Le problème (fâcheux) de la mesure de la croissance

Le niveau de la croissance est-il sous-estimé ? Les conséquences très loin d’être anecdotiques que cela induit.

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Le problème (fâcheux) de la mesure de la croissance

Publié le 24 janvier 2019
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Par Johan Rivalland.

Nous évoquions récemment, dans un tout autre contexte, plus passionnel, le fantastique impact que l’innovation et le progrès technique peuvent avoir sur la croissance et la richesse, et comment, via les meilleures performances en termes de productivité qu’ils peuvent induire, on peut en espérer de substantiels bénéfices pour le plus grand nombre – même si le bien-être ne se réduit pas aux dimensions économiques ou matérielles, mais c’est un autre sujet.

Un article récent de Martin Feldstein, datant du printemps 2017 et faisant l’objet il y a peu d’une évocation dans un article de l’hebdomadaire Le Point, revient sur un objet de débat et de recherche bien connu en économie : celui de la mesure de la croissance. L’économiste américain pose une question fondamentale et dont les conséquences sont loin d’être anecdotiques :

Les données officielles sous-estiment-elles le niveau de production et quelles incidences une telle erreur de mesure peut-elle avoir sur les équilibres politiques et économiques ?

La mesure de la croissance

Ainsi que commence par le rappeler Feldstein, la mesure habituelle de la croissance se fait à l’aide du PIB nominal, qui calcule le niveau de production d’une économie, que l’on compare à celui de l’année précédente. Par commodité, on se base sur la mesure des dépenses des différents agents économiques. D’où la fameuse équation macroéconomique PIB = C + I + G + (X – M), où C représente les dépenses de consommation des ménages, I les dépenses d’investissement des entreprises, G les dépenses publiques, X les exportations et M les importations.

Parmi les critiques habituelles de ce type de mesure – en faisant abstraction du peu d’attrait des libéraux pour les agrégats macroéconomiques, peu évocatrices des réalités microéconomiques, c’est-à-dire de ce qui peut être vécu ou ressenti à l’échelle d’une localité ou à celle des individus – on fait généralement remarquer qu’elle n’intègre pas la réalité d’éléments dans certains cas significatifs comme le marché noir ou le travail à domicile d’un parent au foyer par exemple. Martin Feldstein ne manque d’ailleurs pas de les évoquer. Mais il va plus loin…

Les interrogations sur la société post-industrielle

Mais si l’on commence par revenir un peu en arrière, nous pouvons rappeler que la croissance est une grandeur économique que de nombreux auteurs ont étudié de manière approfondie. À l’image de Simon Kuznets, notamment, puis de John Hicks, qui en ont estimé les facteurs prépondérants à l’ère de l’industrie florissante (croissance de la productivité du travail, transferts de main d’œuvre vers l’industrie, révolution des modes de transport et de communication, urbanisation, etc.).

Parmi ces facteurs, le progrès technique – mis en lumière en France notamment par Jean Fourastié et Alfred Sauvy — qui trouve en grande partie son origine dans les progrès de la science et de la technique. Autant d’auteurs qui avaient anticipé le caractère transitoire de l’économie industrielle devant déboucher sur la société tertiaire que nous avons effectivement connue. Et qui avaient donc bien identifié les progrès de la productivité comme un facteur essentiel de la prospérité de masse.

Cependant, cette transition vers la société post-industrielle n’était pas sans susciter des interrogations, voire de réelles craintes. Notamment celle de déboucher sur une activité moins pourvoyeuse d’emplois qu’avant, où le progrès technique serait probablement moins manifeste. Or, il y a eu entre-temps l’avènement des technologies de l’information et de la communication. Qui suscitait dès les années 1960 le relatif scepticisme d’un autre grand théoricien de la croissance, Robert Solow. Corroboré par le sombre constat largement partagé par nombre d’économistes sur le net ralentissement des progrès de la productivité depuis lors. Qui semble bien se vérifier dans les faits, du moins les mesures qui en sont faites.

