SNCF : une grève pour protester contre une réforme introuvable ?

La Sncf se met en grève pour protester contre la réforme Macron. Seulement, le big bang n’a pas eu lieu et la réforme reste introuvable.

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SNCF : une grève pour protester contre une réforme introuvable ?

Publié le 22 mars 2018
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Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

La Sncf est aujourd’hui en grève pour protester contre la réforme du gouvernement Macron. Selon plusieurs médias, cette dernière devait être un big bang, comme la plupart des réformes annoncées par Emmanuel Macron et le gouvernement d’Édouard Philippe. Mais le big bang n’est, pour le moment, qu’un assez décevant pschitt.

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C’est l’Europe qui nous pousse au changement

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a présenté en Conseil des ministres, mercredi 14 mars, le projet de loi qui permettra au gouvernement de recourir aux ordonnances pour « accélérer la réforme de la SNCF ».

Premièrement, cette « accélération » n’est due qu’à la demande de Bruxelles qui a engagé l’ouverture à la concurrence du rail en… 2001 par « le premier paquet ferroviaire », adopté par le Conseil européen, qui stipule également que les entreprises doivent être gérées « selon des principes qui s’appliquent aux sociétés commerciales ».

En 2003, le réseau français est officiellement ouvert au transport international de fret mais, à cause de l’opposition des syndicats et de l’inertie des décideurs politiques, la première mise en circulation n’intervient qu’en 2005.

Avec le « second paquet ferroviaire » européen, en 2006, le transport intérieur de fret est à son tour ouvert à la concurrence. Depuis, une vingtaine d’entreprises ferroviaires ont circulé sur le réseau ; ces entreprises concurrentes de Fret SNCF assurent seulement 20% du transport ferroviaire de marchandises en France.

Conformément au « troisième paquet ferroviaire » européen proposé en 2004 et adopté en 2007, le transport international de voyageurs s’est ouvert à la concurrence en 2009.

Aujourd’hui, en France, seule la compagnie Thello propose des trains de nuit entre Paris et Venise. À partir de 2020, la SNCF devra ouvrir ses lignes TGV, qui représentent 10% du trafic en France, à la concurrence (open access). C’est le « quatrième paquet ferroviaire » européen qui encadre cette ouverture. Enfin, d’ici 2023, la SNCF devra ouvrir ses lignes sous contrat de service public (TER, Intercités). Un appel d’offres devrait se dérouler à partir de 2019.

Retard français et ambiguïtés des textes officiels

La France a déjà pris du retard. Si elle avait lancé la réforme de la SNCF plus tôt, peut-être celle-ci aurait-elle pu entrer dans la concurrence avec certains atouts. Aujourd’hui, l’absence de changement et sa situation financière la mettent dans une position très difficile. Et ce ne sont pas les projets annoncés qui suffiront à la rendre compétitive. Le document officiel énumère les points à réformer.

Il sera débattu à la mi-avril au Parlement. L’article 1 autorise le gouvernement à « modifier les missions, l’organisation, la gouvernance et la forme juridique du groupe public ferroviaire et des entités qui le composent », mais… « sans remettre en cause leur caractère public ».

La SNCF restera donc une entreprise publique alors qu’il aurait fallu la restructurer en profondeur afin de la rendre plus efficiente et lui permettre d’attirer des investisseurs. L’État français se réserve même le droit de « déterminer le calendrier d’ouverture de ces services, les modalités de la période de transition ainsi que les conditions dans lesquelles il pourra être dérogé, le cas échéant, aux obligations de mise en concurrence ». Inquiétante précision qui permettrait d’invoquer on ne sait quels prétextes pour ne pas adapter l’entreprise à la concurrence comme ce fut le cas dans le passé, avec Air France par exemple.

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Il est vrai, on annonce « l’arrêt des recrutements au statut [de cheminot] des nouveaux agents », ce qui est courageux de la part du gouvernement, mais le texte s’empresse de préciser que « les contrats de travail actuels se poursuivront en cas de transformation juridique de l’entreprise ». C’est un peu comme dans les blagues avec une bonne et une mauvaise nouvelle… Car la SNCF emploie plus de 240 000 agents et doit payer – avec l’argent des contribuables, 3.2 Md€ par an – la retraite des 270 000 pensionnés.

