Pénurie de travailleurs saisonniers : les dessous d’un paradoxe

Magré un taux de chômage toujours haut, on peine à recruter dans le secteur saisonnier. Voici pourquoi.

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Pénurie de travailleurs saisonniers : les dessous d’un paradoxe

Publié le 16 août 2018
- A +

Par Jonathan Frickert.

Au début du mois, plusieurs acteurs du secteur de l’hôtellerie et de la restauration ont fait réagir en annonçant vouloir embaucher plus facilement des travailleurs immigrés. Une demande jugée scandaleuse, alors que le taux de chômage dépasse toujours les 9%.

Un problème d’autant plus prégnant que 50% des emplois non pourvus sont saisonniers. Un type d’emploi cette année encore particulièrement touché par le manque de candidats.

800 000 emplois peu qualifiés

L’année 2017 s’est achevée sur une croissance de 1,82%. Un chiffre somme toute faible, mais qui a su produire des effets sur l’activité, qui, elle, a connu un rebond. Qui dit activité dit embauches. Seulement, qui dit embauche ne dit pas emploi, en particulier en période estivale. Pôle emploi a ainsi estimé que plus d’un tiers des quelques 2,3 millions d’embauches prévues en 2018 seraient saisonnières.

Cette activité est donc, comme tous les ans, un grand pourvoyeur d’emplois, initialement destinés aux étudiants, mais qui connaît depuis quelques années la concurrence des seniors victimes de la conjoncture et des retraités à qui les pensions ne permettent plus un niveau de vie décent.

Sans surprise, les secteurs les plus touchés sont la restauration, l’hôtellerie et le vin. La pénurie ébranlant la restauration concerne principalement les plongeurs et les serveurs. Certains employeurs sont ainsi contraints de fermer leur établissement pour pallier le manque de rotation de la main-d’œuvre. Cela a pour conséquence de ralentir cruellement la croissance potentielle, car moins de jours travaillés signifient évidemment moins de couverts et donc de rentrées d’argent.

Ma région natale, l’Alsace, permet de se faire une idée de cette pénurie, en particulier dans le secteur viticole. La récente canicule a, ici comme ailleurs, avancé les dates des vendanges. Près de 1 600 offres seraient ainsi en attente de candidats dans la région, et ce pour la semaine prochaine au lieu de début septembre.

Ce manque de candidat est d’autant plus étrange que les postes à pourvoir sont très souvent peu demandeurs en qualifications, une des raisons qui fait que ce type de poste est généralement très prisé des étudiants.

Le salaire : un serpent qui se mord la queue

Si les acteurs du domaine ont annoncé lancer une campagne visant à redorer l’image de leurs professions à la rentrée, force est de constater que le problème est sans doute plus profond.

En effet, une chaîne de fast food bien connue connaît toute l’année un fort turn-over malgré une pénibilité accrue.

La formation est sans doute un des facteurs les plus importants dans la pénurie de salariés, cette fois générale, qui touche ce pays, en particulier vis-à-vis des chômeurs les plus proches de l’âge de départ à la retraite. Un manque de flexibilité en termes de formation qui sera sans doute la clef du plein-emploi, mais qui touche cependant très peu les emplois saisonniers. Dans la grande majorité des cas, ceux-ci demandent pour seule qualification un peu de motivation.

Autre problème évoqué : l’inadéquation géographique entre l’offre et la demande, avec des travailleurs pour lesquels la mobilité est devenue un luxe. On commence sans doute à toucher du doigt le nœud du problème.

En effet, la nécessaire mobilité est contrebalancée par l’inadéquation des salaires proposés et des impératifs de déplacements. La viticulture est particulièrement concernée par la question puisque la loi de finances pour 2015 a abrogé l’exonération de cotisations sur les contrats de vendanges afin d’harmoniser les différents régimes agricoles. Une harmonisation, comme souvent en France, à la baisse, qui a diminué la rémunération des vendangeurs.

Le taux de chômage des jeunes est plus de deux fois supérieur à celui des seniors. L’argument financier, en particulier pour des jeunes bien plus flexibles et mobiles que leurs aînés, est donc sans doute une des grandes causes de défection.