En réalité, un certain nombre d’économistes commencent à penser que c’est la mesure de la productivité elle-même qui serait aujourd’hui sujette à caution. Et nous en revenons donc à Martin Feldstein…

La croissance de la part du numérique dans la production et sa nette sous-estimation

Si Feldstein évoque encore d’autres facteurs non négligeables que ceux précédemment cités, comme les activités bénévoles (La Croix Rouge, Les Restau du Cœur, etc.), c’est surtout aujourd’hui la part du numérique qui est, selon lui, nettement sous-estimée. Or, l’inflation est prise en compte dans le calcul d’un PIB réel, qui sert de référence. Elle est donc, de fait, forcément sur-estimée – ce qui induit un PIB quant à lui sous-estimé. En effet, ne sont ainsi pas considérés dans le calcul de l’inflation, et donc du PIB réel, des éléments devenus par exemple aussi courants que :

  • la gratuité pour le consommateur de nombreux services du net ;
  • les services de sites d’information comme Wikipedia (ou Wikiberal) ;
  • les quantités prodigieuses de données livrées gratuitement par les utilisateurs d’internet sur leur profil aux sociétés comme Facebook, puis aux annonceurs (ce que l’on nomme le Big Data) ;
  • les très nombreux échanges contractés via l’économie numérique, générant des revenus qui, in fine, finissent par se traduire par une consommation sur les marchés non dématérialisés, souligne l’économiste américain ;
  • les baisses de coûts dans certains cas engendrées par les progrès techniques dans le numérique, qui facilitent par exemple les réservations d’hôtellerie depuis son domicile, et des tas d’autres services analogues. Ce qui aboutit à moins de travail et de capital utilisés pour ce type d’activité, et donc théoriquement… une moindre croissance du PIB.

Les conséquences pratiques

La première conséquence de cette sous-estimation du revenu national est la sous-estimation des indicateurs de productivité. À telle enseigne que l’on en a peut-être conclu hâtivement, ces dernières années, que la croissance de la productivité était notoirement en baisse. Pas si étonnant, remarque Martin Feldstein, lorsque l’on sait que les comptables nationaux continuent de se baser sur des mesures de quantités physiques de biens ou services. Mais quid du nombre de nuitées facturées pour des locations entre particuliers, par exemple (ce qui est loin désormais d’être anecdotique) ?

Ce qui peut expliquer aussi l’apparente contradiction qu’il y a entre l’extraordinaire invention que représente l’économie numérique et la baisse des indicateurs de productivité.

La deuxième conséquence, tout aussi significative, est le biais de perception concernant la santé de l’économie – dans le cas de Feldstein, américaine – conduisant à croire qu’elle va mal. Et qui conduit de nombreux Américains à exprimer de la crainte quant à l’avenir économique de leurs enfants. À rebours de ce qu’ils peuvent constater à un niveau micro-économique, mais influencés par l’annonce de taux de croissance réduits (1,4 % sur 20 ans). Au point de susciter une hostilité croissante envers le libre-échange et le capitalisme. Rien de moins.

En 2016, 29 % des Américains interrogés par Gallup pensaient que l’économie américaine était pauvre. Au niveau individuel, pourtant, deux tiers des Américains pensaient que leur niveau de vie et de confort s’étaient plutôt améliorés.

Et la troisième conséquence – ce qui montre bien à quel point le sujet est extrêmement sérieux et préoccupant – les erreurs de mesure induisent alors de mauvais choix de politique économique, politique de taux d’intérêt bas notamment, qui a pour conséquence d’accroître les risques potentiels d’instabilité financière.

Si le taux d’intérêt réel est inférieur au taux mesuré – voire négatif – alors les choix d’épargne des ménages sont faussés et ceux des banquiers centraux tout autant.

Une approche plus qualitative

On perçoit donc, à travers les justes observations de Martin Feldstein et d’autres auteurs y compris français, l’enjeu fondamental que constitue la recherche des économistes pour tenter de se rapprocher de la réalité. Et il semble évident qu’à l’ère du numérique et de toutes ses implications, nous ne pouvons plus raisonner en termes purement quantitatifs. Le temps, la compétence, le bien-être, la disponibilité, l’attention portée aux autres, et quantité d’autres facteurs immatériels sont autant de facteurs qui renforcent le retour à l’idée d’analyse subjective de la valeur et doivent révolutionner notre manière de penser. Il en va sans doute de l’avenir de nos choix économiques et politiques.

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  • Bonjour à tous. Il faut faire la différence entre la richesse et la valeur. Je vous conseille de lire Frédéric Bastiat. La valeur est un rapport entre des efforts humains et la richesse l’utilité que l’on en dégage. La suppression des emplois peut être une bonne nouvelle pour l’humanité, car la force productive pourra être utilisé à d’autres biens ou services et ainsi élever l’humanité selon la doctrine libérale. Selon moi, la problématique est le décalage temporelle entre la suppression des postes et la création de nouvelles débouchées. Ainsi si une usine supprime 80 pourcent de sa main d’oeuvre, il n’en reste pas moins qu’il y a toujours voire plus de richesse créées. Mais les ouvriers ne retrouvent pas directement un emploi donc pendant un certain temps, ils ne peuvent recevoir de richesse car leur chomage est inférieur à leur salaire.

