Pourquoi les inégalités importent peu

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Pourquoi les inégalités importent peu

Publié le 2 mars 2018
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Par Ryan Bourne.
Un article de HumanProgress

En 2014 lorsque le Pape tweeta « les inégalités sont la source du mal social » il fit un bond dans l’estime des tenants de l’égalitarisme. L’ex-président des États-Unis Barack Obama avait également nommées ces inégalités « le défi majeur de notre temps ». Depuis, Jeremy Corbyn, leader du parti travailliste Labour au Royaume-Uni, s’est élevé en exigeant une politique économique pour venir à bout des « inégalités grotesques » du pays. Ces opinions reposent sur la supposition que la concentration des revenus et des richesses a un impact négatif sur l’environnement économique et social.

L’idée selon laquelle un accroissement des inégalités serait nécessairement mauvais et qu’à l’inverse, leur diminution serait bénéfique, imprègne fortement le débat public. C’est là que Corbyn puise ses fondements moraux pour appuyer sa demande d’instauration d’un large système gouvernemental de redistribution.

À l’opposé, l’économiste Angus Deaton, lauréat 2015 du prix de la Banque de Suède en Sciences Économiques, objecte que s’inquiéter de l’effet négatif des inégalités, tels que le ralentissement de la croissance économique ou les dysfonctionnements démocratiques, revient à regarder le problème à l’envers :

Les inégalités ne sont pas tant la cause des processus économiques, politiques et sociaux que leur conséquence.

Si elles peuvent parfois refléter certains malaises sociaux, elles sont aussi un indicateur de progrès, et les remèdes prétendus s’avèrent parfois être bien pire que le mal. En effet, une distribution de richesses donnée n’est ni tombée du ciel, ni prédéterminée par le gouvernement. Elle est la conséquence des millions d’interactions, échanges, décisions, héritages et politiques. Le coefficient Gini, avec les autres statistiques montrant la part des richesses détenue par les 1% les plus riches, est une information agrégée qui n’indique rien sur la genèse de cette distribution. Que le résultat soit juste ou injuste dépend, pour Deaton, de sa cause.

De fortes d’inégalités telles qu’il existe dans des pays comme l’Afrique du Sud peuvent indiquer des injustices historiques : elles résultent d’un système discriminatoire passé ou présent. Elles peuvent provenir de la collusion du gouvernement avec certains groupes d’intérêts particuliers, du copinage et de la corruption. Un défaut d’éducation, des familles brisées, de la discrimination raciale, du chômage de masse et l’immobilité sociale favorisent aussi une concentration de richesse vers le haut de l’échelle.

Par ailleurs, il existe des causes d’inégalités bénignes comme les loteries ou d’autres qui sont clairement bénéfiques, notamment les avancées technologiques, l’entrepreneuriat et le libre-échange. Bill Gates et Steve Jobs ont formé leur richesse en fournissant des services qui ont transformé nos vies. En Afrique du Sud, la disparité des revenus s’est accrue après l’apartheid car pour la première fois, les noirs talentueux avaient enfin accès à des opportunités qui leur étaient précédemment interdites. Peu oseraient dire que ça n’est pas désirable.

En Chine, le coefficient Gini a augmenté de 0.16 en 1980 à 0.55 en 2014 – les inégalités ont donc augmenté fortement, mais cela est allé de pair avec une immense réduction de la pauvreté qui a suivi l’ouverture internationale des marchés chinois. A contrario, le Royaume Uni a vu son coefficient chuter légèrement après le crash financier de 2008. Ici, les inégalités étaient symptômes d’un problème, en Chine, elles étaient symptômes d’un succès. Il faudrait faire preuve d’un relativisme extrême pour affirmer que la situation du Royaume-Uni s’était améliorée et que celle de la Chine avait empiré.

De faibles inégalités peuvent résulter de tendances indésirables. Dans l’ouvrage magistral The Great leveller, Walter Scheidel montre qu’une large réduction des inégalités est apparue uniquement au travers de pandémies, guerres totales, révolutions violentes et faillite des États. La peste noire avait décimé un quart de la population du continent européen, menant à une pénurie de main d’œuvre, dont la conséquence a été la compression des revenus entre les travailleurs et les propriétaires

L’URSS, après la nationalisation des banques, la redistribution forcée des terres et la création des goulags a vu son coefficient Gini autour de 0.26 – un rêve d’égalitariste. Au Japon, le 1er centile est passé de 9,2% des revenus à 1,9% entre 1938 et 1945. Dans le même temps, ils perdaient 90% de leurs richesses. Il semble évident que le prix pour cette réduction des inégalités est infiniment trop élevé : guerres, destructions et privations de libertés.

