Personne n’avait prévu 2018. Qui prédira 2019 ?

Si 2019 s’inscrit dans la continuité de 2018, la France va prendre des allures de cirque Barnum. Mais en moins amusant.

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Feux d'artifice du 14 juillet 2013 sur le sites de la Tour Eiffel et du Trocadéro à Paris, vus de la Tour Montparnasse - Crédit photo : Yann Caradec via Flickr (CC BY-SA 2.0)

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Personne n’avait prévu 2018. Qui prédira 2019 ?

Publié le 1 janvier 2019
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Par Ludovic Delory.

À quels triomphes avons-nous assisté en 2018 ?

Les Français en quête de réformes — ceux qui espéraient voir fleurir un renouveau politique en savourant « leur » victoire au pied de la pyramide du Louvre — se sont heurtés, en 2018, au pire de la Ve République. La centralisation, le jacobinisme et l’étatisation forcenée de ce pays le conduisent tout doucement vers l’impasse. Nous y arriverons peut-être en 2019.

Quels sont les éléments qui permettent d’étayer cette analyse ?

La France semble naviguer à vue. Sa dette frôle désormais les 100 % du PIB.

(source : INSEE)

Surtout, rien ne semble pouvoir stopper cette hémorragie. Aux mesures fiscales prises tout au long de 2018 viennent s’ajouter celles qui, cette année, entrent en vigueur : la légère hausse des retraites et du minimum vieillesse, la revalorisation automatique du SMIC ou la « taxe GAFA » pèseront sur les finances de l’État et/ou des citoyens. Ne parlons pas du prix du timbre ou du paquet de cigarettes !

Les Gilets jaunes, symboles maladroits d’un vrai malaise

Depuis la naissance du mouvement des Gilets jaunes, Contrepoints s’est voulu le relais des Français accablés d’impôts. Le combat du boucher, de l’artisan, de l’employé, contre une fiscalité excessive et non justifiée pouvait se comprendre. En théorie.

La spontanéité d’un mouvement né sur les réseaux sociaux pouvait également s’expliquer : face à l’absence de relais convaincants, les « Français des ronds-points » ont eu la liberté de réclamer de meilleures fins de mois dans les médias. C’est la première leçon que nous retiendrons de 2018 : la vox populi n’était pas celle que l’on ouïssait sur les ondes. Aujourd’hui, la voix du peuple — enfin entendue — pèche par son aspect disparate. Gêne ? Non ! Simplement, l’expression de revendications bien plus vastes que l’on ne pourrait croire.

Les médias traditionnels ont été les premiers à payer ce tribut. Bousculés dans leur couverture du mouvement, houspillés sur le terrain, les journalistes se sont vus reprocher un traitement partial et une connivence avec le pouvoir. La France n’est pas la seule : des saillies de Mélenchon en passant par l’agressivité de Donald Trump, les médias en ont pris pour leur grade comme jamais auparavant. La « macro-polémique » née autour de la dernière couverture du Monde Magazine ne les a pas aidés.

 

S’il est démocratiquement utile de brocarder, avec intelligence, les chefs d’État, le recours à une iconographie historiquement porteuse de sens peut s’avérer contre-productif, comme l’a appris Le Monde à ses dépens. Le journal a présenté ses excuses. Mais il n’était pas le premier à s’aventurer dans ce sens. Souvenons-nous de cette couverture de L’Obs :

Comment se refaire une virginité lorsqu’au crépuscule de la campagne présidentielle, une certaine presse en venait à donner des consignes de vote ? Voici le résultat, aujourd’hui :

Le manque d’organisation faisant partie de l’ADN du mouvement, tout a fini par basculer du côté des extrêmes. Blocages, menaces, atteintes à la propriété privée,… Les théoriciens de l’école des choix publics le répéteront : seuls des groupes organisés et clairement identifiés peuvent obtenir les faveurs des politiciens.

Quel avenir, donc, pour les Gilets jaunes ? Ce sera l’une des grandes questions de l’année à venir.

2019 et ses risques

Car la colère, bien qu’endormie par la trêve des confiseurs, ne semble pas complètement calmée. L’arrivée subite du prélèvement à la source réservera bien des (mauvaises) surprises aux Français — tant du côté des patrons que du côté des employés. Les atteintes aux libertés seront plus nombreuses et, une fois de plus, essentiellement justifiées par le combat contre les dérèglements climatiques. Citons, pêle-mêle, la fin de circulation des autocars aux normes Euro 4, la restriction progressive de l’utilisation du glyphosate ou encore, à Paris, la réforme des normes Crit’Air, qui pénalisera les conducteurs n’ayant pas les moyens (ou refusant) de remplacer leur véhicule diesel vieux de plus de 13 ans.

Bien qu’il ait concédé aux Gilets jaunes des réformettes touchant directement au pouvoir d’achat de certaines catégories de Français, le Président n’a pas dévié de sa ligne dans son discours de fin d’année. Parler de « porte-voix d’une foule haineuse », appeler à « changer les choses pour vivre mieux », promettre de nouvelles réformes et, enfin, la diatribe habituelle dans ce pays de France contre « le capitalisme ultralibéral et financier (qui) va vers sa fin ».

