Réchauffement climatique et particules fines : l’Allemagne dans l’impasse

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Réchauffement climatique et particules fines : l’Allemagne dans l’impasse

Publié le 16 février 2018
- A +

Par Michel Gay et Jean-Pierre Riou. 

Alors que les émissions de CO2 (un gaz à effet de serre) de la production d’électricité à partir de combustibles fossiles diminuent régulièrement depuis 10 ans en Europe, celles de l’Allemagne ne baissent quasiment pas.

Elles sont mêmes identiques en 2009 et en 2016 comme l’indique la ligne horizontale (en bas du graphique ci-dessous), alors que la ligne oblique du haut témoigne de cette baisse importante en Europe.

Comparaison de l’évolution des émissions de CO2 en millions de tonnes (MtCO2) de la production électrique en Europe

(Source Ministère de la Transition écologique et solidaire)

Le cas de la biomasse

La production d’électricité à partir de la biomasse est particulièrement émettrice de CO2 au niveau de la planète lorsque les déforestations ne s’accompagnent pas de replantations.

Ces émissions de gaz à effet de serre sont bien réelles ainsi que les particules fines et autres polluants  atmosphériques.

Le graphique éloquent

Le graphique ci-dessous a été obtenu à partir des données brutes fournies par l’Allemagne en lui appliquant les émissions de CO2 par combustible retenues par le Réseau de transport d’électricité en France (RTE), à savoir (en tonne de CO2 par mégawattheure (t/MWh) :

 

  • 0,96 t/MWh pour le charbon,
  • 0,67 t/MWh pour le fioul,
  • 0,46 t/MWh pour le gaz,
  • 0,98 t/MWh pour les bioénergies

La valeur de 1,1 t/MWh a été ajoutée pour le lignite allemand (qui est un charbon « sale »)

Il montre clairement que l’Allemagne s’est fourvoyée dans sa politique énergétique qui visait à réduire ses émissions de CO2 en développant les énergies renouvelables et en diminuant sa production nucléaire.

Il rend compte de l’évolution brute des émissions de CO2 de toutes les productions polluantes (charbon, gaz,…) du parc électrique allemand depuis les années 1990, et particulièrement depuis le « virage énergétique » de l’Allemagne vers l’éolien et le photovoltaïque dans les années 2000.

Bon an mal an, ses émissions totales de CO2 pour la production d’électricité (incluant la biomasse et les déchets) sont stables autour de 350 MtCO2. L’évolution de son mix énergétique ne correspond à aucune réduction de celles-ci depuis … 1990 malgré des centaines de milliards d’euros investis dans l’éolien (en partie danois) et le photovoltaïque (chinois).

Nota : la consommation d’électricité en Allemagne a été identique en 2003 et en 2017.

(Infographie Jean-Pierre Riou d’après les données d’AG Energiebilanze)

Dans les faits, le « virage énergétique » en Allemagne (Energiewende) a renforcé la nécessité d’avoir recours au gaz et au charbon / lignite pour la production d’électricité.

En croyant diminuer ses émissions de CO2 par le développement des énergies renouvelables issues du vent et du soleil et la réduction du nucléaire, l’Allemagne s’est engagée dans une dispendieuse impasse énergétique.

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  • Bonjour

    Le pb de l’Allemagne, c’est pas le recours lignite vs éolien, mais plutôt la sortie du nucléaire. Nucléaire propre pour le « CO² », mais politiquement sensible.

    • Jean Roule Du Cable
      16 février 2018 at 14 h 56 min

      Non. Comme dit plus bas, son problème c’est que depuis 25 ans, la production électrique d’origine fossile n’a pas bougé d’un iota. C’est cela qui conditionne directement les émissions de CO2.

    • Jean Roule Du Cable
      16 février 2018 at 15 h 03 min

      Et donc, pour compléter ce que je viens de dire, des « transferts » de production entre nucléaire et ENR n’ont aucun impact sur les émissions globales de CO2.
      Le choix de sortir du nucléaire était un choix politique.
      Si l’on souhaite diminuer les émissions de CO2 ( et aussi celles de particules fines), il n’y a qu’une solution : il faut diminuer le recours aux énergies fossiles dans la production électrique.

      • J’ai ce que j’ai dit mais vous avez l’esprit de contradiction plus un complexe de supériorité (alias chevillent qui gonflent).