L’objet n’est pas de dire que les inégalités sont bonnes, mais que l’on ne peut pas affirmer que les réduire soit désirable. La position de Corbyn selon laquelle les réduire est noble implique des politiques qui, selon d’autres mesures, peuvent être extrêmement dangereuses. Nous devons garder ceci à l’esprit lorsque le gouvernement s’emploie à réduire les inégalités. Modifier la distribution des richesses conduit inévitablement à interférer avec l’action humaine. Nous pouvons le faire, au moins temporairement, en déportant et tuant les riches. Mais ceci sera-t-il bénéfique pour ceux qui restent ? Rien n’est moins sûr.

Deaton dit vrai lorsqu’il explique que les courants politiques actuels ne sont pas un reflet des inégalités réelles, mais des injustices perçues. Il conclut :

Certains processus générant des inégalités sont vus comme justes. D’autres sont malgré tout profondément injustes et sont une source légitime de colère.

Il existe sans aucun doute des pas à faire dans le sens d’une économie plus juste, qui pourraient également réduire les inégalités : libéraliser la planification des territoires pour augmenter la construction de logements, par exemple, réduira très certainement la distribution de richesses tout en dynamisant l’économie.

Cependant, ce que montre vraiment l’argument de Deaton est que nous ne devrions même pas nous soucier des inégalités. Si l’on commence à vouloir éliminer les « mauvaises » causes d’inégalités tout en gardant les « bonnes », alors on n’agit pas dessus, mais sur la justice de ses causes. Nous devrions éliminer le capitalisme de copinage, interdire le sauvetage des banques par l’argent des impôts, et assurer la compétitivité des marchés au bénéfice du public pour plus d’efficacité et de justice, quelque soient les effets sur les mesures comme le coefficient GINI.

Au mieux, les inégalités servent d’indicateur de problèmes potentiels. Au pire, en faire une obsession détourne nos priorités de ce qui importe vraiment, comme niveau de vie des moins aisés. Elles peuvent parfois être un reflet du mal social, mais aussi un reflet des progrès sociaux, et certains remèdes supposés sont bien pire que le mal.

Traduction Alexis Commere pour Contrepoints

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  • Je ne comprends pas cet article que je trouve tout simplement monstrueux et scandaleux.
    Il mélange causes et effets.
    L’analyse de l’état de l’Afrique du sud est fausse.
    Pourquoi ne devrait on pas se soucier des inégalités et accepter un nouvel esclavage des temps modernes avec des salaires de 500 euros mensuels pour les ouvriers en Allemagne ou des personnes embauchées pour une heure ou deux comme en GB ou des retraites si faibles que les retraités en sont rendus à faire les poubelles pour ramasser les canettes comme en Allemagne.
    Cet article est inacceptable.

    • Vous devriez approfondir les choses avant de les « balancer » sans discernement. Les 500€ pour les ouvriers allemands, n’est-ce pas plutôt une prestation sociale ? Et les faibles retraites, en France ? Eh bien elles sont la conséquence de cotisations faibles c’est-à-dire d’un non-travail. Vous travaillez, vous cotisez. Vous ne travaillez pas, vous ne cotisez pas. La suite vous connaissez : votre pension de retraite sera en rapport avec le montant et la durée de vos cotisations. Le principe est juste.

    • « Cet article est inacceptable. »

      Vite les ciseaux d’Anastasie.

      • @gillib 😀 !

      • Vous travaillez, vous cotisez

        Faux sauf si vous avec un compte à la Préfon. Dans un système par répartition, il y a zéro cotisation, l’argent n’étant pas épargné.

        Les « cotisations » en France ne sont pas faibles puisque le secteur privé doit payer ses retraites plus celles des fonctionnaires.

