Prélèvement à la source : la propagande de Bercy

To the elections by kitchenerlord (CC BY-NC-ND 2.0) — kitchenerlord , CC-BY

Le gouvernement n’a pas ménagé ses efforts pour nous faire croire que tout est prêt pour le prélèvement à la source.

Un article d’Entrepreneurs pour la France

Vous pensez peut-être que cette question n’est plus d’actualité, qu’elle est réglée une fois pour toutes. En effet le gouvernement n’a pas ménagé ses efforts pour nous le faire croire.

Début septembre, valse-hésitation médiatisée sur le thème : c’est un changement qui va concerner tous les Français. Le ministère des Finances pourrait bien se planter disent certains. Aucun risque promet le ministre Gérald Darmanin. On nous rapporte que, du coup, le feu vert a été donné au plus haut niveau.

Pour faire bonne mesure, on nous assène une campagne de publicité organisée pour nous persuader que les Français considèrent que c’est une bonne chose : on nous sort un résultat qui fait état de 54 % d’opinions favorables. Hourra !

Sceptiques, nous sommes allés voir de plus près. Surprise ! On a interrogé 1 000 Français moyens alors que 55 % des Français ne paient pas d’I.R.P.P. Autrement dit, sont vraiment d’accord des gens en grande partie non concernés. Plus encore, 70 % de l’impôt sur le revenu sont payés par 10 % des Français. Il semblerait d’ailleurs que ces derniers soient un peu schizophrènes puisque, parmi ceux payant l’impôt et non mensualisés, 57 % sont inquiets mais 61 % seraient tout de même favorables. Ce qui parait un peu contradictoire et met en doute encore plus la validité de cette campagne.

Si on écoute un peu les gens concernés, on comprend vite que pour eux ce n’est pas anodin que notre virement bancaire de revenus soit en janvier de 10, 20 ou même de 30 % inférieur à celui de décembre. Et que cela continuera plusieurs mois au même niveau. Combien d’argent dois-je donc mettre de côté pour traverser ce creux durable dont le comblement serait maintenant prévu, tantôt en janvier, tantôt au premier trimestre ?

Quant aux nouveaux percepteurs, ou plutôt les centaines de milliers de PME chargées de retenir l’impôt et de le transférer au Trésor Public, elles s’interrogent sur la réaction des salariés amputés et sur l’appui qu’elles recevront des gens de Bercy pour traiter les réactions hostiles ou les litiges. Elles savent déjà qu’elles ne seront indemnisées en aucune manière pour ce nouveau travail qu’on leur impose.

Ces craintes sont parvenues aux oreilles du gouvernement qui a finalement pris des mesures de dernière heure pour parer certains effets négatifs sur quelques catégories.

On nous dit qu’il est encore possible d’arrêter cette réforme incongrue. Qui va le faire et démontrer sans équivoque que ce n’est pas Bercy qui gouverne mais le pays. Quelle sera l’économie d’emploi au ministère des Finances ?

Sur le web