  • la première erreur du calcul de la croissance est qu’elle ne peut être utile qu’ à des gens qui font reposer leur raisonnement sur un pays.
    Si elle est sacralisée ou diabolisée et non juste observée, le résultat sera le même , agir sur elle au moyen de mesure sera avancé comme raison pour spolier les uns au profit des autres.
    vouloir la croissance ou la décroissance, aboutit toujours à ce que l’etat empiète sur les libertés individuelles dont le respect dans l’esprit libéral me semble t il est une priorité.

    Si nous posons que les libertés individuelles des gens sont infrangibles, les limites de l’intervention économique de l’etat sont posées. Et ce qu’est l’économie résulte de la somme des choix individuels des gens.

    Nous observons en général que les pays sont d’autant moins prospères que leur économie est moins libres MAIS serait ce le contraire que cela ne serait pas une raison pour socialiser un pays, la prospérité globale est une conséquence herseuse du libéralisme économique. Les plus forcenés à augmenter leur croissance furent les pays communistes posant par exemple que ne pas travailler était du vol…et qui asservirent des pans entiers de leur population pour des projets collectifs dans le seul but d’en remontrer aux pays non communistes!

    et diable je n’ai pas de moyen individuel d’agir sur la croissance du pays… je peux juste travailler plus ou mieux..SI JE LE SOUHAITE.

    • et un parallèle ..doit on obliger les gens à se vacciner?

      • Oui car ils peuvent contaminer les autres, vous ignorez d’où vient le SIDA?

        • Vacciné ou pas, vous pouvez transmettre des maladies.
          L’important c’est l’évaluation du rapport bénéfice/risque.

          Accessoirement, je me demande bien pourquoi B. Hamon avait demandé à E. Macron, lors du débat avant la présidentielle, si c’était vrai qu’il avait été financé par les laboratoires pharmaceutiques…
          Passez en revue les 11 vaccins obligatoires et demandez-vous pour chacun s’il est utile, et s’il est nécessaire de le faire sur un enfant de moins de deux ans.

          • Pour pousser la réflexion sur l’évaluation bénéfice / risque, il est utile de prendre une heure de son temps pour regarder cette vidéo :

            Juste quelques piqûres de rappel sur les choses contre lesquelles on se fait vacciner…

          • Si vous voulez prendre le risque que votre enfant meurt contaminé par un autre qui ne l’est pas? En 2018 près de 3000 cas de rougeoles, maladie qui avait été éradiquée par la vaccination, ont conduit à 3 décès!

            • pardon si vos ne voulez pas cela vous vaccinez votre mouflet pardi!!!

              ce qui fait que l l’obligation de vaccination ne concerne qu’une minorité de personnes qui ne peuvent pas être vaccinés pour des raisons diverses…

              la question est bel est bien doit on faire confiance à l’intelligence et l’empathie des gens ou les forcer…à être solidaire.. Quel est le prix qu’une e personne donne à sa liberté?
              dans quel pays ‘abrutis faut il vivre pour que la couverture vaccinale libre soit si faible qu’elle en devienne inefficace??? Un pays comme ça on le quitte…
              et le débat n’est pas su l’efficacité vaccinale que je suppose parfaite..
              je me place dans le cas où un vaccin serait absolument efficace sans danger sauf pour une minorité…

        • Contaminer par quelle maladie?
          La polio?
          L’hep B?
          Les maladies infantiles bénignes?

          • Allez sur Wikipedia et lisez la liste des maladies éradiquées par la vaccination. Elle est très longue!
            La rougeole est réapparue en France, car nombre de pays pauvres ne vaccinent pas leurs enfants. résultat en 2017 il y eu 3.000 cas dont 3 morts. Et chaque années les chiffres augmentent.
            La polio était une grave maladie qui touchait de nombreuses personnes avant guerre. Elle n’a pas disparue puisque les talibans assassine les infirmiers qui vaccinent en Afghanistan. Et comme de nombreux afghans migrent chez nous elle réapparaîtra inévitablement si la couverture vaccinale est insuffisante. Du nombre de 350 000 cas en 1988, on est passé à 74 cas en 2015 et 37 cas en 2016, maladie qui reste endémique dans trois pays, le Nigeria, le Pakistan et l’Afghanistan.
            Vous avez Wikipedia pour vous renseigner sur ce sujet.

