Keolis : un opérateur ferroviaire français remporte un contrat au pays de Galles

Un opérateur ferroviaire français gagne des contrats en Grande-Bretagne…. Ce n’est (évidemment) pas la SNCF, mais Keolis.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Ceci confirme que si demain le réseau de chemins de fer est privatisé en France, nous avons un certain nombre d’opérateurs, comme Keolis, qui ont déjà une expérience significative pour prendre le relais.

Non, la Grande Bretagne ne « renationalise » pas ses trains !

Cette attribution de contrat à Keolis permet de clouer le bec à tous ceux qui s’étaient empressés d’annoncer que la Grande-Bretagne revenait sur son principe de privatisation et re-nationalisait ses chemins de fer. Il n’en est rien. Ce qui est vrai, c’est que plusieurs opérateurs, dont Virgin, ont jeté l’éponge en cours de contrat, obligeant les pouvoirs publics à prendre des mesures transitoires et temporaires. Il s’agit en rien de re-nationalisations définitives.

Il est d’ailleurs intéressant de comprendre ce qui a conduit à cette situation.

L’achat des franchises par les compagnies privées s’étaient faites sur la base de calculs tenant compte de travaux de modernisation des réseaux que l’opérateur national (Network Rail) s’était engagé à réaliser. Or ces travaux n’ayant pas été effectués, les opérateurs ne sont pas en mesure de faire face à l’augmentation constante du trafic.

Les conditions des nouveaux contrats de franchise

Cette situation conduit, tant les opérateurs que les collectivités, à revoir le contenu des contrats de franchise. Les uns et les autres sont maintenant d’accord pour inclure l’entretien et la modernisation des réseaux dans les contrats, à la charge du franchisé. Il s’agit de contrats qui ressemblent beaucoup à ceux que l’État français a instauré pour les autoroutes.

Un élément de réflexion intéressant

Au regard de l’expérience des lignes hautes tension que j’ai pu connaître il y a quelques années dans certains États américains (je pense en particulier à la Californie où l’absence quasi totale d’entretien des lignes provoquait régulièrement des coupures à Los Angeles et dans presque toutes les petites villes) et considérant que le patrimoine doit rester rester propriété de la nation (l’État en étant le bras séculier), je reste pour ma part favorable à ce que cette obligation reste du ressort du nu-propriétaire. Quitte, bien évidemment, à ce que des pénalités puissent être appliquées si il ne tenait pas ses engagements.

Il n’en demeure pas moins que l’expérience de nos voisins saxons doit être étudiée.

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