S’il y a plus de pauvres, ce n’est pas la faute aux riches

Pour la première fois en 25 ans, l’extrême richesse et l’extrême pauvreté ont augmenté simultanément. Dans les années précédentes, cependant, Oxfam n’a jamais signalé que c’était exactement le contraire qui se produisait.

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Poches vides - Pauvreté - Richesse (CC0 Public Domain)

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S’il y a plus de pauvres, ce n’est pas la faute aux riches

Publié le 25 janvier 2023
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Chaque année, Oxfam publie une étude à l’occasion du Forum économique mondial de Davos. Les rapports précédents étaient souvent basés sur des données erronées et des méthodes non scientifiques. Néanmoins, les médias ont toujours accordé une large place aux rapports annuels d’Oxfam.

Cette année, cependant, l’une des conclusions d’Oxfam est exacte : pour la première fois en 25 ans, l’extrême richesse et l’extrême pauvreté ont augmenté simultanément et Oxfam se fait un devoir de critiquer cette évolution. Cependant, Oxfam n’a jamais signalé que c’est exactement le contraire qui se produisait les années précédentes.

Comme le montre le graphique ci-dessous, le nombre de milliardaires n’a pas cessé d’augmenter au cours des dernières décennies, tandis que le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté n’a pas cessé de diminuer.

Avant l’émergence du capitalisme, la plupart des gens dans le monde vivaient dans une extrême pauvreté. En 1820, environ 90 % de la population mondiale vivait dans la pauvreté absolue. Aujourd’hui, ce chiffre est inférieur à 10 %. Et le plus remarquable : au cours des dernières décennies, le recul de la pauvreté s’est accéléré à un rythme inégalé au cours des périodes précédentes de l’histoire de l’humanité. En 1981, le taux de pauvreté absolue était de 42,7 % ; en 2000, il était tombé à 27,8 % ; en 2021, il était inférieur à 10 %. Le nombre de milliardaires, quant à lui, a été multiplié par cinq depuis 2000, selon Forbes.

C’est cette tendance principale qui persiste depuis des décennies qui est cruciale. Il est vrai – contrairement aux attentes initiales de la Banque mondiale, qui compile ces données – que la pauvreté a de nouveau augmenté au cours des deux dernières années. Mais cela est en grande partie dû à la pandémie mondiale de Covid-19, qui a exacerbé la situation dans des pays où la pauvreté était déjà relativement élevée.

D’autres tendances à long terme sont également encourageantes. Par exemple, le nombre d’enfants qui travaillent dans le monde a considérablement diminué, passant de 246 millions en 2000 à 160 millions vingt ans plus tard, en 2020. Et cette baisse intervient alors que la population mondiale est passée de 6,1 à 7,8 milliards d’habitants au cours de la même période.

Cela montre que ce que croient les anticapitalistes, à savoir que les riches s’enrichissent au détriment des pauvres, est une idée fausse. En fait, c’est le contraire qui est vrai : la croissance économique signifie que plus le nombre de personnes riches augmente, plus le nombre de personnes vivant dans la pauvreté diminue – à l’échelle mondiale.

La Chine en est un exemple : en 1981, 88 % de la population chinoise vivait encore dans une extrême pauvreté.

Puis Deng Xiaoping a lancé ses réformes de libre-échange avec le slogan : « Que certains s’enrichissent d’abord. » Avant cela, la Chine ne comptait pas un seul milliardaire car la propriété privée n’était pas autorisée sous le règne de Mao. Aujourd’hui, il y a plus de milliardaires en Chine que partout ailleurs dans le monde, à l’exception des États-Unis. Et le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté est tombé à moins de 1 %.

Le Vietnam est un autre exemple : en 1993 encore, jusqu’à 80 % de la population vietnamienne vivait dans la pauvreté. En 2020, cette proportion n’était plus que de 5 %. Ce résultat a été rendu possible par l’introduction de droits de propriété privée et de réformes du marché libre. En même temps, cela a permis à certains Vietnamiens de devenir très riches et il y a même aujourd’hui plusieurs milliardaires dans un pays qui était autrefois l’un des plus pauvres du monde.

Comment lutter efficacement contre la pauvreté et la faim ?

De nombreuses personnes pensent que la réponse est l’aide au développement, bien qu’elle n’ait rien changé de fondamental en Afrique au cours des 50 dernières années. En revanche, ce qui a très bien fonctionné dans tout une série de pays, c’est l’introduction d’une économie de marché et de droits de propriété privée.

Les anticapitalistes, comme l’organisation de gauche Oxfam, voient le monde en termes de « somme nulle ». Ils nous disent que les pauvres ne sont pauvres que parce que les riches sont riches. Mais si c’était vrai, comment expliquer qu’à mesure que le nombre de personnes extrêmement riches a augmenté, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a diminué ? C’est la règle depuis 200 ans. Une année où c’est le contraire qui se produit, en grande partie à cause des effets de la pandémie de coronavirus d’une part et d’un marché boursier très positif d’autre part, est une exception très rare.

