayés dans le monde entier ont révélé les failles de la représentation démocratique dans le jeu politique français. La cristallisation de la colère autour de la figure présidentielle, plébiscitée encore six mois plus tôt, souligne l’acuité du problème institutionnel.

Un abîme

La crise est d’abord idéologique car les référentiels des XIXe et du XXe siècles qui ont forgé les croyances politiques françaises n’opèrent plus. Les notions de capitalisme et de socialisme, de libéralisme et de dirigisme, de droite et de gauche sont à des années-lumière de la révolte des ronds-points. En témoignent les références à la Révolution française et l’impuissance des partis comme des syndicats à s’insérer dans le mouvement.

Quant à l’opposition entre gagnants et perdants de la mondialisation – qualifiés par le pouvoir de progressistes et de populistes –, elle paraît bien abstraite tant les trajectoires personnelles se mêlent ici aux catégories sociales. Le propre de Facebook, premier outil de la mobilisation, est de fédérer des personnes autour d’affinités multiples. Les critères d’adhésion, cela a été bien décrit, sont autant sociaux qu’individuels. En outre, les effets de réseau sont massifs : le coût du ralliement est nul, l’utilité de la mobilisation croît très vite. Relayées par les chaînes d’information continue, les images perlées de jaune ont magnifié le déploiement. Les groupes d’amis stimulés par les algorithmes se sont mués en ronds-points, télévisés par BFM, réverbérés par Twitter… Même les écologistes, pourtant dindons de la farce, ont voulu devenir amis le temps d’un défilé. Le gilet jaune a habillé la fonction like, laquelle s’est étendue au soutien de l’opinion.

Dans un vide idéologique abyssal, ce mouvement a polarisé les médias et entretenu une chronique relançant les épisodes hebdomadaires. La sidération du pouvoir a conforté un nihilisme générateur de violence et d’angoisse. Les casseurs ont débordé les gilets, envahi les médias, saturé la mobilisation. Enfin, les poursuites judiciaires, l’octroi de mesures fiscales et la promesse d’un grand débat national ont inversé les effets de réseau. La saison I s’achève en spasmes. La crise institutionnelle n’est pas réglée pour autant.

Par chance, la nature a horreur du vide. Face à la faillite des idéologies anciennes, de nouvelles théories ont surgi. Certes, leur part de marché est encore faible. Mais elles ambitionnent de refonder les sciences sociales et se prêtent volontiers au test des événements : leur crédibilité dépend de leur confrontation aux faits.

Le discours le plus abouti à ce jour est la théorie des ordres sociaux, cosignée en 2009 par l’économiste Douglass North, le politologue Barry Weingast, et l’historien John Joseph Wallis. Six mois avant l’élection d’Emmanuel Macron, j’en ai publié un bréviaire appliqué aux situations française, européenne et chinoise. On peut tenter ici de la croiser aux Gilets jaunes. Résumons la brièvement.

Gilets jaunes à Bordeaux, le 22 décembre 2018.
Patrice Calatayu/Flickr, CC BY-SA

La France d’accès ouvert

L’idée de base est que la priorité de toute société est de contenir la violence. L’économie n’est jamais qu’un moyen. Chaque société s’organise dans ce but selon deux modèles, deux ordres sociaux types : les États naturels, dits aussi ordres d’accès limité en cela que l’État contrôle l’accès à la propriété et aux organisations, et les ordres d’accès ouvert où économie et politique sont largement découplés.

Dans les États naturels (85 % de la population y vit), la violence est confiée à une élite qui échange des accès – des privilèges, des ressources économiques – à des vassaux. L’économie est manipulée, conditionnée à un soutien politique, lequel passe bien souvent par des relations personnelles. Il n’y a pas lieu de s’y étendre ici.

Dans les ordres d’accès ouvert auxquels ressortit la France, la politique est découplée de l’économie sous couvert de l’État de droit : chacun peut accéder à la propriété et créer des organisations. L’État veille au fonctionnement concurrentiel des marchés. Les citoyens sont égaux devant la loi dans une société où priment les relations impersonnelles, ce qui permet l’extension d’une couverture sociale unifiée, sans passe-droit. L’État encadre le recours à la force, c’est son rôle premier, mais de manière légale, institutionnalisée.