Avec de telles prémisses, le grand débat national semble parti sur de drôles de bases. Surtout s’il n’est toujours pas question de baisser drastiquement les dépenses publiques pour permettre ce redémarrage dont la France a besoin.

Un président isolé

L’exécutif continuera, cette année, à traîner comme un boulet l’affaire Benalla, qui n’en finit plus de connaître des rebondissements. La majorité devra aussi resserrer les rangs, montrer un véritable soutien public au Président, et calmer les électrons libres qui, à l’image du député au sabre-laser, ternissent l’image des institutions en ces temps de crise.

La crédibilité du monde politique a aussi souffert dans les rangs de l’opposition. La France Insoumise ne s’est pas remise de l’affaire Mélenchon-Chirikou ou, de manière plus anecdotique, du « boloss » prononcé à l’Assemblée nationale en réponse au défi lancé par un animateur de radio.

Les institutions de cette République déjà écornée n’avaient pas besoin de tels spectacles.

À ce rythme de barnumisation, 2019 s’annonce pire que 2018.

Pour cette nouvelle année, toute la rédaction de Contrepoints vous souhaite néanmoins d’augmenter, à votre échelle personnelle, votre part de liberté.

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  • faut lire Nasim Taleb, c’est impossible de prévoir ce qui va se passer en 2019.

  • Effectivement il y a de quoi etre inquiet pour nos libertés dans ce pays.

    • « En même temps » les interdits ont tellement fleuris depuis 30 ans , dans tous les domaines possibles en Europe et tout spécialement en France, que ce serait plus facile de lister ce qui est permis désormais…

      • A une autre époque, on a pu dire :
        « En GB, tout est permis, sauf ce qui est interdit.
        En Allemagne, tout est interdit, sauf ce qui est permis.
        En France, tout est interdit, mais chacun est permis tout.
        En URSS, tout est permis, mais chacun est interdit. »

  • « le capitalisme ultralibéral et financier (qui) va vers sa fin »

    C’est toujours hilarant de lire ça dans le pays le plus socialiste d’europe.

    Le plus drole c’est que Macron, qui est lui même un socialiste, est aussi désigné comme turbolibéral bouilleur d’enfant par les autres partis.

    C’est dire à quel point tout le spectre politique français est complétement décalé à gauche.

    • Il me semble que la remarque de Macron est ici, lucide et ne concerne pas la France en particulier.
      Le capitalisme entrepreneurial a produit beaucoup de richesses, ce qu’on observe actuellement au niveau planétaire tient davantage des connivences et de la cupidité. Voir seulement le nombre de transactions qui ne correspondent à aucun échange autre que virtuel

  • « Le manque d’organisation faisant partie de l’ADN du mouvement, tout a fini par basculer du côté des extrêmes. Blocages, menaces, atteintes à la propriété privée,…  »
    Sans noer ces faits, ils ne sont pas majoritaires, sauf dans les médias subventionnés (pourquoi donc?)
    Mais le gouvernement a tout intérêt à ne pas mettre en avant la principale revendication des GJ: restaurer la démocratie!

    • « restaurer la démocratie! »

      En faisant valider par des référendums le pillage de certaines catégories de la population alors que c’est déjà ce qui se pratique avec 10 % des plus aisés payant 70 % de l’IRPP ?

      • Vous oubliez, quand même, que l’IR ne pèse qu’environ 10% dans le budget total de l’Etat, où les principales entrées sont les charges sociales (plus de 400 mld €) et la TVA (plus de 200 mld €), quand l’IR est en dessous des 80 mld €.
        Il y a une vignette qui revient régulièrement dans les articles de H16, que vous devriez connaître, où l’Etat rend 100€ sur les 10.000€ volés et le con.tribuable est en larmes. Ce n’est pas parce qu’il y en a qui sont plus volés que d’autres qu’il faut les considérer comme faisant partie d’une autre caste. Si vous n’avez toujours pas compris que le point de départ de tout ce qui nous arrive a été une nouvelle taxe, on peut rien pour vous.
        Il y a deux catégories de citoyens français qui ont des gains nets suite à ces vols légalisés : les nantis du système (politiques, hauts fonctionnaires, huiles) et leur bras armé (au sens premier du terme) – les banlieues. Et ces deux catégories sont largement minoritaires. Ce n’est pas en tapant sur ceux qui n’ont pas encore clairement compris où se trouve leur intérêt que vous allez arriver à les ramener à la raison.

  • 2019 sera la conséquence des années précédentes.

    Ce n’est pas une prédiction, mais la voix de la sagesse que tous les humains connaissaient autrefois.

    • oui et je ne crois pas que macron puisse changer la société française..
      resultat rien ne va changer

      • Mais où avez-vous vu qu’il voulait changer les choses quand il peut jouir du pouvoir en distribuant 1300 milliards/an ?

