Christel et la Sécu : témoignage d’une patiente

Cancer du sein CC coolcool61

Christel témoigne. De son cancer du sein, de son combat, de la prise en charge par la Sécu.

Par Éric Verhaeghe.

Une légende tenace veut que la Sécurité sociale assure une prise en charge optimale des cancers en France. Pourtant, les lacunes des remboursements pour le cancer du sein sont nombreuses et bien connues. Une militante associative du Sud de la France vient de le rappeler dans un courrier au président de la République : les restes à charge pour le cancer du sein sont coûteux.

Elle s’appelle Christel Balme et elle habite Molières-sur-Cèze, dans le Gard. Elle est préparatrice en pharmacie et son histoire est racontée par le Midi Libre.

Elle se découvre un jour atteinte d’un cancer du sein et entame un traitement de cinq mois. Après sa dernière séance de chimiothérapie, elle entreprend de raconter ce qu’elle a vu durant son parcours hospitalier.

Que retenir ?

Christel a perdu 200 € par mois sur son salaire depuis son arrêt maladie. La situation est encore plus difficile pour les travailleurs indépendants : « Une jeune coiffeuse malade a perdu tous ses revenus pendant ses dix-huit mois de maladie. Comment se soigner quand on n’est pas sûr de remplir son frigo ? »

Être malade coûte cher, explique la préparatrice en pharmacie, et les écarts se creusent entre ceux qui peuvent prendre en charge les frais, et les autres, créant une médecine à deux vitesses. « Le cancer ne s’attaque pas qu’à vos cellules, il grignote aussi vos euros. Pour garder figure humaine, et ne pas lire la peine immense dans le regard de ma fille, j’ai acheté une perruque de base, moche, premier prix… à 500 €. »

Gels douche hypoallergéniques, crèmes spéciales, gaines, soutien-gorge, compléments alimentaires, la liste des produits nécessaires pour limiter les dégâts de la chimio ou des rayons est longue, les remboursements, dérisoires.

On le sait, les soins annexes dans le traitement du cancer du sein, et particulièrement les soins de nature « esthétique » sont particulièrement coûteux. Sur tous ces points, la Sécurité sociale, qui dépense chaque année 300 M€ pour rembourser des Doliprane, abandonne les Françaises à leur sort.

On estime que le reste à charge moyen par cancer est de 750 € par an.

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