      • Et doit-on obliger les gens à côtoyer des gens non vaccinés ❓

      • Réponse de gilet jaune :
        Pas à mes frais, mais à vos frais ma vaccination…

        Réponse de libéral :
        Prenez vos responsabilités, mais ne venez pas pleurez si vous contaminez vos voisins et que ceux-ci vous attaquent en justice en demandant des dommages et intérêts, et que votre assurance ne vous rembourse rien.

        • c’est ça. Une réponse libérale est : vous pouvez ne pas faire vacciner vos enfants. Mais :
          1. les collectivités (écoles, centres de loisirs, nounou…) ont le droit d’exiger des justificatifs de vaccination. Dans le cas d’une nounou ne pas être en mesure de fournir ce certificat peut être une cause de résiliation de plein droit du contrat.
          2. la collectivité (Sécu) prendra en charge les malades pour peu qu’ils se soient fait vacciner. À défaut la Sécu ne rembourse rien – ni sur la maladie elle-même, ni sur ses conséquences.
          On verra si certaines personnes ne deviennent pas subitement plus raisonnables… devoir assumer seul les séquelles d’une polio, ça fait réfléchir…

          • Exception : la rubéole, dans la mesure où on se fait vacciner pour protéger les femmes enceintes… le principe de responsabilité est très difficile à appliquer dans ce cas…

            • Ou le tétanos : on ne gêne pas grand monde en finissant dans d’immenses douleurs, sauf l’infirmière qui préférerait ne voir cela et qui va vous préparer un sérum du feu de dieu…
              On est kamikaze parfois et l’on doit être rattrapé au dernier moment…

        • Ils n’ont RIEN à demander. Il n’y a pas de dommages sauf dans l’esprit malade des vaccinalistes phobiques des maladies.

      • @ jacques lemiere
        Un état ne vaccine pas des gens mais une population: c’est sa responsabilité.
        Si une personne non vaccinée peut en contaminer d’autres, sa responsabilité n’est plus individuelle mais bien plus large. De plus, le vaccin est le traitement préventif le plus intelligent pour éviter une épidémie (les vaccins sont le plus souvent dirigés contre des infections contagieuses, avec une efficacité prouvée. Le vaccin contre la tuberculose n’est efficace qu’à 50%: il n’a donc pas été obligatoire.)
        Donc oui, se soumettre à un vaccin obligatoire est plutôt intelligent, d’habitude. Refuser c’est risquer de nuire à autrui, ce qui est un délit.

        • Quel vaccin obligatoire a une efficacité prouvée?

        • ce n’est pas le sujet que j’aborde..je suppose un vaccin parfaitement efficace sauf pour un minorité..

          je pose la question l’etat a t il le droit de de saisir les gens de la liberté de ne pas se faire vacciner M^me pour sauver quelques personnes? Je dis vraiment quelle idée d’un pays doit on se faire quand l’intelligence et l’empathie des gens n’est pas suffisante pour obtenir une couverture vaccinale suffisante pour protéger les non vaccinables???

          je pose la question du prix de la liberté .

          • Si vous ne voulez pas voir réapparaître les épidémies qui tuent des milliers de personnes il n’y a PAS d’autre solution. Si des cinglés anti-science refusent par connerie de se faire vacciner, ce n’est pas quelques personnes qui décéderont, contrairement à ce que vous croyez. D’année en année le nombre de cas augmentera et donc le nombre de morts. Je vous rappelle que la grande peste du XIVe siècle tua la moitié des Européens! Vous prenez cette question à la légère en ignorant les effets de ces maladies extrêmement contagieuses!

  • Il suffit de diminuer l’épaisseur des semelles des chaussures, vous en changez plus souvent, vous en usez et fabriquez le double, tout bénef !
    Bien que vous soyez plus petit, (Epaisseur de la semelle, pour ceux qui auraient du mal a marcher vite), vous semblez avoir eu de la croissance (doublement de production des semelles, pour ceux qui aurait du mal a retomber sur leurs pieds)
    CQFD !
    Etonnant non ?

    • Dans la même mesure, les destructions des casseurs lors des manifestations conduisent à augmenter le PIB, ce qui est absurde.
      Le PIB est donc un indicateur imprécis, tout comme les moyennes de températures en météorologie.

