L’écriture inclusive rejetée par une large majorité des Français

Selon un sondage Ifop/Atlantico, les Français rejettent très largement l’écriture inclusive. Et ce dans tous les partis et toutes les classes d’âges.

Par Alexis Vintray.

Selon un sondage Ifop pour le journal en ligne Atlantico, les Français sont très majoritairement critiques de l’écriture inclusive, et soutiennent largement la décision du Premier ministre Édouard Philippe de la bannir des textes officiels.

L’écriture inclusive, définition ?

L’écriture inclusive, c’est cette tentative de modification de la langue poussée essentiellement par certains féministes ou l’extrême gauche, et qui repose principalement sur trois principes :

  • L’utilisation systématique du féminin et du masculin lorsqu’on parle d’un groupe de personnes mixte, soit par la répétition (ex : les candidates et candidats), soit par le recours au « point milieu » (ex : les candidat·e·s) ;
  • L’accord des fonctions et métiers (ex : professeure, chercheuse) ;
  • L’usage de termes « plus neutres » (ex : « droits humains » plutôt que « droits de l’homme ») ou épicènes (mots non marqués par un genre).

À travers une circulaire à paraître au Journal Officiel de la République française, le Premier ministre Édouard Philippe a invité l’administration à ne pas employer l’écriture inclusive des textes officiels, « pour des raisons d’intelligibilité et de clarté ».

Un bannissement de l’écriture inclusive qui remporte un très large succès

Interrogés par l’Ifop, plus de 2 sondés sur 3 (69%) soutiennent cette interdiction d’utiliser l’écriture inclusive dans les textes officiels. Près de 2 Français sur 5 (39%) soutiennent même fortement cette interdiction et sont « tout à fait d’accord » avec la décision d’Édouard Philippe. À l’inverse, seuls 12% des Français ne sont « pas d’accord du tout ».

Cette décision remporte un succès dans toutes les catégories sondées, sans aucune exception. Les plus jeunes se montrent un peu moins critiques puisque 57% « seulement » des 18-24 ans sont d’accord avec la décision d’Édouard Philippe, contre 83% des 65 ans et plus.

Enfin, peu importe le niveau d’éducation, les sondés se prononcent largement en faveur de l’interdiction de l’écriture inclusive dans l’administration, avec un pourcentage croissant selon l’éducation : 59% des Français sans diplôme soutiennent l’interdiction, contre 80% des diplômés du 2e et 3e cycle supérieur.

De manière peut-être inattendue, ce sont les citadins qui s’opposent le plus à l’écriture inclusive, alors que les ruraux y sont légèrement plus favorables (34% contre 30% pour les villes et 27% pour l’agglomération parisienne).

Même à l’extrême gauche, l’écriture inclusive fait un flop

Peu importe le parti, les Français se montrent très largement favorables à la décision d’Édouard Philippe sur l’écriture inclusive : peu importe la proximité politique en effet, toutes les catégories de sondés soutiennent le Premier ministre.

Les sympathisants du Front National y sont les moins favorables. Même si une majorité franche de 57% soutient la décision, c’est le taux le plus bas, avec 63% au PS ou 64% à la France Insoumise (contre 85% chez LREM ou 79% aux Républicains).

 

Fiche technique du sondage : L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1014 personnes,représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en lignedu21 au 22 novembre 2017.