Rappelons qu’un agent de la SNCF peut prendre sa retraite à partir de 50 ou 55 ans contre 62 ans en moyenne dans le privé et qu’il bénéficie de beaucoup d’autres privilèges (base de calcul à 75 % sur les 6 derniers mois, bonifications diverses, niveau de pension garanti…).

Embaucher hors statut – à condition que cela soit bien fait – est un bon pas dans la bonne direction, mais cela ne résoudra pas le problème de la dette de l’entreprise (46 Md€) et ne réduira (peut-être) qu’à très long terme les besoins d’argent public de la SNCF qui représentent tous les ans 11 Md€ (en plus des retraites). Le gouvernement ne va pas toucher aux petites lignes déficitaires, ni aux voyages gratuits accordés aux cheminots et à leurs familles. Tout un symbole.

Ce prétendu big bang de la SNCF rappelle la prétendue réforme des régimes spéciaux de novembre 2007. Beaucoup de bruit pour des mesures qui finalement ont accordé encore plus d’avantages aux agents des services publics.

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  • Et après ils vont nous parler de vivreensemble.
    Ce pays m’inspire de plus en plus du dégout, de l’injustice, de l’instabilité, de la précarité.
    Par contre j’ai des sertitudes:
    les impots vont continuer d’augmenter.
    Les services vont continuer à se dégrader.
    Les gens vont devenir de plus en plus cons.
    La politique va profiter de cette putréfaction pour croitre de mieux en mieux.
    Etonnant qu’en 2018 si peu de gens sont lucides sur l’état de délabrement de ce pays.
    Fuyons.

    • Détrompez vous, les gens lucides sur l’état du pays sont bien plus nombreux que vous pensez.

      Par contre, absolument aucun politique ne l’est ou ne veut l’afficher et les partis extrémistes ne font que renforcer ce déni, en pointant des boucs émissaires et en continuant à pérorer que ce pays est le centre du monde.

  • il est curieux que l’auteur ne parle pas du référendum d’initiative citoyenne ( RIC) qui permet aux citoyens d’imposer un référendum pour abroger une loi ou proposer une réforme alternative.

    Le 4 mars 2018 à l’occasion d’un RIC les Suisses ont voté NON à 72 % à la privatisation de leur radio/TV publique.

    Pourquoi pas un parti d’opposition n’a encore déposer une proposition de loi pour le RIC en toutes matières ?
    Pourquoi PAS un syndicat ne demande le RIC qui sans un jour de grève permettrait d’ IMPOSER un référendum pour abroger les loi inappropriées ou injustes ?
    Voilà des questions auxquelles répond le CLIC sur son site..

    • @Yvan Bachaud

      Pour cela, il faudrait une population avec un minimum de culture et d’autocritique. La France est un pays noyé dans la propagande socialiste depuis plusieurs décennies. Vos RIC risqueraient de vous décevoir.

    • @yves pour cela il faudrait un parti de l’opposition . Il n’y a pas d’opposition en France : juste des cliques mafieuses qui se disputent le fruit de notre tonte

    • Je crois que vous n’avez pas compris l’enjeu : la SNCF est le poumon de ce pays hyper-centralisé : ce n’est absolument pas une question de choix mais de nécessité.

    • Les syndicats et l’opposition ne demanderons jamais de RIC. Ils ont besoin du mécontentement pour exister.
      Si un jour, les français sont contents, tous ces fainéants élus syndicalistes et politiques n’ont plus aucunes raisons d’exister.
      Ils sont c__s, mais pas au point de se tirer une balle dans le pied.

  • certitude. lapsus avec servitude qui tournait dans ma tête. Servitude pour le système le plus coûteux au monde pour le résultat le plus médiocre de l’univers. Pas de doute, ce pays communiste est foutu.

  • Et voilà. Et on va se taper une fois de plus une grève pour rien. Je crois que c’est cela qui me met le plus en colère.

  • Alors que les Régions n’ont plus de Fric et ne cessent de produire des taxes ils n’ont qu’à ouvrir dès à présent les lignes TER et intercités au lieu de mettre en place, tel les bus des navettes circulant à vide. Mais là nous sommes dans un autre monde, cette mafia Politico-administrative se sent obligée aujourd’hui de régler totalement la vie des Français jusque dans la bouf ! et bien entendu de faire des taxes pour financer leur soif de pouvoir et d’idiocratie. Hélas pour ce pays nul besoin de s’élever contre cette mafia sans prendre des coups et de se faire passer pour un extrémiste qu’il faut absolument abattre. Majoritairement les Français sont devenus des loques fénéantes et assistées et qu’ils se plaisent dans ce système.