      • C’est le sophisme de la vitre cassée 😉

        • C’est ce que disent les vitriers qui financent les Casseurs des banlieues muzz et les Extrêmes-Gochiasses, infiniment plus performant en matière de pillage et démolitions que les petits cons de l’ultradrouaaatte.

    • C’est la version demande, mais il y a la version offre qui nous vient de chez les soviets :
      Un directeur d’usine est limogé parce que le pays manque de casseroles. Son successeur prend conseil auprès de son personnel pour augmenter le tonnage de casserole produite. Un petit malin lui suggère d’augmenter l’épaisseur des casseroles, 1/10 en plus au laminoir et la tôle prend 10% de poids.
      Notre directeur valide le choix et 11 mois plus tard doit envisager de cesser la production faute de matière première.
      Cependant, quand le comité central lui demande des comptes sur son action ; il peut triompher : « j’ai réussi à augmenter le rendement de l’usine, mais les camarades devant me livrer plus de matières premières ont failli…
      L’histoire se répète encore et encore puis le système s’écroule…
      Ultime rebondissement ; quand les étrangers reprennent la direction de l’entreprise reviennent à des épaisseurs raisonnables, voire les diminuent en utilisant des alliages plus performant, alors les clients regrettent leur bonnes vieilles casseroles, plus épaisses plus lourdes où l’on en avait pour son argent !
      Aussi étonnant non !

  • Le retour à l’idée d’analyse subjective de la valeur pose justement le problème de la subjectivité. Quand elle réside au niveau individuel, pas de souci, notamment lors de l’échange volontaire à l’origine de toute la richesse créée. Mais quand on entend l’employer pour définir un critère collectif (PIB ou croissance), le subjectivité collectivisée devient oppression et conduit à détruire la richesse.

    Bref, c’est une impasse. L’analyse subjective de la valeur au-delà d’un niveau strictement individuel (ménage) détruira irrémédiablement la valeur.

    Trois remarques complémentaires :

    1 : le travail au foyer, au sein de l’unité constituée par le ménage, ne crée aucune richesse puisqu’il n’y a pas échange volontaire avec autrui. Sans échange volontaire, pas de richesse créée. Ce qui se passe (se produit) au sein du foyer n’a pas à être connu à l’extérieur du foyer, et surtout pas mesuré.

    2 : les services internet ne sont pas gratuits. La gratuité n’est qu’apparente.

    3 : la faiblesse de la croissance n’a que peu à voir avec les gains de productivités offerts par les services numériques mais tout à voir avec les manipulations budgétaires des Etats collectivistes et les manipulations monétaires de leurs banques centrales monopolistiques.

    • Tout à fait, votre commentaire est excellent.
      Pour 3) on peut citer la destruction du tissu économique par la faute des BC manipulant les taux. Le taux négatif est un peu comme si l’on écrasait l’accélérateur sur une voiture. À la longue, le moteur se détériore.
      Ce n’est pas le seul facteur, les banques préférant se gaver des obligations émises par les états plutôt que de prêter, poussées par la législation.
      Une PME sans trésorerie, c’est la faillite. Donc des emplois en moins.

      • @MichelC
        Petite précision. La création monétaire, taux négatifs ou pas, c’est du vol au profit de ceux à qui elle bénéficie, Ça a donc effectivement le même effet destructeur que l’impôt. Les banques ne « préfèrent » pas se gaver d’obligations d’État. Elles le font en échange du privilège de création monétaire ex nihilo que « celui-ci » leur accorde à « son » profit, pour spolier les contribuables à leur insu avec de la fausse monnaie, en sus des autres impôts.

        • Oui, mais quid de Bâle III qui exige un montant de fond propres plus élevés?

        • les monnaies d’échanges se créent naturellement… l’or en est une. ce n’est pas du vol..

          le contrôle politique de la monnaie possède les même tares de l’action politique en général qui ne sait agir sur le plan économique d’en nuisant à l’un au profit de l’autre.

    • oui à une réserve près le travail au foyer crée une richesse au sens commun du terme…
      il y a bel et bien de la richesse crée sans échange avec autrui… du moins au sens commun ou on augmente sa richesse quand on augmente son niveau de vie… un homme sur une famille sur île peut survivre et m^me « prosperer »..