En termes de calcul rationnel, rester au chômage chez soi est donc malheureusement plus profitable que de toucher le revenu minimum loin de son domicile. Un triste pari pascalien qui aura nécessairement un impact sur la croissance et par définition… sur l’emploi.

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  • « En effet, une chaîne de fast food bien connue connaît toute l’année un fort turn-over malgré une pénibilité accrue. »
    Il doit y avoir erreur: si le travail est pénible, et si les salariés ne trouvent pas de compensations suffisantes, il est fatal qu’ils aillent voir ailleurs.

    Sinon, je n’ai pas de solution miracle, mais il me semble que favoriser l’offre locative pourrait aider. Il est plus facile de déménager si vous êtes assuré de pouvoir louer à un prix raisonnable.
    Mais il y a de freins au déménagement quasi insurmontables: par exemple si votre conjoint a un emploi, soit il doit le quitter, soit vous devez envisager une vie séparée.

  • je voudrais juste demander à l’auteur s’il a déjà fait une saison de vendanges? si oui mea culpa si non demandez vous aussi pourquoi quelqu’un irait se casser le dos dans des conditions pénibles pour un salaire par forcément très motivant. (pour l’avoir fait plusieurs saisons je peux vous dire qu’il faut avoir la santé et éviter d’être trop grand)

    • Et surtout ne pas être fainéant. C’est la raison principale.

    • c est ce qu il dit « L’argument financier, en particulier pour des jeunes bien plus flexibles et mobiles que leurs aînés, est donc sans doute une des grandes causes de défection »

      L autre point est signale dans l article c est le cout du logement. Vu que vous pouvez pas vous loger pour pas cher, tout ce que vous aller gagner est englouti dans le loyer. aucun interet d aller travailler.
      On touche la un des resultats de la politique de logement cher mise en place en France depuis Chirac (Perrisol, puis de robien pour finir avec le pinel)

      Dans un autre domaine, je me suis occupe un peu de recrutement (Ingenieurs donc pas vraiment le meme profil ni meme salaire). La le probleme majeur n etait pas tant le salaire (on payait certes moins qu a paris mais pas tellement) mais le travail du conjoint. Dans une ville moyenne, il etait clair que madame ne trouverait pas de travail (a moins d etre prof). Donc souvent une baisse de revenu de 40 % du couple.

    • Non, je n’ai pas fais les vendanges, mais je connais énormément de gens dans mon entourage qui l’ont fait et qui ont confirmé cet article.
      Votre commentaire est en phase avec l’article, puisque j’y note que la rémunération n’attire plus les jeunes et n’arrive plus à compenser la pénibilité pour les autres.
      Pour préparer cet article j’ai eu l’occasion d’avoir une discussion sur le sujet avec mon père, la soixantaine bien tassée, qui m’évoquait que dans les années 1970, les gens se bousculaient pour faire les vendanges : pour cause, ils étaient quasi-systématiquement nourris et logés. Une tradition que, de mémoire, on retrouve très peu aujourd’hui.

      • Je confirme, j’ai fait les vendanges plusieurs fois en Alsace. Logé nourri pour quelques FRF. Une bonne ambiance parce que uniquement francophone. Cela doit devenir rare.

    • J’ai dans un passé lointain fait des saisons pendant 7 ans : dans l’agriculture, dans la distribution et je peux vous assurer que les conditions étaient pires qu’aujourd’hui, le salaire pas mirobolant. Oui mais il fallait bien pour poursuivre ses études et je n’en suis pas mort. Et comme le dit Laurent 46 il ne fallait pas être fainéant. Aujourd’hui tout doit tomber tout cuit dans le bec…Affigeant.

      • L’argent gagné vous servez à quoi? Payer votre logement, votre voiture, votre abonnement transport, vos courses, les frais de location?

      • Il est irrationnel de pensez pouvoir payer ses études en étant pas saisonnier dans la ville où on loge déjà ou s’y on n’a pas d’attache quelconque dans la région où l’on compte faire sa saison…

    • on est d’accord alors….les torts sont partagés.