Le pouvoir politique est statutairement révocable au gré des coalitions de groupes d’intérêt ; lesquels se reconfigurent sans cesse sous l’effet de la concurrence dans l’économie – la destruction-créatrice décrite par Schumpeter. Ces groupes d’intérêt sont représentés par des organisations syndicales ou politiques concurrentes qui participent aux élections. Les ordres d’accès ouvert sont donc caractérisés par une double dynamique : celle des marchés économiques d’où émergent des groupes d’intérêt, celle des marchés politiques où des organisations concourent pour les représenter.

Seulement, il en va des marchés politiques comme des marchés économiques : ils fonctionnent plus ou moins bien selon que les organisations en place bloquent ou non l’entrée de concurrents. Car le découplage entre économie et politique vise à empêcher la sédimentation de rentes et le pouvoir corrupteur des rentiers. Ce qu’on nomme ici rentes est l’octroi de privilèges, de statuts, d’offices réservés à des groupes sociaux spécifiés. Ces groupes sont bien organisés pour défendre leurs avantages, et souvent surreprésentés. Or, plus la concurrence économique est intense, ce qui est le cas dans la mondialisation, plus le marché de la représentation syndicale et politique doit pouvoir se remodeler.

À défaut, les rentiers tiennent les politiques en otage et bloquent l’entrée des innovateurs. Les politiques, quant à eux, verrouillent leur marché par le cumul des mandats et les règles de cooptation. Au final, les tensions économiques s’aggravent jusqu’à ce que les politiciens historiques soient battus.

Le plus souvent, les historiques sont défaits par des politiciens populistes dénonçant les élites et la trahison du vrai peuple qu’eux seuls prétendent incarner. Les populistes prospèrent sur les failles des institutions représentatives. Ils peuvent menacer l’État de droit, mais aussi engager des réformes que les politiciens classiques étaient impuissants à mener. L’originalité de la situation française est que la débâcle des partis historiques a été telle qu’un entrant non populiste a pu créer sa formation et se faire élire dans la foulée. Mais l’élection n’est pas l’exercice du pouvoir, lequel peine à se passer d’un marché efficace de la représentation.

Les Gilets jaunes, Bordeaux, le 22 décembre 2018.
Patrice Calatayu/Flickr, CC BY-SA

De l’importance des capteurs

Dit autrement, Macron a bien saisi l’opportunité historique que lui offrait la chute des partis traditionnels. Il a compris qu’il pourrait s’en servir pour introduire des réformes structurelles restaurant la croissance économique. Il a vu aussi qu’il lui faudrait pour cela affaiblir les organisations de rentiers. Mais il a négligé l’émergence de nouvelles offres de représentation. Son procès en arrogance et en favoritisme découle de cela.

En effet, comment suivre le moral des salariés avec un taux de syndicalisation de 11 % dont seulement 8,4 % dans le secteur privé ? Les salariés pauvres hors des grandes entreprises sont totalement ignorés. Ce sont eux qu’on a vus sur les ronds-points. Certes, leur situation doit beaucoup et depuis longtemps au monopole des syndicats historiques qui ont instrumenté les conventions collectives et les organes paritaires au profit de leurs seuls mandants. Mais briser ce monopole ne suffit pas à restaurer une représentation fiable, cohérente et efficace du monde du travail. Et si la revalorisation du smic par la prime d’activité ou la défiscalisation des heures supplémentaires peuvent calmer le symptôme, elles ne traitent pas la cause du mal.

De même, la fin du cumul des mandats locaux et nationaux permet de réduire le clientélisme (il s’effondre tout seul à Marseille) et de régénérer le personnel politique. Mais elle brise aussi le lien informationnel canonique entre les territoires et le pouvoir central. Il faudrait donc en même temps que cesse le cumul, instaurer des formes de coordination nouvelles. Au lieu de cela, les maires ont été sevrés de ressources – contrats aidés, APL, taxe d’habitation – et d’interlocuteurs nationaux.

Comment alors prendre le pouls des quartiers pauvres, des zones rurales isolées ? Comment anticiper les effets des décisions centrales ? Quelle que soit la finesse d’un Benalla, l’État ne saurait être renseigné que par des officines… Que ledit Benalla ait déclenché la fronde des élus signe aussi qu’il incarnait un rapport occulte à l’information substitutif des canaux traditionnels.

