Notre-Dame en flammes : un fait géopolitique

À peine les flammes éteintes, le projet de dénaturation de l’identité apparaît, ceux qui protestent à l’idée d’une flèche d’Art contemporain sont déjà diabolisés. OPINION

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Notre-Dame en flammes : un fait géopolitique

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 avril 2019
- A +

Par Aude de Kerros.

Le monde a vu brûler Notre-Dame de Paris en direct, les réactions ont été immédiates. L’examen de leur contenu révèle un phénomène géopolitique concernant l’Art. Quand en 2001, le monde entier a vu également en direct s’effondrer les Twin Towers, les terroristes ont crié victoire mais le reste du monde s’est ému. On déplora 2 750 morts mais personne ne pleura les tours, symbole de la puissance américaine aux yeux du monde entier.

Dans le cas de la destruction de Notre-Dame, il n’y pas eu de morts et les causes restent hypothétiques, terrorisme ou négligence des institutions à l’égard du grand patrimoine ? Comme pour New York, la déploration n’a pas été unanime : les réseaux sociaux ont trahi satisfactions et cris de joie non commentés par la presse, mais aussi titres et déclarations venues des cinq continents, où l’on constate que l’incendie a été vécu comme une épreuve partagée avec les Français.

Le Grand’art serait-il un corps doué d’une âme ?

Le contenu des messages est inhabituel. Il ne ressemble pas à des condoléances. Ici le malheur les accable autant qu’il nous accable. Quel est-il ? La cathédrale, grande œuvre d’art par sa forme et son contenu, est désignée comme un être ayant un corps et une âme indissolublement liés. Ce bâtiment est un être, un parent, que le monde entier regarde mourir en éprouvant souffrance personnelle et angoisse. N’est-ce pas mystérieux ? L’œuvre d’art aurait- elle une âme chevillée à son corps ?

Le phénomène est surprenant car l’Art, celui qui est subventionné par l’État en France et dans le reste du monde, l’est de façon privée, par collectionneurs, grandes marques et groupes financiers : l’Art contemporain — international — du haut marché, répond à une définition exactement contraire à celle évoquée plus haut. Il n’est pas de célébration mais de critique, il ne crée pas, il déconstruit, il applique la dérision à tous les arts civilisationnels et en particulier à l’art Occidental, considéré comme particulièrement peccamineux. Seul un art global, « contemporain » mais sans identité, pourrait apporter la paix et la concorde internationale.

La deuxième surprise est que cette cathédrale est qualifiée dans les messages comme ayant à la fois une identité française, européenne et une qualité universelle… qu’est-ce-à dire ?

L’attachement à sa propre identité n’est donc pas un obstacle à la relation avec une autre tout aussi attachée à la sienne ? L’art serait-il plus qu’une marchandise, un produit financier, un support de propagande idéologique ? Un lien positif au-delà des conflits politiques entre des cultures différentes ? Voilà qui n’est plus enseigné dans nos écoles. Y aurait-il une distance entre le réel et l’idéologie mainstream ?

En l’espace de quelques heures tout au long de la tragédie visuelle vécue par le monde entier, la notion moyenâgeuse de l’art, formulée par Saint Thomas et l’Abbé Suger après l’avoir été par Aristote, remonte comme une pousse au printemps. Serait-ce une notion naturelle que l’on observe depuis le paléolithique ?

L’art circule dans le monde parce qu’il est beauté habitée de sens et en cela partageable malgré la différence des conditions et cultures. Entre 7 h du soir et 10 h du matin nous avons formé une humanité planétaire soudée devant le spectacle de notre âme commune, brûlant dans un corps de pierre. L’homme se reconnaît anthropologiquement dans l’art de l’autre. Plus encore, il a besoin pour se dépasser de la différence avec l’autre et de l’échange. Sans cela, c’est la stérilité et la mort.

