L’École du Choix Public en quelques thèses

Les économistes du Choix Public sont en général méconnus, malgré l’important apport que leur doit l’économie.

Par Marius-Joseph Marchetti.

choix

Les économistes du Choix Public sont des économistes en général méconnus, malgré l’important apport que leur doit l’économie.

Ce sont les économistes de l’École du Choix public qui nous le montrent. Ces économistes montrent que les fonctionnaires et les politiciens n’ont pas pour vocation un quelconque intérêt général, mais qu’au contraire, ils suivent leur intérêt personnel comme toute autre personne, et leur intérêt est la croissance du pouvoir, comme le dit James Buchanan (qui pourtant n’est pas anarchiste, je précise).

Ainsi, le politique a devant lui un marché (oui un marché), un marché politique, où il est offreur, et les citoyens et entreprises sont les demandeurs. Les demandeurs vont en général demander des subventions, réglementations, patentes, niches fiscales, marchés publics, barrières à l’entrée du marché, qui sont les quantités demandées par les « consommateurs politiques » et les lois votées par l’Assemblée sont les quantités offertes par « les entrepreneurs politiques ».

James Buchanan rejoint ainsi ce que dit Friedrich Hayek, que la démocratie n’a pas empêché une certaine forme de caste d’émerger de nouveau, et c’est ainsi qu’il développera le théorème de l’électeur médian. En somme le théorème de l’électeur médian stipule qu’il y a autant d’électeurs qui ont des visions opposées, autant de personnes qui votent plus à gauche que de personnes qui votent plus à droite, séparées par une médiane mathématique où l’on retrouve l’électeur médian). Chacun, guidé par ses intérêts demande au politique d’intervenir pour lui offrir des biens. Pour être élu, les « entrepreneurs politiques » ne choisissent que des demi-mesures mitigées, n’étant ni de gauche, ni de droite, et ne favorisant que l’extrême minorité de l’électeur médian au centre. Soit il existe une majorité instable qui changera à la prochaine distribution de biens offerts par le politique.

Ce théorème permet de comprendre la multiplication des acquis sociaux et de l’endettement dans nos sociétés, lesquelles sont davantage le fait d’une redistribution pour des raisons politiques que économiques, car l’électeur médian, qui aura probablement un revenu inférieur à la moyenne, verra son manque compensé par l’endettement des institutions. C’est ainsi que Buchanan critique la thèse de Keynes sur les fluctuations entre déficit et surplus selon la présence ou l’absence de crise. Buchanan invalide ainsi la thèse de Keynes, moins pour des raisons économiques que pour des raisons politiques pour la simple raison que la démocratie, via l’électeur médian, favorise l’endettement des États.

Le théorème d’Arrow, également, nie l’existence d’une quelconque préférence collective. Le paradoxe d’Arrow explique en quelque sorte que si une option A est préférable à l’option B, et que B est préférable à l’option C, et les citoyens sont mis dans la situation de devoir choisir entre A et C, ceux-ci, paradoxalement, ne choisiront pas forcément la solution A à la solution C. Condorcet avait déjà identifié un tel paradoxe au XVIIIème siècle. Ce théorème est notamment l’une des premières critiques qui a été faite sur la rationalité prétendue des choix collectifs. Cela ne veut pas dire qu’une technocratie est de ce fait justifiée et que justement, les politiciens puissent agir comme si le pays était leur propriété. Bien au contraire, le fait que chaque homme possède une somme de connaissances qu’aucun planifiicateur ne puisse centraliser renforce cette analyse, de telle sorte qu’aucune technocratie ou aucun choix collectif ne puisse permettre une circulation performante des connaissances dans la société et l’économie.

James Buchanan a développé également ce qu’on appelle la Théorie du Léviathan fiscal : l’État a intérêt à maximiser ses dépenses fiscales. Mais en situation de concurrence fiscale où les individus et entreprises peuvent se déplacer géographiquement, il doit se modérer pour ne pas être évincé. Cette théorie rejoint la Courbe de Laffer et explique la situation actuelle de la France, qui n’est fiscalement pas compétitive.

Dans le lot, il y a également La théorie de la capture, de George Stigler, qui explique que la réglementation est moins l’exercice d’un processus législatif qu’un achat de loi de la part des entreprises déjà sur le marché dans le but de mettre des barrières à l’entrée de leurs concurrentes. C’est ainsi que Henri Lepage, dans son livre La Nouvelle Économie Industrielle, nous montrait que le Sherman Act, une des lois anti-trust américaine, avait été encouragé par des grandes firmes en situation de monopole, car elles pressentaient leur dernière heure arriver et ont retiré plus de bien que de mal de cette loi.

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