Les économistes ont beau dire que tout est modélisable, rien ne vaut une bonne transaction. Dit autrement, avoir de bons capteurs des effets locaux d’une réforme permet d’en anticiper l’impact plus sûrement qu’un modèle théorique. La consultation de salariés représentatifs et de collectivités locales aurait permis d’ajuster nombre de mesures conspuées ou d’orienter les choix vers des alternatives. Le problème de fond est alors de trouver et de coordonner ces médiateurs. Il est institutionnel.

Gilet jaune à Bordeaux, 15 décembre 2018.
Patrice Calatayu/Flickr, CC BY-SA

La démocratie sera-t-elle compétitive ?

En effet, dans la mondialisation, la destruction-créatrice et les enjeux environnementaux dessinent des groupes d’intérêt bien plus nombreux et plus mouvants que durant les trente glorieuses. Il importe donc d’instituer des modes de représentation des citoyens aussi dynamiques que les transformations auxquels ils sont soumis.

Face à nous, la Chine restreint les libertés mais surveille les réseaux sociaux pour sonder les préférences et trouver des consensus permettant de faire passer de très nombreuses réformes. La forte croissance dont elle jouit facilite ce processus. Les Gilets jaunes n’y auraient jamais eu ni le droit ni le besoin d’investir des ronds-points. Leur humeur, à n’en pas douter, aurait cependant été soigneusement « écoutée » et probablement entendue.

Les pays occidentaux ont, quant à eux, une tradition démocratique valorisant l’individu, mais génératrice de nombreux blocages. La démocratie représentative repose sur des mandats, des délégations, autrement dit des transactions génératrices de coûts et de dérives. Facebook, on l’a vu, ne saurait s’y substituer. Pas plus que des référendums ad hoc livrés aux calculs politiciens. Quant au grand débat national, s’il ne débouche pas sur des apports institutionnels, ce ne sera qu’un coup de bluff.

Le défi majeur des démocraties occidentales est d’améliorer en couverture, en qualité de service, en réactivité, leurs organisations représentatives pour les rendre compatibles avec un rythme de réformes qui ne saurait ralentir. La France jacobine et éruptive va devoir s’y adapter.

Olivier Bomsel, Senior Researcher (HDR) and Professor, Director of the MINES ParisTech Chair of Media and Brand Economics, Mines ParisTech

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation

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  • excellent article, merci.
    le verrouillage syndical et politique, les citadelles administratives,le capitalisme de connivence ont verrouillé ce pays..
    Hélas je ne pense pas qu’on puisse y remédier par consensus, l’histoire nous enseigne que la france ne progresse jamais par consensus.
    Le pouvoir ne se donne pas , il se prend, et je crains que les verrous ne sauteront que contraints et forcés, par une déstabilisation générale de l’Administration et des organisations paritaires.

    • C’est ce qui est en train de se passer. Les GJ tentent de prendre le pouvoir sur l’oligarchie technocratique, et de le consolider via le RIC. Seul à même, à mon sens, de construire une démocratie digne de ce nom en France…

      • Auriez-vous le temps d’écrire quelques paragraphes expliquant comment le RIC permettrait de construire une démocratie « digne de ce nom » ? Personnellement, ça me paraît totalement surréaliste de penser que le Ric puisse faire autre chose que censurer, et surtout pas construire quoi que ce soit.
        Prenons l’exemple du logement, devenu un problème majeur puisqu’il est inadapté à l’économie et aux territoires. Comment le RIC améliorerait-il la situation ?

        • Pas besoin de paragraphes. Allez juste jeter un coup d’oeil en Suisse (votations). Ce pays est 9eme au classement de l’indice de démocratie (démocratie pleine). Nous sommes 29eme (démocratie imparfaite).