Cela n’empêche pas que l’Art contemporain international, le seul dont on dit dans les grands médias qu’il existe, soit un très bon produit financier patrimonial. Il est très fluide dans l’international, discret, défiscalisé. Il a de multiples usages et avantages, son rendement annuel est de 8 % en moyenne, chose remarquable à une époque où les taux d’intérêt sont presque nuls, voire négatifs. Grâce à quoi, au-delà de tous les dons spontanés de tout un chacun dont l’âme exige impérieusement d’être restaurée, quelques grandes fortunes font des dons conséquents. Il est intéressant de remarquer cependant que les montants de leurs dons ne sont pas très éloignés des plus hautes cotes de leurs artistes collectionnés en réseau : un Balloon Dog de Koons, édité en 5 exemplaires, a une cote de 58 millions de dollars, un tableau de David Hockney, 90 millions de dollars.

La flèche mise à l’encan

Si l’on regarde le phénomène du côté français on observe quelque chose qui est condamné par la morale des élites au pouvoir : l’expression d’un attachement profond et charnel à cette cathédrale, faisant partie de son identité.

La somme recueillie en 24 heures pour une cause qui n’est pas matérialiste a même choqué, provoqué une polémique : comment peut-on trouver tant d’argent en France pour une cause non humanitariste ?

Il faut sans doute y voir une occasion rare d’exprimer une profonde tristesse et colère d’être sans cesse humiliés par l’installation permanente d’œuvres éphémères ou permanentes, financées en grande partie par le contribuable, dans le patrimoine français le plus prestigieux. Leur but déclaré publiquement est de le tourner en dérision, déconstruire, détourner, etc. Ainsi, vagin de la reine, plug anal, bouquet de tulipes, Arc de Triomphe emballé, Grande Roue de la Concorde promue œuvre d’art, etc.

Aussitôt que les millions d’euros ont afflué, le chef d’État a annoncé qu’un concours international serait ouvert aux architectes pour créer une nouvelle flèche. Et tout recommence ! Tout le monde sait que c’est une occasion exceptionnelle de célébrité, à condition d’obéir aux consignes de la contemporanéité en art : il faut déconstruire, transgresser ce qui existe. Quand Viollet-le-Duc a proposé une flèche non identique à l’ancienne disparue depuis longtemps, il l’a conçue gothique, dans l’esprit du lieu.

À peine les flammes éteintes, le projet de dénaturation de l’identité apparaît, ceux qui protestent à l’idée d’une flèche d’Art contemporain sont déjà diabolisés. En 2000, un projet visant à coiffer les tours de Notre-Dame de deux derricks en fer a failli aboutir…

Le Grand’art redevient une réalité anthropologique pendant les 15 heures

Notre-Dame en flammes a fait apparaître un profond clivage dans la façon de considérer l’Art dans le monde. New York s’est effacé devant Paris le temps de l’incendie. Pendant une nuit, le cœur du Grand’art battait en France… et cela alors même que les bilans 2018 du marché de l’Art contemporain de 2018 annoncent l’Amérique en tête, après avoir été plusieurs années au deuxième rang derrière la Chine.

L’usage de l’art comme soft power pour renforcer une hégémonie géopolitique triomphe aujourd’hui financièrement, mais est contesté sur le fond. Trop vide, trop attaché au principe de dérision, sans beauté, il ne peut pas traverser les siècles comme une cathédrale. La révolution technologique permet une libre connexion entre affinités civilisationnelles, libres, désirées, essentielles à la vie des arts. Qui peut empêcher le phénomène naturel de pollinisation ?

L’Art périt en circuit fermé, vit en milieu ouvert, se nourrit de la différence, emprunte sans copier et coller, assimile, se métamorphose, continue les civilisations sans les trahir. L’Art unique uniforme et global est une utopie totalitaire. L’art actuel, hors du système financier, existe pour durer, même non rentable, dans la suite de l’Art des grandes civilisations. Il a été aperçu, reconnu en regardant la cathédrale en flammes.

Voir les commentaires (16)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (16)
  • c’est l’exploitation politique de l’événement qui pue.. et bien sur comme d’habitude : pas de responsables

    •  » et bien sur comme d’habitude : pas de responsables  »

      Pour l’heure mieux vaut pas de responsable plutôt que d’espérer des responsables ou plutôt des coupables bien ciblés d’avance que beaucoup aimeraient bien afin de se conforter dans leur croyance ou leur délire obsessionnelle.

