Édouard Philippe est-il l’homme de la situation ?

Edouard Philippe semble revenir sur les déclarations qu’il avait faites : il y a de plus en plus de flou dans l’orientation fiscale que nous prépare ce gouvernement.

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Édouard Philippe est-il l’homme de la situation ?

Publié le 17 juillet 2017
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Par Éric Verhaeghe.

Édouard Philippe, parce qu’il multiplie les déclarations sur le niveau de prélèvement fiscal l’an prochain, s’achemine doucement vers une marginalisation en beauté. On ne se demande plus seulement s’il est aux ordres d’Emmanuel Macron, mais s’il maîtrise ses sujets.

Il y a une semaine, Édouard Philippe annonçait, dans sa déclaration de politique générale, que le calendrier fiscal n’était pas encore fixé, sauf pour ce qui concernait la hausse de la CSG. La version qu’il donne aujourd’hui de cette déclaration supposée être fondatrice semble floue. On retient que l’arbitrage sur la stratégie fiscale n’était pas connu il y a une semaine.

Habituellement, les arbitrages fiscaux se font en août, et lors du discours de politique générale, qui porte sur la politique des années à venir, j’avais volontairement laissé ouvertes certaines questions sur le rythme des baisses d’impôts, comme par exemple pour la taxe d’habitation. Mais dans le courant de la semaine dernière, avec le président de la République, nous avons décidé d’accélérer ce rythme, afin de maximiser les effets économiques de cette stratégie.

Pour une déclaration de politique générale, ce flou fait quand même tache.

Samedi 8 juillet, après que la polémique est arrivée sur le manque de volontarisme fiscal du gouvernement, le Premier ministre a annoncé une baisse de 7 milliards d’euros de prélèvements obligatoires, trouvés sous les sabots d’un cheval.

Finalement, on a compris que cette baisse était une simple confirmation de mesures arbitrées ou prévues sous Hollande.

Le lendemain, Bruno Le Maire expliquait depuis Aix-en-Provence qu’il fallait accélérer et proposer dès 2018 des baisses d’impôts. Dans la foulée, on apprenait que dimanche après-midi Emmanuel Macron avait arbitré en faveur d’une suppression de la taxe d’habitation.

Maintenant, Édouard Philippe explique aux Échos que les prélèvements baisseront de 11 milliards d’euros en 2018. Ou comment, en une semaine, l’ambition gouvernementale a pu varier de 0 à 11 milliards, comme si ces décisions étaient anodines ou ne concernaient que l’écume des choses.

Le grand bazar des économies

Pour réduire les impôts et tenir le pari du 3% de déficit, il faut baisser les dépenses. Mais comment faire ?

Là encore, le gouvernement paraît curieusement succomber à une impréparation, alors même que la Cour des comptes a rendu des préconisations précises.

La semaine dernière, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a annoncé des premières mesures non chiffrées : le rétablissement du jour de carence, et le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Mais on ne sait pas combien ces mesures rapporteront. On a juste une certitude : elles ne suffiront pas.

Dans la foulée, Darmanin a annoncé des consultations tous azimuts et des revues de dépenses pour savoir où taper. Il paraît même que se tiendront à l’automne des états généraux de la fonction publique. Le calendrier surprend, car il semble déconnecté de l’urgence qu’il y a à baisser les dépenses.

Parallèlement, les premiers arbitrages sont tombés, avec des coupes sombres dans le budget de la Défense ou de la Justice. Le Premier ministre explique que ces mesures ne poseront pas de problème. On est un peu sceptique, et on se demande même dans quelle mesure Édouard Philippe mesure la portée de ses décisions.

Quant aux 850 millions évoqués pour 2017, ils s’inscrivent dans le cadre de l’effort interministériel, mais préservent les capacités d’action de la défense. Au final, le budget des Armées pour 2017 sera conforme à ce qui était prévu en loi de finances initiale pour 2017.

Le gouvernement d’Édouard Philippe a-t-il une stratégie ?

Dans la pratique, la question est quand même embarrassante : le gouvernement a-t-il ou non une stratégie pour le pays, ou rend-il des décisions au fil de l’eau, sans cohérence, comme toutes les équipes qui l’ont précédé ?