    • oui il y a des boulots difficiles…et ce n’est pas le propos de l’auteur et je ne vois pas en quoi il devrait faire son méa culpa.
      a la rigueu, vous r pouvez dire que les jeunes même chômeurs sont assez riches maintenant pour pouvoir s’offrir le luxe de ne pas « se casser le dos ».et conclure que c’est formidable de vivre dans un pays riche pour cette raison..mais ça pose problème de recevoir des bénéfices quand on est pas celui qui les produit.
      pourquoi au fait ne vous révoltez vous pas contre les gens qui toutes leur vie exercent un métier pénible ou dangereux?
      parce que ce n’est pas VOUS? et que vous le valez bien? possible… mais prouvez le.

  • Il n’y a pas si longtemps encore ce n’était pas un problème, certes les rémunérations n’étaient pas luxueuses mais c’était de l’argent frais et disponible pour beaucoup de Français, argent qui mettait du beurre dans les épinards. N’est-ce pas une fois de plus nos escrocs de la politique, ceux qui magouillent en permanence qui ont cassé le système en taxant ces revenus et en imposant aux entreprises concernées de les déclarer avec toutes les contraintes qui vont avec. Le moindre petit travail doit rapporter de l’argent à ces escrocs. Il y a encore ceux qui sont propriétaires et qui assurent eux même l’entretien de leurs biens qui ne sont pas encore taxé mais c’est en bonne voie à travers les impôts locaux quant aux contraintes il devient de plus en plus compliqué de faire des travaux dans sa propriété sans qu’un abruti de fonctionnaire vous impose ses règles. Tous les problèmes et incivilités de notre société ont la même origine, le comportement et les contraintes imposées par la politique nationale et locale.

  • Le monde a changé.
    Dans ma jeunesse, j’aidais la famille pendant les vendanges en Alsace.
    Quand les vendangeurs ne venaient pas des villages voisins, ils étaient logés et nourris sur place dans des conditions spartiates. Il y avait des lits de camps dans une grange ou une grande salle, des toilettes et une douche mis gratuitement à disposition. Certains vendangeurs voisins ou amis pouvaient être payés en liquide et/ou en bouteilles de vin.
    Tout le monde y trouvait son compte et les vendanges étaient accomplies dans une relative bonne humeur…
    Et pour le dos, nous avons la chance en Alsace d’avoir des vignes hautes, ce qui facilite le coupage, mais ceux qui portent le ‘Trajkorb’, la hotte, dans terrains pentus doivent être très forts.
    Aujourd’hui, je me suis laissé dire qu’il y des normes pour loger les vendangeurs, alors les viticulteurs renoncent à les loger, ce qui oblige ceux venus de loin à payer un logement avec leur maigre salaire, souvent dans des hôtels en périphérie, résultat: beaucoup de boulot pour pas grand chose…

  • C’est l’Etat qui tue la France ! Avant la volonté des hauts fonctionnaires de tout régenter notamment les remembrement en faveur des copains/coquins SAFER ou autres FNSA, les paysans étaient double actif sans besoin de logement et de social. Maintenant ils sont morts physiquement ou moralement et sont une charge au lieu d’un profit. Qui va supprimer ces hauts fonctionnaires spoliateurs ?

  • Si le travail ne paie pas , il n’y a pas de travail …l’esclavage est d’une autre époque ! Le pire étant les emplois aidés….sauf chez les saisonniers , chercher l’erreur .aider des emplois improductifs au détriment des emplois productifs, telle est la France !

  • ça commence néanmoins à se voir par le consommateur final: j’ai vu très récemment dans une GMS du sud, des rayons vides dus à une pénurie de main d’oeuvre dans les plateformes de distribution.

    • J’ai fait 3 saisons (Mi-juin/Fin Août en tant que plongeur-écailler sur le bassin d’Arcachon.

      Le problème est qu’il s’agit avant tout de zone touristique et estival avec souvent un fort pouvoir d’achat des résidents donc un coût de la vie élevé.