  • Hollande et Hidalgo ont demandé à deux architectes fin 2016 d’établir un projet pour la rénovation spectaculaire de l’île de la cité pour la transformer en zone futuriste, ce projet a été repris par Macron… avec un objectif de fin des travaux pourles JO (pour la première phase)
    Qui a eu connaissance de ce projet contrsté tabt au niveau local qu’à celui de l’Eglise?
    http://www.missioniledelacite.paris/actualites

    L’observation attentive de la maquette et, en particulier la flèche de Notre-Dame, soulève bien des questions, en particulier dans la vidéo qui évoque le projet à l’horizon 2040:
    https://profidecatholica.com/2019/04/22/le-toit-moderne-de-notre-dame-de-paris-presente-sur-le-projet-de-metamorphose-de-lile-de-la-cite-en-2017/

    Ce n’est pas complotisme – la grande accusation de la pensée conforme pour nous empêcher de penser – que de regarder les faits.
    Et les faits, c’est d’une part, cet incendie suspect pour lequel « on » nous indique avant toute enquête qu’il s’agit d’un accident, et d’autre part, l’enchaînement d’actes, de décisions, de manipulations, qui visent à gommer, dissoudre peu à peu, les valeurs issues du christianisme sur lesquelles notre société, et plus largement les sociétés européennes, se sont construites. Il ne s’agit pas de chapelle, mais de civilisation. L’homme ne vit pas que d’efficacité économique et d’échanges marchands.

  • Si les architectes veulent marquer leur siècle, qu’ils aillent exercer leurs talents ailleurs que sur Notre Dame de Paris. Il y a même un projet avec un toit végétalisé où on pourrait se promener, une flèche en verre d’où on pourrait voir Paris, et pourquoi pas un centre commercial sur le toit ou un restaurant gastronomique ou un minaret au nom de l’oecuménisme ou de la dhimmitude? Pour la vue sur Paris, il y a la tour Eiffel et son restaurant gastronomique, pour le centre commercial, il y a les grands magasins comme Le Printemps ou Les Galeries Lafayette où on peut aller sur leurs toits, pour le toit végétalisé, on a la coulée verte bâtie sur l’ancienne ligne de chemin de fer, pour le minaret on a déjà du pape François qui préfère ramener des clandestins musulmans que des Chrétiens d’Orient . Quant à faire une analogie avec la pyramide du Louvre, celle ci n’a qu’une fonction, l’entrée des visiteurs mais elle n’a sûrement pas une dimension religieuse, spirituelle, artistique.
    Tout le monde semble avoir oublié que Notre Dame de Paris a été construite pour célébrer le culte religieux catholique. Tous les bâtisseurs de Notre Dame l’ont bâtit dans cet esprit. La flèche est le symbole de l’élévation de l’âme vers le ciel, vers Dieu.
    Alors tous ces « marchands du temple » sont indignes, méprisables, lamentables, de vrais connards sans aucune culture!!!

    Et je me pose la question si Versailles avait brûlé, qu’aurait on fait? le reconstruire à l’identique ou donner la place aux délires d’architecte? je pense qu’ on aurait reconstruit à l’identique! Mais Notre Dame c’est une cathédrale et tous nos bouffeurs de curé seraient bien trop contents de faire disparaître la destination première de cette cathédrale pour la réduire à un simple monument touristique et commercial.

    Tant que nous saurons pas que Notre Dame sera réparée à l’identique, je refuse de donner quelque argent.

