Bilan de la Contre-COP 22

Retour sur les différentes interventions qui ont eu lieu lors de la Contre-COP 22, un événement rassemblant diverses personnalités climato-réalistes.

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Bilan de la Contre-COP 22

Publié le 4 décembre 2016
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Par Benoît Rittaud.

contre-COP 22
Affiche de la Contre-COP 22

Une bien belle journée que celle de ce vendredi 2 décembre, avec un tas d’exposés passionnants. On a commencé un peu en retard, la faute à une interview télévisée qui s’est prolongée. En plus, gentil comme je suis, j’ai lamentablement échoué à faire en sorte que les temps de parole soient respectés (moi qui ricanait à la conférence de Londres en disant qu’ils déborderaient… là, j’ai gagné le droit de moins faire le malin).

Mais ce n’était pas bien grave, car les interventions ont été d’une qualité d’ensemble tout à fait exceptionnelle. L’association peut être fière, à ce qu’il me semble, de la très haute tenue des interventions et des discussions. La Contre-COP est en train de s’installer dans le paysage climato-réaliste, mais aussi dans le paysage médiatique.

Réchauffement climatique : l’optimum médiéval

Le premier exposé a été celui de Sebastian Lüning sur l’optimum médiéval. Il nous a parlé de son projet, lancé l’an passé, de lister la totalité des données climatiques sur cette période qui s’étend de 1000 à 1200 et qui semble fortement ressembler à la nôtre du point de vue des températures (et même avoir été significativement plus chaude en certains endroits). Sebastian a déjà rassemblé quantité de séries de données de par le monde.

La France brille par la difficulté qu’il y a à rassembler ces données, ce qui ne laisse pas de l’intriguer tant il semble inconcevable qu’un pays comme le nôtre puisse en manquer à ce point. On aurait bien aimé que le ministère de l’Environnement de notre Ségolène nationale accepte de contribuer au financement du projet de Sebastian, car après tout, sait-on jamais : peut-être trouverait-on intéressant de comprendre le climat du passé, y compris si l’idée d’un temps plus chaud qu’aujourd’hui il y a à peine mille ans cadre mal avec la doxa climatique régnante.

Malheureusement, malgré de bons scores au vote organisé par internet sur le projet de Sebastian, le ministère a décidé que celui-ci, finalement, n’entrait pas dans la case du climatiquement correct ne correspondait pas au cahier des charges. Les résultats obtenus pour l’instant par Sebastian Lüning ont, il est vrai, de quoi inquiéter les inquiets : l’optimum médiéval se retrouve à peu près partout dans le monde, mettant fortement à mal l’idée que nous vivrions une période climatiquement inédite, ou même rare, à l’échelle géologique récente.

Des droites de tendances sur des courbes sinusoïdales

Henri Masson a parlé de la question des mesures de températures, revenant notamment sur les fameux travaux d’Anthony Watts sur le réseau de stations américain (dont seulement 10% délivre des informations raisonnablement fiables selon les propres critères du GHCN), mais aussi sur l’abus consistant à tracer des droites de tendances sur des courbes sinusoïdales. Selon la fenêtre de mesure, on peut mettre en évidence, au choix, une « montée » ou une « descente », qui ne signifient évidemment rien. Des arguments mathématiques percutants pour se secouer les neurones.

La sensibilité climatique

L’exposé de François Gervais a été comme d’habitude excellent. On ne peut que regretter que la journaliste de Libération qui a pris le ton condescendant de rigueur pour nous dézinguer qui a rendu compte de façon neutre et objective du déroulement de la Contre-COP22 n’ait pas jugé bon d’assister à l’exposé en question, ni d’interroger François Gervais pourtant présent aux deux journées. Cela lui aurait pourtant permis d’éviter de surinterpréter bêtement le titre de l’exposé et, donc, de le critiquer complètement à côté de la plaque.

François est revenu sur la sensibilité climatique (sa marotte) et a très bien expliqué son point de vue selon lequel celle-ci ne peut pas être très élevée. Avec Vincent Courtillot, François Gervais est l’un des très rares climatoréalistes français à publier sur le climat dans des revues à comité de lecture, mais à Libé, on préfère se contenter de lire les titres et de les comprendre de travers. Note pour le journal, donc : les +0,2° étaient un calcul à partir d’une évaluation de la sensibilité climatique au gaz carbonique, et non la hausse totale de la température pronostiquée pour le XXIe siècle.