      Il est évident que pour moi c’était tout bénéf car je logeait chez ma Mère à Arcachon donc aucune charge si ce n’est la participation pour les courses.

      Je vois mal aujourd’hui un jeune de région parisienne ou ailleurs venir en gironde faire les vendange pour 1500 euros avec le logement, le transport et la vie quotidienne à assurer.

      Il y laisserai la moitié de ses deux mois de paie rien que pour l’appartement (Caution, frais d’agence, loyer de garantie etc).

      Quand tu vois que les foyers de jeune travailleurs dans ma région c’est minimum 600e/mois.

      La seule solution en général c’est le camping car les conditions climatiques le permettent quoi qu’entre juillet et août le prix de location par nuit et pas si proche que celui d’un air bnb dans une ville…

      La question en effet c’est le logement sur le lieux de travail car pour ce que j’ai connu y compris pour des connaissances c’était plutôt du 15-20km minimum et encore ça peut être encore pire si l’on prend par exemple le Médoc ou objectivement hormis Bordeaux et sa proche banlieue, il n’y a aucune solution pour les saisonniers des vendanges autres que la tente…

      Sauf que la tente c’est bien pour du camping estival ou en voyage après une journée de 10 de taff c’est moins sexy…

  • le probléme pour les travailleurs saisonniers est le coût e la vie sur les secteurs ou l’on a besoin d’eux, payés généralement au smig s’il doivent se loger en studio ou les locations explosent dans la saison, il ne leur reste rien !

    • Ce n’est pas tant le coût de la vie que toutes les contraintes et réglementations qu’on a imposées aux employeurs qui étaient prêts à loger (spartiatement certes) leurs saisonniers et à leur faciliter leur vie quotidienne. Ces contraintes étatiques ont fini par rendre quasiment impossible ces « accommodements » qui rendaient service à tout le monde. Encore un exemple de l’action délétère de l’Etat sous prétexte de protéger le travailleur…

  • Et puis tous le monde déteste les fonctionnaires sauf au moment de présenter un dossier pour un bail de location….

    En général, les saisonniers ne sont pas des fils et filles de fonctionnaires…

    • Pour deux ou 3 mois de location, même pour un loyer de 550-600 euros compter facilement les frais d’agence car souvent l’offre des particuliers c’est du Air bnb, les mois de garantie 1 à 2 etc etc

      En gros les frais d’installation et de location dépassent déjà le salaire de ton premier mois alors que tu ne l’a pas encore reçu

      • À la limite les communes devraient prendre en charge se coût ou les employeurs.

        Il est tout à fait rationnel aujourd’hui de ne pas se lancer comme saisonnier pour deux ou 3 mois max au vu des contrainte qui sont les mêmes que pour quelq’un s’installant pour long CDD ou CDI.

        • Mine de rien c’est une forme d’expatriation avec toutes les contraintes associées…

        • Pourquoi faire prendre en charge par des communes càd par l’argent des autres alors qu’il suffit de supprimer certaines réglementations?

          • Par les communes ou les entreprises, d’ailleurs c’est déjà le cas pour nombre de métier en tension ou les édiles n’hésite pas à dérouler le tapis rouge à certaines professions avec moultes avantages, je ne voient pas ce qui a de choquant.

            Si la main d’oeuvre est vraiment indispensable est rare on se donne les moyens de la faire venir, rien de choquant…

            • La seule chose choquante est la réponse à la question « d’où vient l’argent de la commune ? »…

            • Rien de choquant ?
              Remarquez, c’est ce que pensent 95% des français qui réclament toujours plus d’Etat pour résoudre les problèmes créés par l’Etat…

              De plus, vous mélangez 2 choses qui n’ont rien à voir : le subventionnement publique (direct ou indirect) et les adaptations des entreprises à la pénurie de personnel.

