L’électricité deux fois plus chère en Allemagne qu’en France

Entre 2010 et 2015, suite aux investissements dans les énergies renouvelables, les Allemands (ménages et entreprises) ont payé un surcoût de l’ordre de 125 milliards d’euros pour leurs factures d’électricité.

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Eoliennes By: Jerome Bon - CC BY 2.0

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L’électricité deux fois plus chère en Allemagne qu’en France

Publié le 21 novembre 2017
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Par Nicolas Lecaussin et Jean-Baptiste Boone.
Un article de l’Iref-Europe

Lors des dernières élections en Allemagne, l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) a obtenu un surprenant score de 13 %. Parmi ses promesses figure aussi la fin des subventions pour les énergies vertes, en particulier l’éolien. Les sondages récents montrent que pas moins de 61 % des Allemands ne veulent pas dépenser plus pour l’énergie, même si elle est renouvelable. Et pour cause.

Le prix de l’électricité a explosé de l’autre côté du Rhin. Selon la US Energy Information Administration et Selectra, le coût du KWH est plus de deux fois plus élevé pour un ménage allemand (0,30 euro) que pour un ménage français (0,14 euro) et presque trois fois plus élevé que pour un ménage américain (0,11 euro).

Entre 2010 et 2015, suite aux investissements dans les énergies renouvelables, les Allemands (ménages et entreprises) ont payé un surcoût de l’ordre de 125 milliards d’euros pour leurs factures d’électricité. Et, le comble, malgré le virage écologique, Mme Merkel a reconnu ne pas pouvoir atteindre les objectifs de réduction du CO2 (- 30 % pour 2020). L’Allemagne commence à comprendre les limites de l’écologie

La France en tête de classements internationaux, cela devient rare. Pourtant, il est un domaine dans lequel nous sommes privilégiés, c’est celui de la production énergétique. La France produit 5,37 tonnes de CO2 par habitant ; l’Allemagne que l’on dit si vertueuse en termes de transition énergétique, en produit 84 % de plus. Seules la Suisse et la Suède, parmi les pays développés, font mieux que la France avec une production respectivement moindre de 13 % et 12 %.

Le point commun entre ces trois pays : une part importante de la production énergétique est issue des centrales nucléaires. 33 % de la production d’électricité proviennent de centrales nucléaires en Suisse, 42,2 % en Suède, 72,3 % en France en 2016. Ces trois pays profitent en outre de la force hydraulique à travers de nombreux barrages.

Émission de CO2 t/hab/an

Source : Global Carbon Atlas, OCDE – Traitement IREF

Alors même que l’on s’alarme sans arrêt du réchauffement climatique anthropique, Les Échos du 14 novembre allant même jusqu’à titrer : « La planète va droit dans le mur », pourquoi en veut-on autant à la filière nucléaire en France ?

Aujourd’hui, entre énergie émettrice de carbone et énergie renouvelable, il faut choisir. Les énergies dites renouvelables n’ont pas encore trouvé leur modèle technique ni financier, et leur promotion relève donc de la politique de l’incantation, pour un rêve supporté par les contribuables et les habitants ruraux qui subissent ces grands moulins.

 

France, Allemagne et Australie, rattrapés par la réalité

Face à l’échec de leurs stratégies tournées vers l’éolien, les dirigeants de ces deux pays souhaitent revenir à plus de raison. En Australie, le dernier plan (Clean Energy Target) a été abandonné.

En Allemagne, c’est la Cour fédérale des comptes qui a souligné les faiblesses et les incohérences de la stratégie suivie : la surcharge payée par les consommateurs aurait triplé depuis 2010, le prix moyen de l’électricité pour les entreprises aurait augmenté de 60 %.

Le gouvernement allemand aurait « une visibilité insuffisante des conséquences financières de la transition énergétique ». Enfin, la France repousse finalement aussi ses objectifs antinucléaires, et pour cause, ils sont irréalistes, les plans sont bâtis sur des projetions absurdes qui considèrent que la consommation aura été divisée par deux en 2050 grâce à une meilleure isolation.

