Dividendes de Carrefour : les gros oublis de l’ONG Oxfam

Carrefour n’a jamais reversé 80 % de ses profits aux actionnaires sous forme de dividendes.

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Dividendes de Carrefour : les gros oublis de l’ONG Oxfam

Publié le 8 septembre 2018
- A +

Par Nicolas Marques.
Un article de l’Institut économique Molinari

Récemment, le journal Libération nous apprend que Carrefour ayant « généré plus de 7 milliards de bénéfices entre 2009 et 2017 » aurait reversé plus de 80 % de ces gains aux actionnaires sous forme de dividendes. L’article sous-titré « impôts baladeurs » s’appuie sur des données d’Oxfam, ONG présentée comme « très affûtée sur les questions financières et fiscales ». Il insiste sur le comportement hors norme du grand distributeur en question ayant, facteur aggravant, recours à une filiale suisse.

Cette démarche s’apparente au name and shame, visant à « nommer et couvrir de honte » des comportements déviants pour les livrer au jugement populaire. Elle pourrait aussi être considérée comme informative si les faits étaient établis. Mais, la réalité est bien plus complexe. Carrefour n’a jamais reversé 80 % de ses profits aux actionnaires sous forme de dividendes. C’est 39 % si l’on considère les profits avant impôts sur les résultats. C’est 69 % si l’on se contente de regarder les profits une fois les impôts acquittés.

Et l’impôt sur les bénéfices ?

Soucieuse de pointer du doigt les pratiques d’optimisation fiscale, l’ONG oublie, en effet, toute la fiscalité assise sur les résultats. Elle n’a pas tenu compte des impôts sur les bénéfices, soit 5,6 Md€ 2009 et 2017 pour Carrefour. Un oubli d’autant plus regrettable que cette somme est comparable aux dividendes versés (4,9 Md€). Oxfam n’a pas tenu compte, non plus, de la fiscalité sur les dividendes qui représente une recette significative pour les Etats.

Ces oublis sont efficaces lorsqu’on souhaite accréditer dans le grand public l’idée que les entreprises n’enrichissent que les actionnaires, mais contestables sur le fond. L’analyse montre que les profits n’enrichissent pas que les actionnaires, loin de là. En 2016, les premiers bénéficiaires des résultats des grandes entreprises du CAC 40 étaient les États, avec 41 milliards de gains liés aux impôts sur les résultats (28 milliards), à la fiscalité sur les dividendes (10 milliards) et aux dividendes des États actionnaires (3 milliards). Les actionnaires traditionnels n’arrivent qu’ensuite, avec 32 Md€ de dividendes une fois déduits ce qui revient aux administrations publiques et aux salariés.

Avant d’en recourir à l’indignation…

Reste l’accusation de disposer une filiale en Suisse, « État où le climat fiscal est particulièrement doux » selon Libération. C’est vrai, mais pour autant le Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements considère son cadre légal conforme aux standards internationaux d’entraide depuis plus de 3 ans.

On sait que le recours à l’indignation est très tentant. Ce puissant moteur interpelle, aide à vendre ou à attirer les donations. Il est aussi de nature à faciliter les actions de lobbying destinées à influencer les choix des décideurs politiques. Et c’est d’ailleurs, toujours selon le journal Libération, l’objectif recherché par Oxfam.

Pour autant, quoi qu’on pense des préconisations de l’ONG, la démarche est risquée. Céder au sensationnel, c’est courir le risque de mal expliquer les enjeux et de générer des réactions contreproductives d’un point de vue sociétal. Crier au loup sans précautions, cultiver l’indignation à tour de bras risque d’accréditer l’idée d’une sphère économique asociale, de dresser les uns contre les autres en polarisant les débats. C’est aussi courir le risque de passer à côté des vraies questions. En empêchant un débat constructif, l’abus d’indignation risque d’éroder la cohésion qui, plus que jamais, constitue un enjeu sociétal.

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  • Dresser les uns contre les autres, empêcher un débat constructif ou éroder la cohésion sociale … mais ce ne sont pas des risques pris par ces « ONG », c’est leur objectif. Peu importe les moyens pourvu qu’on atteigne enfin le grand soir.

    • Oui oxfam ne dit d’ailleurs pas ce qui devrait être..payer plus cher les employés? contribuer plus à l’etat ? ou pourquoi pas baisser les prix des produits en rayon

      oxfam semble surtout oublier que les gens ont des actions d’une entreprise particulière dans le but de faire le plus de profit possible, casser la raison d’etre de l’investissement initial est périlleux pour la pérennité de l’investissement ! autant nationaliser le secteur de l’epicerie qu’on rigole..

      les employés sont contents…les clients sont contents..pas oxfam..

  • et Oxfam « oublie » de mentionner qu’entre début 209 et aujourd’hui, l’action Carrefour a perdu plus de 20 % de sa valeur, ce qui est une perte plus importante pour les actionnaires que le gain résultant du montant net des dividendes.

    • @Lucx
      Votre petit rappel est essentiel et montre qu’il est de bon ton d’oublier systématiquement la prise de risques de tout actionnaire investisseur, non seulement pour le meilleur,mais aussi pour le pire !
      Votre précision chiffrée montre bien que la notion de dividendes « confortables » devrait être relativisée, surtout pour l’investisseur lambda, qui n’accède pas rapidement et facilement aux informations essentielles sur les sociétés.