        • Jean Roule Du Cable
          16 février 2018 at 19 h 12 min

          Si vous NOUS relisez bien, vous verrez que nos commentaires ne sont pas comparables. Sortir du nucléaire pour aller vers les ENR n’est pas un problème en soi.
          J’ajoute que si vous aviez pris la peine de consulter les chiffres allemands, vous auriez pu constater que sur la décennie 2005-2015, l’utilisation de la lignite est restée constante : 154 TWh en 2005, 154 TW en 2015.
          Le seul vrai problème de l’Allemagne, et c’est ce qui explique la platitude de la courbe des émissions de CO2, est qu’elle n’a pas baissé (ni augmenté, heureusement) le recours aux énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole, lignite) sur les 10 ou sur les 25 dernières années.

          • CO2 en Allemagne : dans les 300 g/KWh et en France 70 g/KWh.

            • Jean Roule Du Cable
              17 février 2018 at 2 h 34 min

              Oui et pourquoi ?…
              Parce qu’en France, le thermique fossile c’est 10 % de la production. En Allemagne, c’est plus de 50 %…
              Si vous voulez réduire le taux gCO2/KWh, il n’y a pas trente six solutions, il n’y en a qu’une. Diminuer la part dans la production des centrales fonctionnant aux énergies fossiles.

              • Et d’après vous, comment ferait l’Allemagne avec moins de thermique fossile et sans plus de nucléaire pour alimenter convenablement son réseau électrique ? A vous de donner une réponse !

          • @Jean Roule du Cable
            Si, sortir du nucléaire pour aller vers les ENR INTERMITTENTES (éolien et solaire) est un problème en soi, que ne comprennent pas ceux qui ne savent pas comment fonctionne un réseau électrique. Quelle que soit la puissance d’ENRi que vous installez, il faut disposer en réserve d’une puissance de centrales pilotables ( fossiles, nucléaire, hydraulique, biomasse…) suffisante pour assurer, en cas d’absence de vent ou de soleil, la plus forte puissance envisageable de l’année ( en France 102 GW en Février 2012) de la consommation électrique , plus une marge de sécurité. Cela fait en France à peu près 120 GW. Si vous supprimez les 63 GW actuels de nucléaire, il vous faut donc environ 60 GW d’autres centrales pilotables. Comme on ne peut plus guère installer en France de puissance supplémentaire d’hydraulique, et que la biomasse ne peut pas représenter grand chose, il faudra donc beaucoup de fossile supplémentaire. C’est exactement le problème rencontré par l’Allemagne, qui ne peut diminuer sa puissance de fossiles qu’en diminuant sa marge de sécurité, relativement confortable toutefois. En fait malgré une puissance d’ENRi d’environ 100 GW maintenant, elle n’a pas diminué sa puissance de pilotables, constituée essentiellement de centrales à combustibles fossiles, ce qui explique la persistance à ce niveau de ses émissions de CO2, mais aussi pour une bonne part l’augmentation du prix de l’électricité, car il leur faut maintenant 2 centrales ( ENRi + pilotable) au lieu d’une.
            Les seuls pays qui ont des émissions faibles de leur production électrique sont ceux dont le mix est fait essentiellement d’hydraulique ( Norvège en Europe) ou de nucléaire et hydraulique ( En Europe Suède, Suisse et France) . Un enfant de 5 ans ( allez me chercher un enfant de 5 ans disait Groucho Marx), parce qu’il n’a pas encore l’esprit encombré par l’idéologie, comprendrait çà !

  • Le pragmatisme allemand fait qu’on consomme le plus vite possible l’énergie stockée dans son sol ,économiquement parlant c’est parfait….et , de plus , ils ne peuvent faire autrement la France est nucléaire parcequ’elle ne dispose pas d’énergie carbonnee…..et puis , le réchauffement..on a le temps, la pollution….bof , c’était pire avant.

  • Et la crème de la bien-pensance écolo-conscientisée en France voudrait que l’on saborde notre outil électronucléaire au nom de leur sacro-saint vision ?
    Des illuminés ces gens là, ils se croient investis d’une mission.

  • Les politiciens allemands ne sont pas plus futés que les nôtres!