    • @lapaladine Il est bon que vous ayez lu cet article, . Petite question : pourquoi pensez vous que les travailleurs pauvres (immigrés) font tous la queue pour aller en Angleterre et en Allemagne ? Le problème est que vous avez une vision statique des gens . Petit exemple que je connais bien : un ami de ma fille portugais n’aurait jamais trouvé de travail avec sa licence de langue dans son pays d’origine. Il est allé bosser dans le seul pays européen qui lui donnait du travail : en Pologne pour 800E par mois (pour info à Varsovie , avec 800 Euros on vit et on se loge) Maintenant il est à Londres à 2400 Pouds /mois . Il est jeune et travailleurs , il ne va pas en rester là car il est jeune, intelligent et travailleur. C’est quoi votre situation acceptable Lapaladine : le RSA à vie ? Le smic à vie ?un poste de fonctionnaire avec toute progression que l’ancienneté qqsoit le travail effectué ? Ne comprenez vous pas que pour beaucoup de gens c’est un enfer ? (surtout que le salaire que l’on perçoit est extorqué à d’autres )

    • Jean-Gilles Mongendre
      2 mars 2018 at 15 h 59 min

      « Je ne comprends pas cet article ; c’est pourquoi je décrète qu’il est faux sans apporter le moindre contre-argument, prête à son auteur des propos qu’il n’a pas tenus en m’appuyant sur des anecdotes de comptoir, et réclame sa censure. »
      Brillant.

    • Votre commentaire se contente de ressortir les clichés débiles habituels c’est pathétique.
      D’après, les chiffres de l’OCDE, il y a plus de travailleurs pauvres en France qu’en Allemagne ou en GB (deux pays souvent cités par les gauchistes comme ayant beaucoup de travailleurs pauvres): https://web.archive.org/web/20180215215500/https://pbs.twimg.com/media/DAc3rq8WsAA3331.jpg

      Si j’en crois les données d’Eurostat pour 2015, 16.7% des allemands vivent sous le seuil de pauvreté contre 13.6% des français.
      De là, certains concluent que qu’il y a proportionnellement plus de pauvres en Allemagne qu’en France.

      Concernant le taux de pauvreté allemand.
      Il faut bien comprendre qu’un seuil de pauvreté, c’est une mesure relative. En général, on estime qu’une personne est pauvre si elle dispose d’un revenu inférieur à 60% du revenu médian de son pays (i.e. celui qui coupe la population en deux.)
      Du coup, le nombre de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté dans un pays donné dépend du niveau dudit seuil. Évidemment.
      (Note technique. Les données qui suivent sont en Standard de Pouvoir d’Achat pour tenir compte des écarts de prix d’un pays à l’autre.)
      Voici les seuils de pauvreté utilisés par Eurostat en 2015 (pour une personne seule) :
      France : 11 931
      Allemagne : 12 219
      C’est-à-dire qu’un célibataire qui dispose d’un revenu de 12 000 (cf. note précédente) est pauvre en Allemagne… mais pas en France.
      Pour comparer, il faudrait (par exemple) savoir combien d’allemands vivent sous le seuil de pauvreté *français*.
      Clairement, je n’en sais rien mais à ce niveau de la distribution, il est tout à fait possible que l’écart de taux de pauvreté disparaisse.
      Un autre aspect intéressant, c’est la différence de dynamique entre nos deux pays.
      De 2014 à 2015, le seuil de pauvreté français a augmenté de 3% (ce qui une bonne nouvelle) mais en Allemagne, il a augmenté de 6%.
      Ça signifie que le revenu médian des allemands a augmenté *deux fois plus vite* que le nôtre.
      Et comme le taux de pauvreté allemand est resté stable à 16.7%, on peut en déduire que ça a profité au plus grand nombre.
      (Sachant, rappelons-le, que l’Allemagne absorbe une immigration pauvre massive qui plombe ses statistiques.)
      (À Francfort, par exemple, 49% des non allemands vivent sous le seuil de pauvreté.)
      Chez nous, non seulement le seuil a progressé moins vite mais le taux de pauvreté a augmenté (de 13.3% en 2014 à 13.6% en 2015).
      Bref, avec un peu de malhonnêteté, on peut faire dire ce qu’on veut à une statistique. Avec le même genre de raisonnements, on conclurait qu’il y a plus de pauvres au Luxembourg (15.3%) qu’en République Tchèque (9.7%).

