Levothyrox : un rapport officiel dénonce le mépris des pouvoirs publics

Un rapport commandé par la ministre fait le point sur le dossier Levothyrox, sans tirer de conclusions convaincantes sur un vrai sujet : la réticence du corps médical à écouter les patients.

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Levothyrox : un rapport officiel dénonce le mépris des pouvoirs publics

Publié le 5 septembre 2018
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Par Éric Verhaeghe.

Le rapport Kierzek-Léo ne fera pas date pour les propositions qu’il formule, d’une timidité et d’une complexité confondantes face aux enjeux posés par le dossier du Lévothyrox. On notera par exemple la proposition de créer une « plateforme » d’information sur les médicaments à destination du public.

Le réflexe français très solutionniste du « un problème, une solution technique de plus dans le mille-feuilles » a encore agi. Pour le reste, la mission propose de confier à l’Agence Nationale de Sécurité de Médicament (ANSP) la fonction de communiquer sur tous ces sujets. La même ANSM qui est au cœur de l’affaire Mediator ou de l’affaire Depakine.

Avec ces propositions, on est donc certain que la situation n’est pas près d’évoluer !

Silence presque total sur l’accès aux données de santé

L’ensemble du rapport reste à peu près muet sur la question de l’ouverture des données de santé, qui demeurent encore et toujours une propriété jalousement gardée par l’État, avec les conséquences que l’on connaît. Les scandales sanitaires récents ont tous mis en exergue les limites d’un monde où l’information et le traitement des données de santé sont rationnés par l’État.

Malgré ces évidences, les pouvoirs publics s’obstinent à verrouiller l’accès à des données qu’ils se montrent incapables de traiter correctement. Et le rapport Kierzek-Léo ne trouve pas grand chose à redire à ce sujet. On notera jusque cette phrase : « À plus long terme, ouvrir plus largement l’accès aux données », qui en dit long sur le manque d’ambition du rapport, et sur le sous-dimensionnement des mesures proposées. On est très loin de l’ouverture large et rapide dont la santé a besoin en France pour sortir de sa préhistoire.

La question du mépris médical et des pouvoirs publics au coeur du rapport

Mais il faut reconnaître au rapport le mérite de reconnaître une réalité qui est au cœur du dossier du Levothyrox : les pouvoirs publics sanitaires, en accord avec la communauté médicale, ont foulé aux pieds la parole des patients et n’ont pas pris la mesure de l’évolution qui touche la société dans son ensemble. On lira donc dans le rapport quelques phrases châtiées qui résument assez bien le sujet :

L’approche principalement réglementaire de l’information sur le médicament a pour conséquence de reléguer au second plan la réflexion sur son appropriation par le public et les professionnels de santé. La dimension « utilisateurs » de l’information a ainsi été délaissée pour répondre principalement au besoin de « se couvrir » au plan médico-légal. […]

Le primat, dans l’ensemble des dispositifs informationnels, de la rationalité scientifique et de l’expertise a, en outre, peu intégré la richesse spécifique de l’information ascendante. Ses « remontées » dans les dispositifs de veille sanitaire (comme l’ouverture aux usagers de la plateforme de signalement des événements indésirables) ne semblent intéresser les pouvoirs publics que dès lors qu’elle répond aux canons de l’imputabilité « classique ». Ce faisant, les autorités sanitaires se privent d’informations de « vie réelle » pourtant cruciales et utiles à l’évaluation des médicaments (courriers des lecteurs de la presse écrite, remontées aux associations de patients, réseaux sociaux, questions fréquentes en officine, etc.).

Les médecins et les pouvoirs publics ne tireraient donc aucun profit de la parole des malades ? Le fait qu’un rapport officiel l’écrive est déjà un bon point. Mais au rythme où vont les choses, la surdité des principaux intéressés n’est pas prête de guérir.

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  • les spécialistes des 2 camps , la com ,moi je sais ..vous non !! l’ego qui refuse la concertation jusqu’au drame où chacun se rejettera là responsabilité..
    dans les pharmacies rupture de médicaments. et ça c’est là réalité ..

  • Bonjour
    Autant le Depakine est un dysfonctionnement majeur de la prescription (médicament tératogène connu prescrit au femme enceinte), autant le levothyrox me parait être un emballement d’une rumeur sur les forums du nets, rumeur autorealistrice se renforçant avec le temps. Effet nocebo dont parle Dr Dupagne : http://www.atoute.org/n/article362.html

    • Pour connaitre 2 personnes qui ne se connaissent pas et qui ont eu des pb avec le levothyrox et, qui ont découvert quelques temps après que c’était suite au changement de formule, cela me semble surtout être un vrai problème couvert par une chape de plomb ! Comme il y en aura d’autres avec un certain nombre de médicaments génériques fabriqués sans contrôles dans des pays à bas cout sous prétexte que l’élément actif serait le même et oubliant un peu vite qu’une bonne cuisine ne se fait pas qu’avec un ingrédient. Mais là aussi, faut mettre ça sous le tapis…