  • Jean Roule Du Cable
    16 février 2018 at 14 h 54 min

    Le raisonnement élaboré dans l’article me semble tenir de l’escroquerie intellectuelle.
    Dans le cas de l’Allemagne, un examen précis de la production électrique révèle qu’en réalité, depuis 2005, voire depuis 1990, l’utilisation des centrales thermiques est restée identique, autour de 350 TWh. Les autres sources de production (nucléaire, en forte baisse, ou les ENR – hormis la biomasse – n’ayant pas d’impact sur les émissions de CO2).
    La diminution des émissions de CO2 ne peut se faire qu’en abandonnant les énergies fossiles dans la production électrique. Ca n’a pas été le cas en Allemagne.
    S’agissant de la biomasse, remarquons aussi que si son poids est passé de 11 à 45 TWh, entre 2005 et 2016, il n’y a pas eu d’impact significatif sur les émissions allemandes, puisque globalement celles-ci sont restées stables, voire en légère diminution…
    L’Espagne en revanche a eu un « parcours » vertueux. Que s’y est-il passé sur les 10 ou les 25 dernières années ? Réponse : le recours aux énergies fossiles (essentiellement charbon et gaz) y a fortement décru, au profit essentiel de l’éolien et du solaire (0 au début des années 2000, plus de 20 % aujourd’hui)…

    PS : je trouve toujours aussi croustillant qu’un auteur et un site qui rejettent l’idée du réchauffement climatique d’origine CO2 anthropique utilisent les émissions de CO2 de la production énergétique pour tenter de discréditer les ENR. Il y a là une incohérence intellectuelle qui n’a de cesse de m’amuser…

    • il me semble que le point essentiel pour beaucoup est le rejet de l’écologie politique …pas tant d’ailleurs pour les objectifs que pour les moyens avancés pour les atteindre ( ou pas)… vous n’avez pas d’unanimité sur la question du rca… et c’est ce qui fait l’intérêt du site d’ailleurs parce qu’au moins la critique est présente!
      toutefois j’ai du mal à comprendre les raisons pour lesquelles gay est repris ici..la façon dont il promeut le nucleaire m’ennuie.
      mais il n’est pas interdit non plus de rire de politiques qui n’atteignent pas leurs objectifs…
      Il est possible aussi de croire au rca et de refuser de le combattre..surtout par des méthodes comme celles qui nous sont proposées ou imposées au propre comme au figuré…

      • Jean Roule Du Cable
        16 février 2018 at 19 h 46 min

        Rien de surprenant à ce que Gay ait table ouverte ici. Le site est climato-sceptique, pro-nucléaire et anti-ENR.
        Pourquoi pas, ce n’est pas une tare. C’est un choix de société.
        Il n’en reste pas moins qu’il n’est pas pertinent de se servir de l’exemple allemand pour dénoncer les ENR.
        L’exemple espagnol montre au contraire qu’on peut tout à fait réduire ses GES en ayant recours aux ENR, mais à condition de diminuer en parallèle le recours aux énergies fossiles.

        • Vous vous méprenez complètement.
          Le site est pour laisser le marché agir, il n’est pas contre les ENR.

          • Jean Roule Du Cable
            17 février 2018 at 2 h 35 min

            Ca m’avait franchement échappé. Je me demande bien pourquoi.

            • L’Espagne fait un gros usage de gaz pour sa production d’électricité. Quat à l’Allemagne (tout comme le Danemark), ces pays sont l’exemple même, dans les faits, de pays climatoseptiques qui ne sont pas capables (ou ne prennent pas les moyens) de réduire leurs émissions de CO2.

            • Ca vous a peut-être échappé comme il vous aura échappé que les ENR ne sont jamais évaluées à leur prix de marché, lequel est donc faussé, notamment sur des critères de GES.

        • @ JRDC, ce n’est pas le développement des ENR qui a fait baisser le CO2 en Espagne, mais le remplacement de centrales pilotables à charbon par des centrales pilotables à gaz. L’Allemagne a persisté avec le charbon, mais va commencer à virer de bord, et là on vous expliquera qu’enfin les ENR ont permis à l’Allemagne de diminuer ses émissions.

    • OU ALORS, vous avez juste pas compris l’article et du coup croyez voir une incohérence, dont pourtant la conclusion suffit:

      « En croyant diminuer ses émissions de CO2 par le développement des énergies renouvelables issues du vent et du soleil et la réduction du nucléaire, l’Allemagne s’est engagée dans une dispendieuse impasse énergétique. »

      Le mot conclusion à relever c’est « dispendieux », pas CO2.