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  • N’en déplaise aux écolos, mais si il y a un domaine ou on est meilleur en France qu’en Allemagne, c’est bien celui de l’électricité, produite ici par du nucléaire et de l’hydro, contre des centrales polluantes au charbon en Allemagne

  • sauf que au point de vue de la deep ecologie c’est une bonne chose ça appauvrit les gens et les « force » à la « sobriété »..quand tout ton salaire passe dans la facture edf tu ne pars pas en vacances en bagnole..tu revends ta bagnole…

  • Si on mettait dans la facture EDF le renfloument par l’état des nouvelles centrales EDF, du scandale de l’acquisition de la mine Areva en Afrique, et du coût de rénovation, de renouvellement ou de supression du parc nucléaire, de la construction des infrastructures de stockage des déchets, je pense qu’on doublerai facilement la facture. Mais la différence, c’est que le montant apparait dans la fiche d’impôt.

    • C’est pas faux.
      C’est tout le pb de l’opacité des prix avec le planisme qui empêche d’avoir un signal prix clair qui permette aux acteurs économiques de décider en toute connaissance.

      • oui…le jour où l’etat dit qu’il va avoir une politique énergétique ,on perd tout repère, on se doit de regarder « autre chose »…et la question est :que voulait l’etat au moment où il a mis en place sa politique énergétique??..
        Pour l’Allemagne baisser les émissions de CO2 ET supprimer le nucleaire…alors si en plus vous dites..au m^me prix en maintenant une production déterminée par la demande en quelque sorte ( laisser les gens repasser leur linge quand ils veulent)…ça devient ardu.

        • @ jacques lemiere

          Il y a autre chose d’inquiétant (SANS panique stérile): la France se croit « immunisée » contre tout accident nucléaire: argument sans doute convainquant dans le pays, moins, au delà des frontières. Des accidents sont arrivés aux USA, en URSS et au Japon, pays sous-développés s’il en est?

          Donc si les Allemands veulent voir fermer Fessenheim mon pays voudrait fermer Cattenom.

          On voit bien que dans la construction des EPR, « simple » évolution des REP, encore très loin de la fusion nucléaire dont on parle depuis 30 à 40 ans comme « LA » solution!

          Donc dans ces EPR, ni le « devis », ni « l’agenda » ne sont respectés, au contraire! C’est toujours plus tard, toujours plus cher! La cagnotte suffira-t-elle à couvrir les démantèlements et la conservation-transformation des déchets: nul ne peut prévoir l’avenir mais tous les doutes sont permis!

          Le prix de l’électricité, en France, est donc suspect d’être sous-évalué mais comme les dépenses de l’état n’attendent pas …

          • Où en sont les projets de carburant à base de Thorium?

          • Vous avez en France au moins cent fois plus de chances de mourir d’une panne de courant que d’un accident nucléaire, et je pencherais plutôt pour mille à dix-mille. Comme l’argent dont vous disposez est en quantité finie, vaut-il mieux d’après vous le dépenser à garantir l’approvisionnement en électricité ou bien à fermer les centrales nucléaires ?

    • @Tigrou666
      Vous faites erreur : les dépenses dues à l’incurie de l’Etat genre AREVA doivent être décomptées, de même il ne faudrait pas oublier les dividendes exigés par l’Etat d’EDF et les juteux investissements en faveur du comité d’entreprise. Enfin, les dépenses dues à un changement de politique énergétique, notamment le démantèlement de centrales encore utilisables ou de mise à des normes idiotes doivent être comptées à la nouvelle politique et non à l’ancienne.

      • peux être avez vous raison. Quoique un privé aurait été capable de faire la même. Les comités, c’est de moins en moins vrai, EDF sous traite de plus en plus. Pour les normes de sûreté, je ne suis pas un expert alors je préfère pas trop la ramener. Par contre Il y a une autre dépense que je n’ai pas non plus parlé dans la facture EDF : la mise à contribution de 5000 chercheurs du CNRS pour la recherche et dev sur l’atome, là aussi sur vos impôts, rubrique enseignement supérieur et recherche.

        • La question de qui doit financer la recherche fondamentale et les premières applications mériterait un ensemble d’articles à elle seule. Même en tant que libéral et en observateur attentif des gaspillages du CNRS, je ne crois pas qu’on puisse ni se passer d’une part importante de financement public, ni qu’on doive compter cet argent comme un coût à attribuer aux industries qui se développent sur ces bases.
          La France dépense moins de 2% de son PIB en R&D, et de plus cet argent est très mal dépensé parce que fléché par les politiques. Elle devrait dépenser plus, et se garder de le flécher sur tel ou tel domaine, mais n’utiliser pour décider des attributions que des critères de qualité intrinsèque des recherches.