          • la france n’est pas la suisse, j’espère que çà ne vous a pas échappé

            • Pourquoi ?
              Croyez moi le thermomètre dans le fion montre +/- 37°C tout pareil des deux coté de la frontière.
              Y doit y avoir autre chose, peut être dans la tête…

              • dans la tète ,dans le sens des responsabilités, dans la formation, dans la culture , dans les principes fondateurs..
                La france ne sera JAMAIS la suisse, helas

            • Traitez les gens en irresponsable et ils agiront en irresponsables. Traitez les en responsable et ils seront responsables…

              • @Joe Bar Qui est ce « vous » qui traite les hommes d’une certaine façon ?
                Le fameux qui sait ce qui est bon pour moi, pour vous et tout les autres ?
                Je vous blague..je comprends ce que vous dites, mais va falloir ouvrir des camps de rééducation pour ceux qui ne connaissent même pas le sens du terme responsable ( et ce que cela implique ).
                Pensez vous sérieusement qu un outil ( le RIC) nous rendra plus libre et moins soumis à la loi du plus fort ? En même temps mon vice c est d’ être soumis au Droit naturel, pas au Peuple, ni à sa majorité votante ou vosciférante.
                Et je me rends bien compte de la difficulté de tenir cette position, je doute, forcément, puisque j exècre toute forme de pouvoir politique.
                Mais les gilets jaunes je m y suis frotté. J y ai vu des gens très sympathiques, comme les français très souvent, mais tous avec cette idée fixe que la solution viendra d’ailleurs et que les riches volent les pauvres et que le pognon faut aller le chercher là où il est. Irrécupérables. Je ne suis peut être pas allé dans les bons endroits…

                • Et pourtant, et pourtant… Faut faire avec ce qu’on a. Si vous envisagez de rester en France, il faudra faire avec les Français. Si vous envisagez de partir, tout cela n’a que peu d’importance.
                  Sur un autre fil, on demandait (Cernu, je crois) quelle est la limite de sa liberté. Et je lui ai répondu que c’est celle des autres, évidemment. En ajoutant la règle d’argent : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse. » Je me suis pris un -1 de suite 😉
                  Et plus loin dans l’échange, je lui ai conseillé de faire davantage confiance à son prochain qu’à l’Etat. Certes, les hommes ne sont pas parfaits. Et les Français ne font pas exception. Mais ce sont nos semblables et nous n’avons pas beaucoup d’autres choix que de les côtoyer. Sauf à devenir ermite, n’est-ce pas ?
                  Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas le seul à être mal à l’aise.

                  • Votre -1, c’est sans doute parce que vous avez oublié « ne fais pas à autrui ce qu’il ne veut pas que tu lui fasses », qui présente une certaine nuance avec votre interprétation.

                    • Lisez svp Taleb pour comprendre la différence de nuance. Elle est fondamentale même. Regardez mieux.

                    • Accessoirement, je lisais déjà Taleb il y a des décennies, alors que Contrepoints n’existait pas encore. Non, c’est trop facile de renvoyer à Taleb. Il y a un problème fondamental auquel vous n’apportez pas une réponse satisfaisante : la liberté et les droits naturels ne se définissent pas par l’individu, en fonction de ce qu’il n’aimerait pas qu’on lui fasse comme vous dites, mais ils existent indépendamment de ce qu’en pense l’individu. Ca ne vous gêne pas d’être imposé à mort au-delà d’un certain seuil de revenus ? Ca ne vous donne aucun droit de le faire à autrui. Ca vous choque que le maintien de l’ordre se fasse d’une certaine manière entre un gendarme et un manifestant ? Ca ne vous donne aucune légitimité pour prendre position pour l’un ou pour l’autre en renonçant à une analyse globale.

                    • Vous l’avez lu il y a des dizaines d’années, toutefois ce sujet est traité dans son dernier livre et il explique bien où ça cloche avec votre approche. D’ailleurs, dans ma langue maternelle le proverbe populaire ancien dit exactement ce que j’avais dit au départ. Oui, bon, c’est un peuple de cons, mais quand même…
                      Le problème est l’abstraction, voire le relativisme. Si vous me dites que vous aimeriez être imposé à mort, c’est possible, mais j’ai quand même quelques doutes ;). Mais si vous me dites que vous croyez que les autres l’aimeraient, c’est déjà autre chose.
                      Lorsque vous évaluez une action par rapport à vous même, il n’y a pas lieu de doute, vous savez ce que vous en pensez et quelle est votre opinion. Donc, si chacun s’interdit de faire à autrui ce qu’il n’aimerait pas subir, il y aura forcément un équilibre, lequel sera donné par la majorité des points de vue. On parle de gens libres, qui prennent leurs décisions en toute connaissance de cause. Rappel : l’homme n’est pas parfait, donc une société humaine ne sera pas parfaite non plus.
                      Si vous faites l’évaluation par rapport aux autres, vous vous basez sur quoi ? Sur des on-dit, sur des normes morales extérieures, etc. Ce n’est certainement pas mieux.

