Cachez ce riche que je ne saurais voir

Si l’argent n’a pas d’odeur pour certains, il faut croire que pour d’autres elle en a une nauséabonde. Ceux-là ne ratent aucune occasion de stigmatiser les personnes les plus riches de notre pays, qui pourtant participent beaucoup à l’effort national.

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Cachez ce riche que je ne saurais voir

Publié le 6 juin 2018
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Par Erwann Tison.

Les différentes mesures fiscales du gouvernement, comme la suppression de l’ISF, la fin de l’exit tax ou la mise en place d’une flat tax sur les revenus du capital ont eu comme effet de déclencher une vague d’indignation qui a relancé la sempiternelle ritournelle : « l’État fait des cadeaux aux plus fortunés en baissant leurs impôts ». Une vision qui sous-entend que le capital et le revenu d’un individu appartiennent à l’État, et s’il lui en reste une petite part après prélèvement, il devra alors louer l’État pour sa bonté de lui faire grâce de quelques deniers.

L’argent est un sujet extrêmement tabou en France, il n’est pas bon d’en posséder, et on peut en parler seulement si c’est dans le but de blâmer. Pourtant, dans un pays où 14% de la population survit sous le seuil de pauvreté malgré une dépense sociale qui consomme l’équivalent de 30% de notre PIB, il y a un besoin impérieux de personnes fortunées pour financer un système national de solidarité qui essaye en vain de limiter la pauvreté.

Des contributeurs importants au bien commun

Notre hypocrisie est telle que l’on vilipende les contributeurs les plus importants alors ce sont eux qui supportent la plus grande part des prélèvements et participent au bon fonctionnement de notre système. À titre d’exemple, rappelons à toute fin utile que la moitié du montant total des recettes de l’impôt sur le revenu est acquittée par 2% des contribuables les plus riches.

Pour illustrer cette hypocrisie, on pourrait s’écrier « cachez ce riche que je ne saurai voir », pour paraphraser la réplique que Molière donne à Tartuffe dans la pièce éponyme. Ce dernier s’adresse à la suivante de Marianne en lui demandant de « cacher ce sein que je ne saurai voir », autrement dit de couvrir l’attribut de son désir personnel.

L’économie n’est pas un jeu à somme nulle, un individu ne s’enrichit pas forcément en appauvrissant un autre. Au contraire, c’est par le travail que l’on s’enrichit. L’économiste américain Edward Wolff affirme que les riches ne sont pas des héritiers. Les statistiques qu’il avance sont éloquentes : entre 1989 et 2013, seulement 23 % des fortunés le sont devenus grâce à un héritage.

Les 77% autres sont ce que l’on pourrait qualifier de « nouveaux riches ». De même, dans la proportion des 1 % de la population la plus riche, 83 % des individus sont des entrepreneurs et seulement 17 % des héritiers. On est donc loin de la gravure insoumise du riche capitaliste héritier de longue date, n’ayant jamais travaillé de sa vie et consacrant tout son temps à exploiter les plus démunis.

Focus sur la notion de richesses

La notion même de richesse est à relativiser du fait des différentes formes qu’elle prend. Au 17ème siècle, l’économiste français Pierre Le Pesant de Boisguilbert, contemporain de Louis XIV et précurseur du libéralisme, a réalisé bon nombre de théories économiques uniquement grâce à l’observation du monde environnant et par ses propres intuitions, qui seront toutes validées par la science économique à posteriori. Pour lui, qui fut un des plus virulents pourfendeurs de la spéculation, la richesse réside dans le triptyque suivant : une éducation, des vêtements et un logement.

Dans un monde en proie à une révolution digitale, la richesse pécuniaire est à relativiser. La lutte des classes telle qu’elle est décrite par les marxistes, est anachronique, l’antagonisme entre riches et pauvres n’a plus lieu d’être. Le nouvel indicateur de richesse ne sera plus exprimé en monnaie, mais en nombre de suiveurs.