Coût de la politique énergétique

Le premier exposé de l’après-midi, présenté par Rémy Prud’homme, a consisté en une analyse impeccable et implacable des coûts de la politique énergétique. Dans son style sobre et qui va à l’essentiel, Rémy a expliqué toute l’aberration des politiques actuelles de transition énergétique.

Les résultats de ces politiques sont modestes en termes de réduction des gaz à effet de serre et, surtout, leurs coûts sont pharaoniques et font bondir le prix de l’électricité. Cette hausse des prix est « régressive par rapport au revenu », c’est-à-dire qu’elle affecte davantage les plus défavorisés (dont le budget énergétique est proportionnellement plus important que celui des catégories aisées). C’est sans effet de manche mais à l’issue d’un raisonnement parfaitement structuré et rationnel que Rémy a lancé que la politique énergétique internationale « tout renouvelable » a objectivement pour effet d’empêcher le développement des pays pauvres.

Saviez-vous, par exemple, qu’un pays comme la France s’interdit de financer la construction de centrales électriques au charbon dans les pays qui n’ont pas (ou peu) accès à l’électricité ? Ce frein délibéré au développement des régions du monde les plus en difficulté, Rémy le qualifie de crime. On aurait du mal à lui donner tort.

Les climato-réalistes, ces adversaires à discréditer

Jean-Claude Pont a proposé ce qui a sans doute été l’exposé le plus original de la Contre-COP22 en se livrant à une analyse fine de quelques uns des procédés sémantiques utilisés par certains de nos adversaires pour discréditer le climatoréalisme.

Il nous a ainsi proposé un best-of des œuvres de Stéphane Foucart, de Sylvestre Huet et de quelques autres (gros succès dans la salle), suivi d’analyses très intéressantes qui mettent des mots sur les procédés en question : violation du principe de non-contradiction (une phrase et son contraire dans le même article), « donc » de pacotille (connecteurs logiques donnant l’apparence d’un raisonnement déductif à un empilement arbitraire d’affirmations) et autres collusions pernicieuses.

La politique climatique américaine

Drieu Godefridi a abordé la question du devenir de la politique climatique américaine à la lumière de l’élection de Donald Trump. Alors que, eu égard à la personnalité de Trump et à son positionnement controversé, le sujet pouvait sembler risqué, Drieu a été absolument impeccable et factuel. Nous partageons, lui et moi, un point de vue très proche (j’ai présenté le mien ici-même), mais son exposé a mis en lumière un élément crucial.

Il montre combien il est improbable que Trump change son fusil d’épaule et s’aligne finalement sur une position plus climatiquement correcte une fois à la Maison Blanche : le scepticisme climatique est l’un des rares points d’accord intégral entre Trump et les cadres du parti républicain (qui, on le sait, ne le portent pas dans leur cœur d’une manière générale). S’en tenir au climatoscepticisme sera donc sans doute, pour Trump, un bon moyen de faire à bon compte œuvre consensuelle auprès d’un parti dont il doit encore gagner la confiance.

Réalisme climatique au Québec

L’ultime exposé a été celui de Reynald du Berger, venu tout exprès de Québec pour la Contre-COP. De façon drôle et percutante, Reynald nous a présenté la situation dans sa province et la façon dont il agit auprès des médias et des écoles pour diffuser, non sans mal, le réalisme climatique. Une utile ouverture pour nous tous.

Merci à tous les participants d’avoir fait le déplacement pour ce rendez-vous. Sachez que tant qu’il y aura des COP, nous ferons en sorte, et avec votre soutien, qu’il y ait aussi des Contre-COP. On me souffle qu’une COP23 se tiendra à Bonn l’an prochain ? Eh bien préparons-nous à la Contre-COP23 !

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  • Votre compte-rendu est stimulant. Y a-t-il une capture vidéo ? Des actes ? Quand la prochaine ? Merci.

  • « François Gervais est l’un des très rares climatoréalistes français à publier sur le climat dans des revues à comité de lecture »

    Il a d’ailleurs réussi l’exploit de publier en 2014 l’un des cinq articles (sur 24 210 publiés en 2013 et 2014) qui rejettent explicitement le RCA (http://www.jamespowell.org/methodology/newmethodology.html) ! Chapeau, Galilée.

    • Je ne suis pas un fan de gervais , mais d’un autre côté, la majorité des sceptiques ne rejettent pas le rca.
      Et voici un petit exemplaire…https://judithcurry.com/2016/12/05/climate-heretic-to-be-or-not-to-be/

      Je croirai à la validité des modèles quand on m’aura expliqué de façon claire pourquoi je dois le faire.