  • Après les deux marchands du temple que sont Hollande et Hidalgo, Macron reprend « le flambeau ».
    Hollande et Hidalgo ont demandé à deux architectes fin 2016 d’établir un projet pour la rénovation spectaculaire de l’île de la cité pour la transformer en zone futuriste, ce projet a été repris par Macron et doit être terminé pour les JO…
    Qui a eu connaissance de ce projet ?
    http://www.missioniledelacite.paris/actualites

    D’autant qu’il a suscité des oppositions locales et du côté de l’Eglise
    Commentaire du Père Pierre Vivarès :
    « La maire de Paris a « vendu » le parvis de Notre Dame à Auchan et Unibail pour créer le projet des deux îles, après le départ du Palais de justice, du quai des Orfèvres et de l’appauvrissement de l’Hôtel Dieu.
    Le groupement des architectes des 4 premiers arrondissements de Paris a plusieurs fois alerté les pouvoirs publics sur ce projet. Un trou dans le parvis sur trois niveaux, genre Les Halles, des barges pour des boites de nuit sur la Seine, et d’autres réalisations au service de l’Homo Festivus hidalgien sont prévues.
    L’île de la cité au XIIIe siècle était le siège de trois signes fondateurs : le roi, qui avait son palais à côté de la Sainte Chapelle, l’Église, avec la cathédrale, et l’Hôtel Dieu pour que la charité chrétienne, inconditionnelle, fût au cœur des pouvoirs. Le palais a disparu, la cathédrale est abîmée, l’Hôtel Dieu n’est plus que l’ombre de lui-même.
    C’est ainsi le cœur de la France qui s’est vidé pour être remplacé par un Disneyland touristique, festif et économique.
    Le Président de la République nous explique avec des trémolos dans la voix la grandeur de cette France de bâtisseurs, mais ces bâtisseurs avaient un projet : ils ne construisaient pas pour construire. Ils élevaient des lieux au service du bien commun, de la spiritualité et de l’unité nationale.
    C’est cela la France, pas le génie des bâtisseurs pour un lieu touristique mondial.
    Vouloir rebâtir en cinq ans manifeste le cœur de la philosophie présidentielle et de la mairie : Paris doit être au service de la fête, des jeux, du tourisme…
    L’absence de temps est le signe de l’absence d’une maturité spirituelle et d’un projet qui dépasse les temps électoraux et les rendez-vous opportunistes, les générations et les circonstances.
    On ne fonde pas une nation sur ces valeurs festives, certes utiles, mais légères.
    On la fonde sur ce qui éduque, ce qui élève, ce qui fait grandir.
    J’ai peur que Notre Dame avec cette hâte soit une fois de plus nationalisée pour le service d’une idéologie politique communale et nationale pauvre et non au service du beau, du bien et du vrai, ce pour quoi elle fut construite il y a 850 ans.
    Si Notre Dame est un peu l’âme de la France c’est parce qu’elle est le signe de ce qu’il y a d’éternel en l’homme.
    Il faut que la mairie reprenne à zéro ce projet pour l’île de la Cité et propose ce qui fait l’âme de la France et que la terre entière attend, regarde et copie. »

    L’annonce du concours international d’architecture pour la flèche et le délai de cinq ans prennent tout leur sens quand on connaît ce projet. Quelle que soit, d’ailleurs, la cause de l’incendie.

    “Vous avez fait de la Maison de mon Père un repaire de voleurs et de marchands, souvenez vous de ces paroles pour que votre compassion devienne de l’humilité”

  • Excellent article : il n’est hélas pas si fréquent de voir dénoncer aussi nettement ce mépris du Patrimoine, à commencer parmi les personnes qui sont payées pour le préserver ; effectivement, combiné à la recherche frénétique de « petits arrangements entre copains artistes » (du genre « je place ton gros merdon en ferraille clignotante et pétaradante pendant 6 mois dans la grande salle des meubles du XVIIIe siècle du château de X dont je suis le conservateur ce qui fera gueuler les blaireaux – très bon pour te faire connaître, mon coco – et tu me présenteras et recommanderas à tes influents copains lors de la prochaine FIAC »), ce mépris transforme les lieux existants, du château de Versailles à des églises de campagnes, en salles principalement destinées à servir de faire-valoir à des œuvres (que peu de monde irait voir dans un endroit normal) d’artistes contemporains… Et on se moque totalement de ceux qui, innocemment, cherchent à voir un lieu dans son état : ainsi, j’ai toujours sur le cœur l’installation du homard en plastoc de Jef Kon dans la Galerie des Glaces… et tant pis pour le provincial ou le Coréen qui n’aura eu qu’une seule fois la possibilité de visiter ce chef d’oeuvre d’architecture ! Cette seule fois aura été irrémédiablement gâtée par la présence de l’étron de ce spéculateur du marché de l’art, expert dans l’art de faire grimper sa cote au détriment du respect des cadres bâtis et non bâtis.