      A propos du taux de pauvreté en Allemagne et en France: https://www.lopinion.fr/edition/international/trois-mythes-antiallemands-presidentielle-francaise-122592
      Je conseille de lire « La grande évasion » d’Angus Deaton (prix nobel de l’économie) sur la pauvreté.

    • Vous racontez vraiment n’importe quoi. Dans ces pays, les gens occupant les sous emplois ce sont les gens qui en France sont au chômage. Qui occupe les « sous emplois » ? Principalement, les jeunes et les personnes non qualifiés en d’autre terme les gens qui en France n’ont pas accès au marché du travail et qui sont au chômage. Mieux faut être pauvre et travailler qu’être chômeur et pauvre. C’est mieux pour l’ensemble de la société (car le chômage a un coût élevé). Mais aussi pour les personnes concernés car le chômage nuit à la santé mentale et en plus, seul le travail permet à ces gens de monter dans l’échelle social, seul le travail peut leur donner espoir d’améliorer leur condition social. Avec un métier, ils peuvent acquérir nouvelles qualifications ce qui leur permet par après d’avoir un meilleur métier. Dans un situation de plein emploi,les salariés ont plus de pouvoir sur les employeurs. Ils peuvent le quitter facilement sans craindre de se retrouver au chômage. Je connais quelqu’un en GB qui a déjà changé trois fois d’employeurs pour avoir un meilleur salaire. Il est très content de vivre en GB. Il y a aussi l’immigration qui aggrave le sous emploi en GB.

      A population comparable, l’économie GB génère 21% de postes de travail en plus qu’en France. Royaume-Uni : 6.5 millions emplois de plus qu’en France http://web.archive.org/web/20180111232652/https://pbs.twimg.com/media/DOwvcrcXkAAkBRE.jpg
      (Après pour la GB, il y a le problème du Brexit qui est une connerie qui va leur coûter cher au niveau économique et qui risque de coûter pas mal d’emplois. Cependant, il est clair que l’économie GB est un succès par rapport à la France surtout sur le plan du marché de travail)

    • Les personnes les plus fragiles se sont les gens qui sont exclus du marché du travail et non pas les travailleurs pauvres. En créant un marché du travail beaucoup trop rigide , vous excluez certaines catégories de personnes (les personnes peu qualifiés, les immigrés, les jeunes) du marché du travail.
      Je ne comprends pas cette logique: mieux vaut avoir un chomeur qu’un travailleur pauvre. A cause de la protection des travailleurs en France, les jeunes et les personnes non qualifiés n’ont pas accès au marché du travail et sont au chômage. En France, la rigidité du travail crée un chômage de masse et ce chômage de masse donne énormément de pouvoir aux patrons car un travailleur sait que s’il est licencié, il aura peu de chances de retouver un nouvel emploi alors que dans un marché d’emploi flexible, les travailleurs savent que même s’ils sont licenciés, ils pourront trouver facilement n nouvel emploi. Dans un marché d’emploi flexible, vous pouvez quitter votre emploi s’il ne vous plait pas pour en trouver un meilleur.
      Je remarque juste une chose: les pays avec un marché d’emploi rigide comme le France voit les gens partir vers des pays où le marché d’emploi est bcp plus flexible (Grande Bretagne, Suisse, Australie,…). J’imagine que ces gens sont masos.
      Quand il y a trop de demande par rapport à l’offre (ce qui est le cas en cas de chômage massif), cela donne un grand pouvoir aux offreurs (autrement dit aux employeurs). Les travailleurs font tout pour ne pas perdre leur emploi car ils savent que dans un pays avec chômage massif, cela signifie qu’ils ne retrouvent pas un emploi ou en tout cas qu’ils auront des difficultés à en retrouver un. Dans ces pays, les travailleurs ont peur de perdre leurs emplois là où dans des pays avec plein emploi, les travailleurs n’ont aucune peur de cela.
      Quand il y a trop d’offres par rapport à la demande (c’est le cas des pays où il y a le plein emploi ) les demandeurs (travailleurs) sont en situation de force par rapport aux offreurs (employeurs).
      C’est le cas actuellement en Allemagne. A tel point que les ouvriers allemands obtiennent des réductions de temps de travail vu qu’ils sont en situation de force grâce au fait qu’il existe une pénurie de main d’oeuvre.