    • @Laurent et que conseillez vous aux loques : la mafia tient la police, l’armée,les juges bref toutes les manettes comme dans tout pays communiste , le seul salut est la fuite, c’est d’ailleurs ce que font pas mal de gens

    • « Majoritairement les Français sont devenus des loques fénéantes et assistées et qu’ils se plaisent dans ce système. » …

      Non, elle ne connaissent pour la plupart que ce seul système et sont affolé par la peur de multiples hommes de pailles.

  • Les cheminot et leurs sponsors (famille) sont arque boutés sur leurs acquis. Ils les défendent plus que mon chien son nonos. Aucune logique ne peut les faire bouger. Lors d’une récente discussion : pour eux ces avantages sont « normaux » , pour eux « tout le monde a des avantages » . Et si les gens ne sont pas d’accord « ils sont prêts à leur interdire l’accès au trains ». la SNCF n’est pas un service : c’est leur propriété, ils nous font la grâce de nous transporter.

    • oula arc-boutés …

    • Des avantages qui sont des contreparties : plus de travail de nuit et les week-ends que dans le code du travail, moindre majoration de ces heures, etc…

      Pour la retraite ils cotisent plus.

      Pour les salaires, tous les chiffres que l’on a vu passer jouent sur l’ambiguïté entre cheminot (au statut) et cheminot (contractuel) : il serait intéressant d’avoir ces chiffres séparés statut/ hors statut en cdi et également par collège (cadres, maîtrise, exécution,…)

      Le principal problème vient des règles d’utilisation et de non polyvalence… Qui sont arrivées après 97 car il fallait séparer les activités

  • Pourtant, Trump a montré comment négocier avec ce genre de fous furieux. La première chose est de leur rappeler qui a le plus gros gourdin, et la seconde de ne laisser qu’une issue et de faire aboutir toutes les autres voies à la destitution des chefs par leur peuple. Mais nos gouvernements successifs sont tellement contents d’avoir des « interlocuteurs » qu’ils n’osent pas les déstabiliser. Alors que si on commençait par menacer d’obliger les syndicats à publier leurs comptes, et de leur interdire d’autres ressources que les contributions personnelles de leurs adhérents, je suis sûr que les Martinez et autres seraient bien plus disposés à négocier.

  • Si je devais modifier quelque chose en france sur les statuts des fonctionnaires je m’y prendrai comme ça: Une petite réformette bien choquante mais sans grande importance serait mise en avant. Je laisse les grévistes s’épuiser, et ne plus gagner un kopek pendant leurs jours de grève. J’enchaîne avec une seconde réformette choquante pour bien les renvoyer dans la rue et finir de les laisser s’éssorer tous seuls. Et une fois qu’ils ont bien passé tout le printemps l’été et le début l’automne à accumuler les jours non payés, pendant l’hivers j’attaque en force: De la grosse réforme qui tâche et qui tranche dans les avantages acquis. La totale. Avec des bataillons de CRS pour bien cadrer les manifestants qui restent et les coffrer au moindre débordement, avec un bon ras le bol des français non grévistes, ca peut se passer assez bien.

    Mais le secret pour que ça se passe bien c’est de cesser toutes les subventions à la presse 2 ans avant. Avec les journaleux de gauche à la rue, le mouvement n’aura plus qu’un relais sans envergure.

    • @mitch on peut toujours rêver … pour rappel avec une dépense publique à plus de 57% du PIB , plus de la moité des français vivent de l’état. Par ailleurs ce sont eux qui font les lois et ont les moyens de les faire respecter.

  • La SNCF est même une grande spécialiste des grèves « préventives »
    En l’occurrence ici elle a été prise de court mais elle retrouve vite ses habitudes quand bien même la montagne semble avoir accouché d’une souris

  • le vrai probléme de là SNCF c’est l’Europe qui a imposé là concurrence .de faite là SNCF à du se couper en deux :un le réseau pour taxer les futures sociétés concurrente d’e là SNCF et le SNCF qui payent un péage de son propre réseau payer par les impôts. .comme pour les autoroutes !!!

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