Les indicateurs Kred et SocialMention, qui sont les héritiers du Klout score, sont des indices d’influence d’un individu sur Internet, construit en agrégeant le nombre de followers d’un individu, et ils seront les signes extérieurs de cette nouvelle richesse dans une société où les rapports sociaux se font dans la sphère virtuelle. La fracture numérique, celle qui sépare ceux maîtrisant le numérique et ceux n’en connaissant pas les usages, risque d’être la nouvelle fracture sociale.

Le classement Forbes des plus grandes fortunes mondiales, qui a pourtant fait couler beaucoup d’encre ces dernières semaines, sera obsolète. Le pouvoir sera transféré des plus grandes fortunes vers les leaders d’opinion des influenceurs suivis par plusieurs millions de personnes.

Le rôle du capital

En reprenant la distinction réalisée par Bourdieu des 3 types de richesse en capital d’un individu, à savoir l’économique, le social et le culturel, on peut gager que le premier capital, qui est aujourd’hui le plus important dans notre imaginaire collectif, va être supplanté par le second dans les faits. Un individu pouvant influencer la pensée ou l’opinion de millions d’autres individus par le biais d’un seul tweet, sera bien plus puissant qu’un individu pouvant les acheter ou les corrompre par le biais pécuniaire.

Notre économie et notre pays ont un besoin cruel en capital pour développer l’investissement dans les start-up innovantes du digital et ainsi faire émerger des leaders mondiaux dans le secteur du numérique. Il en va de notre souveraineté nationale que de faire émerger ces champions nationaux, en transformant la richesse en cours aujourd’hui, en richesse en vigueur demain, pour avoir ainsi une chance d’être les influenceurs de demain, et nous les influencés. De ce constat découle une nécessité de conserver de nombreuses fortunes qui ont un fort pouvoir d’investissement, sur notre territoire.

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  • Chaque richesse s’explique par un échange économique inéquitable.

    • ça s’explique aussi par des prises de risques , et un travail acharné très loin des 35 heures.
      il est évident que dans une France de gauche …..?
      quoi qu’il en soit les fortunes ont quitté la France pour avoir leur
      patrimoine et payer leurs impôts ou on les plumaient moins(LUXEMBOURG, SUISSE ,BELGIQUE .
      ceux qui veulent gagner de l’argent ne le font plus en France mais aux USA, en GB, en AUSTRALIE, au CANADA etc…
      tout vouloir sans rien donner ne résout rien . la France avec son raisonnement a deux sous sur les riches ne cesse de s’appauvrir et de s’endetter pour se fonctionnariser , mais la richesse 0.
      ne parlons pas de performances et de travail ces mots sont exclus du vocabulaire de gauche , par assistance et partage qui eux sont ronflant mais ne mènent a rien !
      un dicton ancien dit:
      « quand les gros maigrissent les petits périssent  »
      dans un pays non communiste se sont les riches qui font tourner la machine. grace a toutes les taxes et impôts en France pour contenter un électorat et maintenir un social , le coût du travail est devenu si cher que les entreprises du privé (PME ) n’embauchent quasiment plus , et les salaires ne bougent pas . la monté du chomage n’est pas la cause des riches si décriés , mais des gouvernements d’incapables se succédant a la tete du pays depuis 50 ans mettant leur incurie sur le compte des riches et profitant en douce du système pour vivre grassement sur le compte du contribuable , en se tournant souvent les pouces.
      eux ne sont pas riches non mais Melanchon a un patrimoine et cumule un tas d’indemnité parlementaires que plus de 90 % de patron de PME qui eux bossent plus de 35 H ne touchent pas.

    • Si l’échange est libre il est forcément équitable, sinon il n’a pas lieu. L’échange inéquitable est celui où une des parties est le gouvernement qui impose sa volonté: je te prends des sous par l’impôt et je décide seul de ce que je te rends en contrepartie.