      On y lit : le retour sur investissement est nul, vu qu’on avait le même résultat avant le déploiement. La ou c’est comique c’est que c’est politiquement vendu pour gagner en émission en échange, et qu’il y a pas de gain ni en energie, ni en CO2. Y a un moment dans tout entreprise qu’elle qu’elle soit, on est censé chercher de la rentabilité.

      Contrepoints passe son temps à rappeler qu’il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, et ici ce qu’on ne voit pas c’est que l’argent pouvait servir à n’importe quoi d’autre et rapporter plus vu que la dépense en cours ne rapporte rien.
      En extrapolant Einstein, ca revient à dire qu’il faut compenser la vitesse d’obtention V² par la masse d’argent M, autant dire qu’avec l’ENR on est pas arrivé. :p

      • Jean Roule Du Cable
        16 février 2018 at 19 h 38 min

        Bof ! La conclusion de l’article n’est guère plus pertinente que le reste. L’Allemagne vit depuis des années sous la pression des Verts pour sortir du nucléaire. Fukushima a fini d’emporter le morceau. Voilà pour la cause véritable.
        Le but de sortie du nucléaire n’était évidemment pas la réduction des GES, mais de répondre à une demande politique et citoyenne.
        L’Allemagne doit donc répondre à deux défis : la sortie du nucléaire et la sortie des énergies fossiles. C’est cela qui complique le travail des ENR, et ne lui permet pas d’impacter aussi bien le bilan GES, à la différence de l’Espagne. Ce dernier pays a fait basculer l’électricité fossile vers l’électricité ENR, sans toucher au nucléaire (il est vrai plus faible qu’en Allemagne).
        L’Allemagne n’est donc pas dans une impasse énergétique, elle mettra seulement plus de temps que l’Espagne(ou que la France) pour diminuer notablement ses GES.

        • Vision très optimiste qui néglige complètement un facteur géographique. On ne peut comparer l’ensoleillement d’un pays comme l’Espagne à celui de l’Allemagne.
          Même problème pour le vent. Souvent plus fort en Allemagne du nord voire beaucoup plus fort mais nécessitant alors de freiner voire d’arrêter les éoliennes.

          « Le but de sortie du nucléaire n’était évidemment pas la réduction des GES, mais de répondre à une demande politique et citoyenne. »
          Vous jouez sur les mots. Certes, une demande secondaire à une montée du sentiment anti-nucléaire mais « en même temps » secondaire à une belle propagande écolo vantant les bienfaits et les « avantages » des ER, propagande oubliant opportunément l’augmentation du coût de l’énergie et la nécessité de compenser l’intermittence des ER en développant les modes de production d’électricité basées sur les énergies fossiles. Petit oubli dont les allemands commence à prendre conscience. Les scores électoraux des verts ne sont d’ailleurs plus ce qu’ils étaient en 2008-2010

          • Jean Roule Du Cable
            17 février 2018 at 2 h 45 min

            « On ne peut comparer l’ensoleillement d’un pays comme l’Espagne à celui de l’Allemagne. »
            Bah !… Le solaire photovoltaïque en Allemagne, c’est 6 % de la production (38 TWh). En Espagne, c’est 3 % (8 TWh)…

            • Avec quel rendement/puissance installée?
              Voila typiquement des chiffres sensés assommer le candide et régulièrement utilisés par les propagandistes verts de tout poil.

              38 TWh/an produit par le photovoltaïque en 2016 en Allemagne pour 41.2 GWc (GigaWatt crête càd production maximal pouvant être émise par le système) avec un facteur de charge estimé à 11.3% en 2015.
              https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_solaire_en_Allemagne
              Sans tenir compte de l’intermittence et de la grande variabilité de production au cours d’une même journée voire de qq heures nécessitant une production complémentaire importante et rapidement ajustable que seules les ENR fossiles peuvent apporter.

              En Espagne, la puissance installée est de 5.5 GWc soit presque 8 fois moins que l’Allemagne. Pourtant sa production est de 8.3 GWh/an soit seulement 4;6 fois moins que l’Allemagne avec un facteur de charge de 20.5% en 2015.
              https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_solaire_en_Espagne
              Donc un rendement 2 fois plus élevé en Espagne/Allemagne. La conséquence directe des différences d’ensoleillement que vous cherchez à minimiser.

              Vouloir a tout prix faire du photovoltaïque quelque soit l’endroit, ne peut se faire qu’avec des subventions et/ou en augmentant le prix de l’électricité produite. Les allemands sont en train de le payer pour avoir cru les écolos.