    • Chômage en Allemagne: 3.6%
      Chômage en France : 9.8%

      Lisez le point 1 de ceci: : http://www.institut-entreprise.fr/reflexions/societal/blog/dix-idees-recues-sur-le-royaume-uni

    • La croissance de l’emploi britannique repose-t-elle sur des emplois « précaires » et peu qualifiés ? http://www.institut-entreprise.fr/reflexions/societal/blog/la-croissance-de-lemploi-britannique-repose-t-elle-sur-des-emplois

  • Je préfère vivre dans un pays innégalitaire ou il y a des opportunités de travailler, de créer, de grandir que dans un pays égalitaire ou il n’ y a pas de telles opportunités. Les jeunes français émigrent vers des pays plus innégalitaires que le notre, n’ est ce pas la meilleure des preuves ????

    • @ Bernard
      Oui, le néo- ou ultra-libéralisme (qui n’est pas le Libéralisme!) conduit à l’inégalité et à la capitalisation de la richesse dans les mains des plus riches.
      L’égalitarisme conduit à un désinvestissement et à une fuite des capitaux, ce qui diminue l’emploi et appauvrit encore les « pauvres ».

      Il faut donc trouver le moyen terme qui favorise plus d’égalité (en droit, pas en argent!) et autorise les plus audacieux à réussir sans faire payer leur échec par « d’autres »!

      Qui n’a pas connu de ces entrepreneurs continuant à vivre bien dans une nouvelle entreprise alors que la précédente a fait faillite sans payer ses dettes?

      Il y a bien un problème à permettre la réussite portant fruit, sans sacrifier le droit de vivre décemment!

      Sacrifier le droit de s’enrichir pour le droit de vivre n’a pas plus de sens (ni ne « marche ») que l’inverse!

      Et la politique résout la question de façon fort différente d’un pays à l’autre (plus ou moins « interventionniste »), en s’impliquant plus ou moins (régalien-mêle tout)!

  • jesuisunhommelibre
    2 mars 2018 at 9 h 39 min

    Il n’y a pas pire injustice que l’égalitarisme.

    Imaginez une décision de justice égalitaire : Tout le monde condamné à la même peine, quelque soit les circonstances, quelque soit l’acte délictueux.

    Pourquoi devrait-il en être de même pour la récompense aux services rendu à la société : Même salaire quelque soit l’utilité, la qualité ?

  • Excellent article, merci à Contrepoints pour la traduction.

  • Réduire les inégalités implique nécessairement de réduire le revenue de l’ensemble de la population.
    Il n’existe aucun système qui est capable de réduire la variance sans réduire la moyenne.

    Dit autrement, si l’on veut réduire le salaire des riches, il faute réduire le salaire des pauvres, a moyen ou long terme.
    Si l’on veut augmenter la condition des plus pauvres, il faut accepter d’augmenter la condition des plus riches, encore plus.
    Mais est-ce réellement un mal si tout le mode y gagne ?

    L’erreur est de penser que pour réduire ces différences de revenu, il suffit de redistribuer. Et que tant qu’il existe des différences, il faut augmenter la redistribution.

    Mais cela n’est vrai qu’a court terme. A moyen ou long terme, cette redistribution impacte négativement la création de richesse et réduit la somme globale des revenus. Au bout d’un moment cette réduction globale a un impact négatif supérieur a l’impact positif de la redistribution, y compris sur le revenu des plus pauvres, qui vont diminuer.

    C’est l’éducation économique du peuple et son intelligence qui lui permettra de ne pas tomber dans le panneau.

    L’obsession de la réduction des inégalités montre un vice profond dans le système de pensée de ceux qui la prônent.

    • @ Melissa H
      Oui! Tous les « …ismes » font plaisir au théorique, surtout binaire (blanc-noir).

      Pourtant, la solution réaliste (et pragmatique) et qui fonctionne est évidemment un équilibre permanent entre les « …ismes »!

  • Les inégalités peuvent conduire à des troubles sociaux si elles sont perçues comme injustes. Si mon voisin est plus riche que moi grâce à son travail et sa créativité, j’applaudis. Si mon voisin est plus riche que moi grâce au détournement de fonds et la corruption, j’enrage. Mais qui décide que l’enrichissement de l’un légitime et que l’enrichissement de l’autre est immérité?

