L’ascenseur social est en panne ? Prenez l’escalier

Réussir par l’école est impossible quand l’école ne vise pas à la réussite. L’escalier social est un modèle plus juste que l’ascenseur social.

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ascenseur social (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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L’ascenseur social est en panne ? Prenez l’escalier

Publié le 23 novembre 2012
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L’école, perçue comme un moyen de parvenir à une position plus élevée que celle dont on est issu, agirait pour certains comme un « ascenseur social » ; malheureusement pour les moins chanceux, il serait aujourd’hui en panne. En réalité, cette image d’ascenseur social est fallacieuse : les marches de la réussite n’ont de sens que lorsqu’on les gravit.

Les inégalités de condition et de chance sont un faux débat. Nous naissons dans des conditions différentes, avec des talents et attributs différents, et dans des familles différentes, et seul un nivellement par le bas – certes très bien mené en France – peut parvenir à aplanir les différences. C’est le souhait des tenants d’une certaine vision de la justice, pour qui il faudrait s’atteler à une injustice humaine pour compenser ce qu’ils considèrent comme une injustice de la nature,  à savoir le fait que certains sont plus compétents, plus talentueux, plus créatifs.

L’image d’ascenseur social est idéale pour justifier des politiques injustes, par exemple de quotas qui disent plus ou moins leur nom. Il permettrait aux élèves du bas de l’échelle sociale d’atteindre les étages plus élevés, sur simple pression d’un bouton. Le déterminisme social serait si fort qu’il serait hors de portée des plus défavorisés de s’élever au même niveau que les autres.

L’escalier social est un modèle plus juste : certains auront sans doute plus de marches à gravir, et il leur faudra sans doute plus d’efforts pour arriver au même niveau que ceux qui partiraient d’étages plus élevés ; mais cela ne leur est pas impossible, les exemples ne manquent pas. En revanche, réussir par l’école est impossible quand l’école ne vise pas à la réussite. C’est pourtant ce que souhaite l’auteur de L’ascenseur social est en panne. A quoi sert encore l’école ? :

Dans les discours officiels sur l’école, la notion de connaissance disparaît au profit de celle de réussite. L’école devrait assurer la réussite de tous ? Ce n’est pas toujours ce que l’on a attendu d’elle ! fait-elle remarquer. L’idée selon laquelle l’école doit fournir à la société ce dont elle a économiquement besoin date, en fait, des « trente glorieuses ». La mission de l’école va se définir, de plus en plus, par le développement des compétences et de l’employabilité.

Favoriser la réussite et développer les connaissances ne sont pas antinomiques, loin s’en faut. Le rôle de l’éducation est d’apprendre aux enfants à vivre leur vie, c’est-à-dire développer leur esprit et leur apprendre à appréhender la réalité, leur enseigner l’essentiel de la connaissance développée par le passé et leur donner les moyens d’acquérir de plus amples connaissances par leur propre effort. Aucun ascenseur social ne donnera jamais les moyens, et encore moins l’envie, de continuer à monter une fois sorti. Planter un drapeau sur un sommet, aussi élevé soit-il, n’a de sens qu’après l’avoir gravi. Quelle que soit l’importance qu’on donne à la position, au statut social ou à la richesse, tout le plaisir est dans l’ascension.

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  • Il n’en reste pas moins que les écoles doivent rester accessibles financièrement par toutes les classes sciales.

    • La nourriture n’est pas gratuite, pourtant en France PERSONNE ne meurt de faim.
      Pourquoi ? Parce que la demande existe, une offre va donc la rencontrer. Éduquer n’est pas coûteux : un enseignant s’occupant à plein temps de 20 gamins pour 3000€ par mois (confortable, non ?comparé aux jeunes profs actuel) coute 150€ par mois, 2000€ par an parce que je lui accorde un treizième mois (je suis un garçon comme ça). Si on considère qu’un prof ne passe que la moitié de son temps devant les élèves, le reste en préparation de cours et corrections, on arrive à un coût de 4000€ par an et par élève. Même en ajoutant des frais de bâtiments, gestion et autre personnel, on est encore loin des 8500€ par an et par élève que l’on connait en France.
      Ces écoles étant en concurrence, leur qualité est garantie : les mauvaises écoles sont rapidement connue, évitée, font faillite ou changent de méthodes. Les profs ne sont plus fonctionnaires, ils peuvent changer d’école sans passer par le système horriblement injuste des mutations, il démissionne et postule comme n’importe quel salarié, ou peut ouvrir son propre établissement. Un prof ne répondant pas aux standards de l’établissement peut se faire virer, ce qui élimine les mauvais profs du système.
      La seule objection que vous pourriez me faire, je pense, est que le coût de l’école n’est pas payé directement et égalitairement par les parents, les 8500€ ne sont qu’une moyenne. Je vous répondrais que ce « transfert social’ supplémentaire peut se faire indépendamment de l’Éducation Nationale.

  • A propos des conditions de fonctionnement de l’ascenseur-descenseur social : https://docs.google.com/document/d/1PnK_yA0wbuEh6JI14sPljeQkAxTBZdXPOAFdpvT6CxY/edit
    Voir aussi :
    http://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com/
    Une vision aussi libre que décoiffante de fondamentaux trop souvent négligés.
    Ou lire : « La Pyramide sociale – Monstrueux défi »
    http://www.thebookedition.com/la-pyramide-sociale—monstrueux-defi-claudec-p-84411.html

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