1000 milliards d’impôts : et puis ?

Des mesures fortes doivent être prises pour enrayer, puis inverser, une mécanique qui, laissée à elle-même, ne pourra que renforcer sa propre logique.

Par Drieu Godefridi.

La France prélevait en 2017 plus de 1 000 milliards d’impôts sur les Français, soit plus qu’il ne s’en est jamais prélevé dans l’histoire de France, et plus qu’il ne s’en prélève dans tous les États de l’OCDE.

Jamais les prélèvements obligatoires n’ont été aussi élevés dans l’histoire de France, jamais la dette ne fut si abyssale depuis 1950, jamais les dépenses publiques n’ont atteint d’aussi folles proportions, culminant à 57 % du PIB.

Lors d’une récente conférence à Bruxelles, le 8 octobre, Éric Zemmour se demandait s’il était encore possible de réformer drastiquement l’Éducation nationale autrement que par des moyens autoritaires.

Mon diagnostic diffère doublement du sien : d’une part, je l’étends, au delà de l’Éducation nationale, à l’ensemble des pouvoirs publics français. D’autre part, je ne crois pas qu’il faille user de moyens autoritaires : la stricte application de la loi démocratique doit y suffire.

Des mesures fortes sont à prendre

L’enflement de l’État français ne va pas s’arrêter par enchantement : la socialisation appelle la socialisation, l’impôt appelle l’impôt, le subside appelle le subside. Le remboursement des seuls intérêts de la dette exige à lui seul des impôts faramineux.

Des mesures fortes doivent être prises pour enrayer, puis inverser, une mécanique qui, laissée à elle-même, ne pourra que renforcer sa propre logique. On décèle les premiers symptômes de cet emballement avec, par exemple, des organismes publics qui préconisent le plus sérieusement du monde de saisir la propriété immobilière de tous les Français pour apurer la dette ! Une « belle » idée, digne d’un Attali, dont la mise en œuvre signerait le retour de l’esclavage d’État au sens strict.

Je ne crois pas à l’adoption de réformes progressives et à la marge, « pour ne pas brusquer les Français » — ce refuge ultime des lâchetés de la droite — le mal est trop profond pour y remédier de cette façon.

Il faut des mesures fortes. Dans un essai à paraître1, j’en préconise deux.

La première consiste à adopter une règle à valeur supra-constitutionnelle interdisant aux pouvoirs publics de dépenser chaque année plus de 40 % de la richesse nationale. Soit la limite dans laquelle se tiennent bon an mal an la Suisse et les États-Unis, deux des pays les plus prospères de la planète. Le respect de cette condition — qui serait appliquée à l’ensemble des pouvoirs publics, dans leur globalité — serait vérifié par la Cour des comptes, dont le « visa » préalable conditionnerait la possibilité d’adopter un budget quelconque à l’Assemblée nationale.

La deuxième consisterait à mettre hors-la-légalité constitutionnelle l’endettement public. Sauf la guerre, il n’existe jamais aucun motif rationnel de taxer la richesse qui n’a pas encore été produite par les générations futures. Pourquoi ne pas renouer avec la si vertueuse technique grecque antique consistant à tenir les magistrats — au sens le plus large de tout dépositaire de l’autorité publique — comptables de leur charge sur leurs deniers personnels ? Tout magistrat quittant sa charge grevée d’une dette en répondrait sur ses deniers personnels.

Ce sont deux exemples, parmi d’autres. Le certain est qu’enrayer la course à l’obésité morbide de l’État français suppose des mesures fortes et novatrices.

  1.  Dix mesures pour reconquérir l’Europe – Programme pour la droite européenne.