      • @jacques lemiere
        Oui. Je pense que Cavaignac a surtout insisté sur le fait que ce qui se produit à l’intérieur du foyer ne regarde personne d’autre que les membres du foyer, et surtout pas ceux qui en prennent prétexte pour taxer d’avantage.

  • L’économie est comme le ski : quand vous regardez le mur, vous allez dans le mur ❗

  • Elle n’est pas sous-estimée mais sur-estimée pour que nos politiciens paraissent moins nuls qu’ils le sont. Or on sait à quel point ils sont incompétents comme le prouve la transition énergétique!

    • @ Virgile
      Non, il devient difficile de tricher sur le plan national, ce qui n’est pas la seule source de ces chiffres sur le plan international, contrôlable sur internet!

  • le traficotage des chiffres de la croissance sers principalement a déposer un budget insincère

    • @ claude henry de chasne
      Vous dites ça comme ça ou vous avez des preuves?
      La suspicion n’est pas un argument, jusqu’à présent!

    • @mikylux
      Pour des pseudos comparaisons internationales, on peut effectivement peut-être comparer les chiffres officiels. Pour en faire quoi ?
      En valeur absolue :
      1) Le PIB est un agrégat incalculable : il s’agit de faire la somme de biens et services hétéroclites échangés via de la monnaie entre des gens. Les statisticiens se basent donc exclusivement sur la valeur monétaire, en ignorant la valeur subjective de ce qui a été échangé, valeur non mesurable. Le fait que les prix s’expriment en monnaie ne fait pas de celle-ci un étalon.
      Concernant la mesure de son évolution (« croissance »), c’est encore pire car ce ne sont pas les mêmes biens et services qui sont échangés d’une année sur l’autre, et, plus on s’éloigne dans le temps, pire c’est. Comparer la valeur monétaire de la production française de 1900 avec celle de 2018 n’a aucun sens.
      2) Le calcul du PIP, tout impossible qu’il soit, inclut la prétendue « production des administration publiques », qu’on ne peut même pas exprimer en valeur monétaire puisqu’elle n’est pas échangée sur un marché. Les statisticiens l’évaluent donc à la valeur des dépenses dites de fonctionnement et d’investissement. C’est le premier facteur, considérable, d’exagération du PIB. Dans la même veine, on peut aussi inclure la quasi totalité de la pseudo production des associations lucratives sans but, dont la plupart sont au service du pouvoir et vivent essentiellement de subventions. Vous pouvez vérifier tout ça sur le site de l’INSEE.
      3) Mais ce n’est pas fini. Dans un système à socialisme partiel, dans lequel il subsiste un secteur plus ou moins privé, toutes les actions de l’État se font avec des équipements, biens de consommation et services achetés à des entreprises « privées ». L’inclusion des achats de la sphère « publique » à la sphère « privée » dans le calcul de la valeur monétaire du PIB dit « marchand » est le deuxième facteur d’exagération du PIB.
      4) Et ce n’est toujours pas fini. Un certains nombre des activités de l’État étant clairement jugées négatives par au moins un certain nombre de citoyens, il faudrait les retrancher de la valeur monétaire (non mesurable) de la pseudo « production » des administrations publiques.
      Ça fait beaucoup.

  • Les économistes se posent des questions dont les énergéticiens ont les réponses depuis longtemps, mais comme les matières premières et l’énergie en quantité n’ont jamais été intégrées aux théories économiques, alors que notre système productif n’est rien d’autre que la transformation de matières premières grâce à l’énergie, l’ingénieur voit des quantités, les économistes des prix qui ne donnent pas d’indication sur les stocks restants, ni les rendements décroissants qui affectent toutes ces matières. Puisque aujourd’hui se sont les machines qui consomme de l’énergie, plus de 500 fois l’énergie humaine en France, la variation du PIB peut très bien se mesurer grâce à la consommation d’énergie, même avec une efficacité qui s’améliore de 1 % par an, la constatation est que l’Europe à perdue 1,6 Million de baril de pétrole consommé par jour entre 2006 et 2017. 2018 amorce une petite récupération. Cela fait 34 ans que nous trouvons moins de pétrole que nous en consommons, en 2016, 2,8 milliards de barils pour 35 milliards de conso. 2017 a été encore pire. Toutes nos activités dépendent du pétrole. Il serait bon de revoir toutes les théories économiques pour se préparer non plus à la croissance mais à la décroissance.
    https://imgur.com/a/6dEDt
    http://crudeoilpeak.info/european-oil-consumption-after-north-sea-peak-oil

      • Merci h16 de retrouver dans les archives les conneries prévues par des soi-disant experts, dont l’idéologie prime sur la raison. De nos jours on sait que l’on a du pétrole au moins jusqu’à 2050, et qu’il en reste énormément à découvrir et extraire grâce aux nouvelles méthodes affinées!

