En France, l’ascenseur social est toujours en panne

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Les jeunes Français situés en bas de l’échelle socio-professionnelle restent prisonniers d’un système inégalitaire et sclérosé, selon l’OCDE.

Par Ludovic Delory.

« On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille », chantait Maxime Le Forestier. C’est bien la marque d’un déterminisme ancré : l’inégalité des chances est et reste une réalité en France. Selon ce rapport de l’OCDE, il faut plus de 6 générations pour voir un Français parti de tout en bas de l’échelle des revenus atteindre… la moyenne. S’il n’y avait la Hongrie, la France obtiendrait le bonnet d’âne des pays développés.

L’Éducation nationale au secours ?

L’OCDE pointe également que l’éducation ne gomme pas les différences socio-économiques des élèves. Les Français traînent en queue de peloton des études PISA en sciences, lecture et mathématiques. Et c’est en France aussi que le milieu social influe le plus (après la Hongrie et la Tchéquie) sur les résultats scolaires.

Conclusion : le système éducatif entretient les inégalités socio-économiques, et les formations professionnelles ne parviennent pas non plus à remédier à cet écart. Dans son analyse, l’OCDE note :

D’abord, les peu diplômés ont 50 % moins de chances d’avoir accès à une formation que les autres. Ensuite, le taux de participation aux formations formelles dans l’éventail de formation professionnelle disponible est, là encore, parmi les plus faibles des pays de l’OCDE. Les récentes réformes visent à changer cela mais de gros efforts restent à faire : si des plans ponctuels ont récemment soutenu l’accès des chômeurs à la formation, cela n’a pas été le cas pour les inactifs.

Les moins qualifiés devront attendre le prochain ascenseur. Ou s’expatrier. Les pays où la mobilité inter-générationnelle est la plus élevée se trouvent dans le nord de l’Europe (Scandinavie, Pays-Bas) ou dans les zones libérales de l’hémisphère Sud (Australie, Nouvelle-Zélande).

Ce n’est pas la première fois que l’OCDE publie des chiffres alarmants pour la France. Si la méthodologie de cet organe peut être contestée — et nous n’avons pas hésité à le faire dans nos colonnes —, elle est aussi corroborée par d’autres statistiques. À nuancer. Car le niveau d’études, les taux de redistribution ou d’égalité (le fameux indice Gini), le statut socio-professionnel, varient d’un pays à l’autre. Et la variable d’ajustement, c’est le système politique.

On choisit pas ses parents, mais on peut choisir son avenir. À condition de le prendre en mains. Au lieu de pousser sur le bouton de l’ascenseur social en espérant qu’il arrive, prenez l’escalier.

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