                  • Oh je côtoie les hommes, je pense même que je les aime, puisque je n’aime pas qu’on les dirige, mais delà à devenir collectivistes ou à me soumettre à une majorité lu à une minorité. lol.
                    Je fais donc avec, comme certains font avec moi, je ne contrains jamais personne, contrairement à certains qui en font carrière. Je collabore avec qui je veux et le veut bien et je ne collabore pas avec ceux dont je n adhère pas au projet, meme si leur projet emmerde le pouvoir politique.
                    Et pourquoi est ce moi qui devrait partir ? Je me marre bien et je ne réclame rien.

        • Sur le logement, je vous retourne la question : la technocratie a t-elle trouvé la bonne martingale ? Aux dernières nouvelles, à part le blocage des loyers, plus ou moins annulé par la Justice, quoi de neuf ?

          • Réponse de politicien !
            Ceux qui sont au pouvoir n’ont pas apporté de solution, donc ça vous dispenserait de devoir, vous, en apporter une ? Si c’est ce que vous pensez, désolé de vous dire ça, mais vous ne valez pas mieux qu’eux.

        • Le RIC est un outil parmi d’autres. Il ne résoud pas tout. Même en Suisse il y a des institutions… dont nous ferions bien de nous inspirer.

        • @MichelO,
          Sais pas. Le principe du RIC donnerait une voix aux propriétaires aussi bien qu’aux locataires. Les résultats pourraient être intéressants (imaginez de mettre aux urnes la loi débile qui autorise les squatters de + de 48h à devenir maîtres des lieux…)

        • Cela construit de la confiance, à défaut d’autre chose. Et c’est déjà énorme.

      • et vous croyez qu’ils vont y arriver? je me marre

      • joe bar
        les Gj ne pourront pas prendre le pouvoir, c’est évident
        pour l’instant les extrêmes les cornaquent en vue des européennes
        c’est tout

  • Article remarquable sur l’analyse du contexte institutionnel français ayant abouti aux GJ.
    Il y manque à mon sens un rappel du principe de subsidiarité dont l’érosion historique (depuis 1789, révolte contre l’absolutisme d’Etat) a en effet généré une organisation institutionnelle centralisée sous la coupe d’une nomenklatura politique (y compris syndicats et partis « installés »)ou économique (via les grosses entreprises conniventes), éloignant de plus en plus le « peuple » de ses gouvernants.
    La privation par Macron de moyens locaux citée dans l’article (taxe d’habitation, gestion locale des allocations sociales) en est le dernier avatar, faisant suite aux « réformes » totalement ratées de régionalisation engagées par Hollande et ses prédécesseurs.
    Ajoutons que les campagnes présidentielles, grands moments de la vie politique française, n’ont pas jamais permis de mettre sur la table les grandes questions dont elles auraient dû prioritairement débattre telles que le rôle, la place et les missions de l’Etat dans notre organisation, les règles de contrôle de son activité, le statut des agents publics, la concurrence au sein des activités de service public, le poids budgétaire et l’organisation de la solidarité, les grands principes de la fiscalité etc etc.
    Si on ne peut qu’être d’accord avec le principe d’une consultation démocratique directe permettant (sous réserve des règles du jeu du dispositif choisi) de rattraper quelques dérives du système ultra centralisé actuel, il va de soi qu’il ne sera qu’un gadget supplémentaire sans réforme structurelle permettant de réhabiliter la subsidiarité dans notre organisation institutionnelle.

  • les politiques Gauche et Droite ont créer un Monstre pour garder leurs privilèges == LE FRONT REPUBLICAIN == à partir de ce moment là , plus rien ne peut se faire ,
    ce sont auto-détruit eux mêmes….Et puis est arrivé, une autre politique sur les cendres du Front Républicain , où pour toujours garder leurs priviliges vendraient Pères et Mères . La moralité n’est pas c’est ces gens là ,un critère
    loin de là… Comment ce pays notre France va t-il renaître ? …

  • La découverte de cette théorie des ordres sociaux est intéressante, bien que l’utilisation du terme « Etats naturels », pour désigner ce que nous préférons considérer comme des dictatures, soit assez perturbante.