              • Jean Roule Du Cable
                18 février 2018 at 18 h 18 min

                « Sans tenir compte de l’intermittence et de la grande variabilité de production au cours d’une même journée voire de qq heures nécessitant une production complémentaire importante et rapidement ajustable que seules les ENR fossiles peuvent apporter. »
                Bof ! Tant qu’on a encore près de 40 % d’électricité d’origine fossile comme en Espagne ou plus de 50 % comme en Allemagne, ce n’est pas vraiment un problème.
                La meilleure preuve c’est que l’Espagne a réussi à la fois à augmenter son électricité ENR (éolien et solaire) et à baisser son électricité fossile…

                • « Bof ! Tant qu’on a encore près de 40 % d’électricité d’origine fossile comme en Espagne ou plus de 50 % comme en Allemagne, ce n’est pas vraiment un problème. »
                  Une centrale électrique à gaz, charbon ou pétrole peut certes faire varier rapidement sa quantité d’électricité produite pour s’adapter à la production électrique des ER. Cependant, la meilleure rentabilité d’une telle centrale est à régime continu avec peu de variations (variations de faibles amplitude et/ou peu nombreuses). Plus vous augmentez ces variations de production plus vous dégradez le rendement et augmentez les couts. Donc, c’est quand même un problème.

                  « La meilleure preuve c’est que l’Espagne a réussi à la fois à augmenter son électricité ENR (éolien et solaire) et à baisser son électricité fossile… »
                  En quoi est-ce une preuve ? La production d’électricité par ER (solaire et éolien) n’est pas une production ajustable. Elle a de plus un soutient politique visant à forcer la priorité de cette production sur celle issue des énergies fossiles. Augmenter (par volonté politique et/ou subvention) les installations d’unités de production électrique solaire et éolien entrainera automatiquement la baisse de la production d’électricité fossile. Mais c’est une volonté politique et non la résultante d’un bilan économique favorable à l’électricité issue des ER. D’ailleurs, comme par hasard, cette progression de l’électricité ER a cessé après 2013 avec l’arrêt des subventions, comme quoi…
                  https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lectricit%C3%A9_en_Espagne
                  De plus, la crise de 2008 a entrainé une baisse nette de la consommation et donc de la production d’électricité en Espagne de 2009 à 2014. Comme il est plus facile de baisser la production d’électricité fossile que celle provenant des ER du fait de contrats d’achat devant soutenir cette politique énergétique (volonté politique là encore), il est normal que la part l’électricité « fossile » ait baissé. Ce n’est pas la conséquence d’une meilleure rentabilité économique mais d’un choix de l’utilisation de l’argent des autres.

        • Le but de la sortie du nucléaire et de faire passer des considérations idéologiques avant les besoins énergétiques de la population. La probabilité que ça finisse bien est infinitésimale.

  • Comparaison été 2017 entre pays : https://data.electricitymap.org/reports/summer_2017 La France n’est pas si mal placée.

  • Le signe noir : l’inflation, suivie d’une remontée des taux d’intérêts?

  • SIl n’y avait que le CO2! L’utilisation à grande échelle du « charbon sale » qu’est le lignite conduit aussi à vaporiser dans l’atmosphère, entre autres à 20 km de Cologne et 30 de Dusseldorf, un total de quatre tonnes de mercure. Soit l’équivalent de 20 millions des thermomètres que l’Europe a interdit il y a vingt ans au motif que leur bris accidentel représenterait une pollution dangereuse pour la santé.