    • Absolument. En France, le consommateur ne paie pas le vrai du prix de son électricité. Le reste est payé par le contribuable. Mais bon, dans un dispositif où tout le monde est à la fois contribuable et consommateur (qui n’a pas d’abonnement EDF ou assimilé ?), le tour de passe passe est à la fois invisible et indolore.
      Ce n’est pas le cas pour les transports par train, par exemple, largement financés par le contribuable, mais pas utilisé par tous.

    • Nous payons déjà la TCFE, la CSPE et La CTA et la TVA 20% sur les 2 premiers, çà suffit déjà comme çà.
      Il doit bien y a voir des coûts cachés (renflouement Etat par impôts) également en Allemagne

  • La France est championne…heureusement sinon ses habitants ne pourraient plus payer ni taxes ni impôts tout irait dans la caisse du meunier au lieu d’enrichir les dépenses de l’état.
    Je ne crois pas que la comparaison entre pays vaut quelque chose. l’Allemagne dispose du charbon les usa du pétrole , la France , rien.chaque pays à donc optimise en fonction de ses ressources….oublions un peu la pollution , elle pollue surtout le débat sur les choix énergiques et ce n’est sûrement pas pour améliorer votre vie mais de basses raisons commerciales.

  • L’énorme sottise de Merkel -qu’elle paie en ce moment même- aura été de céder à la panique après Fukushima et avoir voulu, en catastrophe, fermer les centrales nucléaires allemandes, alors que ces dernières ne sont pas du même type que la japonaise et que l’Allemagne n’est pas située sur une faille sysmique.
    Mais quand l’idéologie prend le pas sur la réalité, on obtient une catastrophe d’une grande ampleur (cf. Atlas Shrugged).

  • j’ai essayé de savoir la rentabilité des eoliennes (7) que l’on veut nous faire avaler comme indispensable …je n’ai trouvé aucun résultat. …c’est inquiétant. ..cela frise le gaspillage. ..

  • Il y a davantage de contenu et d’honnêteté intellectuelle dans les commentaires de l’article que dans l’article lui-même. A croire que les rédacteurs de notre journal en ligne préféré ne les lisent pas. C’est gonflant cette livraison hebdomadaire aveuglément pro-nucléaire de Contrepoints. A quand des réponses aux questions que nous posons ? Prise en compte du démantèlement des centrales dans le prix, du risque (pas de faille sismique, mais des tempêtes, cf. Blaye 1999), de l’opacité des infos délivrées par cet état dans l’état, etc. ?

    • Les réponses ne vous satisferaient probablement pas, parce que ce ne sont manifestement pas celles que vous voulez entendre. Pour la centrale du Blayais, afin de prendre le moins subjectif des sujets que vous évoquez, la tempête a révélé que nos connaissances en risques météorologiques extrêmes étaient un peu légères, et que surtout les préconisations pour y faire face avaient subi des retards de mise en oeuvre inexplicables. Néanmoins, il n’y a eu aucun blessé sur la centrale, mais 13 morts ailleurs. Là encore, le risque dû à la centrale bien deux ordres de grandeur en dessous du risque « normal » (et encore, à l’époque on risquait moins de prendre une pale d’éolienne sur la gueule), et ce bien que des choix politiques incompréhensibles aient élevé le niveau de risque dû à la centrale. Ce que je voudrais comprendre, c’est pourquoi un risque nucléaire de moins de 1 pour 100 millions vous préoccupe plus que le risque de 1 pour 1 million de périr simplement dans la tempête.

      • CherMichelO, merci de votre réponse. Peut-on ajouter, à propos du retour d’expérience du Blayais, que la communication ne s’est pas effectuée de manière très spontanée ni transparente, pour reprendre vos euphémismes ? Pas idéal pour la confiance. Par ailleurs, je peux me protéger à peu près seul d’une tempête, mais pas d’un risque nucléaire. Je peux aussi ranger une caisse de dynamite sous le lit de mes enfants et me dire qu’il y a très peu de chance qu’elle explose, c’est statistique – quel inculte soutiendrait le contraire ? Quant aux réponses « qui ne sont manifestement pas celles que je veux entendre », je vous garantis que je ne les entends pas tout court. Merci donc de partager votre grand savoir : quel impact du démantèlement des centrales et de l’enfouissement sur le prix de l’électricité en France ?

  • Les commentaires sont fermés.

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