      • @Jacques Peter
        « Si l’échange est libre il est forcément équitable, sinon il n’a pas lieu » n’est malheureusement pas toujours vrai.
        Sans chercher bien loin: https://www.unicef.fr/dossier/exploitation-et-travail-des-enfants
        On peut décliner cette pratique, à des degrés divers, avec tous ceux en position de « faiblesse » lors d’ un échange, qui peut malgré tout avoir l’apparence d’être libre.
        « Si l’échange est libre il est forcément équitable, sinon il n’a pas lieu » , à mon sens il faudrait ajouter « lorsque la différence de rapport de force , l’inégalité entre les parties, n’est pas trop importante »
        A moins de revendiquer le droit l’ éthique, dans tout échange, ce qui revient à ce que cet échange ne soit plus vraiment libre.

        • Les bien-pensants occidentaux croient que l’alternative est entre un enfant à l’école et un enfant exploité au travail. C’est faux. Elle est entre un enfant exploité qui rapporte chez lui de quoi manger, et un enfant dans la rue qui meurt de faim. L’échange est équitable, il est regrettable qu’il ne soit pas suivi d’autres échanges qui permettent à l’enfant de mieux vivre, de recevoir une éducation, etc., mais chaque escalier social commence par une marche, infime par rapport à la hauteur à gravir, et sur laquelle il vaut mieux monter que d’attendre un ascenseur qui n’existe pas.

          • @MichelO
            Votre complément est intéressant et plein de pragmatisme sur une situation qui ne semble pas non plus totalement vous satisfaire, puisque vous manifestez quelques regrets qu’elle n’évolue pas forcement vers un meilleur pour ces enfants.
            En effet, une fois dans la vie active il est exceptionnel qu’une personne reprenne des études.
            Peut on s’interroger sur ce qui génère de pareilles conditions de vie pour ces enfants et par extension pour toutes les parties en position de faiblesse lors d’un échange dit libre et équitable ?
            Ne sommes nous pas contraint parfois d’ accepter l’inacceptable, simplement pour survivre ou parce que l’on a pas le choix ?
            Quelles sont les causes qui amènent à vivre de pareilles situations, selon vous ?

            • >En effet, une fois dans la vie active il est exceptionnel qu’une personne reprenne des études.
              Discutable, je trouve parce que la formation professionnelle vous permet d’étudier et de progresser. Mais bon, en France, comme l’argent est y détournée, ce n’est pas simple.

              • @Waren
                « Discutable, je trouve parce que la formation professionnelle vous permet d’étudier et de progresser. »
                En effet mais cela ne s’applique malheureusement pas à des enfants travaillant dès leur plus jeune âge à trier des ordures, ce qui est assez rare en France, j’ose espérer 😉

            • @bienavous
              Le problème pour ces enfants est que l’état naturel de l’homme est le dénuement et qu’il faut que se réunissent des conditions favorables pour l’en sortir, conditions favorables qui de plus peuvent se perdre d’une génération à la suivante. Du coup, les échanges qui nous paraissent forcés et impliquer une des parties en position de faiblesse et l’autre de force sont simplement, comme je le disais, des échanges qui n’apportent que peu à l’une des parties aux yeux de l’observateur extérieur que nous sommes. S’il y a un reproche à faire, ça n’est pas envers l’autre partie, mais envers le manque de choix possibles offerts au faible. D’où un certain nombre d’idées pour améliorer la situation : décourager la natalité, éduquer et instruire les enfants, ou ce qu’on oublie trop souvent et qui ne coûte pas cher, donner aux parents et aux jeunes adultes formations rudimentaires et accès au capital pour leur permettre de monter des microbusiness (souvent la vente de quelques produits à leur domicile pour commencer) qui feront entrer la famille dans un cercle vertueux. Allez voir sur Babyloan ou Kiva, le microcrédit change le monde bien plus que ne le feraient des tentatives de forcer les échanges à entrer dans nos critères de décence sociale occidentaux.

              • @MichelO
                Merci de votre réponse.
                « S’il y a un reproche à faire, ça n’est pas envers l’autre partie, mais envers le manque de choix possibles offerts au faible. »
                Ce manque de choix ne serait il pas entretenu implicitement, donc sans concertation complotiste, par les parties le plus fortes pour mieux profiter de la misère des plus faibles ?
                Une couturière du Bengladesh vaut tant, pourquoi la payer plus que ce qui l’entretient dans sa misère, même si le petit plus qui changerait sa vie, ne changerait pas grand chose sur le prix de nos vêtements ?
                Comme il est repris dans les commentaires plus bas à maintes reprises « Les riches construisent leur fortune sur ceux qui travaillent pour eux »
                Quel est le ressort psychologique, selon vous, qui motive les gens à vouloir être riche ?
                Sincèrement, j’avoue ne pas comprendre cette motivation, une simple sécurité matérielle me suffit.

