La politique de Macron : une politique confuse

Emmanuel Macron 2017 by Richard Grandmorin (CC BY 2.0)

Emmanuel Macron et son gouvernement pratiquent une politique de Gribouille

Par Yves Buchsenschutz.
Un article d’Entrepreneurs pour la France

L’analyse de l’actualité politique de ces dernières semaines confirme ce que nous avions déjà évoqué dans un précédent article : Emmanuel Macron et son gouvernement pratiquent une politique de Gribouille.

Nous avons eu droit ces jours-ci à plusieurs interventions politiques importantes : celle du président de la République sur TF1, où il a notamment évoqué la nouvelle limitation de vitesse à 80 km/heure, Notre-Dame des Landes et la grève SNCF. Il y a eu également celle de Gérald Darmanin 1, ministre de l’Action et des Comptes publics, dont l’action, comme nous allons le montrer, va surtout à l’encontre de toute productivité globale, et va charger une fois de plus les entreprises.

La nouvelle limitation de vitesse à 80 kilomètres/heure

Le motif de cette limitation sur les routes nationales et départementales, répété avec assurance, est l’augmentation du nombre de tués sur les routes, ce qu’a réaffirmé notre président. Pourtant, d’après les chiffres officiels de la sécurité routière, le nombre de morts sur les routes en 2017 a diminué par rapport à 2016, en métropole comme en outre-mer. Curieuse lecture des statistiques officielles.
On sait par ailleurs que l’enregistrement des accidents mortels doit obligatoirement comporter une cause, et que lorsqu’aucune cause évidente ne peut être trouvée, celle de la « vitesse excessive » est cochée par défaut. Cela relativise donc beaucoup le taux de 30% de morts sur la route pour cette raison. Deuxièmement, l’expérimentation lancée en 2015 de limitation à 80 kilomètres/heure par Bernard Cazeneuve n’a pas donné de résultats probants. Enfin, on nous fait croire que la mortalité routière est très importante, en réalité elle est d’environ 4.000 morts par an, contre 19.000 morts pour la grippe cet hiver et 60.000 morts par an pour le tabac !

Notre-Dame-des-Landes

Admettons que l’on ait pris une décision raisonnable et réaliste en renonçant à ce projet, renonciation dont le coût – si l’on ajoute les dédits et les frais de gestion et d’évacuation -, va friser le milliard d’euros. Admettons que l’on ait donné aux occupants illégaux des délais pour en quelque sorte se reconvertir, sur place ou ailleurs. Doit-on pour autant accepter qu’ils organisent des embuscades où ils blessent des policiers ? Comment se fait-il que 2.500 gendarmes ne puissent venir à bout de 200 manifestants ? Et que la conclusion soit de leur donner un délai supplémentaire ? Le fonctionnement de notre démocratie est de plus en plus incompréhensible.

La gestion de la crise de la SNCF

Pourquoi des gens dont aucun des avantages acquis ne sera remis en question s’arrogent-ils le droit de bloquer totalement un pays, pour perpétuer un système au profit de leurs remplaçants futurs ? S’agit-il de rendre héréditaire le recrutement et le statut de la SNCF ? Nous assistons à une inversion totale de la nuit du 4 août, en toute discrétion. Last but not least, les embauches sans statut de cheminot ne seront effectives qu’à partir de 2020, avec une reprise progressive de la dette par l’État. À noter que cette dette est la conséquence des privilèges du passé. Ainsi en 2060, dans 40 ans, nous disposerons encore d’un stock de cheminots ancien modèle, ou plutôt, en 2055, puisque leur retraite ne saurait être allongée au-delà de 55 ans. À force d’accumuler une dette aussi considérable en raison de revendications de ce genre, les jeunes générations d’aujourd’hui risquent de n’avoir aucune retraite en ayant pourtant cotisé toute leur vie. Les Japonais, qui nous ont précédés dans cette voie, se retrouvent encore au travail à plus de 70 ans, sauf à mourir de faim.

La retenue à la source

Avec la retenue à la source, l’impôt va désormais être calculé six fois au lieu de trois. Il va faire l’objet de prélèvements anticipés qui seront ensuite remboursés et feront donc l’objet de scandale, comme ce fut le cas pour le remboursement des 30 millions de Liliane Bettencourt au titre du bouclier fiscal. Surtout, à un moment où l’on souhaite alléger la charge des entreprises, on demande à ces dernières de calculer tous les mois les impôts de chaque salarié. Une association d’entrepreneurs a calculé que cela allait coûter 125 euros par salarié 2 et par an, pareil pour les retraités et les fonctionnaires d’ailleurs. Si l’on additionne 20 millions d’emplois marchands, 5 millions de salariés publics et 14 millions de retraités, cela fait 439 millions de calculs à faire pour les entreprises ou les autres organismes payeurs. On obtient donc un coût total de 4,9 Md€ (39 millions fois 125 euros) dont 2,5 Md€ incombant aux entreprises.
Pour compenser le coût de sa réforme, il faudrait donc que Gérald Darmanin fasse une économie de 2,5 à 4,9 Md€ dans le reste de la collecte des impôts de l’État. Son objectif est chiffré et son plan d’économie est tout tracé. À la fin il pourra, s’il est honnête, rembourser aux entreprises les 125 euros par salarié payé-imposé par celles-ci, ainsi d’ailleurs qu’aux organismes de retraites. 3

Sur le web

  1. Interviewé à télé matin sur la deuxième chaîne.
  2. Les impôts locaux, dont les taux de recouvrement sont tarifés, coûtent en général entre 20 et 100 euros par avis, avec une moyenne d’environ 50 euros. Mais le prélèvement est plus simple et annuel. Les estimations de 125 euros pour un impôt plus complexe ne doivent donc pas être très loin de la vérité.
  3. S’il arrivait, ne serait-ce qu’à faire cela, il n’aurait pas encore commencé à compenser le coût du quintuple ou sextuple calcul de l’impôt auquel nous allons tous nous livrer en remplacement du système antérieur de fait infiniment plus simple et moins coûteux que celui dont nous allons subir les avatars au nom du progrès.
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