Rainer Zitelmann est un historien et sociologue allemand, auteur de l’ouvrage In Defense of Capitalism

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  • De toutes façons, les riches « causeraient » ils la pauvreté..que la question se poserait toujours de savoir si c’est moralement acceptable ou non, en clair si cela est un crime..

    chacun sait , pauvres y compris oxfam compris que tous les enrichissements ne sont pas « criminels »..
    oxfam veut impose run discours de nature identitaire avec une culpabilité collective, où tout riche porte la culpabilité de la situation de pauvreté de quiconque;.
    MON CUL!!

    Et il faut faire rappeler si un enrichissement est criminel…il faut en apporter la preuve.. et si la preuve est apportée le coupable doit être forcé à dédommager les pauvres victimes..non pas les pauvres en général!!!
    ILS SAVENT… oxfam sait, le militant cgt le sait.. melenchon le sait..

    ils veulent imposer la lecture de classe… ce n’est pas EUX qu’il faut convaincre mais les gens qui sont tentés par le bénéfice immédiat qu’ils tireraient de ce discours victimaires.

    Il faut mettre les tenants de ce discours devant l’arbitraire absolu de la limite entre pauvres et riches.. qui ne correspond à aucune réalité..
    il faut les mettre devant ce qui se passerait si ils décidaient;.et l’mergence inévitable d’une société divisée entre apparatchiks et le reste de la population..

    Je suis comme beaucoup, convaincu par ailleurs de la supériorité morale du libéralisme, il existe pour moi des limitations au droit de propriété du sol ou de ressources naturelles en général .. et par là un moyen de faire porter une part de responsabilité aux plus riches.. ce n’est pas a sun hasard si les anciens marxistes se réfugient dans l’environnementalisme..
    sauf que si on devint authentiquement environnementaliste ,c’est TOUT enrichissement qui devient criminel.. moins facile d’attirer le vote des pauvres..

  • il faudrait deja definir ce qui est un pauvre (ou un riche). C est quelque chose de relatif. Avoir une voiture, habiter un logement avec WC et salle de bain faisait de vous un homme riche il y a 100 ans en france. maintenant meme un pauvre a ces attributs.
    Mais il ne faut pas oublier que la societe a changé: elle considere comme acquis des choses qui ne l etaient pas avant. par ex il est considere comme acquis d avoir un smartphone (de plus en plus de services demandent de telecharger une app. meme pour la carte au restaurant on peut vous sortir ca !). autrement dit, si en 2000 vous pouviez vivre sans tel portable, ca devient aujourd hui difficile et le telephone une depense obligatoire

    • On a des outils. Le coefficient de Gini par exemple. A sa mesure, la France apparaît comme un pays déjà bien égalitaire.
      Les velléités d’Oxfam et cie ne sont probablement qu’une énième démonstration du paradoxe de Tocqueville :
      – Quand l’inégalité est la loi commune d’une société, les plus fortes inégalités ne frappent point l’oeil ; quand tout est à peu près de niveau, les moindres le blessent. C’est pour cette raison que le désir de l’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande.

    • « un logement avec WC et salle de bain faisait de vous un homme riche il y a 100 ans en France ».
      En consultant la documentation fiscale relative à la taxe foncière, j’ai constaté que :
      – La salle de bain
      – Le WC
      – Le chauffage central
      – L’eau courante
      sont considérés comme des équipements de luxe par l’administration fiscale,
      et ce n’était pas il y a 100 ans, mais aujourd’hui en 2023.

    • J’aime rappeler la phrase de Staline: « Nous aimons appeler koulak tout paysan qui a assez à manger pour vivre ». C’était à l’époque une définition de la richesse, et une condition suffisante pour être exécuté…

  • C’est surtout la France, adepte du stalinisme qui se nourrit de cette théorie. Aucun pays au monde autre que la France ne fustige les riches.

  • Le problème ce n’est pas les riches et les pauvres; le problème c’est les gens qui travaillent et ceux qui ne foutent rien; en fait les riches ne travaillent pas et font travailler les pauvres pour devenir de plus en plus riches ; en fait , les riches ne prennent jamais de retraite mais comme ils dirigent le pays ils vont faire travailler les pauvres de plus en plus longtemps

    -1
  • Il y a deux façons de voir un gâteau.
    Soit un truc fini qu’on se partage. Soit un truc à faire avec les ingrédients qu’on a.
    La première est celle qu’a la gauche virulente et larmoyante du travail et de la richesse.
    La seconde, celle des gens pragmatiques et sensés.

  • Le riche est l’espoir des pauvres mais ils ne le savent pas.

    • Et s’ils le savent, beaucoup rusent avec eux-mêmes. La Fontaine a écrit de belles choses là-dessus :
      – Certain Renard Gascon, d’autres disent Normand,
      Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
      Des raisins mûrs apparemment,
      Et couverts d’une peau vermeille.
      Le galant en eût fait volontiers un repas ;
      Mais comme il n’y pouvait atteindre :
      « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. « 

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YAKA : c'est à partir de cette formule magique qu'une majorité de Français résoudrait une grande partie des problèmes du pays. Je me permets de parler des Français et non pas de certains d'entre eux car ils sont une large majorité (66 %) à soutenir l'idée d'Oxfam d'une taxe sur la fortune des milliardaires français pour combler le déficit du financement des retraites. Mais ils ne s’arrêtent malheureusement pas à ce prélèvement sur les milliardaires.

 

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