                • Bonjour bienavous,
                  J’avoue faire aussi partie des gens auxquels la sécurité suffit, et je ne peux donc qu’émettre des hypothèses. Je pense que la première motivation de ceux qui veulent s’enrichir indécemment est de disposer du pouvoir que donne l’argent. Ce pouvoir n’est d’ailleurs pas forcément mal intentionné, et l’on voit ainsi certains riches donner via des fondations l’argent à ceux sur le dos desquels ils ont fait des marges exagérées, alors qu’il aurait été si simple de leur vendre le produit moins cher ! Il peut aussi y avoir une peur irrationnelle de l’insécurité, ou un simple goût pour le succès quasi-sportif.
                  Je ne peux pas toutefois être d’accord avec le concept que les riches construiraient leur fortune sur ceux qui travaillent pour eux. Les riches construisent leur fortune parce qu’ils sont meilleurs négociateurs dans les échanges, et donc tout autant, voire plus, aux dépens de leurs clients. Prenez les milliardaires connus, ils n’exploitent pas leurs fournisseurs mais vendent à leurs clients bien plus cher que ça ne devrait.
                  Enfin, vous reposez la question du commerce équitable, et comme à chaque fois que j’y réfléchis, je trouve que c’est une réponse particulièrement mauvaise au problème de la pauvreté. Le travail de la couturière vaut tant, il ne vaut pas plus, donc que le client final ajoute une prime en espérant que la partie qui va en remonter la chaîne et arriver à la couturière aura un effet bénéfique est illusoire : ça n’a que des effets pervers, ça fausse l’évaluation des prix du marché (et la couturière mauricienne, alors ?), ça engraisse les intermédiaires (rien que la TVA, par exemple), et si en fin de compte la couturière vit un peu mieux, ça n’est pas à ses mérites ou son initiative qu’elle le doit, mais c’est une rente associée à son statut de couturière qui inspire la pitié. Je ne veux pas d’un monde où inspirer la pitié soit plus rentable que les efforts, les mérites et l’initiative.
                  Donc ce que je préconise n’est pas de court-circuiter les forts qui abusent de leur force, mais d’aider les faibles à révéler et utiliser leurs forces latentes : formation, accès au capital, facilitation des initiatives, etc. J’oubliais dans ma réponse précédente également la lutte contre les systèmes de castes encore si présents dans certaines régions du monde.

            • « Peut on s’interroger sur ce qui génère de pareilles conditions de vie »

              Réponse : l’absence de capitaux privés libres protégés par la loi.

              Pour une réponse complète et détaillée, lisez d’urgence ceci :
              « Le mystère du capital : Pourquoi le capitalisme triomphe en Occident et échoue partout ailleurs » par Hernando de Soto.

        • En France, on n’exploite pas les enfants, on les saigne à mort pour entretenir leurs vieux. On ose ensuite appeler cela solidarité entre les générations.

          • Alors que si l’état avait laissé leurs vieux s’enrichir, il n’y aurait pas de nécessité de tondre les enfants.

    • Et hop un spountz d’Or de contrepoints ❗

    • @replay pouvez vous développer svp. C’est un peu court.

    • Comme toute richesse économique nouvelle s’explique uniquement par l’échange volontaire, expression supérieure de la solidarité humaine, votre phrase signifie rien moins que tout échange volontaire est mauvais. Autrement dit, vous rejetez l’action économique de l’humanité depuis qu’elle existe. Fascinante révélation sur votre univers mental, forme d’asociabilité au dernier degré.

      Votre avenir se résume à une grotte isolée, après vœux de silence et de pauvreté. Mais vous allez devoir produire vous-même la totalité de vos besoins de subsistance. Pas sûr que vous soyez seulement capable de survivre dans ces conditions. Ou alors, la nuit, vous rêvez de cette armée d’esclaves soumis en charge de satisfaire le moindre de vos désirs.

