L’ISF, un impôt inique mais très profitable pour certains…

Deux candidats évoquent la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF). Tragique désespoir de l’industrie financière qui prospérait grâce à cette niche.

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Surplus d'impôts By: Rex Roof - CC BY 2.0

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L’ISF, un impôt inique mais très profitable pour certains…

Publié le 19 mars 2017
- A +

Par Simone Wapler.

Si un homme politique constatait qu’il y a des anthropophages parmi ses électeurs, il leur promettrait des missionnaires pour le dîner 
Henry Louis Mencken.

La campagne électorale française devient comique. Le Figaro du jour nous apprend que deux candidats remettent en cause l’impôt sur la fortune : François Fillon et Emmanuel Macron.

La plupart des impôts sont idiots. L’ISF est l’un des plus idiots. Il chasse les riches de notre pays, dissuade ceux qui voudraient s’y installer et les producteurs de pommes de terre de l’Île de Ré le payent.

C’est un impôt qui déchaîne des passions. Quoi de plus prometteur, de plus simple à comprendre et de plus agréable que de faire payer les riches ? Établi par le grand sorcier François Mitterrand, ce totem des étatistes de gauche n’a pas été abattu par les étatistes de droite. Trop dangereux politiquement. Car si les riches ne paient plus, il faudrait faire payer les pauvres ou les pauvres auraient moins. Difficile à défendre, difficile d’éduquer les masses maintenues dans une bienheureuse ignorance des principes économiques élémentaires…

Les producteurs de pommes de terre de l’Île de Ré – destination estivale fréquentée par d’éminents membres de la Parasitocratie – ont donc été sacrifiés sans remord au pied du totem. La pomme de terre de l’Île de Ré atteint des prix exorbitants (comme la grenaille de Noirmoutier) ; les « sans-dents » qui n’appartiennent pas à la Parasitocratie peuvent se rabattre sans inconvénient sur le bintje des Pays-Bas, beaucoup plus abordable.

À défaut d’être supprimé, l’impôt stupide a été aménagé (comprenez « compliqué », « opacifié »). Des lois de finance ont créé des niches pour ces chiens de contribuables riches. La Parasitocratie a alors pu développer toute une industrie lucrative autour desdites niches. Maintenant qu’il est question de supprimer l’impôt, tout le milieu du charity business et de l’industrie financière spécialisée « niche fiscale » est en émoi.

Qui va désormais investir dans les fonds de PME et d’entreprises innovantes ou dans ces fondations caritatives — investissements ou dons qui étaient déductibles jusqu’à 50% ? Parmi les rares pays à avoir adopté un tel impôt, la France est le seul à l’avoir conservé. Il faut croire que les riches non Français sont plus généreux ou téméraires dans leurs investissements que les riches Français. Les investissements en capital-risque et les fondations se portent très bien dans les autres pays.

Les protestations des gérants de ces fonds ISF dit FCPI ou FIP sont comiques. Durant des années, ils ont confortablement vécu de collectes sans grandes exigences de performances. Si un investisseur avait mis 100 (et déduit 50 de son ISF), il suffisait de rendre 51 à ce client pour qu’il soit content… Sans surprise, les performances de beaucoup de ces fonds oscillent entre lamentables et pitoyables.

Certes, selon Morningstar, en moyenne les 20 meilleurs fonds ont une performance annualisée de :
• +5,6 % en FCPI
• +4,6 % en FIP

Mais la moyenne des 20 moins bonnes performances annualisées est de
• -14,9 % en FCPI
• -14,7 % en FIP

Des investissements sains doivent pouvoir se passer de carottes, de bâtons, de complications fiscales et ne passent pas par des niches.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

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  • ISF : « les producteurs de pommes de terre de l’Île de Ré le payent. »
    Non. S’ils sont producteurs, la valeur patrimoniale des terres exploitées ainsi est exclue de plein droit de leur assiette imposable à l’ISF, puisque c’est un patrimoine professionnel !
    En revanche, si leurs terrains deviennent constructibles grâce à leurs élus locaux, et que la valeur de ces terrains est considérable, ils devienne assujettis à l’ISF de plein droit, comme chaque contribuable,
    Si ces terres valent si cher, c’est qu’ils (la collectivité des habitants de cette petite ile) ont choisi de spéculer sur ce prix. Comme pour les licences de taxi.
    On ne peut pas réclamer avoir le beurre (le prix hallucinant du m2) et l’argent du beurre (ne pas être taxé à l’ISF).
    Et exemple devrait juste alimenter un juste débat sur la suppression de cet impôt idéologique. Mais ça n’arrivera pas dans ce pays…

    • Le producteur a choisi ? Il a choisi quoi ? Que son voisin vendrait son terrain ? Qu’un anglais serait prêt à mettre 10 fois plus que ce qu’il peut mettre…? Vous avez une drôle de notion de « choix »…

    • Pour une fois Pukura, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. Le propos de l’auteur n’était pas que les producteurs de patates ne devraient pas payer, mais bien de souligner l’inanité crasse de la méthode de calcul de l’ISF, qui amène des gens réputés pauvres (paysans) à payer l’impôt sur la fortune, en raison de la localisation de leur terrain.

  • Ces chers petits tremblent devant peu. Si l’ un des deux impétrants arrive au Pouvoir, son ministre des Phynances lui fera vite comprendre que l’ impécuniosité permanente de l’ Etat Grançais lui interdira de facto, cette largesse… Et comme c’est un impôt qui est populaire, surtout chez ceux qui ne me paient pas, la messe sera dite…
    Comme d’hab…

  • La Tribune vient de faire paraître un article contenant un sondage indiquant un maintien de l’ ISF demandé par les 2/3 des sondes en moyenne… Ce ne sera donc sûrement pas Fillon qui osera y aller…

  • Les commentaires sont fermés.

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