              Pour attirer des entreprises (ou certaines professions, ex: médecins) sur leur sol, bcp de municipalité essayent différentes méthodes (aménagements, allègement des taxes voire zone franche, subventions directes ou indirectes…) qui, soit entraînent une perte de rentrée d’argent pour la municipalité, soit le plus souvent, coûte de l’argent mais c’est de l’argent « gratuit » (sauf pour le contribuable) pour reprendre une maxime de F.Hollande. Et pourquoi donc les municipalités en sont arrivées là ? Parce que la situation économique française est médiocre en grande partie du fait des contraintes fiscales, juridiques et en matière de législation du travail qui étouffent l’entrepreneuriat et dont l’origine est l’Etat lui-même. Il y donc peu d’entreprises avec salariat en cours de création.
              Comme la plupart des français, votre logique est d’augmenter les taxes et impôts pour aider ces entreprises (ce qui a un coût logistique avec tous ces fonctionnaires nécessaires à sa réalisation) plutôt que d’alléger définitivement toutes ces contraintes ce qui serait plus pérenne et toucherait tout le pays alors que des décisions municipales sont sujettes aux revirements électoraux.

              Dans le secteur privé, les entreprises peuvent effectivement offrir des avantages en salaire ou en nature pour attirer des personnels nécessaires à son activité. Mais cela ne concerne que des emplois à haute valeur ajoutée dont le travail fourni compensera le surcoût (on ne paiera pas un vendangeur le salaire d’une secrétaire). Pour des emplois à faible qualification fournissant un travail dont la valeur est basse, que reste-t-il à l’employeur ? La mécanisation de la tâche, la délégation à distance (certains travaux de bureau, d’accueil en ligne…etc), l’emploi temporaire de main d’œuvre étrangère ou… la délocalisation. Quand l’activité est directement liée à la situation géographique, la délocalisation est impossible. Si on veut rester dans la légalité et que le travail n’est ni mécanisable ni « exportable », il faudra dépenser plus pour le même emploi. Dans ce cas, soit le produit/service apporté par l’entreprise est de haut niveau et acceptera l’augmentation de son prix de vente, soit cette activité finira par disparaître ou se restreindra à ce qu’un patron avec qq associés arriveront à faire seul(s), les contraintes légales et fiscales d’un travail salarié ne s’appliquant pas, ce qui, bien évidemment, ne sera guère productif en matière de création d’emploi…

  • en même temps, les emplois saisonniers, dans la restauration, sont très mal payés, par rapport au nombre d’ heures effectuées : de plus, souvent, tu dois te loger, à tes propres frais, dans une région touristique , où les locations te coùtent un bras un oeil , et à la fin du mois, quand tu as tout payé, il ne te reste pratiquement rien !!!!!

    • La rémunération est à la hauteur de la qualification requise, de la technicité du travail et de la valeur marchande du travail fourni.

      Le travail des saisonniers n’était pas mieux payé autrefois (voire plutôt moins) et les emplois de saisonniers étaient pourvus alors que le chômage était moins massif. Le salaire n’est pas en cause en lui-même, c’est les modifications de l’environnement locatif, fiscal et de la réglementation du travail qui rend ce type de travail moins intéressant pour beaucoup. Et ces modifications sont le résultat de l’action de l’Etat…

    • on ne peut évaluer un prix que par rapport à un autre…pourquoi tel emploi semble mal payé? ne serait ce pas parce que les emploi peu qualifiés en france sont sur payés du fait du salaire minimum?
      un personne prête à accepter un salaire mal payé saisonnier dans le restauration pourrait normalement solliciter un autre emploi peu qualifié mieux payé…il ne le peut pas en raison d’une protection particulière de ces emplois.

      donc marché de l’emploi faussé conduisant à des anomalie de salaires, avantages aux personnes déjà en place…

      le marché de l’emploi étant faussé, surtout vers le bas, parler des niveaux de salaires est comme parler du prix du lait dans une épicerie communiste.
      et d’ailleurs la conséquence est la m^me, marché « noir  » de l’emploi…qui est d’ailleurs plus proche du vrai marché de l’emploi que l’autre.

      pour moi il y a un scandale courant…souvent un restaurateur ne respecte pas sa parole, il ne paie pas les heures … mais il arrive que ce soit avec l’accord tacite du salarié qui a accepté que le contrat de travail déclaré est une duperie et destinée non pas au salarié mais à l’administration. auquel cas, bienvenue chez kafka. Avant tout le contract de travail est entre 4 yeux, l’acceptation des violations de contrats est équivalente à l’acceptation de dessous de table pour obtenir logement dont le loyer est arbitrairement fixé par l’etat. c’est TRÈS dérangeant.
      mais tu chasses le marché par la porte il revient pas la fenêtre.