    Dans notre société ce sont les médias qui s’érigent en juges pour encenser les artistes ou sportifs et mépriser les entrepreneurs. On est bien dans un jugement moral et c’est la porte ouverte à de gros dérapages.

    • absolument.

      je n’ai aucun mal avec les inégalités, j’ai par contre du mal avec la pauvreté.
      Et la lutte contre les unes et contre l’autre n’ont à mon sens rien à voir.

      • Absolument.
        De plus, la seule moralité pour juger de la légitimité des revenus, c’est simplement le libre consentement de chacun des acteurs.

      • @ Rick la Trick
        Au contraire, c’est l’inverse: en URSS, il n’y avait pas de « pauvres », ni de riches (sauf les « élites » et les « utiles au régime)!

        Et je ne suis pas du tout pro-soviétique: l’égalité qui ne touche pas tout le monde n’est pas une « égalité » comme l’ultra-libéralisme n’est ni « libéral », ni au pouvoir, ni apte à convaincre la majorité!

        On peut le déplorer mais c’est un fait démocratique!

  • Le président Sarkozy l’avait très bien résumé en son temps en s’adressant à Hollande je crois… la différence entre nous: nous on veut qu’il n’y ait plus de pauvres, vous, vous voulez qu’il n’y ait plus de riches!!!

    • @ Pierrot
      Que majorité et opposition ne soient pas d’accord, rien d’étonnant! Et tant qu’on parle d’objectif sans parler des moyens et modalités, écrites sur papier, ce n’est que du « bla-bla » sans valeur, en politique!

  • Les inégalités sont indissociables de la vie. mieux vaut vivre dans un pays riche de ressources avec des inégalités importantes entre les pauvres et les riches mais dans lequel les pauvres n’aient pas recours à l’assistance et aux aides de l’état pour vivre correctement.

  • L’égalité est un leurre. Les hommes naissent profondément inégaux, ne serait-ce qu’en terme de santé ou de moyens intellectuels. L’Etat a certes une obligation de moyens: donner à chacun les mêmes chances, mais après chacun se démerde. Il est très injuste de prendre l’argent de ceux qui bossent pour le donner à ceux qui n’ont rien foutu. Il faut juste assurer une solidarité de base pour les accidentés de la vie, ce qui n’est déjà pas si facile. Tout le reste n’est que jalousie, envie, convoitise, élevées au rang idéologique. L’égalitarisme à tout crin relève d’une psychopathie collective néfaste et les « redistributions » sont souvent contre-productives.

    • Oui. Les JO d’hiver viennent de se terminer. Le sport glorifie les inégalités. On trouve normal que le meilleur gagne. Pourquoi est-ce différent en matière d’économie?

  • A Val et Hellebore ma réponse Quand je pense à la doctrine sociale de l’Eglise, à De Gaulle qui avait créer l’intéressement dans les entreprises, à François Michelin qui vivait simplement et pourtant Michelin est le n°1 mondial du pneumatique, je suis vraiment inquiète de l’immoralité des temps qui courent. Seul le fric et le pouvoir sont devenus des raisons de vivre!!!
    Je n’ai jamais dit qu’il fallait un principe égalitaire comme dans l’ex URSS. Chacun doit être payé selon un juste prix. Prendre pour exemple les immigrés qui viennent travailler dans les pays occidentaux est un mauvais argument, pour moi c’est une forme d’esclavage des temps modernes.
    Quand on voit ce qui se passe dans les salles de marché comme dans certains films, on ne peut qu’être horrifié. D’ailleurs ces gambistes perdent toute humanité, gagne de l’argent dont il ne peuvent pas profiter car ils travaillent comme des fous. Ils parient sur tout et n’importe quoi, de vrais monstres! Et pourtant c’est le système libéral dans toute son horreur

    •  » Seul le fric et le pouvoir sont devenus des raisons de vivre!!! ».

      Vous préjugez ici des choix de vie de milliards d’individus que vous ne connaissez ni d’Eve ni d’Adam. En effaçant l’individu et toute sa complexité de votre pensée, vous vous retrouvez à dire des généralités bonnes à ressortir au prochain rassemblement de la France Insoumise.