  • Jean Roule Du Cable
    17 février 2018 at 3 h 11 min

    Il y a pourtant, ne vous en déplaise, quelques vérités, dans l’article que vous citez, mais hélas aussi quelques de contre-vérités ou présentations fallacieuses…
    Parmi les choses vraies :
    – le chauffage est la principale source de pollution aux PF ; et le chauffage au bois est particulièrement polluant (à Paris, il est interdit en chauffage principal, autorisé en chauffage d’appoint, il devait être totalement interdit par la PP, mais Ségolène y a mis son veto ; il paraît que le chauffage au bois sur Paris, occasionnel donc, c’est autant de PF que tout le trafic routier) ; ceci étant, les graphiques ne mentionnent que le chauffage au bois, je pense que les chiffres avancés correspondent en réalité à la totalité des modes de chauffage
    – ce sont bien les énergies renouvelables qui ont compensé la baisse du nucléaire, les énergies fossibles sont restées stables
    Dans la deuxième catégories (contre-vérités et présentations douteuses) :
    – on nous présente un tableau avec le % des PF émises par le transport routier au niveau nationale pour l’Allemagne (21 %) mais seulement le même pour… Paris (31 %) ; au niveau national, en France, c’est 14 %, soit mieux que l’Allemagne !
    – il y aurait beaucoup à dire sur le modèle statistique qui permet d’aboutir aux 50000 morts due à la pollution atmosphérique
    – l’article semble présenter une évolution dramatique de la pollution en France et de ses conséquences ; or l’air en France est beaucoup plus sain qu’il y a 25 ans (pour de multiples raisons)
    – le problème du diesel, avec les FAP, est derrière nous
    – et enfin, le graphique qui ouvre l’article est exact, mais il est ponctuel, il correspond à la situation du printemps 2015, le présenter comme une généralité qu’il faudrait combattre confine à l’escroquerie intellectuelle (l’année d’après, le pic de pollution aux PF en IdF était du en grande partie à… l’agriculture)…

    • « ceci étant, les graphiques ne mentionnent que le chauffage au bois, je pense que les chiffres avancés correspondent en réalité à la totalité des modes de chauffage » Non, regardez les chiffres d’Airparif, «Bien qu’il ne représente que 5 % des consommations de combustible de ce secteur en Île-de-France, il est à l’origine de plus de 90 % des émissions de particules (PM10 et PM2.5) et de plus de 80 % des émissions d’hydrocarbures du chauffage résidentiel.»
      https://www.airparif.asso.fr/etat-air/air-et-climat-bilan-emissions
      https://www.airparif.asso.fr/etat-air/air-et-climat-quelques-chiffres#sources
      Donc ce chauffage hautement écologique est bien un des plus polluants. Pas de bol. Vive le fuel ?

      « – ce sont bien les énergies renouvelables qui ont compensé la baisse du nucléaire, les énergies fossiles sont restées stables »
      Non, ce n’est pas dans ce sens que cela s’est produit. La production d’électricité d’origine a DISCRETEMENT baissée parce que, autoritairement, l’Etat a intimé l’ordre à EDF de faire ainsi pour accepter sur son réseau la production des ER solaires et éoliennes. Ce n’est absolument pas le mouvement naturel d’une production plus rentable ou moins chère qui en remplace une autre moins avantageuse. C’est du constructivisme de la plus belle eau.
      http://observatoire-electricite.fr/analyses-de-donnees/Evolution-du-parc-de-production-d

      « au niveau national, en France, c’est 14 %, soit mieux que l’Allemagne ! »
      Allemagne : 83 millions d’habitants, France : 67 millions d’habitants soit 19% de moins que l’Allemagne.
      Et si vous tenez compte du parc automobile : 39 millions en France (dont 6 millions d’utilitaires léger <5T) contre 43.5 millions de voitures en Allemagne (je n’ai pas trouvé le chiffre des utilitaires légers.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_automobile_fran%C3%A7ais
      Et si vous considérez le Transport Routier des Marchandises (TRM), il est presque 2 fois plus développé en Allemagne qu’en France avec, théoriquement, le dégagement de PF qui va avec. http://www.cnr.fr/content/download/30868/341667/version/18/file/Fiche%20de%20synth%C3%A8se%20Allemagne%202012.pdf
      Donc avec 25% de voiture en moins, 19% de population en moins, et des TRM presque deux fois inférieurs en France, celle-ci ne produit que 14% de PF en moins. Ce n’est pas à l’avantage de la France

      « il y aurait beaucoup à dire sur le modèle statistique qui permet d’aboutir aux 50000 morts due à la pollution atmosphérique »
      C’est le moins qu’on puisse dire ! https://www.contrepoints.org/2014/11/26/189465-etude-atmospherique-particules-fines-et-politique-grossiere

      « et enfin, le graphique qui ouvre l’article est exact, mais il est ponctuel, il correspond à la situation du printemps 2015, » Le cherry picking est la base de tout bon propagandiste. C’est bien les réserves émises par jacqueshenry.