      • Jacques oui sauf qu’entre le patron qui vous propose de signer et le saisonnier je vois mal la symétrie du rapport de force…

        Si un saisonnier devait refuser un contrat ou le résilier dès qu’il y une couille, la pénurie serait bien plus importante qu’elle n’est…

        • le papier je m’en fous…c’est pour l’etat et les deux parties sont d’accord là dessus.. ce qui importe est ce qui est convenu.. et vous concluez d’une façon qui devrait vous apparaître comme paradoxale.
          ARRÊTEZ de déléguer à d’autres le droit de juger de vos propres choix.

  • « Who pays peanuts, get monkeys. ». On pourrait même dire : « Who pays peanuts, get noone, not even a monkey. ».

    Le problème est qu’avec toutes les prélèvements obligatoires qu’ils doivent supporter, les patrons ne peuvent pas se permettre d’augmenter les salaires pour attirer des employés. Bref, encore une fois, l’Etat obèse fout la merde …

    Que l’Etat se recentre sur ses missions régaliennes. Qu’il baisse les prélèvements obligatoires (impôts, cotisations sociales, etc.).

  • Un employeur embauche si et seulement si l’emploi lui est profitable. Un employé travaille si et seulement si l’emploi lui est profitable.

    En élevant sans cesse les contraintes directes (charges sociales et fiscales) et indirectes (réglementations absconses, coûts du logement et du transport) pour les employeurs comme pour les employés, l’Etat obèse empêche l’offre et la demande de se rencontrer, à prix et quantités acceptables pour chacun, acceptables parce que chacun y gagne. Quand, du fait des contraintes, plus personne ne peut gagner quoi que ce soit dans l’échange volontaire, les équilibres de marché ne peuvent plus être atteints. Les marchés disparaissent progressivement, en commençant par les emplois et les employés les moins qualifiés. Désormais, le niveau de contrainte est suffisamment élevé pour s’attaquer avec virulence aux classes moyennes, qui sont les véritables « salauds de riches » stigmatisés par les (riches) socialistes, éminents collectivistes, pour justifier leur collectivisation de tout et l’assujettissement de tous.

    Pour survivre encore un peu, le système collectiviste à bout de souffle se cherche des semi-esclaves et lorgne avec avidité sur les migrants, tandis que le chômage structurel n’a jamais été aussi élevé. Bientôt, la collectivisation nécessitera le recours massif au travail forcé. Le retour programmé du service national ou le conditionnement des aides sociales à une activité forcée, antithèse absolue du principe d’échange volontaire, ne sont pas les moindres des signaux négatifs à cet égard.

    Bienvenue dans la petite URSS franchouillarde, quelques temps avant son effondrement inéluctable, comme sa grande sœur avant elle.

    • Analyse simpliste qui résume tout au collectivisme, le problème c’est que les secteur d’emplois saisonniers ne sont pas même avec une réglementation à minima des secteurs profitables au sens conventionnel du terme.

      La preuve: on n’a besoin de main d’oeuvre que pour 2 ou 3 mois

      • Mais sinon oui, pas de problème, je serai le premier à faire une saison de restauration à Limoge ou Poitiers où pour 300 euros par mois j’ai facilement un 25/30m2 TCC…

      • « des secteurs profitables au sens conventionnel du terme » : ça veut dire quoi ce charabia ?

        • Si demain il n’y avait plus aucun impôt ou taxe, c’est incroyable le nombre de choses qui deviendraient profitables,
          dans l’absolu une activité est profitable si on en retire quelque-chose, l’état ruine l’équation qui est simplissime à la base.

