Retraites : 3 systèmes, 1 solution

Il existe trois systèmes de retraites plus ou moins justes : les trois méritent d’être examinés.

Par Francis Pérani.

Il y a trois systèmes de retraites. Du plus socialisé au moins socialisé nous pouvons commencer par le système par répartition bien connu en France. Ce système porte bien son nom. L’État répartit une partie des revenus de ceux qui travaillent aujourd’hui vers ceux qui ont travaillé hier.

Les générations futures payent pour les générations passées et en toute logique la première fois que ce système s’est mis en place, la génération qui partait à la retraite sans avoir cotisé a bénéficié de droits sur la génération suivante.

On comprend la motivation à voter pour un tel programme en utilisant le prétexte démocratique pour prendre des décisions à la place de ceux qui ne sont pas en âge de voter ou tout simplement pas nés.

Un artifice fiscal

Lorsqu’on dit que l’État répartit on sous-entend qu’il le fait de force ou sans alternative pour le salarié obligé de cotiser à ce système. On pourrait dire que l’employeur cotise lui aussi mais c’est un artifice fiscal et démagogique qui consiste à faire croire que les patrons payent alors qu’in fine cotisations salariales ou patronales pour la retraite sont dans les deux cas une ponction sur la valeur créée par le salarié qui se manifeste dans son coût complet pour l’entreprise.

Ce système a aussi l’inconvénient de ne pas garantir un niveau de retraite en adéquation avec les sacrifices consentis par l’épargne forcée que constituent les cotisations retraite.

En effet, la démographie peut perturber la répartition. Plus l’espérance de vie s’allonge et moins la natalité est forte, plus le système ne pourra fournir que moins de revenus que ce qui a été cotisé.

Solidarité forcée

Cela provient de ce qu’il n’y a pas de lien du présent vers le futur, de l’accumulation d’épargne vers sa consommation future. Ce qui est épargné par les salariés de telle année est réparti, c’est-à-dire consommé par les retraités de la même année. Aucun moyen d’échapper à cette solidarité forcée, sauf à quitter la France pour un pays plus respectueux des libertés.

Un autre point à souligner et qu’on retrouve avec la retraite dite par capitalisation, qui existe aussi dans les pays anglo-saxons sous la forme de fonds de pension, est la solidarité de type assurantielle entre ceux qui meurent tôt et ceux qui meurent tard.

À ce jeu de l’espérance de vie les perdants financent les gagnants dans une forme de double peine : mourir plus tôt que les autres et donc perdre ses montants accumulés au profit de ceux qui ont plus de chance.

L’approche patrimoniale

Cet effet plus ou moins choisi est un peu atténué par la reversion accordée généralement à la veuve ou au veuf. Une partie de l’accumulation sera reversée à l’époux survivant jusqu’à son propre décès.

En revanche, à la mort des ayant-droit, point de transmission aux enfants éventuels. Les montants cotisés par répartition ou capitalisation ne se transmettent, car il ne s’agit pas d’un patrimoine générant une rente mais plutôt d’une assurance générant une prestation limitée dans le temps.

On peut choisir librement entre une assurance retraite libre, donc pas par répartition, et une approche plus patrimoniale telle qu’elle était pratiquée autrefois lorsque les patrimoines n’étaient pas aussi importants qu’aujourd’hui.

L’approche patrimoniale est a priori la plus souhaitable mais le revenu disponible après tous les prélèvements obligatoires est si ténu qu’il est difficile de constituer une épargne personnelle suffisante pour couvrir ses vieux jours et permettre de transmettre ce qu’il reste à sa progéniture.

Toutefois, si le choix était donné, il serait intéressant d’observer qui serait prêt à épargner pour soi et qui préférerait la solidarité forcée par répartition ou par capitalisation.

Un expatrié dans un pays qui ne taxe pas beaucoup et donc qui dispose de la quasi-totalité de son salaire est confronté à ce choix intéressant. Cotiser à la CFE au système par répartition ou épargner par soi-même et pour soi-même en faisant des placements dont le profil de risque et de profit est compatible avec son projet de retraite.

Dans ce choix, l’agent rationnel va constater à quel point le système par répartition lui est profitable et si ce n’est pas le cas il va devoir placer judicieusement ses fonds et découvrir ou redécouvrir l’intérêt de l’immobilier, de l’or, des placements à la bourse plus ou moins risqués, de l’entrepreneuriat.