OCDE : le délire égalitaire

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OCDE : le délire égalitaire

Publié le 20 juin 2015
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Par Jacques Garello.

égalité (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)Après le « rapport » Piketty, voici maintenant l’OCDE qui propose un classement sur les inégalités sociales, qui place la France en mauvaise position : le pays où les pauvres s’appauvrissent parce que les riches s’enrichissent.

Il est indispensable de voir de l’inégalité partout, les médias et la classe politique s’en régalent. En voici dans l’école, et c’est pourquoi il faut faire la réforme des collèges : « les fils d’ouvriers sont aujourd’hui pénalisés », a-t-on argumenté. En voilà dans le pouvoir d’achat : au lieu d’imposer l’austérité, dont seuls souffrent les ménages déshérités, il faut revenir à une redistribution plus généreuse et faire supporter les sacrifices à ceux qui ont les moyens. En voilà encore dans les relations entre hommes et femmes : pourquoi des écarts de salaires de cette importance, pourquoi des discriminations suivant le « genre », alors que le mariage et l’enfant doivent être pour tous ? En fait, l’égalitarisme est une excellente façon de lutter contre le système économique et contre la société injuste qu’il engendre. C’est aussi un prétexte pour procéder à des réformes de nature à déstructurer le pays, à détruire la famille, la justice, la propriété, l’enseignement.

Finalement, on comprend bien le savant équilibre que recherche le gouvernement : d’un côté, pour calmer les classes moyennes et Bruxelles, quelques réformes économiques de façade, la loi Macron est présentée comme une inflexion spectaculaire de la politique ; d’un autre côté, pour apaiser la gauche et les frondeurs, le sale travail de déstructuration. C’est Taubira et Vallaud-Belkacem plus Macron et Valls.

Or l’égalitarisme est une fable tragique. C’est une fable puisque la mesure des inégalités est faite d’artifices. Piketty lui-même a battu sa coulpe et a reconnu les erreurs de sa magistrale démonstration. Les chiffres de l’OCDE ne sont pas significatifs quand ils comparent des choses qui ne sont pas comparables : ignorance du « coin fiscal » (écart entre nominal et net), des aides en nature (accès au logement, allocations diverses, etc.), de la structure des familles. Enfin, le projecteur braqué sur les inégalités oublie deux choses fondamentales.

La première est que ce n’est pas l’inégalité qui importe, mais la promotion. Il y aura toujours des riches et des pauvres, mais l’essentiel est de savoir quelles chances ont les pauvres de devenir riches ; que l’ascenseur social soit bloqué en France et que des millions de Français aient perdu l’espoir de vivre mieux, c’est plus important que de savoir s’il y a aujourd’hui des riches et des pauvres. Il n’y a plus chez nous l’équivalent du « rêve américain », cette puissante impulsion qui a poussé des millions d’étrangers (comme mes grands-parents italiens) à émigrer vers la France. Une éducation qui travaille au nivellement par le bas, une fiscalité qui ruine ceux qui réussissent et épargnent, une redistribution qui subventionne l’absentéisme, la tricherie, et qui enracine le peuple dans l’assistanat : voilà de quoi créer de nouveaux pauvres. L’inégalité ne peut se déduire de mesures statiques.

La deuxième chose est que l’inégalité n’est pas a priori une tare. Hayek l’a fortement souligné (Le mirage de la justice sociale) : les riches sont souvent porteurs d’innovation, parce qu’ils peuvent se permettre d’explorer des voies hors de portée de la plupart des gens. Aux États-Unis, les gens qui se sont enrichis sont des entrepreneurs, des créateurs : leur promotion vient des services rendus à la communauté. C’est ainsi que le capitalisme permet d’engendrer le progrès social : le profit prend son sens et sa légitimité parce qu’il crée de la richesse pour tous.

Mais il s’agit du vrai capitalisme, fondé sur la libre entreprise et le libre-échange. Or en France c’est souvent l’argent public qui enrichit, chez nous règne le capitalisme de connivence, né de l’alliance du monde des affaires et de la classe politique, qui assure des rentes et privilèges injustifiés. Bastiat le disait : « Je ne crois pas que le monde ait tort d’honorer le riche ; son tort est d’honorer indistinctement le riche honnête homme et le riche fripon. » Chez nous les fripons sont nombreux, comme dans tout régime étatisé. L’égalitarisme se nourrit de cette tare. Ainsi naît l’idée que l’économie est un jeu à somme nulle, les uns ne gagnant qu’aux dépens de ceux qui perdent, une idée en phase avec la propagande marxiste qui sème la haine contre les possédants, les patrons et les actionnaires.