          • Bon, il y a forcément toujours quelques taxes pour financer les rares domaines régaliens où le marché n’apporte pas de réponse satisfaisante (police nationale, armée, entretien des routes…), comme par hasard précisément les domaines laissés cruellement à l’abandon par l’Etat obèse. Mais il n’y a pas de raisons objectives qu’elles dépassent le maximum nécessaire à l’Etat régalien, quelque part entre 10 et 20% du PIB.

        • Dans le cadre des job saisonnier ont a à faire typiquement à des emplois profitables puisque le recrutement est massif.

          C’est côté employé que ça coince c’est tout le temps rentable pour un patron d’embaucher un saisonnier, est ce que c’est rentable pour un saisonnier de bosser pour un patron ? Ca dépend de plein de paramètre en fait… lieu de résidence, transport etc bref ça peut être plus ou moins rentable selon les zones géographiques.

      • Bonjour RKA

        Comme tjs Cavaignac résume bien le pb, « empêche l’offre et la demande de se rencontrer »
        Votre commentaire est lapidaire.. et sans fondement (et je suis poli).

  • En effet pourquoi se fatiguer si par après il faut encore se taper une déclaration d’impôts ou vous verrez l’état vous disputer le nombre de sandwichs. Il vous en plus ne pas vous planter pour les frais, garder tous les paperasses justificatives.
    Dans certains cas, il faudra faire l’exercice dans plusieurs pays…
    Le ponctionnaire qui traitera votre cas n’aura pas eu à s’user les genoux, le dos, et tremper les mains dans le jus acide toutes la journée.
    Lui, sa retraite, ce sera pépère…

  • L’Impact de l’environnement fiscal et locatif est marginal…

    Simplement, il s’agit de zones touristiques qui se sont métamorphosés de manière fulgurantes.

    La région d’Arcachon pour prendre l’exemple est un cas d’école, de vieille route de campagne, des champs et des cabanes il y a à peine 20 ans.

    Aujourd’hui: Train saturé depuis bordeaux avec la LGV, surboom des locations et maisons secondaires, des villes de 25 mille habitants ou les résidents n’arrêtent pas de sortir de terre.

    Environnement locatif et fiscal très favorable au contraire mais mais il y a un mais, de moins en moins favorables pour les travailleurs non ou peu qualifiés.

    Et ça n’a rien à voir avec l’État c’est juste de la logique économique: difficile de proposer des logements à 400e max quand les loyers classiques sont à 600 min pour les locaux.

    • À noter également que sur ces zones touristiques le pouvoir central est peu influent dans ces zones en matière de politique du logement ou fiscal.

      Les municipalités sont des baronnies locales ou les édiles font copains/copains avec les promoteurs immobiliers du coins.

      • Sans compter que le facteur démographique n’est pas du tout à l’avantage de travailleurs saisonniers.

        Les plus de 60 voir 65 ans sont largement majoritaires dans ces zones donc politiquement rien ne sera

      • « le pouvoir central est peu influent dans ces zones en matière de politique du logement ou fiscal. »
        C’est amusant. In fine vous souhaitez encore plus d’Etat pour résoudre un problème déjà crée par trop d’Etat. 🙂

    • Bonjour RKA
      Vous êtes nouveau sur CP mais je vois que vous floodez le site de commentaires.. disons habituels.
      Posez vous question, pourquoi au RFA ou dans certains états des USA non socialiste on se loge pour 2 fois moins cher?

      Et votre remarque, « ça n’a rien à voir avec l’état’ est juste ridicule. Le secteur immobilier est totalement contrôlé par l’état (communes).

      • Est ce qu’il y une attractivité économique dans ces zones de RFA et des USA où on se loge deux fois moins cher?

        Dans la Creuse et en Ardèche aussi on se loge deux fois moins cher…

        « Et votre remarque, « ça n’a rien à voir avec l’état’ est juste ridicule. Le secteur immobilier est totalement contrôlé par l’état (communes).

        « Et votre remarque, « ça n’a rien à voir avec l’état’ est juste ridicule. Le secteur immobilier est totalement contrôlé par l’état (communes). »

        Non en réalité les maires ont pas mal de pouvoir discrétionnaire en la matière.