    Alors, dans ce contexte, comment s’étonner de cette indécente ruée sur le futur chantier de la rénovation de Notre-Dame ? La palme ira assurément aux plus « rentre-dedans » équipés d’un bon carnet d’adresses nourri par une accumulation de petits arrangements entre copains. Et tout ceci sous la bénédiction de M. Micron, politicard minable qui dit n’importe quoi sur un sujet qu’il ignore : comme la bobotte de l’Hôtel de Ville de Paris, son horizon se borne à vouloir exhiber un machin à touristes pour les JO de 2024… en supposant que les électeurs soient assez sots pour le réélire, hypothèse hélas envisageable. Quoi qu’il en soit, M. Micron fait chaque jour la preuve qu’il est un pseudo-intellectuel : visiblement, à part un vernis pseudo-culturel, il n’a rien retenu de son passage en hypokhâgne et khâgne au lycée Henri-IV. Décidément, sur ce plan-là, nous ne sommes pas gâtés depuis 2007 : après un inculte fier de l’être et une abyssale nullité, nous voici affublés d’un imposteur…

    Pour autant, il ne faut jamais désespérer : la France a survécu à Isabeau de Bavière, à Louis XV et à Vichy… mais le redressement ne s’est jamais fait tout seul.

  • Excellent article!
    Pour la flèche de N.D., il serait peut-être prudent de commencer à budgéter les frais de démolition de l’étron postmoderne innommable qui ne manquera pas d’être posé par les sycophantes du pouvoir. Je propose d’en vendre les morceaux, ça fera du cash pour reconstruire en gothique.

  • voir Notre-Dame brûler fût très dur.

    mais constater comment nos politiques veulent en profiter pour la défigurer est encore plus dur !

  • « Quand Viollet-le-Duc a proposé une flèche non identique à l’ancienne disparue depuis longtemps, il l’a conçue gothique, dans l’esprit du lieu »

    C’est aller un peu vite en besogne. Cette restauration a fait aussi en son temps l’objet d’une double polémique. La précédente flèche avait disparu depuis longtemps et les Parisiens s’y étaient habitués. Et la réalisation de Viollet le duc a aussi fait scandale par son côté novateur.
    On oublie par ailleurs que la cathédrale gothique que nous connaissons aujourd’hui s’est érigée à la place d’un édifice religieux roman.
    Bref, nos ancêtres aussi savaient faire preuve de modernité.
    L’art et la culture ne sont pas destinés à rester figés pour les siècles des siècles.
    C’est le propre de l’art que de traduire dans une oeuvre l’esprit d’une époque.
    Le WTC, pourtant symbole de l’hégémonie américaine, comme NDDP est le symbole de la culture française, ne sera pas reconstruit à l’identique.
    Refaire une copie confirme est à la portée de la première PME venue et ne présente guère d’intérêt. Inventer un nouveau visage à NDDP permettrait au contraire de laisser une trace historique pour les générations futures de ce qui s’est passé en avril 2019.
    Un bel exemple de destruction créatrice…

    • L’art gothique a servi à développer à partir de l’art roman des édifices plus ambitieux, et qui perdurent aujourd’hui. L’art du plug caoutchouc n’a rien qui rassemble une ambition collective qui dépasserait l’art gothique. Même l’art du verre et de l’acier exprime essentiellement des ambitions, voire des compromissions, individuelles.
      Mais c’est simple : que les projets soient mis en compétition, et que celui qui recueille le plus de promesses de dons privés soit choisi.