    • Réplique pauvre s’il en est. Communique, échange, discute, lit, tu sera plus riche.

  • l’équité est une utopie qui dépend du point de vue.

  • L’impôt sur le revenu le plus juste me semble être l’impôt proportionnel (flat tax) puisque le même taux est appliqué à tous. L’égalité devant l’impôt est respecté. C’est d’ailleurs ce que prévoit la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. C’est aussi le plus efficace puisque les plus productifs ne sont pas punis comme dans le système progressif.

    • Si on lit scientifiquement vos arguments, on en devrait plutot en deduire que l’impot le plus juste serait l’impot per capita.

      Les gens qui gagnent plus ne consomment pas plus de services etatiques…

    • La flat tax (pour laquelle j’ai pourtant une préférence) comme l’impot progressif respectent tout deux la DDHC.

      • Depuis quand le vol (aka impôt progressif) est-il conforme à la DDHC ?

        • L’impôt progressif a ses fans (ceux qui mettent l’accent sur son caractère redistributif) et ses détracteurs (la plupart des libéraux)…
          Mais si vous faîtes une lecture attentive de l’article 13, il est impossible de prétendre, sauf à être un mal-comprenant de mauvaise foi, que la DDHC ne le permet pas.
          L’article 13 réclame seulement que les riches paient plus que les pauvres : « à raison de leurs facultés ».
          Au demeurant, on ne peut douter que si l’IR progressif était anticonstitutionnel, le CC y aurait mis un terme depuis longtemps, sauf à considérer que cette noble institution est une mafia qui protège des truands…
          Auquel cas je vous laisse bien volontiers à vos délires…
          Selon moi, il y a d’autres arguments à utiliser pour emporter le morceau que la caricature sous amphétamines…

          • Apres avoir cite l’art 13, vous devriez aussi citer l’art 14 qui concede le consentement a l’impot !
            Je doute que l’ensemble des personnes impactes par la progressivite de l’impot le consentent….

            • Le consentement à l’impôt il se fait par l’intermédiaire de nos représentants élus qui chaque année votent les lois de finances.
              Mes doutes à moi portent plutôt sur les connaissances en droit de certains intervenants…

              • « à raison » a toujours signifié, pour les gens connaissant l’arithmétique, « proportionnellement ». Le taux s’appelle alors la « raison »…

                • Que nenni, mon ami. Puisque vous abordez là mon péché mignon, la science mathematique, permettez moi de vous rappelez que la « raison » peut être arithmétique ou géométrique.
                  La première donne une suite qui progresse de manière linéaire et qui appliquée à la fiscalité correspond à nos flat tax (TVA, CSG… ). La seconde est de progression bien plus rapide, à l’instar de l’impôt progressif…
                  Et si je devais sentir le besoin de vous consoler, je vous dirais que l’essentiel de notre fiscalité, tant en nombre d’impôts que de recettes, repose sur le principe de la flat tax. L’IR constitue une petite exception.

                  • L’essentiel de notre fiscalité est grevé de seuils et d’exceptions qui font, j’en suis sûr, se retourner dans leur tombe à un nombre effrayant de tours/minute les rédacteurs de la DDHC…
                    Et dans les grandes écoles que j’ai fréquentées, c’est la progression qui pouvait être géométrique ou arithmétique, l’expression « en raison » signifiait toujours la proportionnalité comme pour les corps qui s’attirent en raison inverse du carré de la distance. Mais il est vrai que j’avais choisi une voie d’algèbre et de géométrie, et non d’arithmétique…

                    • Vos grandes écoles sont loin derrière vous… Encore que si ma memoire est bonne, ce genre de choses s’apprenait au lycée…
                      Permettez moi de vous rafraîchir la mémoire par rapide AR sur Wiki :
                      « En mathématiques, la raison est la valeur qui permet de passer d’un terme au suivant dans certaines suites définies par récurrence »

                    • Et d’où vient l’utilisation de ‘raison’ dans les suites, sinon du ‘en raison’ exprimant la proportionnalité depuis des siècles ?

              • Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, etc…

                Sachant qu’un élu sur deux émarge intégralement à l’impôt et qu’aucun contrat les lies à leurs électeurs, que croyez-vous qu’il adviendra de votre consentement à l’impôt ?

                En France, pour les politocards, la constitution est d’abord un torche-cul. Ca tombe bien :

                Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

          • Avec la flat tax les riches paient plus.

          • @Edouard Bracame
            Bonsoir,
            Voici ce que dit l’artcile 13 :
            « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. »
            Outre l’objet de l’impôt, celui-ci doit être réparti également. Avec une ponction de 1%, un riche paiera en valeur absolue plus que le moins riche. Mais ils contribueront également à hauteur de 1%.
            « également réparti » : qu’un riche paie plus qu’un pauvre (avec l’instauration des tranches) n’est pas égal, parce que pour ce soit « égal » il faut qu’il reste au riche et au pauvre zéro. Même le taux de ponction sera le même : 100%.
            Donc non, l’article 13 ne « réclame » pas que les riches paient plus que les pauvres, cela est induit avec « à raison de leurs facultés. »

            Le président du Conseil Constitutionnel est nommé par le président de la République : cette institution est une blague. Il y a un tas de lois que le C.C aurait dû classer comme anticonstitutionnel, qui l’est lui aussi, puisque dépendant du pouvoir Exécutif. Comme loi, il y a celle qui exonère les élus nationaux des impôts sur leurs revenus totaux de leur fonction d’élus.

            Quant au « consentement à l’impôt qui se fait par l’intermédiaire de nos représentants », je ne vois pas la représentativité de ces derniers quand ils ne sont pas présents dans l’Hémycycle pour faire leur tâche. De plus, je n’ai pas le souvenir d’en avoir entendu un demander à voter pour lui parce qu’il allait soutenir l’augmentation des impôts. Quand des lois sont votées avec 10 personnes (sur 577) dans l’A.N, le consentement, où est-il ?

            • Que nenni, mon ami (bis). Le terme « egalement » ne vise pas a donner une valeur absolue ou relative de ce que devraient payer les citoyens, ce qui pourrait d’ailleurs entrer en conflit avec le reste de la phrase où il est dit que les riches doivent payer plus que les pauvres.
              Ce terme renvoie à la notion d’égalité devant l’impôt : il signifie que tout le monde doit participer aux finances publiques, selon ses moyens. Cette formulation signifie que nul ne peut s’abstenir du paiement de l’impôt ni du mode de calcul défini juste après.
              Ce que les républicains ont en tête en écrivant cela, c’est d’éviter le retour à l’ancien monde ou certains, par leur fortune ou leur rang social, pourraient beneficier de passe droit et échapper à l’impôt ou à son mode de calcul…

              • @Edouard Bracame
                Bonsoir,
                « Le terme « également » ne vise pas a donner une valeur absolue ou relative »
                Vous avez raison, ceci est donné par les termes « à raison » qui ne veut rien dire d’autre que « proportionalité ».
                « entrer en conflit avec le reste de la phrase où il est dit que les riches doivent payer plus que les pauvres. »
                Il n’est pas dit que les riches « doivent » payer plus que les pauvres.

    • J’ajoute que le type d’impôt comme son domaine d’application n’ont rien à voir avec l' »égalité devant l’impôt ». Ce concept signifie que, que vous appeliez Gildebert de Hautecourt ou Raoul Tuche, vous serez traité de la même manière pour chacune des dispositions fiscales décidées dans ce pays…

  • En France le travail n’apporte plus de richesse surtout pour les entrepreneurs qui croulent sous les taxes, prélèvements et contraintes de toute nature.
    En France il vaut mieux être au RSA et bricoler un peu à côté ou mieux encore être Fonctionnaire, revenu assuré et retraite confortable.
    Le sommum étant bien sûr être Elus et faire de la politique là tout va bien même les médicaments non remboursés (autre scandale de la République) leurs sont offerts gracieusement.
    On pourait croire que la France est un pays communiste, mais loin s’en faut encore ce n’est qu’un pays dans lequel on a cultivé la fainéantise et gouvernée par des escrocs à col blanc.