    L’histoire ne pourra juger si les évènements de ces 2 dernières années s’inscrivent dans cette théorie que lorsque cette séquence sera achevée, mais on peut déjà supposer qu’elle trouvera un lien de continuité entre l’élection de 2017 et le mouvement GJ.

    En effet, dans la « destruction-créatrice » de la prise du pouvoir et son exercice par Macron, la destruction des organisations en place ne pouvait qu’être un préalable à la reconstruction de nouvelles. Mais la soudaineté de ce mouvement des GJ traduit l’urgence de passer à la phase de création, si nous ne voulons pas rejoindre les 85% …

  • Devrait etre inscrit dans la Constitution , qu’un Budget D’ÉTAT ne peut être déficitaire et que si vous voulez le faire , C’est le peuple Souverain lors d’un référendum qui donne son Aval .. c’est les contribuables , impôts, taxes , qui paient la note !!! Ministre des finances n’a aucune responsabilité Pénale et Financière , bien regretable d’ailleurs car ces gens là se gavent sur notre dos !!!

  • Le grand débat est destiné à gagner du temps, en espérant l’usure ees GJ… et de la population. Il est probable qu’on essaiera de noyer les vraies revendications, sur la fiscalité donc les dépenses publiques et les institutions sous un tas de revendications de redistribution. Donc une révolte contre l’Etat risque de se transformer en appel à davantage d’Etat. Du moins, c’est ce que le gouvernement espère.

    • je suis d’accord.. la recuperation a fait son oeuvre , le pire c’est que les GJ se sentent meme pas qu’on les manipule

      • Je n’ose plus me prononcer sur la ferveur socialiste au sein du mouvement GJ. Par contre j’ai l’impression qu’il y a pour l’instant une méfiance de bon aloi vis-à-vis du « grand débat ».

  • Très heureux d’apprendre que Madame Chantal Jouanno refusait de conduire le débat prévu à cause de son salaire brut de 15.662 euros et qui serait critiqué. Mais combien de parasites actuellement payés de ses montants sont rémunérés dans notre République.? Nous qui par contre sommes imposés par la CSG instaurée par Mr Macron pour rétablir soit disant les Finances Publiques.?

  • Je ne suis pas en France pour tout comprendre ce qui s’y passe mais j’ai l’impression c’est du « déjà vu » http://photos-non-retouchees.over-blog.com/2019/01/50-ans-plus-tard-ca-recommence.html

  • Je lis peut-être mal, je suis peut-être hypersensible sur ce sujet, mais il me semble qu’on arrête pas de voir en Macron ce qu’il n’a jamais été.
    Macron a bien saisi l’opportunité historique que lui offrait la chute des partis traditionnels.
    Jusque là, tout va bien.
    Il a compris qu’il pourrait s’en servir pour introduire des réformes structurelles restaurant la croissance économique. Il a vu aussi qu’il lui faudrait pour cela affaiblir les organisations de rentiers.
    Ce qu’il a compris, je n’en sais rien, je ne suis pas dans sa tête. Mais si l’auteur croit que, si Macron avait vu et compris tout cela, c’était pour appliquer, il se trompe énormément. Macron est arrivé au pouvoir suivant le principe « il faut que tout change pour que rien ne change ». Cela était évident pour certains bien avant les élections et rien, je dis bien RIEN de ce qu’il a entrepris depuis ne le contredit.
    Son procès en arrogance et en favoritisme découle de cela.
    Ah bon ? Et moi qui croyais que son procès en arrogance et favoritisme découle de son arrogance et de son favoritisme…

    • Oui, on fait volontiers commerce d’indulgence (envers Macron) dans les media …

      Qui sera le Calvin de la presse ?

    • @durru
      « RIEN de ce qu’il a entrepris depuis ne le contredit.

      Je crois voir au contraire que le peu qu’il a tenté dans le sens de ses propos de campagne, il se l’est pris en pleine gueule comme un boomerang (mini hausse de la CSG retraite, mini réduction de l’APL, timide réduction du stupide ISF …), alors maintenant il marche sur des œufs, commence à reculer, et s’il ne se resaissit pas vite, tout le monde comprend qu’on en fera ce qu’on veut: spoliation, spoliation, spoliation de tout le monde puisque les derniers « riches » s’en vont.

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