    • Vieux proverbe boursier: « Tant qu’on n’a pas vendu, on n’a pas perdu ». La perte est pour ceux qui ont vendu à un cours plus bas que celui auquel ils avaient acheté. Ceux qui n’ont pas besoin urgent de liquide peuvent attendre que le cours remonte.

  • Oups : …début 2009…

  • Est il utile de commenter les délires idéologiques d’organismes parasitaires ?

  • pourquoi diable oxfam ne se met il pas à l’épicerie?

    il y a suffisamment de lois si oxfam ne sait pas pointer une action délictueuse de carrefour , elle pourrait à la rigueur demander à l’etat de durcir la loi mais certainement pas de faire honte à carrefour.

    c’est aussi ridicule qu’une élu se plaignant de « l’optimisation fiscale »..
    respecter la loi ne suffit plus il faut faire comme oxfam le dit.

    au fait, selon oxfam combien une entreprise devrait verser de dividendes et pourquoi?

    si je comprends bien oxfam..
    une entreprise qui fait du profit devrait ou bien le reverser à ses employés..ou bien contribuer à l’impôt..
    Dça casse l’idée que tout emploi similaire devrait être rémunéré de la m^me façon..les employés des concurrents de carrefour feraient la gueule et pourraient hurler conformément à la doxa à travail égal , salaire égal..

  • Oxfam et Cécile ont fait les calculs pour Libération !!!!
    Si les chinois reprenaient carrefour ….. les salariés seraient-ils plus riches sans les dividendes aux actionnaires ?

  • Quelle perte de temps que de commenter un énième délire idéologique de l’Oxfam.

    • la façon dont on le fait n’est pas neutre, il est navrant de devoir se justifier ..carrefour est coupable de quoi au juste? d’être une société qui gagne de l’argent?

  • Percevoir un dividende n est pas un enrichissement.
    Si j ai une action de 50 euros, et que je demande un dividende de 25 euros, j’aurai une action de 25 euros et 25 euros de dividende que je pose sur mon compte.,
    Il est où l’enrichissement ?

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Dividende

    • @AerosolKid

      N’oubliez pas à la sortie de rajouter un « petit » zeste » de fiscalité loin d’être anodin, pour un gain final souvent hypothétique !!!

    • Il faut considérer l’ensemble de la période de détention de l’action, ses cours d’achat et de revente, les dividendes perçus, et faire le bilan prix de vente – prix d’achat + dividendes.

      Si vous avez acheté l’action quelque temps avant la distribution de dividende, elle était probablement à un cours inférieur à 50€. Après la distribution de dividende, vous êtes en possession d’un total, cours action + dividende, de 50€. Vous vous êtes donc (potentiellement si vous ne vendez pas tout de suite) enrichi.

      Vous pouvez revendre à perte mais être globalement gagnant si les dividendes perçus entre-temps font plus que compenser la moins-value.

      De même si vous réalisez une plus-value à la revente alors qu’aucun dividende n’aura été distribué.

  • Il faut dire ( oublions Oxfam) que la stratégie du Groupe est difficile à cerner

  • Oxfam étant une ONG gauchiste, pas étonnant qu’elle mente aussi honteusement que Libération dont c’est la ligne éditoriale. Plus c’est gros et plus ils aiment, ce qui trahit le niveau intellectuel des journaleux et de leurs lecteurs.

  • Avec Cécile Duflot à la tête d’Oxam France tout va bien aller.
    Mais au fait, n’est-ce pas cette ONG qui a été l’objet d’un énorme scandale il y a peu (prostitution, pédophilie etc )?

  • « Céder au sensationnel, c’est courir le risque de mal expliquer les enjeux et de générer des réactions contreproductives d’un point de vue sociétal. Crier au loup sans précautions, cultiver l’indignation à tour de bras risque d’accréditer l’idée d’une sphère économique asociale, de dresser les uns contre les autres en polarisant les débats. »
    ce comportement qui en poussant les plus bas instincts pour parvenir a ses fins a mené au pouvoir les Montagnards et la Terreur, les Bolcheviques et le Goulag, Mao et Pol Poht
    il n est donc pas surprenant que Libération fasse la grosse caisse de ces « fake news » qui ne seront pas montrées du doigt par le monde des « bien pensants »

  • Oxfam : une belle bande de parasites qui se payent des prostituées avec l’argent de l’ONG !!
    https://www.lesoleil.com/actualite/monde/oxfam-au-coeur-dun-scandale-de-prostitution-49041428ec71ffddd069dcc75492a333
    La grosse Duflop serait-elle devenue entremetteuse ?
    Des « bras cassés » le la gauche « bien pensante » qui se permet de dénoncer ce qui fait tourner l’économie et leur permet d’être financés grassement : une honte ! tout comme le canard boiteux « Libération » !

  • Dans le cas d’Oxfam, le premier réflexe est faire la liste de ses membres et de rechercher leurs antécédents. Personne ne sera déçu du résultat !!! Comment des français peuvent-ils encore faire confiance à cette ONG ? La désinformation est la règle numéro un de ses membres. Merci à celles et ceux qui démontrent l’iniquité de cette ONG.

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jeff bezos
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