Au final, une question apparaît en filigrane, délicate à poser et peut-être prématurée, mais qu’on sent poindre, inexorable : Édouard Philippe est-il vraiment l’homme de la situation. Sous ses airs de bourgeois bien éduqué, derrière sa plastique avantageuse, de quoi l’homme est-il porteur ?

Manifestement pas d’une vision stable et profonde, en tout cas.

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  • « …. Le gouvernement a-t-il ou non une stratégie pour le pays ou rend-il des décisions au fil de l’eau, sans cohérence, comme toutes les équipes qui l’ont précédé ».
    Merci à Eric Verhaeghe pour sa réflexion et pour son analyse de l’action gouvernementale qui n’est nullement en adéquation avec la gestion moderne d’un pays libéral à même d’alléger les charges des entreprises, de créer des emplois, de générer des richesses et, de permettre à terme de respecter les engagements financiers internationaux.
    La gestion Macron ce sera toujours plus de charges, plus d’impots et surtout pluis d’immigration illégale et incontrôlée mettant en danger notre devenir.
    Ce sera également en marche vers un absolutisme présidentiel jusqu’à la plus grave crise de Vème république.

  • Analyse très juste. Édouard Philippe a été contredit à plusieurs reprises par Macron. On a le sentiment que ce n’est qu’un « collaborateur » comme disait Sarko.

  • Est-ce du machiavélisme de la part de Jupiter 1er d’avoir nommé, et renommé premier sinistre quelqu’un, qui plus est de droite, relativement peu connu, sauf du groupe Bellota, qui avait dit tant de mal de lui, mais « avant » ?

  • à mon humble avis , macron n’a pas la maturité requise pour être président ; son programme restait flou sur certains point avant son élection ; il est donc difficile de mener une équipe dans le bon sens quand on ne sait pas soi même où on va ;

  • D’après la constitution c’est le gouvernement (donc le PM) qui « détermine et conduit » la politique du pays. Dans nos pratiques bizarres le président s’est arrogé ce rôle. Du coup le PM est un exécutant et un fusible. Avec un président comme Jupiter, il doit avoir très peu d’autonomie et doit jongler avec la pensée complexe et mouvante (je n’ai pas dit incohérent) du chef.

  • Entre un président qui adore déclamer sur les différentes scènes à grande audience à Berlin, Versailles, Champs Elysées, Nice et un premier ministre qui n’arrive pas à se positionner….notre endettement continue de se creuser et le mammouth administratif n’en finit pas de bloquer notre pays…..

  • Je pense au contraire que Macron a une stratégie bien arrêtée : de la communication, de la communication, de la communication.
    Il a sur ce sujet un gros avantage sur son prédécesseur : il a suivi de manière très intensive des cours de théâtre et a ainsi réussi à abuser bon nombre d’électeurs.
    Contrairement aux apparences, il n’a que faire de l’avenir de la France ; il suffit pour s’en convaincre d’observer son bilan après trois mois d’exercice : des discours, des postures, mais strictement aucune action concrète.
    Ça va mal finir quand mes concitoyens vont finir par se réveiller et juger l’homme pour ce qu’il est réellement.

    • Son prédécesseur a quand même pris des cours particuliers et tout autant intensifs, certes dans le secret de visites en scooter mais tout ce sait, auprès d’une actrice de grande réputation.

  • Pour ratisser large Macron a fait le grand écart et c’est son PM qui risque de finir écartelé.

  • la stratégie de notre président isochronomaniaque (il use et abuse de la formule « en même temps » …) est illisible. sa seule priorité est de faire réélire en 2022 … comme le montre le rétropédalage sur les réformes fiscales ..

  • « Édouard Philippe est-il vraiment l’homme de la situation »? Il l’est. Imaginez un 1er ministre structuré, ayant des convictions, du charisme, des idées avec pour objectif une réforme profonde de la France, qui peut croire que ce premier ministre pourrait tenir longtemps sous la coupe du Président Macron? E. Philippe a le profil idéal pour n’être que le collaborateur souple et zélé du Président, du chef Macron.

  • il semble comme vous l’indiquer que cette é quipe d’énarque comme les autres avant elle et ce depuis giscard nous menent a la catastrophe qui ne saurait tardé peut -etre dans 2 ans 3 maximum et nous serons dans le mur (précision :je ne suis pas voyant d’ailleurs il n’en est pas besoin au vu de ce qui ce passe )

  • Les commentaires sont fermés.

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