Notre devoir est de lutter contre cette propagande, de faire connaître la vérité sur les vraies et les fausses inégalités, d’éviter l’affrontement généralisé, d’arracher l’envie du cœur d’un peuple qui ne cesse de regarder dans « le jardin du voisin » (Fourastié en écho de Tocqueville). Je salue comme une première étape de cette croisade l’initiative de Bernard Zimmern et de son Institut qui a tenu à Paris un colloque sur « L’imposture Piketty : les riches sont-ils le problème ou la solution ? ». Politiquement corrects s’abstenir.

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  • L’égalité est un leur et entraine le nivellement par le bas et la disparition de la »méritocratie »
    L’égalité des droits et des devoirs serait plus réaliste, mais au Pays des 35h certains travaillent 80/100h/par semaine
    Ce sont les Internes en médecine:
    Lisez Chirurgie chronique d’une mort programmée p24
    Lien Face Book: https://www.facebook.com/ChroniqueChirurgie?ref=aymt_homepage_panel

  • En fait, il est bon, en « démocratie » que tous et chacun en particulier naisse égal en droit, comme tout un chacun.

    Mais on sait bien que cela ne dure pas!

    J’ai fait mon stage d’obstétrique à un moment où il fut décidé que le nouveau-né n’aurait plus le statut administratif d’une personne hospitalisée avec une existence propre, ce qui était pourtant concrètement le cas! (Qui a dit que l’administration ne pouvait faire de miracle?)

    Donc, étant confondu au statut de sa maman, il était couvert, pour les frais, par l’assurance-maladie avec la même identité.

    Dans ce pays-là, entre l’institution d’assurance-maladie et le bénéficiaire, se glisse un intermédiaire, appelé « mutuelle », dont les 3 mutuelles principales sont des satellites dans l’orbite des 3 partis politiques historiques: ces bébés sans existence personnelle, étaient donc déjà, très involontairement, politisés!!!
    En cela, même traités de la même façon, ils se distinguaient déjà tout à fait inconsciemment!

    D’ailleurs, dans les années qui suivront, ils seront, bon gré mal gré, les représentants-témoins de leur famille et de leur milieu, de leurs idées, de leur éducation, des heurs et malheurs qu’ils connaitront, jamais plus véritablement égaux, traités de façon identique et tant mieux si ils peuvent être considérés, chacun, comme différent de tous les autres: ce ne serait que JUSTICE, car ce sont bien les procédures standardisées, sans adaptation ni exception qui sont les plus injustes!

    • « Dans ce pays-là, entre l’institution d’assurance-maladie et le bénéficiaire, se glisse un intermédiaire, appelé « mutuelle » » vous parlez pas de la Belgique par hasard ?

  • « le profit prend son sens et sa légitimité parce qu’il crée de la richesse pour tous » :

    Le profit est porteur d’externalités positives, qui bénéficient à tous alors qu’elles ne sont pas rétribuées, que les idéologues anticapitalistes acharnés ignorent volontairement en se focalisant sur les externalités négatives, en faisant croire que les prix ne les incluent pas, ce qui est faux pour l’essentiel. Si jamais une externalité négative non compensée par un prix devait subsister malgré l’efficience générale du marché libre, elle relèverait d’une jurisprudence ponctuelle, pas de la loi.

    En outre, le profit est la condition impérative du caractère durable de l’activité économique. Sans le profit, la moindre activité économique finit inéluctablement par s’interrompre à plus ou moins brève échéance, condamnant la plupart à l’extrême pauvreté d’une autosuffisance aléatoire et à l’assujettissement à un pouvoir politique devenu tyrannique du fait de l’absence de contrepouvoir économique fort.

    • Pour lutter contre les inégalités, on devrait faire porter des ceintures de plomb à Ibrahimovic ou Neymar, au lieu de leur donner des millions.
      Mais les mêmes qui dépensent leurs économies pour aller hurler dans les stades, défilent ensuite dans les rues contre les « profits capitalistes »!

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