      • Bonjour ahdl289
        Lisez l’article de Dupagne. L’effet nocebo ne veut pas dire; « pas de souffrance, c’est dans la tête ».
        Soit on se place du point de vue scientifique, et il n’y a pas scandale, juste une adaptation thérapeutique après dosage biologique si plainte du malade, ce qui est le boulot du médecin prescripteur (normalement).
        Du point de vue humain, toujours écouter les malades et ne pas botter en touche en haussant les épaules.
        On a en France une vision pyramidal de la médecine; Que dit le ministère à Paris. Un peu de bon sens et ne pas tjs attendre de l’autorité de tutelle toute les réponses.
        En un mot, sortir du jacobinisme et faire une médecine libre.

    • Comme par hasard, c’est aussi l’ANSM qui est impliquée dans le scandale de la depakine (reconnaissance très très très tardive des risques teratogenes de la depakine, pourtant établis depuis longtemps)…
      Ca plus l’affaire du mediator, plus 2 ou 3 autres trucs qui couvent, ca commence à faire beaucoup…

      • Bonjour Jean Manchzek

        Il faut se poser la question maintenant de l’intérêt de ces ‘agences’, toujours tiraillés entre les angoisses du ministre, les lobbies, les experts +ou- indépendants.

      • .. un bon système pourrait de faire confiance aux labo, avec une responsabilité civile, et des entités réellement indépendantes comme « Prescrire » pour faire une expertise sérieuse(mais payante pour les prescripteurs.

  • Dans un médicament, il y a deux parties, le principe actif et la galénique qui correspond à la présentation du médicament final pour lui permettre d’avoir la distribution la plus stable dans le temps pour éviter les effets secondaires liés à un excès ou à un déficit au cours de la journée.
    Il se trouve que le brevet limité dans le temps ne concerne que le principe actif.
    En conséquence, certains médicaments génériques dont celui du Levothyrox n’ont pas exactement le même effet et la même tolérance.

  • « L’imputabilité classique » c’est quand l’establishment a décidé qu’il était intellectuellement acceptable qu’un traitement médical X cause un effet Y. Décidé sur la base d’un savoir absolu et incontestable, comme dans la médecine de Molière.

    C’est le premier argument concernant les effets secondaires les plus incontestables des vaccins : vous DEVEZ vous tromper, puisque JE n’avais pas prévu cela.

    Toujours le JE de la médecine. Le contraire exact de la science.

    • Toujours votre rhétorique anti vaccin: vous n’arrêtez jamais?

      • Toujours votre rhétorique pro vaccin: vous n’arrêtez jamais?

      • @nevez
        Pourquoi faudrait-il s’arrêter d’essayer de dénouer le vrai du faux?
        Lorsqu’il s’agit de problèmes de Santé publique,les témoignages vérifiés ne sont pas à ignorer.
        Vous n’avez plus guère le loisir de disserter sur la supposée réalité de l’ effet placebo ou nocebo, lorsque l’un de vos proches ou vous même avez été victime d’une maladie iatrogène,ou autre erreur de parcours…….

        • C’est aux spécialistes de faire le point, pas à des incultes en médecine. Les spécialistes, scientifiques, savent reconnaître leur erreurs.
          J’ai été victime d’une erreur de diagnostique par un spécialiste, et j’ai manqué y passer. Lors de ma dernière vaccination en France, le docteur m’a conseillé de ne faire que le T. J’ai suivi son avis.

          • @MichelC

            D’une manière générale l’habeas corpus renvoie à la liberté de l’individu de contrôler son propre corps (et aussi ses biens),ce qui n’est pas étranger au libéralisme.
            Être inculte en médecine ne doit pas rendre passif au point de ne pas s’informer ou accepter n’importe quoi !
            Nous avons la chance d’avoir dans notre pays les meilleurs médecins au monde,mais en fonction d’une maladie grave,plusieurs diagnostics sont souvent nécessaires car en médecine l’obligation d’un résultat sûr à 100% n’existe pas.

          • Les incultes en médecines savent repérer les arnaques comme la vaccination mieux que la plupart des médecins et des personnels de santés, qui sont soumis à une obligation de vaccination qui forcément limite leur intellect.

            • @corrector

              Un » inculte » en médecine, souhaitant à juste titre préserver son intégrité physique, est sans doute préférable à un « cher disparu » sacrifié sur l’autel de la désinformation…….

  • Dans la mesure où c’est une Agence dépendant de l’Etat (ANSM, ex AFSSAPS, impliquée dans le scandale du Mediator, ex Agence du médicament) qui a demandé au labo Merck de changer la formule, on peut attendre longtemps le commencement du début d’une reconnaissance du problème…
    Remède possible à cette situation : nouveau changement de nom ?

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