Classement PISA : l’école française à la dérive

By: Anthony Fino - CC BY 2.0

Le classement PISA montre que la politique d'éducation française souffre de la comparaison avec beaucoup d'autres pays malgré les moyens qui y sont alloués.

Par la Rédaction de Contrepoints.

Classement PISA : l'école française à la dérive
By: Anthony FinoCC BY 2.0

Tous les trois ans, l’OCDE publie les résultats de l’enquête-test PISA qui porte sur les performances des systèmes éducatifs des pays de l’OCDE et du monde entier. En dépit d’un niveau élevé de dépenses pour l’éducation, la France n’obtient pas de très bons résultats.

Comment ça marche ?

Najat rené le honzecLe programme PISA (pour Program for International Student Assessment, programme international d’évaluation des élèves) permet d’évaluer les performances du système éducatif de chaque pays de façon standardisée. Le bilan des enquêtes qui y sont relatives, menées par l’OCDE, est publié tous les trois ans sous la forme d’un score général et d’un classement des 34 pays de l’OCDE et de 31 pays et économies partenaires. L’évaluation PISA porte sur un domaine majeur, les mathématiques, et trois domaines mineurs qui sont la compréhension de l’écrit, les sciences et la résolution de problèmes. Elle concerne 510 000 élèves entre 15 et 16 ans représentatifs des 28 millions d’élèves des pays participants.

Comme pour toute méthode d’évaluation, la représentativité des résultats fait débat. Le classement a, quoi qu’il en soit, le mérite de proposer des résultats comparables sur le plan international.

PISA : la France à la traîne

La France se situe à la traîne dans ce classement. Son score est de 495, en vingt-cinquième position sur 65 avec un point de plus que la moyenne des pays évalués, juste derrière la République Tchèque. Par exemple, 22.4% des élèves y sont peu performants en mathématiques alors que seuls 12.9% y sont très performants. La performance de la France diminue par ailleurs assez franchement depuis 2003.

Première moitié du classement PISA. La France apparaît en rouge.
Première moitié du classement PISA. La France apparaît en rouge.

C’est Shanghaï qui arrive en tête avec 614 points alors que le Pérou ferme la marche avec 365 points. Dans le haut du classement PISA, soit devant la France, on trouve notamment l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas ou la Pologne.

Dépenser plus pour l’éducation ?

Dans son rapport sur le classement PISA, l’OCDE nous apprend :

(…) qu’au-delà d’un certain niveau de dépenses par élève, l’excellence n’est pas qu’une question d’argent : le mode de répartition des ressources est aussi important que le volume de ces ressources.

Le parallèle peut rapidement être fait avec l’évolution du score PISA en fonction du PIB par habitant. On voit qu’autour du PIB par habitant de la France, les scores PISA sont très variables. Au delà, ils n’augmentent que peu, répondant assez bien à une loi de puissance.

Score PISA en fonction du PIB par habitant et régression puissance. La France apparaît en rouge.
Score PISA en fonction du PIB par habitant et régression puissance. La France apparaît en rouge.

Mais aussi que :

Les systèmes d’éducation performants tendent à répartir les ressources de manière plus équitable entre les établissements favorisés et les établissements défavorisés sur le plan socio-économique.

L’autonomie des établissements, souvent faiblement considérée en France, est aussi pointée par l’OCDE comme un facteur clé de la performance des élèves.

Le classement et ses conclusions permettent de mettre en perspective la situation française. Les résultats ne sont pas bons, surtout au regard des sommes colossales englouties par le système éducatif français. Ni la performance brute, ni l’équité ne sont au rendez-vous. Pour un système qui se veut très égalitariste, on ne peut pas dire que les résultats soient exceptionnels.

Le prochain classement PISA paraîtra ces prochains mois. Il ne reste plus qu’à espérer qu’il porte le débat des élections présidentielles vers un élément clé de l’avenir du pays : l’éducation.