      • Jean Roule Du Cable
        18 février 2018 at 18 h 30 min

        « Non, regardez les chiffres d’Airparif, «Bien qu’il ne représente que 5 % des consommations de combustible de ce secteur en Île-de-France, il est à l’origine de plus de 90 % des émissions de particules (PM10 et PM2.5) et de plus de 80 % des émissions d’hydrocarbures du chauffage résidentiel.» »
        On dit pourtant la même chose. Les PF du chauffage au bois représentent la plus grande part des PF de tous les modes de chauffage. Mais les autres modes émettent aussi, dans une faible mesure, des PF (fuel, gaz…). Présenter donc des graphiques sur la ventilation totale des PF suivant les différentes sources avec « chauffage (bois) » n’a aucun sens, car cela revient à passer sous silence les sources liées au chauffage autre que bois. A la rigueur, j’aurais pu accepter « chauffage (bois,…) ».
        Le chauffage au bois n’est bénéfique que du point de vue du CO2, à condition de replanter ce qu’on consomme. Du point de vue de la pollution, c’est une hérésie, particulièrement en ville…

      • Jean Roule Du Cable
        18 février 2018 at 18 h 33 min

        « « – ce sont bien les énergies renouvelables qui ont compensé la baisse du nucléaire, les énergies fossiles sont restées stables »
        Non, ce n’est pas dans ce sens que cela s’est produit. La production d’électricité d’origine a DISCRETEMENT baissée parce que, autoritairement, l’Etat a intimé l’ordre à EDF »

        Euh, l’ami, on causait de l’Allemagne là, pas de la France ! Avez-vous au moins pris la peine de lire, comme je l’ai fait, l’article de « Les crises » ?…

        • Euh, l’ami, dans votre post rien n’indique que vous parliez de l’Allemagne puisque dans votre phrase précédente vous parlez de Paris.
          Mais soit, parlons de l’Allemagne. Et bien je reprend la même phrase en la modifiant un peu: la production d’électricité ALLEMANDE d’origine nucléaire a MODÉRÉMENT baissée parce que, autoritairement, l’Etat ALLEMAND a intimé l’ordre ses opérateurs de sortir du nucléaire en 2022.»
          https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lectricit%C3%A9_en_Allemagne
          Cette baisse est la résultante d’une volonté politique et non d’un mieux-disant économique, les consommateurs allemands en payant directement les conséquences.

      • Jean Roule Du Cable
        18 février 2018 at 18 h 42 min

        « « au niveau national, en France, c’est 14 %, soit mieux que l’Allemagne ! » » voilà ce que j’ai écris…
        D’où je déduis que vous ne savez pas lire, puisque vous avez cru que la France produisait 14 % de PF en moins pour le trafic routier que l’Allemagne !
        Donc, reprenons. L’Allemagne : 21 % de ses PF proviennent du trafic routier. La France : 14 % de ses PF proviennent du trafic routier. SOIT 33 % DE MOINS.
        Donc même corrigé des données du parc, de la population, etc, la France est plus vertueuse !

        • « Donc, reprenons. L’Allemagne : 21 % de ses PF proviennent du trafic routier. La France : 14 % de ses PF proviennent du trafic routier. SOIT 33 % DE MOINS. »

          Oula, difficile les chiffres, n’est-ce pas ? Un pourcentage n’est pas une valeur absolue (Mathématiques Collège 6è/5è).
          – Allemagne, production de PF par trafic routier : 21 000T/an soit 20% (et non 21% relisez le camembert ch 5) d’une production totale estimé à 104 000T/an
          – France, production de PF par trafic routier : ≈30000T/an (cf graphique chapitre 6) mais ne représentant effectivement QUE 14% d’une production totale estimée à 169000T/an.

          Donc, presque 50% de PLUS que l’Allemagne avec pourtant 25% de voiture en moins, 19% de population en moins, et des TRM presque deux fois inférieurs en France.
          Ne vous en déplaise, la France est nettement moins vertueuse que l’Allemagne tant sur la production globale de PF que sur celle issue de son trafic routier.

      • Jean Roule Du Cable
        18 février 2018 at 18 h 44 min

        En conclusion, lors de votre prochaine intervention à mon égard, merci de bien vouloir tourner votre clavier 7 fois sur votre bureau pour éviter de sortir vos âneries…

        • Mes âneries vous remercient de votre réponse qui permettent de les confirmer!
          Ce n’est pas la première fois que vous confondez pourcentage et valeur absolue (cf post plus haut). Quelques révisions de math et il n’y paraîtra plus. 🙂
          A bientôt

  • Les commentaires sont fermés.

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