    •  » L’art et la culture ne sont pas destinés à rester figés pour les siècles des siècles.  »

      Vous n’avez pas tort sur le principe du moment que l’on ne défige pas exagérément l’édifice gothique en y mettant un pylone électrique ou une tour de verre avec sur le toit une antenne relais pour mobile.

    • Ne comprenez-vous pas qu’il s’agit de détourner la raison d’être de ce monument?

      « Car toute l’opération consiste bien, avec la foi laïque, à changer la nature même de la religion, de Dieu, du Christ, et à terrasser définitivement l’Église. Non pas seulement l’Église catholique, mais toute Église et toute orthodoxie. Déisme humain, humanisation de Jésus, religion sans dogme ni autorité ni Église, toute l’opération de la laïcité consiste à ne pas abandonner l’idéal, l’infini, la justice et l’amour, le divin, mais à les reconduire dans le fini sous l’espèce d’une exigence et d’une tâche à la fois intellectuelles, morales et politiques.» (Vincent Peillon, ministre de « l’arrachement des déterminismes », « Une religion pour la République »)

  • Je reviens sur le financement des travaux et le scandale des dons des vilains milliardaires : pourquoi personne n’a-t-il relevé que Hidalgo avait décider de débloquer 50 millions d’€ pour la reconstruction; 50 millions dont elle n’a pas le premier sou et qu’il faudra emprunter. Bref, donner de l’argent qu’on n’a pas est bien, donner de l’argent qu’on a est mal. Comme il s’agit d’un édifice religieux, j’ajouterai : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font »

  • Pas étonnant que l’Etat, cet autre patrimoine français, soit irréformable, si, un monument de 800 ans ne peut subir la moindre retouche.
    Il arrivera un jour où l’identité véhiculée par ND ne représentera plus rien, qui aujourd’hui est ému par un dolmen qui s’écroule.

    • @indivisible

      « Qui est aujourdhui ému par un dolmen? »

      Avec son spectaculaire cercle ce mégalithes vieux de 4000 ans (quelques petits milliers d’années plus que Notre Dame!),STONEHENGE est sans conteste l’un des sites archéologique les plus célèbres au monde ,et attire en moyenne 1,3 millions de spectateurs chaque année.
      L’émotion pour les vielles pierres et la culture sont heureusement bien loin de s’éteindre !
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Stonehenge

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
guerres culturelles
0
Sauvegarder cet article

Par Christine Sourgins.

Avant nos guerres culturelles, a sévi la « guerre froide culturelle » formule de G. Orwell en 1945 : Moscou est vainqueur, son réalisme socialiste a défait le réalisme rival nazi ; l’autre géant, les USA, est un pays neuf réputé sans culture.

Au milieu, l’École de Paris, internationale, croit à la libre coopération des cultures. L’État s’étant alors désengagé de la direction de l’art, elle se soucie peu de géostratégie. La guerre nouvelle est d’abord sémantique : au « pour la paix contre le fascisme » des... Poursuivre la lecture

L’Autre Art contemporain, vrais artistes et fausses valeurs est un petit livre clair et direct de Benjamin Olivennes. Il vient de paraître et affirme ce que peu de Français savent : il existe toujours une grande peinture française, aujourd’hui.

Son livre apporte un point de vue particulier, devenu rare : celui de l’amateur cultivé, de celui qui aime et a besoin de cet art pour le bonheur de sentir mais aussi de comprendre le monde, la vie. Trente ans, philosophe, normalien, enseignant  à l’Université de Columbia à New York, il se prése... Poursuivre la lecture

Par Aude de Kerros.

Le haut marché de l’Art contemporain est global tout comme le Covid-19 est pandémique. Le premier virus à contamination instantanément planétaire aura-t-il des conséquences sur un marché dont la valeur de ses produits se crée grâce à leur circulation internationale ? État des lieux en septembre 2020.

Bilans du marché de l’AC[1.AC, acronyme de « Art contemporain ». Il ne désigne pas tout l’art d’aujourd’hui mais l’Art, généralement conceptuel, produit par les acteurs et institutions du haut marché international.]... Poursuivre la lecture
Voir plus d'articles