        Étayez par des arguments géographiques et économiques plutôt que par des extrapolations standard…

        Indépendamment ou non de la puissance étatique, il y a des zones ou il est objectivement moins cher et plus facile de se loger.

        Or c’est zones sont rarement des pôles d’attractivité économique et touristique.

        Le secteur immobilier en tant que tel est hors sujet sur la réflexion de cette article

        • « Dans la Creuse et en Ardèche aussi on se loge deux fois moins cher… »
          Lol.
          La population de l’Ardèche est en stagnation depuis 1968 ce qui revient à une diminution relative par rapport à la plupart des autres départements, la France étant passée de 49.7 million en 68 à 64.8 l’année dernière…
          Quant à la Creuse, sa population est en décroissance constante depuis…1851! Beaux exemples.

          De plus, le tissu entrepreneurial de ces deux départements est très faible.
          Il est clair que ces deux départements ne sont pas bien placés pour l’investissement locatif… 🙂

          « Non en réalité les maires ont pas mal de pouvoir discrétionnaire en la matière. »
          Vraiment?? Quand il s’agit de placer des personnes en HLM ou de donner des permis de construire, c’est exact. Mais pas en matière de tarifs ou de la réglementation des locations immobilières, cette dernière étant du ressort de l’Etat.

          « Indépendamment ou non de la puissance étatique, il y a des zones ou il est objectivement moins cher et plus facile de se loger. »
          Comme il y a des zones où la baguette de pain coûte moins chère qu’ailleurs. C’est en général les zones où il a moins ou peu de demande et où les contraintes structurelles sont faibles.

      • gillib Et oui je suis nouveau sur CP? Cela vous pose un problème?

        • 13 post sur 46, c’est troller.
          Laissez les autres s’exprimer au lieu de vouloir imposer vos certitudes.
          C’est le début de la politesse:
          Regle 8 de la netiquette usenet-« Lisez plusieurs messages du forum avant de poster. Cela vous aidera à acquérir une compréhension de la culture du groupe avec lequel vous souhaitez communiquer. »

          • En quoi argumenter c’est troller? Je n’impose aucune certitude votre argumentaire est le même que d’autres commentateurs, j’ y répond tout simplement.

            • Inonder le fil de vos posts c’est flooder (au minimum).
              En plus traiter les autres intervenants avec mépris, (‘Analyse simpliste’ et autres épithètes) n’est pas très adroit.
              Enfin je vous rappelle qu’un forum est un d’échange et non le porte voix de votre certitude.

              Vous m’avez l’air d’un fâcheux.

  • Les commentaires sont fermés.

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Depuis la crise du covid et son « quoi qu’il en coûte », nous assistons à une transgression économique sans précédent.

En effet « l’argent magique » coule à flots et les Français ont été nettement plus indemnisés avec le chômage partiel lié au covid, qui s’élevait en France à 84 % du salaire net et sans descendre en dessous du SMIC, contre 60 % (67 % pour enfants à charge) en Allemagne.

Le fait que pendant cette période les Français ont économisé 175 milliards d'euros de plus grâce au chômage partiel (sur un total ... Poursuivre la lecture

Je suis souvent interrogé sur la façon dont la doctrine libérale traite du chômage et de la couverture de cet accident financièrement et humainement dramatique. Après le rejet par le Conseil d’État du projet de réforme de l'assurance chômage, la réponse libérale prend toute sa valeur, même si elle est a priori surprenante.

Telle que je la professe, après tant d’autres, la doctrine libérale dit à peu près ceci :

Le chômage est un accident inévitable mais mineur quand le marché du travail est libre et concurrentiel. La couverture de... Poursuivre la lecture

Je suis souvent interrogé sur la façon dont la doctrine libérale traite du chômage et de la couverture de cet accident financièrement et humainement dramatique. Après le rejet par le Conseil d’État du projet de réforme de l‘assurance chômage, la réponse libérale prend toute sa valeur, même si elle est a priori surprenante.

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