    • @Roberton
      1) OK sur la théorie des rendements décroissants sur la production agricole, l’extraction des matières premières et la production d’énergie.
      Elle contraint l’homme au progrès perpétuel ou à la mort. Seul le progrès technique permis par l’accumulation du capital via l’épargne volontaire d’individus libres peut parvenir à en surmonter les effets.
      Avec le progrès technique, fruit du travail, de l’épargne (privation de consommation immédiate dans l’espoir d’une consommation future supérieure), les ressources « naturelles » découvertes ou à découvrir sont illimitées. La seule chose qui manquera toujours, c’est le travail humain, car, disposant d’un temps de vie limité, mono activité, chacun mettra toujours en balance le travail et le loisir. C’est la raison fondamentale pour laquelle les choses ont une valeur.
      2) L’évolution de la consommation d’énergie ne peut en aucun cas servir de mesure de l’évolution du PIP, agrégat incalculable, comme j’ai essayé de le démontrer à « mikylux » plus haut. Ça dépend à quoi est utilisé cette énergie. Par exemple, les guerres engendrent une consommation d’énergie considérable pour… tuer des gens, les empêcher de produire et détruire ce qu’ils ont produit avant.
      3) Si votre dernière assertion était vraie, soit il ne devrait plus y avoir une goutte de pétrole sur terre, soit les réserves connues il y a 34 ans étaient considérablement sous-évaluées.

      • Elles ont été sous évaluées, mais sciemment, par les écologistes d’alors. Souvenez vous du Club de Rome et des prédictions millénaristes de Bertrand Russell et de Paul Ehrlich, lequel annonçait une terrible famine pour 1990, la terre ne pouvant nourrir autant de monde!
        Il est bon de leur mettre le nez dans leur caca pour que les gogos crédules se rendent compte qu’ils ont affaire à des charlatans! Leurs prophéties émises en 1970 par les premières assises écologistes du « jour de la Terre » prévoyaient pour l’horizon de l’an 2000 : plus une goutte de pétrole, généralisation des famines sur tout le globe et réduction de l’espérance de vie à 49 ans aux Etats-Unis…
        Il faut encore citer Al Gore qui annonçait la disparition totale de la calotte glacière estivale au Pôle nord pour 2014… et qui a reçu pour cette escroquerie le prix Nobel de la Paix en 2007. L’augmentation rapide de la température et du niveau des océans, la disparition des ours blancs, etc… Que d’élucubrations!

        • Parler du club de Rome sans l’avoir lu, grande honnêteté. Le seul capable de prévoir depuis 40 ans ce qui va se passer est le rapport Meadows (page 124). Si vous voyez une date, prévenez-nous! Croyez-vous aussi aux prévisions des pétroliers ? Les champs qui fournissaient en 1995, 60 Mbp/j sont à 20 Mbp/j aujourd’hui, en moyenne déclin de 5% par an, d’après Mr. De Marjorie (TOTAL) en 2013 avant sa mort, il faudrait trouver et exploiter l’équivalent de 55 Mbp/j soit 4 Arabie Saoudite ou 10 Mer du Nord en 2035. Où sont ces champs? Et Mr. Patrick Pouyanné? Voyez ce que dit Guillaume Pitron sur la guerre des terres rares. Conséquences ???????
          http://www.donellameadows.org/wp-content/userfiles/Limits-to-Growth-digital-scan-version.pdf
          https://www.dailymotion.com/video/x1bw879

          https://www.youtube.com/watch?v=0anZ0wPVZCY
          http://petrole.blog.lemonde.fr/2018/11/01/minuit-et-quart/