      Je simplifie l’etat du monde, je représente de façon ad hoc les phénomènes que je ne sais pas décrire, je fais des hypothèses sur certaines grandeurs inconnues ou non mesurables j’applique comme je peux et numériquement les lois de la physique de temps à autre on ose un ah non ça c’est pas réaliste, et ..je me sens sur de moi , pour dire vrai ,pas tant que ça mais comme des potes dans d’autres labos on fait un peu pareil mais pas tout à fait ( ils ont fait d’autres hypothèses!),ça me rassure.
      Et hop on livre un ensemble de runs de modèles …
      Tout dépend des modèles dans ce truc, et tout ce à quoi on a droit ce sont des qualificatifs creux, crédibles fiables voire « bons ».

      EN ce qui me concerne la climato est un sujet qui ,e m’intéresse pas, trop bordélique, mais quand on vient me dire que tous les aspects de mon existence vont être influencés pas un ensemble de runs de modèles, j’exige des explication plus claires…et en cas de refus ou d’indignation vis à vis d’une mise en cause de l’honnêteté des chercheurs c’est allez vous faire voir.

      La question est relativement claire quelle signification dois je accorder à un ensembles de runs d’un nombre fini de modèles produits par un certain nombre d’organismes?.

  • Bonjour

    Je pense en effet que les climato-catastrophiques ont des soucis à se faire, car avec Trump (pour de mauvaises raisons) le robinet à l’argent gratuit va se tarir.
    On va revenir à une politique plus équilibrée, et les gesticulations de nos politiques « La maison brûle de super-menteur » feront sourire.
    Toute cette histoire qui fait pschitt, qui n’était qu’abracadabrantesque.

  • Merci pour votre très instructif et rafraîchissant compte-rendu.

  • Et la « charmante » journaliste de France (dés ?) Info, « nous » (j’y ai participé) fait l’honneur de la Une sur leur site.
    Bon faut pas rêver, nous restons des « négateurs », nous sommes une minorité contre la majorité (la « science » se décidant, c’est bien connu, à la majorité), c’est tout juste si nous n’étions pas financés par les « méchants » (pointez un doigt accusateur vers « qui vous savez dont il ne faut pas prononcer le nom », soit Voldemort industries fossiles, zut, je viens de le dire), l’intervention de Vincent Courtillot se voulait « pédagogique ».
    Chère Madame, être clair, pondéré, « pédagogique » et pas polémique, s’en est à croire que vous regrettez le style de Claude Allègre, du temps où il n’avait pas ses graves problèmes de santé.
    Et, comble de la malhonnêteté, Vincent Courtillot n’est « que » géophysicien, et pas « climatoastrologue » ouh la honte, alors que M Jouzel n’est « que » paléoglaciologue, mais lui il a le droit de se nommer « climatologue », il est vrai qu’il ne dément pas non plus quand on l’affuble du titre de co-titulaire du prix Nobel de la Paix, alors que c’est son employeur du moment, le GIEC, qui a eu ce prix.
    (Ou alors, tous les européens sont co-titualire du même prix Nobel, puisque la Commission Européenne en a été récipiendaire !)
    Bref un florilège qui ferait plaisir à JC Pont, un des intervenants du 2° jour (où la charmante brillait par son absence), l’exposé dudit JC Pont s’intitulait : « La climatologie officielle au crible de l’analyse sémantique ». un seul exemple l’argument d’autorité.
    En attendant on a fait la UNE, youpee !

  • Albert Einstein (un véritable scientifique, lui) disait : « Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue ». À la découverte de l’existence de cette « contre-cop », je me dis que son observation est plus que jamais d’actualité.

    • ? Vincent Courtillot n’est pas un « véritable scientifique »?
      Je suppose que quand 100 scientifiques ont attaqué Einstein contre ses théories, certains d’entre eux considéraient qu’il n’était pas un « véritable scientifique ».

      • Vincent Courtillot s’est suffisament couvert de ridicule comme cela….
        « Pour l’anecdote, il est piquant de savoir que Vincent Courtillot avait prétendu lors d’une conférence/débat à l’Ecole Polytechnique travailler «avec Sylvaine Turck-Chièze», une astrophysicienne spécialiste du Soleil sans se rendre compte que c’était elle… qui venait de lui poser une question. »
        et la liste de ses « c…neries » est longue

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