      • je crois que 2019 va tout changer au contraire..mais ce ne sera pas du fait de Macron….après les fêtes les mouvements gilets jaunes et autres vont se remettre en branle et je pense que ça va aller crescendo et foutre macron et sa clique en vrac..

  • Entre un capitalisme d’état et un capitalisme dit libéral il n’y a quasiment pas de différence à part le côté social. Les gens qui sont en bas de l’échelle, bossent toujours pour les 1%, quelque soit le type d’oligarchie, ce sont les plus nombreux, donc c’est à eux de payer. Ceci est juste un constat. Quand au ruissellement dû aux 20 milliards par an du CICE macronien et bé pas vu. çà ruisselle mais pas vraiment du bon côté, genre spéculation de marché plutôt. On dit que Macron ne pourra rien faire, je ne crois pas : Il va appliquer sa feuille de route défini par l’Europe ( lire les GOPE), il est là pour çà, sécu et retraite privatisés. Soyez heureux, bonne année 2019. Le libéralisme à la Française, j’ai jamais vu, mais je connais bien le Chilien ….

    • la question est ailleurs, ce n’est pas une oligarchie..c’est un système compétitif…
      votre problème est de penser que vous pouvez mieux faire que la liberté économique .

      On a un système qui marche et dont le seul problème semble être pour vous qu’il existe des gens beaucoup plus riches que vous.. sauf que si vous ne pouvez pas montrer qu’ils vous « volent », ça ne devrait simplement pas vous regarder.

      l’égalité des richesses comme moyen et comme fin…et donc la dictature économique sur alimentation le logement, la santé l’éducation…

      est ce que vous vous rendez compte de ce que ça représente pour tout individu qui n’est pas heureux..sa seule possibilité de changer sa vie passe par changer la vie de tout le monde…

      ou alors qu’on rigole façon franque insoumise c’est quoi la « bonne  » répartition des richesses?

  • Aucun chiffre des véhicules incendiés cette nuit…
    Le totalitarisme en marche

  • “Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir.”
    Pierre Dac
    Donc je ne prévois pas que l’année 2019 sera meilleure que 2018 pour Macron…

  • Et on se prend à regretter le programme présidentiel de F Fillon!!!

    • Franchement, vous rêvez. Le programme de M. Le Maire à la primaire de droite était tout aussi libéral que celui de M. Fillon, voire plus (suppression de l’ENA)… Ces gens-là sont des prédateurs, de voix, d’argent, d’âme….De façon amusante l’énarque Le Maire a survécu alors que le non-énarque Fillon a sombré… Curieux hasard, non?

    • Vazypapy !

      Fillon, il aime la bagnole, lui…

  • quelles prevision pour 2019.. a part du cosmétique pour tenir un an de plus , je ne vois pas..

    pour les prélèvements , ils ne pourront qu’augmenter ..
    un exemple pour illustrer le propos?
    la fameuse reforme des retraites:

    « 37 300 000 000 euros par an de retraites pour la fonction publique
    Chaque seconde le budget de l’Etat dépense 1182 euros pour payer la retraite des fonctionnaires, soit 37,3 milliards d’euros de retraites par an. Les fonctionnaires ne cotisent et ne couvrent qu’un quart de cette somme.On dépense 102 millions d’euros par jour pour payer la retraite des fonctionnaires français. »

    comment reformer le fait que ces retraites n’ont pas été provisionnées depuis 40 ans? ah c’était facile de créer des postes dans la fonction publique pour soi_ disant lutter contre le chomage.. là c’est l’impasse!

    et tout est a l’avenant!

    • Vous avez raison, il n’y a pas de caisse de retraites de la fonction publique, donc c’est Bercy qui encaisse les impôts (???) et qui budjette les retraites pour chaque ministère.
      Pour ceux qui ne le savent pas, 57% des français paient des impôts (IRPP), dont les fonctionnaires, mais voilà, on les paient avec les impôts, alors ils récupèrent de l’autre côté, mais pas ceux du privé.

      • Vous avez des données statistiques en retard, l’IR est payé par seulement 43% des foyers, 57% ne payent PAS l’IR. Mais, comme je l’écrivais plus haut, ce n’est pas ça qui pèse le plus.

        • ben pour ceux qui payent peut etre que oui?

          • Vous avez regardé une fiche de paie ? Les charges sociales d’un employé lambda (même parmi les 10% du haut du panier) sont dans le même rapport avec leur IR que dans le budget de l’Etat.

        • L’IR sert à la redistribution, c’est le principal facteur de progressivité et donc le principal frein à l’enrichissement.

          • Pourquoi, les charges sociales ou la CSG ne sont pas progressives ? C’est nouveau ça…
            En plus, elles servent directement à payer, par exemple, les retraites des régimes spéciaux. Si ce n’est pas de la redistribution, ça…

    • Très juste! De ce fait la dette publique française réelle dépasse les 200%. La Grèce n’est qu’un aimable apéritif!

    • Très juste! De ce fait la dette publique française réelle dépasse les 200%. La Grèce n’est qu’un aimable apéritif!

  • Les commentaires sont fermés.

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