Climat : pourquoi l’exemple américain devrait nous inspirer

Prospère de nos jours le climatisme est sans conteste le plus formidable dispositif idéologique de ce début de XXIe siècle. Et si on posait la question de son financement et de sa réalité scientifique ?

Par Drieu Godefridi, Pr. István Markó et Pr. Henri Masson.

Rien n’égale la puissance de l’idéologie. Quand certains individus — d’un type assez répandu — ont donné leur aval à une idée ou une théorie, à court terme rien, absolument rien ni personne, ne peut les en détourner.

Ainsi le communisme a-t-il bénéficié de l’assentiment de générations d’intellectuels après qu’il eut été réfuté et après qu’il eut causé la mort de millions d’innocents.

Prospère de nos jours le climatisme, sans conteste le plus formidable dispositif idéologique de ce début de XXIe siècle.

D’une phrase, le climatisme est la théorie selon laquelle l’homme est responsable d’un réchauffement climatique par ses émissions de gaz à effet de serre et que, pour y remédier, nous devons opter massivement pour des énergies renouvelables-intermittentes. L’Accord de Paris repose sur cette idée et prévoit que la charge de la réduction de ces gaz, jusque 2030, reposera intégralement sur l’Occident — la Chine, l’Inde ayant la possibilité de continuer à augmenter leurs émissions.

Un secteur économique à financer

De plus, l’Occident doit mettre en place un mécanisme de transfert de 100 milliards par an à destination des pays « pauvres » pour favoriser l’essor de ces mêmes énergies renouvelables. C’est le Fonds vert.

Le fondement de cette idéologie, ce sont les travaux du groupe intergouvernemental de l’ONU sur le climat, le GIEC. Dès 2010, nous montrions dans un ouvrage publié en français et en anglais (Le GIEC est mort, vive la science) que ce groupe n’a rien de scientifique et qu’il est tout intégralement politique (comme son nom l’indique). Aucun de nos arguments — composition, compétences, fonctionnement du GIEC — n’a jamais été réfuté mais la faribole GIEC=science n’en a pas moins continué à se propager. Or, c’est toute l’idéologie du climatisme qui est construite sur les rapports du GIEC.

Un nouveau secteur économique s’est créé, celui des énergies renouvelables-intermittentes. Ce secteur est non rentable économiquement et ne survit, dans l’immensité de son maillage planétaire, que par la grâce de la subvention publique. S’il en allait autrement nous n’aurions besoin ni du GIEC ni de l’Accord de Paris car tous les opérateurs économiques opteraient naturellement pour la source d’énergie la moins onéreuse.

Qu’on lui ôte la subvention, le secteur s’effondre. Raison pour laquelle les grands conglomérats actifs dans le domaine de l’énergie sont parmi les plus chauds partisans de l’idéologie du climat et de l’Accord de Paris. C’est la définition même du crony capitalism, ou capitalisme de connivence (entre l’État et certaines entreprises).

L’Accord de Paris ajoute un fronton au dispositif, en pénalisant drastiquement l’Occident, tout en laissant libre la bride au reste de la planète — rappelons que la Chine est la première économie mondiale — et prévoyant, en sus, le transfert de sommes sans précédent dans l’histoire universelle. Soit la réinvention de l’idéologie tiersmondiste, mais cette fois au nom de la science ! Comment la haute finance pourrait-elle n’être pas exaltée par cette manne céleste, puisqu’elle servira tout naturellement d’ « interface » entre les contribuables occidentaux et, entre autres, les riches potentats africains ? Nouvelle illustration du capitalisme de connivence.

Le climato-scepticisme américain

Le grain de sable venu gripper cette formidable mécanique d’envergure dantesque n’est pas tant Donald Trump que la démocratie américaine. Car, on l’oublie, le climato-scepticisme ne date pas, aux États-Unis, de Trump. Il était la position officielle du parti républicain avant même que Trump n’annonce, en juin 2015, sa candidature à l’investiture républicaine. Les parlementaires américains ont fait leur travail, auditionnant des « experts » du climat et les mettant publiquement en face de leurs contradictions.

Ainsi de l’arrêt du réchauffement — reconnu par le GIEC… — depuis une vingtaine d’années (le « hiatus »), dans le même temps que les émissions de CO2 croissaient de belle manière. Ce qui a miné la confiance du public américain dans la prétendue « science intergouvernementale » — cette contradiction dans les termes — du climat, pour finalement conduire aux conséquences que l’on sait.

Que fera l’Europe ? Tout à leur conception moralisatrice de la politique et leur sentiment de supériorité, il est à craindre que les « élites » politiques, aussi bien de l’UE que de la plupart des États membres, ne se cabrent et ne se radicalisent. On annonce déjà un nouveau partenariat entre la Chine et l’UE, qui renforcerait encore les engagements souscrits par l’UE au terme de l’Accord de Paris. Nul doute que les Chinois se montreront enchantés, car ils renforceront le désavantage compétitif de l’Europe, accroîtront leur marché européen pour les énergies renouvelables et matériaux y liés, tout en continuant tranquillement à augmenter leurs émissions de gaz à effet de serre… Un enfant comprendrait le lyrisme environnementaliste chinois.

Bien sûr, le conte pour enfants ne s’arrêtera pas là. Car si les États-Unis continuent ce qu’ils ont déjà commencé avec la révolution du fracking, c’est-à-dire diminuer le coût de leur énergie, tandis que l’Europe persiste à obérer le prix de l’énergie pour les entreprises et les ménages, notre continent se videra de sa substance économique. L’UE sera de plus en plus odieuse à ses citoyens, et la révolte finira par se généraliser, probablement sous l’impulsion des pays d’Europe centrale.

Car s’il est vrai que les idéologies suscitent des ferveurs inouïes, elles n’ont pas le pouvoir de se soumettre la réalité.