Retraites : l’augmentation minime sera vite gommée

Que cache l’opération visant à relever les retraites de 0,8% ?

Par Jacques Garello.

On vient de leur annoncer une augmentation de 0,8 % du montant de leurs pensions, bloqué depuis trois ans. Voilà de quoi les rassurer doublement : d’une part ils pourront payer le supplément de CSG qui est prévu pour la plupart d’entre eux, d’autre part ils ont la certitude que le système par répartition pourra continuer aussi longtemps qu’ils seront en vie.

La communication, telle qu’on la conçoit maintenant dans les hautes sphères, consiste à faire avaler des couleuvres à des Français qui pourraient avoir le mauvais esprit de critiquer les réformes en marche.

Rassurant pour les retraités

Le relèvement de la CSG avait ému à juste titre les retraités, puisqu’ils sont astreints à cette généreuse contribution, même si des exemptions étaient prévues pour les « petites retraites ».

L’opposition en avait fait d’ailleurs un cheval de bataille – à peu près le seul dans le domaine économique – pendant la campagne des législatives. Le gouvernement vient de rassurer tous les retraités : alors que le montant de leurs pensions (pour le régime général des salariés du privé) était bloqué depuis trois ans, une augmentation de 0,8 % sera appliquée au 1er octobre prochain.

On peut déjà remarquer que l’inflation, même si elle est pour l’instant minime, a été tout de même autour de 1% annuellement, ce qui signifie que le pouvoir d’achat réel des retraités continuera à baisser.

Manne budgétaire de 20 milliards

Bien évidemment, l’incidence sur les pensions de la hausse de la CSG n’est pas prise en compte, elle sera d’ailleurs très variable suivant la situation des foyers fiscaux, le plancher de 14.750 euros en dessus duquel on paiera 1,7 point de CSG ayant été avancé par le gouvernement.

Mais il va bien falloir que quelques-uns contribuent à cette manne budgétaire espérée à 20 milliards d’euros. Évidemment, la justification de cette ponction est la diminution des charges sociales qui pèsent sur les salariés du privé : beaucoup de retraités ne comprennent pas pourquoi ils doivent consentir des sacrifices pour restaurer le pouvoir d’achat des personnes en activité.

Mensonge ridicule

Mais le 0,8 % est un mensonge ridicule quand on sait que dans moins de dix ans la répartition aura explosé, et les pensions seront rapidement et fortement réduites avec ce système stupide et coûteux.

Aujourd’hui les charges sociales sont chez nous les plus élevées d’Europe, c’est bien à cause de la répartition, qui nourrit les pensions des retraités (de plus en plus nombreux, et vivant de plus en plus longtemps) avec les cotisations des actifs (comparativement de moins en moins nombreux et ayant un emploi de plus en plus tardivement).

Il n’est pas dans les intentions de Jean-Paul Delevoye, chargé de la réforme des retraites l’an prochain, d’abandonner la répartition pour introduire la capitalisation, même partielle. On parle d’une « retraite par points » sans préciser si elle sera par répartition ou par capitalisation : autre mensonge.

Dans ces conditions les retraités et futurs retraités ont pris leurs précautions, le nombre de contrats d’assurance-vie est passé de 16 millions à plus de 30 millions. Ceux qui n’ont pas de quoi payer une assurance seront condamnés à l’extrême pauvreté. Quant aux autres ils sont paradoxalement l’objet des attaques de Bercy, qui veut briser les contrats d’assurance-vie et taxer l’épargne des Français encore un peu plus. Voilà donc ce que cache l’opération 0,8 % .

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