  • En France, un homme qui bosse dur pour faire vivre sa famille est un salaud. Une ordure comme Melenchiasse qui est devenue millionnaire en vivant du travail d’autrui est vénérée.

    • Les ordures ont trouvé comment transformer l’ordure en or dur et trébuchant
      Il leur suffit de faire la polytique, et le polytocard n’a plus qu’a s’asseoir sur son tas d’or, avec de la patience, il grossit tout seul.

  • « Avant que de parler, prenez-moi ce mouchoir.
    Comment?
    Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. »

    C’est pas « cachez » c’est « couvrez »…

  • Heureusement qu’il y a l’argent des Riches pour en donner à ceux qui n’en ont pas par le système de l’Impôt et des taxes. Les Riches payent et les pauvres reçoivent. Quelquefois sans justificatifs et surtout pour beaucoup sans chercher à sortir de leur contexte. Le Welfare State est là pour ça. Il est devenu malheureusement l’avenir de la France.

    • Et les riches construisent leur fortune sur ceux qui travaillent pour eux …. sauf les politiques …. qui se gavent sans rien faire sur le dos de la société entière riches comme pauvres
      Quant à la théorie du ruissellement !?!?!? une belle utopie soigneusement orchestrée par les parasites politiques afin de se refaire une virginité et faire passer les pilules …

    • Les Riches payent et les pauvres reçoivent.

      Un smicard paie son essence le même prix qu’un milliardaire ? Les taxes afférentes représentent une plus grosse part de son revenu.

      il est plus facile de prendre un euro à un million de pauvres qu’un million à un milliardaire.

  • Les riches construisent leur fortune sur ceux qui travaillent pour eux… et qui ont donc un travail. Rappelez vous que les salariés des entreprises du CAC40, dont les dirigeants sont systématiquement montrés du doigt, sont les salariés avec les plus gros avantages et salaires. La théorie du ruissellement n’existe pas en économie effectivement, aucun économiste ne l’a jamais démontrée. Mais il est évident qu’il vaut mieux vivre dans un pays avec plein de riches que dans un pays rempli de pauvres, tous les migrants vous le diront (tous ne viennent pas d’un pays en guerre, loin s’en faut).

  • Le prix d’un produit n’est pas fonction du revenu de celui qui l’achète. Ceci dit, pourquoi les diamants ne seraient-ils pas moins chers pour les pauvres ? Mon cinéma et ma piscine sont sympa : tarif réduit sur présentation de votre carte pôle emploi… sauf qu’un chômeur peut gagner plus qu’un salarié, mdrrr

  • Je vous remercie pour votre discussion de qualité, MichelO et bienavous. Je rejoins MichelO sur tous ses arguments et notamment sur la question de la progression du revenu de la personne par la progression personnelle, illustrée par l’exemple de la couturière. Revenons en France : la progression du salaire n’est pas inconditionnelle dans le privé, il faut progresser. Pour quelle raison un ouvrier serait payé plus à 45 ans qu’à 25, si ce n’est la prime d’ancienneté dans les entreprises où il y en a une ? Il est bien préférable que l’ouvrier de 25 ans se spécialise progressivement, se reconvertisse et change de poste. Son revenu augmentera ainsi par ses qualités propres et non par la revendication aux chants de « salauds de patrons » ou « salauds de riches ». J’ai repris la phrase « les riches ont construit leur fortune sur le dos de ceux travaillant pour eux » mais en y ajoutant « et qui ont donc un travail » et donc la possibilité d’évoluer.

  • Pour être équitable véritablement, s’il faut payer plus cher le vêtement dans l’espoir que la couturière soit payée davantage, alors il faut aussi payer plus cher le paquet de café pour le petit producteur sud-américain, idem le chocolat, etc. Au final, le consommateur « riche » parce que classe moyenne en Europe mais qui n’a pas un budget extensible pour autant, ne dépensera plus pour les commerces ou services de proximité (coiffeurs, restaurateurs, etc.)

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