          • Cessez donc de nous citer des références d’articles et de vidéos de militants écologistes. J’ai lu et étudié le Meadows lorsqu’il est sorti et mon excellente mémoire s’en souvient très bien! J’insiste le pic maximum sur les graphiques est 2000, après tout décroit.
            Or ni la production pétrolière, ni alimentaire n’est en décroissance. Vu les surfaces agricoles sous exploitées en Afrique, au Moyent Orient, en Asie centrale, orientale et du sud, nous pouvons très facilement nourrir les 10 à 12 milliards de terriens prévus!
            L’illustration ci dessus envoyée par notre ami h16 n’est pas suffisante pour vous? Ce n’est pas assez explicite ou vous êtes dans le déni profond et préférez suivre votre délire plutôt que votre raison? Il y a déjà eu des articles sur Contrepoint à propos du pétrole et on connaît très bien les réserves, personne de sensé ne les conteste. Sans parler qu’avec les nouvelles techniques de fragmentation ont va pouvoir en découvrir davantage. Les USA sont ainsi redevenu les premier producteurs mondiaux. Le Venezuela détient la plus grosse réserve connue, et comme son extraction est en panne à cause de Maduro!
            Je vous signale que le meilleur indice du stock existant reste le prix du pétrole, qui montera avec la raréfaction de celui-ci.

            • Vous êtes très fort pour traiter les PDG de TOTAL de militants écologistes, vous déconsidérez les 3 et 6 années d’enquête des deux journalistes suivant, bravo pour votre bonne foi !!!! Trouver 10 articles qui en contredisent 1000 est très facile surtout s’ils sont anciens. Savez-vous qu’il faut environ 100/l de diesel par hectare cultivé et que sa production est en déclin car le pétrole de schiste (trop léger) et les sables bitumineux (trop lourds) produisent peu de combustibles (essence, diesel, kérosène, fioul) ?

    • votre problème est de vouloir s’y préparer collectivement….parce que politique…vous suggérez juste qu’il existe une caste de gens qui sont capables proposer un politique ne nature quasi scientifique .
      la majeure partie des gens attendra le signal prix ..

      je vous accorde néanmoins que le petrole est bel est bien le carburant de la civilisation moderne.. Je ne vous accord e par contre aucun pouvoir de décision.

      connaissez vous beaucoup de personne qui ont décidé de se passer de pétrole à cause du pic oil ? moi pas..
      vous me suggérez que on doit faire collectivement des trucs à cause du pic oil… dans ce collectivement je vois politique dans politique je vois prendre dans la poche de pierre pour mettre dans celle de paul.

  • pour le PIB, j’aurais tendance à exclure la consommation, surtout celle de la force publique, mais s’en tenir à la somme globale de la valeur ajoutée
    quelque part, il parait que la TVA rapporte 200 G€ par an. Comme elle est de 20 % de la VA, on peut penser que cette VA est de 1 000 G€ par an…
    ce qui me semble plus cohérent.

  • La croissance du nombre de fonctionnaires entraine aussi la croissance automatique du PIB ( égale à leur traitement ) bien que
    pour certains il puisse y avoir un doute quand à la production de
    richesses, pour le moins

  • Il y aurait sous-estimation du revenu national et sous-estimation des indicateurs de productivité. Je subodore déjà que sur cette base, on peut donc envisager de plus taxer et d’augmenter notre pool de fonctionnaires et autres chargés de mission, puisqu’en fait le ratio que l’on connait serait moindre. Trop fort… Une idée pour les réformes Macron!

  • « Parmi ces facteurs, le progrès technique … qui trouve en grande partie son origine dans les progrès de la science et de la technique. »

    Le mythe si faussement intuitif et bien commode [1] de la croissance/du progrès dérivant de la Science a la vie dure, cf [2] pour sa déconstruction historique.

    Les analyses de l’OCDE montrent d’ailleurs que le financement de la recherche publique a un effet négatif sur la croissance [3]. Aux USA l’effet mesuré est ~nul [4]. Seule la R&D privée a un effet positif mais on qualifie rarement la R&D privée de « faire de la Science », bien que l’essentiel des innovations, du progrès et de la croissance lui soit attribuable, ce que personne (ici) ne doute.

    Je passe sur l’argument circulaire du « progrès technique … qui trouve son origine dans les progrès … de la technique ».

    [1] https://slideslive.com/38893099/technology-assessment-as-political-myth
    [2] http://www.csiic.ca/PDF/TheMakingOfScience.pdf
    [3] The Sources of Economic Growth in OECD Countries, pp83-84
    [4] https://www.bls.gov/ore/pdf/ec070070.pdf

  • S’il y avait moins de taxes, surtaxes sur taxes et d’impôts, le PIB croîtrait plus vite. Le PIB marchand baisse, remplacé par l’état.
    Il suffit de regarder les autres pays européens dont la croissance est plus forte que celle de la France. Ils n’ont pas ce taux de prélèvement et de réglementation qui fait que la part de l’état au PIB est bien plus important que les 57% annoncés.

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