      Oui, chacun doit être payé selon un prix juste, et la justice d’un prix vient de son établissement libre, c’est à dire sans menace ni contrainte. L’immigré qui est venu travailler en France a eu le choix : de ne pas venir, de chercher un autre travail, de refuser celui qui lui a été proposé, et enfin il est libre de le quitter s’il en a un ! A quel moment voyez-vous un maître portant un fouet pour lui taper dessus ?

      Interrogez-vous sur les raisons qui ont poussé cet immigré à venir en France ou autre pays occidental. Il a fait le pari que sa vie serait meilleure ici, dans une démocratie libérale. Libérale car reconnaissant (dans une certaine mesure) les Droits Naturels. Si cette notion vous échappe, c’est dans l’article 2 des Droits de l’Homme : liberté, propriété, sûreté et résistance à l’oppression.

      L’inverse d’un système libéral, c’est un système communiste. On voit les paradis sur terre que sont les pays qui ont tenté le truc !

    • @lapaladine Vous avez une curieuse vision du rôle de l’Eglise . L’Eglise n’est pas un organe politique. « Chacun doit être payé selon son juste prix » : si on applique ce programme il a des fonctionnaires qui vont avoir bien des surprises 😀 ! Chiche ! on commence quand ?
      Pour l’esclavagisme il va falloir revoir votre copie : ces gens là viennent librement parfois au risque de leur vie et ils ne semblent pas franchement désireux de repartir (il faut les embarquer de force et parfois leur donner de l’argent) , c’est justement l’esclavagisme de leur pays d’origine qu’ils fuient souvent … Pour ce qui est des gambistes , cessez donc de dicter à Pierre Paul ou Jacques ce qui est bon qu’ils fassent et restez en au principe très chrétien de subsidiarité : demandez vous plutôt ce que vous faites pour améliorer le monde selon vos propres critères .

  • L’inégalité du revenu n’est pas le problème: https://www.hoover.org/research/income-inequality-isnt-problem

  • En Afrique du Sud, le problème est aussi les politiques désastreuses (et profondément socialistes) de l’ANC dans l’après apartheid.
    Parce que c’est facile de tout mettre sur le dos du régime d’apartheid mais quand on voit l’évolution de l’Afrique du Sud post apartheid le bilan est totalement désastreux.

  • Excellent article et excellente conclusion telle que « nous ne devrions même pas nous soucier des inégalités.(…) Nous devrions éliminer le capitalisme de copinage,… » autrement dit, LE problème, c’est la corruption.

    Dans un Etat de droit, les inégalités sont naturelles et elles ne posent pas de problème car elles créent une saine émulation.
    Au contraire, quand c’est la corruption qui règne, les inégalités sont artificielles et tout le monde peut y prétendre car la supériorité ne requiert aucun mérite. D’où l’exacerbation d’un égalitarisme artificiel et ruineux dans les sociétés minées par la corruption.

  • « Pourquoi les inégalités importent peu? »
    Je pense au contraire qu’elles sont importantes en ce qu’elles nous éloignent du désastre entropique.

  • On peut même aller nettement plus loin ! Il ne peut y avoir AUCUN progrès scientifique ou technique sans inégalités (l’inégalité des instigateurs de ces progrès, chercheurs, entrepreneurs, investisseurs). Ensuite quand ce progrès est transformé en innovation et a du succès, eh bien ses instigateurs deviennent naturellement – parfois très – « riches », mais APRES qu’énormément de clients aient acheté leurs produits et en aient été satisfaits …
    Détails ici : https://www.linkedin.com/pulse/qui-veut-lutter-contre-les-in%C3%A9galit%C3%A9s-pierre-tarissi/
    Amitiés,
    Pierre

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Par Sabine Lula.

Dans sa lettre ouverte sur France Inter, Virginie Despentes se considère comme le Messie ouvrant les yeux de son entourage sur les haines touchant les minorités. Mais elle attire plutôt l’attention sur sa haine de l’autre, et sa haine d'elle-même.

Le 3 juin 2020, dans la lignée du concours de celui qui sera le plus anti-raciste, l’auteur Virginie Despentes a publié chez France Inter une lettre ouverte visant à « réveiller ses amis blancs qui ne voient pas où est le problème ».

Celle que le magazine Marie-... Poursuivre la lecture

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